- ANNEE 2010 -

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VENUS NOIRE:

Un prétendant sérieux

aux Césars 2011

 

 

 

Bonne nouvelle : Abdellatif kéchiche n’est plus le cinéaste français spécialiste des banlieues. Il y a de quoi se réjouir pour celui qui a frisé la dépression nerveuse en 2008 un peu avant d’être encensé aux Césars avec LA GRAINE ET MULET qui lui valu 4 statuettes dont celles de meilleur film, meilleur réalisateur et meilleur scénario. Pendant que LA MOME pataugeait dans le semoule, Kéchiche, lui se plaignait à juste titre de l’étiquette qu’il trimballait depuis le succès de L’ESQUIVE en 2005. Ce film avait déjà fait sensation aux Césars. Marivaux dans la cité avait emballé l’académie au point de lui distribuer généreusement 5 récompenses majeures.

 

 

Après ces deux réussites aussi bien critiques que publiques, le cinéaste s’est heurté à un mur. Abdellatif Kéchiche égale film de banlieue sincère et profond. Point! On appelle ça les étiquettes ! Et quand on vous en colle une sur le front, il est bien difficile de s’en défaire. Il faut croire pourtant que le talentueux tunisien aura croisé une oreille compatissante puisque VENUS NOIRE n’a plus rien à voire avec les banlieues.  

 

Certes, VENUS NOIRE n’a toujours rien d’une comédie, mais tout de même. Ce long métrage nous plonge dans le Londres crapouilleux du début du 17ème siècle.

 

 

On est en 1810. Un homme, Caezar, exhibe chaque soir sur une scène Saartjie, une femme africaine qui a la particularité d’afficher un postérieur gigantesque. En tout cas, pour les londoniens, cette pointe d’exotisme vaut vraiment le coup d’œil. Présenté comme une femme sauvage qu’il vaut mieux tenir en laisse et enfermer dans une cage, Caezar harangue les foules chaque soir avec sa ‘bête de foire’. 

 

Attention, Saartjie n’est pas mal traitée en dehors de la scène. Elle est libre de ses faits et gestes, mange et boit à sa guise. La boisson. Voilà son pêché mignon, un refuge tout trouvé pour oublier son exploitation. Et dire que Saartjie se rêvait chanteuse. En acceptant de quitter son Afrique du Sud natale, d’accompagner son maître Caezar, elle se voyait déjà en haut de l’affiche. Elle n’imaginait pas que les gens paieraient pour s’offrir une petite peur à sa simple vue, et encore moins qu’ils se bousculeraient pour venir lui toucher les fesses! Livrée en pâture au public londonien de ces foires aux monstres, celle que l’on présentait comme la vénus hottentote allait devenir l’icône des bas fonds. Mais devant l’indignation des hommes de lois britanniques, qui reprochaient à Caezar de traiter sa vénus noire en esclave, ce tirant dû quitter l’Angleterre pour rejoindre la France. A Paris, fini les foires aux bêtes curieuses et vives les appartements feutrés de l'aristocratie. Dans ces théâtres secrets réservés aux parties fine, la vénus hottentote tient un rôle toujours pas à sa mesure, celle de l’amuse bouche. Et sa descente aux enfers ne se terminera pas là.

 

 

VENUS NOIRE, un film âpre qui vous prend aux tripes. Comment en effet supporter autant d’inhumanité. Comment ne pas s’offusquer à la vue de l’exploitation de cette femme, une artiste qui n’aura malheureusement jamais l’occasion de dévoiler ses talents. Et ces humiliations à répétition, la vénus noire ne va pas seulement les subir sur scène. A l’Académie Nationale de Médecine de Paris, les chercheurs ne vont pas se gêner pour tenter de percer le mystère de cette femme énigmatique à leurs yeux. Sans doute que l’époque voulait ça. L’autre intriguait. On voulait voir et comprendre les différences, les mesurer pour mieux les expliquer. Si dans le public, une peau chocolaté intriguait et ouvrait la voix à tous les fantasmes, dans les laboratoires, c’est la morphologie qui prêtait à dérouler des théories racistes et des préjugés inconcevables aujourd’hui : « Les races à crâne déprimé et comprimé sont condamnées à une éternelle infériorité » disait-on ! 

 

 

Et l’on prend ainsi toute la mesure de la violence de ces propos et de ce que va vivre cette vénus hottentote dans la première séquence du film. Dans un amphithéâtre, une figure du panthéon, le naturaliste Georges Cuvier exhibe un sexe à la taille démesurée, des organes génitaux qu'il a détaché d'un cadavre féminin. Il dévoile à une assemblée subjuguée un moulage de la vénus hottentote et présente cette être humain comme à peine plus évolué qu’un singe. L'obscénité du vocabulaire zoologique appliqué à un être humain choque un spectateur qui sent d’entrée que Abdélatif Kéchiche s’apprête à disséquer une histoire hors du commun. Mais très vite, le récit prend une autre direction. Par l’intermédiaire d’un long flash-back, le spectateur supporte la dureté du quotidien de Saartjie. Abdellatif Kéchiche fait exprès de répéter inlassablement les spectacles londoniens et parisiens. Pris en otage, le spectateur n’a d’autre choix que de se coltiner à ces humiliations à répétition.

 

 

Au passage, Yahima Torres est éblouissante. Cette jeune actrice cubaine donne corps et vie à la vénus noire. Difficile rôle à tenir pour une comédienne que celui de cette femme malheureuse, avare de mot. Elle exprime sa tristesse, ses espoirs et faux espoirs simplement par ses regards. Si Yahima Torres est exceptionnelle, ses exploiteurs sont également parfaits, surtout Olivier Gourmet. Il est impeccable en ingoble! Ce faux ami, faux protecteur mais vrai maquereau considère sa vénus comme de la barbaque, un investissement qu’il doit faire fructifier. C’est qu’elle lui a coûté cher cette perle noire. Alors elle doit obéir au doigt, au fouet et à l’œil! Et si il lui venait l’idée de se révolter, c’est sûr, il la refourguerait dans un bordel ! 

 

 

VENUS NOIRE, un film éprouvant dont on ressort épuisé, fatigué, abasourdi, groggy. Abdélatif Kéchiche nous met ko en 3 round. Il réussi le pari de réhabilité celle qui fut le symbole de l’humiliation de l’homme par l’homme. Un hommage sincère, vibrant pour un film en costume époustouflant mais qui souffre toutefois de quelques longueurs dommageables. Pour info, le moulage du corps de la vénus hottentote est resté exposé au musée de l’Homme à Paris jusqu’en 1974, alors qu’elle est décédé en 1815! En 1994, quelque temps après la fin de l’apartheid, Nelson Mandela a obtenu la restitution des restes de Saartjie afin de pouvoir lui offrir une sépulture et lui rendre sa dignité. Cette demande s’est toutefois heurtée à un refus des autorités et du monde scientifique français au nom du patrimoine inaliénable du muséum et de la science. Ce n'est qu'en 2002 que la Vénus a pu rentrer chez elle pour enfin reposer en paix. 

 
 
 
 
 

MACHETE

Tranchant et 'rigorelo' 

 

 

Souvenez-vous. Juin 2007 déboule sur la planète cinéma BOULEVEARD DE LA MORT, un hommage rendu au Grindhouse par Tarantino. Au Etats Unis, la sortie est accompagnée de PANETE TERROR, un film de zombi de Robert Rodriguez. Les 2 cinéastes remettent ainsi au goût du jour le concept même de Grindhouse qui ne se limitait pas à la seule programmation de série B mal montées, mal jouées et mal fichues. A l’époque, dans les années 70, le spectateur se délectait aussi avec des bandes annonces annonçant de futurs films mal montés, mal joués et mal fichus. Et voilà comment aux Etats Unis,  lors de la sortie simultanée des deux fausses séries Z, à l’entracte, on a donc logiquement programmé des bandes de lancement pour annoncer de futurs films.

 

 

Celle de MACHETE fait un ravage! Devant l’hilarité et l’enthousiasme général provoqué par Danny Trejo, Robert Rodriguez songe à décliner en long métrage ce clip délirant mettant en scène ce dangereux mexicain aux machettes d’argents, un vengeur qui cisaille tout ce qui dépasse et découpe en rondelles ceux et celles qui se mettent en travers de sa route, une force de la nature qui fait l'amour aux femmes aussi... C'est dit dans la bande annonce! Bref, avec ces quelques images, on sent là effectivement un énorme potentiel pour une vaste pantalonnade, une gigantesque connerie aussi drôle que sanglante.

 

 

Et dire que le scénario croupissait dans un fond de tiroir depuis une quinzaine d’année! Ecrit juste après le tournage de DESPERADO, Robert Rodriguez a attendu le moment opportun pour que MACHETE devienne un héros à part entière. Parce que ce n’est pas cette courte apparition dans le SPY KIDS de 2001 qui aura suffit à lui bâtir sa réputation. Il aura aussi fallu l’insistance de Danny Trejo. Robert Rodriguez raconte que l’acteur n’a pas cesser de le harceler après le succès de la bande annonce. Pendant une année, il a travaillé au corps le cinéaste qui a fini par abdiquer! Sans la ténacité et la pugnacité du mexicain, peut-être que Rodriguez n’aurait jamais franchi le pas. Quoique… Rien n’est moins sûr puisque MACHETE correspond en tout point à ce que Robert Rodriguez a toujours voulu faire, du cinéma déjanté asiatique à la sauce mexicaine, du John Woo pimenté au Habanero! «Il n’existait pas de films d’actions latinos américains capables de séduire un public international. En regardant A TOUTE EPREUVE ou THE KILLER de John Woo, j’avais presque envie de devenir asiatique. En tout cas, c’est ce qui m’a donné envie de réussir le même genre de films avec des latinos!» de déclarer Robert Rodriguez. Notez qu'il n’est pas le premier à avoir été influencé par John Woo. Micheal Davis n’aurait sans doute jamais réalisé SHOOT EM UP sans une scène piquée dans A TOUT EPREUVE! 

 

 

Mais revenons au cas Rodriguez. Il cite THE KILLER! C’est vrai qu’il faudrait être comme la victime aveugle du tueur à gage du film de Woo pour ne pas remarquer un lien de parenté évident, tout du moins dans l’accumulation des macchabées! THE KILLER compte 120 morts, ce qui valu au film d’être interdit aux mineurs dans une partie du monde lors de sa sortie en salle en 1995! Pas certain que le record de 120 soit battu dans MACHETE, mais tout de même le film démarre sur un train d’enfer avec un carnage sanglant sans nom au Mexique. On comprend qu’il ne faut pas enquiquiner cet agile agent mexicain qui vient de se faire rouler dans la farine par un trafiquant de drogue! 

 

 

Laissé pour mort, Machete l’increvable se terre en fait au Texas, là ou il tente d’oublier son passé. Clandestin parmi les clandestins, à la recherche de petits boulots, il est un jour recruté par un mystérieux homme de main. On lui propose un bon paquet de fric pour butter un sénateur. Machete accepte le contrat car le politicien est véreux. Et en plus, il a une manière bien à lui, pas très respectueuse des Droits de l'Homme d'endiguer l'immigration clandestine.

 

 

Mais ce que Machete ignore, c'est qu'une fois de plus, on va le prendre pour un guignol. Avant même qu'il ne tire un coup de feu, le sénateur prend une balle dans la cuisse. Machete devient l'homme à abattre, celui que tout le monde recherche. Mais ce que personne ne savait, c'est que Machete était tout sauf un inoffensif ouvrier mexicain clandestin! Et voilà comment l'homme aux machettes va s'engouffrer sur la high way de la mort semant derrière lui cadavres démembrés, intestins grêles, mains coupées et cœurs brisés!

 

 

Vengeance et rédemption, rien de neuf dans ce scénario. De toute façon, le but du jeu n'est pas ici de proposer au spectateur un script tarabiscoté. Bien au contraire. Il faut faire simple, efficace. Un type qui veut laver son honneur et débarrasser la planète d'une tripotée de salopards, il n'y a pas plus basique. L'originalité est ailleurs, dans les scènes de crimes, gore mais drôles tellement elles sont irréalistes. Rodriguez joue la démesure comme quand Machete taillade le bide d'un de ses ennemis, sort les intestins, déroule le tuyau et bien accroché à ce gros colon, saute par la fenêtre de la maison, le corps du défunt faisant office de grappin. Et l'on voit ensuite notre Machete se balançant dans les airs accrocher à ce morceau d'intestin grêle! La scène aussi barbare soit-elle n'en demeure pas moins réjouissante, extrêmement drôle parce qu'évidemment, il faut regarder tout ça au second degré. De toute façon, rien dans la mise en scène ne peut laisser place au doute quand à la volonté de Rodriguez de proposé un film ‘rigorelo’, une bd filmée, donc un film pas sérieux qui se déroule à un train d’enfer, avec des dialogues parfois sur réalistes et des situations cocasses, un pur moment de bonheur avec des scènes de bastons d'anthologie et des belles gonzesses comme Michelle Rodriguez qui se prend le Ché en version féminine,

 

 

Jessica Alba la flic de la police de l'immigration partagée entre le respect de la loi et son désire de justice sociale, ou encore Lindsay Lohan, la fille camée (fallait oser) du sénateur. 

 

 

Quel plaisir surtout de retrouver au générique Steven Seagal dans le rôle du trafiquant de drogue et Don Johnson, le flic à Miami devenu un taré à la tête d'une milice qui ne pense qu'à dézinguer du clandestin.

 

 

Il faut encore ajouter à ce casting Robert De Niro, le sénateur pourri et bien évidemment l'impeccable mexicain Danny Trejo, une force de la nature avec son visage taillé au burin, cette musculature sculptée dans le bronze. Ce type est un roc, à l'image du film, costaud !

 

 

 

 

 

 

 

A BOUT PORTANT:

BIEN DE BOUT EN BOUT

 

 

C’est en travaillant sur le montage de POUR ELLE, et plus précisément sur la dernière demi heure du film, que Fred Cavayé a eut l’idée de son deuxième long métrage

 

 

Qui a vu Vincent Lindon se démener comme personne pour organiser l’évasion de prison puis la fuite de sa femme Diane Kruger incarcérée pour un crime qu’elle n’a pas commis, devine sans peine que Gilles Lellouche va devoir cavaler comme un fou furieux dans A BOUT PORTANT.  

 

A cette époque, Fred Cavayé sent comme qui dirait une envie pressante d’écrire un film qui irait vite, vite, vite tout le temps. Et parce qu’on lui a répliqué que ce n’était pas possible, et parce qu’il est breton, cet entêté a décidé de prouver au contraire que le challenge méritait d’être relevé. Voilà comment est né A BOUT PORTANT, un thriller haletant qui ne laisse aucun répit au spectateur et encore moins au personnage principal. Caractéristique commune aux deux films,  à chaque fois, un quidam, un monsieur tout le monde se retrouve plongé dans une aventure qui le dépasse complètement. Si dans POUR ELLE, Vincent Lindon allait tout mettre en œuvre pour réussir une cavale, se frottant à la pègre, devenant malgré lui un hors la loi recherché par toutes les polices, Gilles Lellouche va lui aussi connaître le même genre de désagrément et franchir la ligne pour sauver sa belle.

 

 

Pour tout dire, il mène une vie paisible avec sa femme enceinte de 8 mois. En parallèle, Roschdy Zem se fait couillonner au cour d’un cambriolage. Alors qu’il a pris un mauvais coup, on l’interne aux urgences, là ou travaille Gilles Lellouche. Seulement, le malfrat surveillé par la police, ne doit pas rester là. Son frère complice kidnappe alors la femme de l’infirmier et oblige ce dernier à libérer le bandit, sans quoi, il ne reverra plus sa tendre et douce. Et voilà comment, ce pauvre type qui n’avait rien demandé à personne va devoir s’arranger pour exécuter ce contrat coûte que coûte, puisque la vie de sa femme et de son futur enfant en dépendent. Mais au cours de leur cavale, les deux hommes vont se retrouver au cœur d’un complot qui mêle des flics ripoux. Autant dire qu’au fur et à mesure qu’ils avancent, l’issue de l’histoire demeure de plus en plus incertaine pour les fuyards. 

 

 

A BOUT PORTANT, un film qui va à fond les ballons et repose sur un montage rapide et un scénario ou se mêlent chasse à l’homme, chasse à la femme et guerre des polices. Si Fred Cavayé et son scénariste Guillaume Lemans ont joué la sur enchère dans le déroulement de l’histoire, le cinéaste a ensuite « taillé dans le gras », comme il dit, que ce soit au niveau des dialogues ou de la réalisation. Il va à l’essentiel. Ici, il n’y a pas de place pour la fioriture. Ici, ce ne sont pas les personnages qui parlent, mais leurs gestes, leurs actes. Ici, ce n’est pas la caméra qui est en mouvement, mais les comédiens qui ne cessent de bouger à l’intérieur du cadre, un réflexe de photographe. Logique, puisque Fred Cavayé a commencé par la photographie avant d’être rattrapé par des envies de cinéma, de cinéma américain. Le problème, c’est qu’il vit en France. Evidemment, les moyens ne sont pas les mêmes.

 

 

Là ou Paul Greengrass par exemple aurait 15 jours devant lui pour mettre en boite la scène climax du film, une course poursuite à pied entre la Gare du Nord et les couloirs du métro, Fred Cavayé n’a eut qu’une semaine. Si on enlève les RTT et tout le tralala, ça fait 5 nuits et encore, entre 1h et 5h du matin pour tourner cette scène centrale du film qui dure 7 minutes. Inutile de dire qu’avec un timing aussi serrer, il faut travailler vite et bien. Pas le temps pour des travellings luxueux. On doit se contenter de suivre Gilles Lellouche courrant comme un dérater, dévalant des escalators à contre sens, surfant entre les rames sur les voix, un Gilles Lellouche qui a bien failli se blesser dès les premiers jours de tournages, après une belle gamelle. Une chance que ce comédien, pourtant sportif, ait accepter de s’entraîner dur avant le tournage. Il le savait ! Sans condition physique, il n’aurait jamais pu tenir la distance.

 

 

Gilles Lellouche, le second couteau du cinéma français, à la filmographie impressionnante a pris son pied dans ce film, retrouvant des réflexes de gamins. « C’est comme si je jouais aux gendarmes et aux voleurs dans la cours de récréation », dit-il. En décrochant enfin un premier rôle à sa mesure, il montre en tout cas qu’il est capable de porter un film de bout en bout. Reste juste à espérer que le public suivra le nouvel Hussein Bolt du cinéma français. Ce devrait se vérifier rapidement, surtout depuis le succès des  PETITS MOUCHOIRS. Fred Cavayé peut remercier Guillaume Cannet pour la publicité faite à son acteur principal. Il peut aussi remercier Paul Haggis ! 

 

 

 

Aux dernières nouvelles, POUR ELLE a en effet été remaké par le réalisateur de COLLISION. Russel Crowe a remplacé Vincent Lindon dans THE NEXT THREE DAYS. Le film sortira le 8 décembre, quasiment en même temps que A BOUT PORTANT. 

 

Si tout se déroule comme prévu, il devrait lui aussi bénéficier de son remake us. Le film possède un réel potentiel pour intéresser Hollywood. Reste à savoir qui remplacera le duo Roschdy Zem – Gilles Lellouche, et surtout qui prendra la place de Gérard Lanvin, le flic avare de mot, acteur immense dont la seule présence devant un objectif suffit à impressionner. 

 

 

 

 

MON POTE

UN BEAU FILM!

 

 

Pourquoi faut-il que Marc Esposito continue de réaliser des films? Des beaux films en plus, avec des beaux sentiments et des beaux personnages qui vivent dans de beaux endroits et se mettent rarement dans de beaux draps! Avouez que toute cette beauté fini par être gerbante à la longue, non? En tout cas, dégoulinante ou pas, la beauté est la marque de fabrique de Marc Esposito! Avec lui, on n'a jamais de vilaine surprise. Déjà dans LE COEUR DES HOMMES, le salopard Marc Lavoine était beau. Dans LE COEUR DES HOMMES 2, il n'avait pas changé. Dans son long métrage suivant, la beauté était même dans le titre: TOUTE LA BEAUTE DU MONDE qu'il s'appelle ce film! On peut prendre les paris qu'il n'osera pas rebaptiser LE COEUR DES HOMMES 3, LE CUL DES FEMMES parce que c'est pas beau! Rigolo peut-être, mais pas beau!

 

 

Donc, ne vous étonnez pas si la beauté est encore convoquée dans MON POTE, un beau téléfilm qui démarre réellement au bout d'une belle heure! Ici, Marc Esposito nous pond une histoire d'amitié inspirée de celle qu’il a vécu avec Jean Luc Levesque. Cet ancien prisonnier est devenu directeur artistique à Studio Magasine après que Marc Esposito lui ait donné sa chance à l’époque ou il dirigeait cette publication qu’il a lui-même créé. Nous voilà donc dans MON POTE avec un beau taulard incarné par Benoît Magimel. Il est incarcéré dans une belle cellule de cinéma! Alors que la France entière s'est emballée en 2009 pour UN PROPHETE, Marc Esposito donne l’impression de n'avoir jamais vu le film de Jacques Audiard! Depuis UN PROPHETE, on sait bien que les prisons ne ressemblent en rien à la vision qu'en donne Marc Esposito dans MON POTE! Ils sont enfermés à 2 dans 8m2 avec tout le confort nécessaire. Dans cet endroit très propre, ils ne manquent de rien, et en plus, ils s'entendent bien! La prison chez Esposito, c'est le Formule1 du coin! On en viendrait presque à se demander pourquoi Benoît Magimel veut en sortir? Parce que pardi, être emprisonné, privé de liberté, empêché de voir sa femme et son enfant à sa guise, c'est pas bien, c'est pas beau! Ah ben si c'est pas beau, il faut trouver une combine pour que notre bonhomme se tire de là, légalement, parce que outrepasser la loi, c'est pas beau non plus ! 

 

 

Et c'est là qu'intervient Edouard Baer, le beau Edouard. qui vit dans un bel appartement et qui fait du beau boulot en tant que fondateur et rédacteur en chef d'un magasine sur les belles autos. Benoit Magimel est dingue de ce mec. Il est fan absolu, connaît tous ces articles sur le bout des doigts. Il rêve un jour de rencontrer son idole. Ce sera chose faite, dans cette belle prison. A l'issu de cette rencontre, le prisonnier fait comprendre au journaliste qu'il a le pouvoir de lui changer la vie. En le prenant dans sa rédaction et en lui proposant un boulot, il va pouvoir sortir de prison et mener une vie normale. Pas de problèmes pour le patron Baer! Il n'a pas les moyens d'embaucher mais il le prend quand même. Le type ne connaît rien à la mise en page d'un journal, mais ce n'est pas grave, il sera maquettiste en une demi journée! Une belle aberration, mais dans un beau film, ça ne gêne personne. En tout cas, tout se passe à merveille pour ce nouvel employé immédiatement adopté dans cette petite entreprise ou personne ne lui cherche noise ni ne le regarde de travers! Dans le monde magique et merveilleux de Mickey Esposito, personne n'a de préjuger sur les prisonniers en cours de réinsertion! Et voilà comment des liens solides se nouent entre les 2 hommes jusqu'à ce que le passé, et les fréquentations d'avant rattrape le prisonnier en sursit. Pas trop tôt, après 60 minutes d'une longueur insupportable pour mettre en place le décors, les tenants, les aboutis  et les personnages, le film peut enfin démarrer! Magimel va devoir... 

 

 

MON POTE, un vulgaire téléfilm, le genre de production qui ravi les patrons de chaîne de télé qui savent qu'ils pourront bourré leurs écrans pubs lors de la diffusion en prime time dans 12 mois! Pour le cinéphile ou même le cinéphage, il n'aura pas envie d'être copain avec ce métrage lisse. Certes, Marc Esposito a soigné un peu plus ses dialogues que d'habitude. En misant sur Edouard Baer, il compte s'attirer la sympathies des fans du dandy comique. Ce n'est pas gagné. Ceci dit, Edouard Baer sauve l'ensemble du désastre. Benoit Magimel, le Michel Vaillant du film est au diapason. Les deux acteurs font du beau travail! Pour le reste, circulez, y a rien de beau à voir! Et le pire, c’est qu’après ce machin mollasson sans âme, Marc Esposito prévoit de réaliser MA COPINE !

 

 

 

 

 

 

FAIR GAME:

The Game is Over...

 

 

FAIR GAME de Doug Liman fut dévoilé dans la compétition cannoise en mai dernier. Bien sur que le film n’a rien obtenu, si ce n’est la désapprobation des journalistes, la plupart se demandant ce qu’un pur produit de divertissement hollywoodien pouvait bien faire dans la compétition! Sans doute était-ce une affaire de quota puisque FAIR GAME était le seul représentant américain cet année. C’est clair que même si sur le fond, FAIR GAME, c’est du sérieux, sur la forme, on ne peut pas en dire autant. Ce qui en a énervé plus d’un, c’est que ce film cumule tous les travers d’une production américaine standardisée. Découpé comme un téléfilm, le montage donne vite la nausée avec ces changements de plans toutes les 5 secondes. Fidèle à son habitude, le cinéaste soigne sa mise en scène pour montrer les coulisses de la guerre en Irak. Pour souligner que seuls les hommes et les femmes de terrain se bougent pendant que dans les bureaux feutrés de la CIA ou du Pentagone l’immobilisme est de rigueur, Doug Liman se la joue caméra au point pour toutes les scènes d’action, ceci dit peu nombreuses, et lèche tous les plans d’intérieur. On s’ennuie donc un peu devant ce film d’inaction bavard qui n’embrasse qu’un but: montrer que le triomphe de la vérité a un prix. La facture est extrêmement salée pour quiconque ose briser la loi du silence, faire exploser en plein jour les agissements douteux de nos dirigeants. Doug Liman enfonce une porte ouverte depuis trop longtemps. Tout le monde sait pertinemment que la guerre en Irak a été déclenchée pour de mauvaises et fallacieuses raisons. Alors pourquoi faire ce film aujourd’hui ? Sans doute pour crier à la terre entière que tous les citoyens américains ne sont pas à mettre dans le même panier. Certain n’ont jamais cautionné la décision de Bush. Ils ont dit Non à la guerre et tant pis si leur vie a été anéantie. La cause était juste et noble et méritait ce courageux sacrifice. Voilà encore des thèmes chers au cinéma américain : le sens du sacrifice, le courage, l’abnégation et j’en passe. Et oui, aujourd’hui plus que jamais, l’Amérique a besoin de héros pour porter haut ses valeurs !

 

 

Donc, Doug Liman s’empare de l’affaire Valérie Plame et propose sa vision. Le film débute au lendemain des attentats du 11 septembre. L’administration Bush cherche un coupable sur qui se déchaîner. Ce sera Saddam Hussein. Avant de lancer une guerre éclaire, l’amateur de bretzel doit savoir si oui ou oui, l’Irak possède la bombe atomique. C’est oublier trop vite que lors de la première guerre du Golf, toutes les installations permettant de fabriquer la bombe H ont été réduites à néant en Irak. Qu’importe, la CIA se charge, par l’intermédiaire de Valérie Plame, de mener une enquête approfondie. Elle recommande son mari Jon Wilson, ex ambassadeur spécialiste des relations américano-africaines pour se rendre au Niger, selon lui, le seul pays susceptible de fournir suffisamment d’uranium à l’Irak.. Après son expédition, il se rend compte que le Niger n’a pas pu extraire et transporter ensuite cette matière première. Et comme aucun autre pays africain n’est capable de fournir Saddam, sa conclusion tombe : l’Irak n’est pas aussi dangereux pour l’Amérique qu’on peut le penser.  Qu’importe, d’autres experts vont s’arranger pour trouver un autre élément pouvant justifier une attaque sans précédent sur ce pays. Les mois passent, et Jon Wilson se rend compte que le président est en train de mentir à la population. Alors il prend sa plume, se fend d’un article dans un journal. La riposte ne tarde pas. En haut lieu, on organise contre Wilson et sa femme Valérie Plame une véritable cabale. Le couple est au bord de l’implosion, alors que les menaces de mort leur tombent dessus. Ils se font lyncher dans la presse. Tous les médias s’en mêlent jusqu’à ce qu’enfin, une commission d’enquête soit nommée pour déterminer qui a balancé injustement Valérie Palme, une commission qui devra également déterminer si la guerre était justifiée. 

 

 

Mais que fout Sean Penn au générique d’un tel machin? C’est à n’y rien comprendre tant l’acteur est en général vigilant quant à ses choix artistiques. Ici, il s’est sans doute laissé aveugler par le fond, oubliant que Doug Liman s’est illustré de part le passé en signant le premier épisode de la franchise Jason Bourn LA MEMOIRE DANS LA PEAU, un très bon produit là encore. Idem pour Mr AND Mrs SMITH ou autre JUMPER pour ne citer que ceux là. Sean Penn est donc celui par qui le scandale arrive. Il est marié dans le film à Naomi Watts, également brillante comédienne. Visiblement, l’actrice a été retenue essentiellement pour sa ressemblance avec la vraie Valérie Plame.

 

 

Ceci dit, elle a beau se démener pour interpréter au mieux, sans trahir, cette agente de la CIA lâchée par l’administration Bush pour faire diversion, on la regarde gesticuler, s’agiter sans jamais ressentir une quelconque émotion. C’est le gros problème de FAIR GAME, un brûlot anti-Bush qui arrive bien longtemps après la bataille et qu’on regarde sans jamais ressentir quoique ce soit à part de l’ennui !

 

 

 

 

 

 

RAIPONCE

Pas de quoi couper

les cheveux en quatre!

 

 

On sent que Noêl approche ! Les petites filles rêvent de poupées aux longs cheveux souples et soyeux, de princesse retenue prisonnières, de roi, de reine, de château, de sorcière, de prince charmant, de cheval agile et de caméléon rigolo. Qu’elles se rassurent, Walt Disney va exaucer leur vœux avec RAIPONCE, une princesse qui le vaut bien! Et oui, cette année, ce n’est pas barby qui sera la vedette mais belle et bien sa réplique Raiponce, la jeune filles aux cheveux magiques ! Avec sa tignasse à rendre malade de désespoir la première coiffeuse venue, Raiponce peut tout faire dans ce compte de fée pour les 8 ans et moins. Avec ses cheveux, elle peut guérir des blessures mortelle et chpoutser à la vitesse de l’éclair. Ils peuvent servir de corde de rappel et même de grappin pour s’agripper aux arbres et se balancer depuis les branches! Pas d’erreur, cette perruque est décidément trop super ! Mais reprenons depuis le début.

 

 

Il était une fois une étoile magique tombée du ciel et qui allait donner naissance à une fleur aux pouvoirs extraordinaires que seule une vilaine sorcière allait pouvoir apprivoiser. En fait, en chantant une chanson à cette plante venue de l’espace, la vieille femme allait retrouver la jeunesse éternelle. 

 

 

Pendant ce temps là, dans le château du coin, la reine gravement malade était sur le point de mettre au monde son bébé. Mais pour sauver la reine d’une mort certaine, il lui fallait ingurgiter un remède unique, une tisane conçue à base de la fleur magique. Alors, les gardes du roi se lancèrent à sa recherche et au grand désespoir de la sorcière, réussirent à la cueillir. Dépité, mais pas abattue pour autant, la sorcière se mît en tête de récupérer son bien ! Trop tard. Arrivée au château, elle ne pu que constater que la reine, guérie, avait accouché d’une somptueuse petite fille. Bien décidé à lui couper une mèche de cheveux, dont elle savait qu’ils renfermaient les mêmes pouvoir que la fleur, quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’elle constata que l’effet s’annulait. Pire que cela, une fois ciselé, la mèche blonde vira au brun et le pouvoir de s’évaporer. Comme il n’était pas question pour elle de renoncer à la jeunesse éternelle, elle enleva l’enfant et l’éleva comme sa propre fille dans son donjon planté au milieu d’une clairière dans la forêt, loin de l’agitation du château, loin de ses parents naturels. Les années passèrent. Tout allait bien entre elles jusqu’à ce qu’un jour, un brigand en fuite, un jeune homme vaillant aux allures de prince charmant découvrît par hasard cette étrange tour et sa  mystérieuse mais tellement belle occupante…

 

 

RAIPONCE, de l’aventure, de la magie, du frisson, mais tout de même, rien de réellement décoiffant dans ce dessin animé capillaire. A relever toute fois quelques personnages secondaires intéressants comme ce caméléon peureux mais drôle, ce cheval qui se prend pour un chien truffier ou encore ce bandit qui se rêve en mime Marceau 

 

 

A part ça, RAIPONCE est un classique Disney qui répond à un cahier des charges standard. Ici, il n’y a point de barbarie, point d’iconographie effrayantes. Les personnages, méchants inclus, sont aussi lisse que le grain de leur peau. Les couleurs sont chaudes, les femmes juste bonne à faire le ménage à la casa et les enfants bien éduqués. Tout est bien qui commence bien et qui fini bien aussi dans cette comédie musicale animée qui repose sur une histoire tout de même un peu tirée par les cheveux .

 

 

 

 

 

 

HARRY POTTER :

LES RELIQUES DE LA MORT

A mourir d'ennui! 

 

 

Je ne comprends pas Harry Potter. Je ne comprends pas les tenants et les aboutissants dans ce film. Je ne comprends pas les motivations des personnages. Je ne comprends pas comment un binoclard un peu niait peut arriver à susciter un tel engouement à travers le monde depuis tant d‘années ! Je ne comprends pas pourquoi des acteurs comme Daniel Radclife, Rupert Grint et Emma Watson qui n’ont d’acteur que le titre et jouent comme des quiches soulèvent des hordes de fans déchaînés!

 

 

Et encore, quand je regarde une quiche, j’éprouve au moins un peu d’émotion à l’idée d’en croquer une part, mais là… Rien!  Désolé, mais la magie ne prend pas sur moi. 

 

 

Je me souviens vaguement avoir vu le premier épisode de la saga, un film qui m’avait directement guéri, au point d’être devenu réfractaire à l’idée de me perdre dans une salle sombre à chaque nouvelle sortie. En bon moldu pas mordu du phénomène, je me disais toutefois qu’il était logique, après avoir supporter le premier épisode, de voir au moins le dernier, histoire d’en finir une fois pour toute. C’était oublier que cet RELIQUE DE LA MORT est en deux parties! Damned. Harry l’enchanteur m’a donc joué un tour de passe-passe à sa façon avec sa fausse fin, un épisode d’attente avant le gigantesque combat final. Et pour le coup, le terme attente est particulièrement bien choisi, tant les héros et par la même les spectateurs passent leur temps à attendre qu’il se passe quelque chose. Le scénario est d’une pauvreté rarement atteinte. Et pas question de vous rabattre sur les effets spéciaux pour vous occuper. Il y en a 3 ou 4 différents qui se répètent à l’infini! Les plans aériens avec des personnages de poussière qui se matérialisent d’un coup, ça va 5 minutes! les déplacement d’une clairière à l’autre à la vitesse super sonique aussi. 

 

 

Et pourtant, la première demi heure se déroule à un balais volant d’enfer. Tous les amis du caïd de Podlard se retrouvent dans sa maison. Le temps presse car la congrégation des vilains sorciers en veut à Harry. L’ado est en danger de mort alors pour le sauver, on nous refait un mauvais remake de DANS LA PEAU DE JOHN MALKOVITCH. Pour faire diversion et dérouter les sorciers du coté obscur de la force, chacun des amis d’Harry qui lui veulent du bien boit une potion magique qui ne décuple pas la force comme dans ASTERIX, mais qui permet de ressembler à Potter. Comme si un seul ne suffisait pas! Il y en a désormais 6 ou 7 sur l‘écran, tous fringués pareil, tous accompagnés d’un gardien super balaise

 

 

Et c’est partie pour une course poursuite aérienne. Paniquez pas, le vrai Harry est celui qui est monté à bord du side-car de l’espace avec sont turbo mégaboost de série. L’engin est rapide et la scène plutôt efficace. Ce sera la seule du film! La suite se réduit à la recherche d’un médaillon puis d’une épée façon Excalibur pour casser le médaillon. Ah ben bravo! C’était bien la peine de trouver ce foutu bijoux si c’était pour le détruire! Mais avant de dégotter leur super épée, Potter, Hermione et Ron se prennent pour les vampires de TWILIGHT, passant le plus clair de leur temps sous la toile de tente des cowboys homo de BROKEBACK MOUNTAIN! Alors ils sont là à faire semblant de réfléchir dans des forêts, tantôt enneigée, tantôt recouvertes de feuilles morte car on est en automne. Ils aiment aussi se retrouver paisible juché au sommet d’une colline. Tout ça pourquoi? Dans l’espoir de trouver une idée pour débusquer les derniers Horcruxes. 

 

 

Aidés par les fils cachés du Golum du SEIGNEUR DES ANNEAUX, au terme des 2 heures et demi d’attente, ils auront niqué un seul Horcruxe! Joli rendement! Autant dire que vous devrez patienter jusqu’en juillet prochain pour vous taper l’ultime épisode, celui ou Harry devrait enfin rouler une pelle à Hermione, lui montrer sa jolie baguette avant d’éventuellement trépasser. Car pour finir le boulot entamé par Dumbledore, à savoir éliminer Voldemort, on se doute bien que Harry sera sacrifié! C’est crétin, mais c’est comme ça.

 

 

Plus crétin encore, dans cette première partie des RELIQUES DE LA MORT, c’est qu’Harry est obligé d’utiliser sa baguette magique pour briser la glace qui recouvre une marre gelée, alors qu’un caillasse normale aurait suffit. Il se dépoile pour plonger dans l’eau froide sans jamais frissonner. Et s’il saute à la baille, c’est pour récupérer un objet qui est au fond de l’eau. Je croyais qu’il était magicien? Ça sert à quoi de posséder des pouvoirs si on n’est même pas capable de sortir de l’eau l’objet convoité d’un simple coup de baguette! C’est complètement stupide. Notez que si ça se trouve, il a séché le cours de formule le jour ou il fallait pas, quand dans son école de Poudlard on a enseigné cette formule miracle! C’est possible, mais peu probable! Car Harry Potter n’est pas un cancre! Il est l’élu tout de même! Mais si vous avez un tuyau à ce sujet, je suis preneur. J’aimerais vraiment finir par comprendre quelque chose dans Harry Potter! 

 

 

 

 

 

 

ILLEGAL:

Un régal! 

 

 

Quelque part en Belgique, une femme d’origine russe vit seule dans la clandestinité avec son fils adolescent. Sans papier, elle doit rester sur ses gardes en permanence, vivre dans le mensonge pour ne pas attirer l’attention sur elle. Ses rapports avec les autres se limitent au maximum à la communauté russe. Tout ceci ne l’a pas empêché de trouver du travail. Elle est employée dans une société de nettoyage depuis 8 ans. En attente d’une autorisation de séjour en règle, le couperet tombe dès le début du film. Sa demande rejetée, elle n’a que quelques mois devant elle pour plier bagages. Se refusant à se résoudre à cette décision, elle entre en contact avec un mafieux russe qui lui fourni une fausse carte d’identité plus vraie que nature. Mais attention ! La mise en garde est radicale. Pas question de se trimballer avec ça sur elle. En cas de contrôle dans la rue, elle doit simplement dire qu’elle a oublier ses papiers chez elle. Pour les démarches administratives, une simple photocopie fait généralement l’affaire. Et si jamais il lui venait la mauvaise idée d’oublier ses règles de bases, si la police remontait la piste du mafieux, la sanction serait immédiate. Elle ne reverrait plus son fils. Bien sur, ce qui devait arriver arrive. Tania est alpaguée par deux policiers à un arrêt d’autobus. Immédiatement arrêtée, la jeune femme reste muette. Elle ne dévoile ni son nom, ni son origine. Commence alors pour elle une descente en enfer. C’est MIDNIGHT EXPRESS  au pays de Tintin ! Incarcérée dans un centre d’accueil qui ressemble plus à une prison qu’à un lieu convivial, Tania ne dit rien. Sa tactique s’avère payante. En effet, comment renvoyer quelqu’un dans son pays d’origine quand vous ignorez tout de cette personne à commencer justement par sa nationalité ? Mais comme tout plan, aussi bon soit-il, il ne connaît pas systématiquement une issue favorable.

 

 

ILLEGAL raconte donc l’histoire qui aurait pu être vraie d’une clandestine. Notez que le cinéaste a gommée le ’E’ à la fin du titre. Ce n’est pas une faute d’orthographe. Evidemment que non ! Olivier Masset Depasse ne considère pas cette femme comme illégale, mais bel et bien le système belge. Tous les jours, on arrête des innocents. Des femmes, des enfants sont  enfermés dans des prisons. Le seul crime qu’ils ont commis, c’est d’avoir fuit leur pays pour de bonnes raisons. Personne ne rêvent de laisser derrière lui sa patrie, sa famille, ses amis, sa culture. Il faut effectivement ne pas avoir d’autre choix pour se risquer à devenir un clandestin dans un pays ou l’herbe semble plus verte. Ces candidats à l’exil ont en général plus à perdre qu’à gagner. Seulement, mus par l’espoir de vivre un avenir meilleur, ils se décident à emprunter la voix de la clandestinité et qu’importe les risques.

 

 

Au delà de ça, ILLEGAL, n’est pas un film manichéen. Ici, il n’y a pas de bons et de méchants. Tout le monde est victime de ce système condamné par la ligue européenne des droits de l’homme. La Belgique, comme d’autres pays européens a dû en effet s’expliquer et s’excuser à de nombreuses reprises. Des gardiens de centre, des policier accompagnateurs sont aussi des victimes. Il n’est pas chose aisée que de surveiller des innocents entassés dans ces dortoirs, derrière ces maisons de béton inhospitalières, des êtres humains qui ne demandent rien de mieux que de vivre et s’intégrer dans un pays qui pourrait absorber ces populations. C’est une question de volonté politique. Il est aujourd’hui utopique de penser qu’un jour, il n’y aura plus de flux migratoires. C’est comme ça depuis toujours, mais en répartissant un peux mieux les richesses, on pourra endiguer le phénomène. Ça, c’est un autre film me direz-vous. Pas celui que prépare actuellement Olivier Masset Depasse. Après ILLEGAL, le cinéaste travaille à la suite, le trafic de visa dans des ambassades appartenant à des pays peu regardant. Aujourd’hui, ce trafic de visa, donc d’être humain, est tout aussi lucratif que le trafic de drogue. En plus, en terme de risque, il coûte moins cher. Les peines de prisons pour les trafiquants sont nettement moindre pour les humains que pour la drogue. Actuellement, Olivier Masset Depasse en est encore au stade de l’enquête. Puis il se mettra à écrire. C’est comme cela qu’il a procédé pour ILLEGAL. Au terme d’une année à fréquenter un centre, à recueillir des dizaines de témoignages de clandestins, de policiers, de gardiens, il a compris qu’il tenait là un matériaux formidable. Le risque pour lui était de réaliser un film militant, ce que n’est pas ILLEGAL. Olivier Masset Depasse le dit : « je ne suis pas militant. Je suis un citoyen ulcéré par les conditions d’accueil désastreuses que  mon pays offre à ces gens. Dans nos textes de lois, il est écrit que tous les moyens sont bons pour ne pas donner l’envie aux expulser de revenir. C’est la porte ouverte à tous les dérapages. C’est ce qui explique que parfois, des clandestins meurent asphyxiés dans des avions ou dans des cellules après avoir été passés à tabac ». 

 

 

Avec ILLEGAL, Olivier Masset Depasse aurait pu réaliser un excellent documentaire, mais Fernand Melgar l’a déjà fait avant lui. LA FORTERESSE rassemblait des témoignages de requérants d’asiles et d’officiels dans le centre de Vallorbe en Suisse, un centre plus accueillant que celui montré dans ILLEGAL. Olivier Masset Depasse dit avoir opté pour la fiction car selon lui, recréer le réel dans un film est plus fort encore que de simplement le montrer. En choisissant en plus de confier le rôle principale à une femme d’origine russe plutôt qu’à une malienne, le pouvoir d’identification du spectateur est intensifié. Et quant en plus, on peut compter sur une actrice aussi extraordinaire que Anne Coessens pour incarner cette femme prête à tous les sacrifices pour sauver sa peaux et surtout celle de son fils, inutile de dire que l’on  tient là un grand film. Pour l’annecdote, Anne Coessens a appris son texte russe en phonétique en même pas 5 mois et est d’une crédibilité hallucinante! ILLEGAL, un thriller psychologique tourné caméra à l’épaule au plus près des corps et des visages pour renforcer d’avantage le sentiment d’urgence, de désespoir et immerger le spectateur dans le quotidien dramatique de cette pauvre femme qui n’avait rien demandé à personne.

ILLEGAL, un film coup de poing en forme de coup de gueule de la part d’un humaniste, à voir de toute urgence au cinéma.

 

 

 

 

 

 

LE NOM DES GENS:

Délirant et excellent!

 

 

Le cinéma français n’a donc pas fini de nous surprendre. Dans le marasme des comédies pas drôles actuelles, on se demande effectivement comment se fait-il qu’un film aussi politiquement incorrect ait pu voir le jour ? LE NOM DES GENS de Michel Leclerc fait parti de ces films indispensables qui divertissent en même temps qu’ils dénoncent les travers de notre société. Avec Jacques Gamblin et Sara forestier au générique, LE NOM DES GENS est donc autant hilarant qu’intelligent. Pas facile en effet de dégoter ce genre de perle qui allie rire et fond politique. 

 

 

Pour résumer, LE NOM DES GENS relate une improbable rencontre amoureuse entre Baya Benmarhmoud et Arthur Martin… Oui, ça fait rire, un type qui a le nom d’une marque de machine à laver et qui va se faire essorer dans le tambour des sentiments! Notez que c’était soit Arthur, soit Jacques! En tout cas, ce monsieur Martin issue d’une famille bourgeoise va connaître un véritable coup de foudre pour Baya, une superbe jeune fille un peu fofolle de 20 ans sa cadette, au moins ! Elle est le fruit de l’amour entre une ex hippie et un clandestin algérien. Baya est surtout une tornade. Imaginez un peu que depuis qu’elle a rencontré Arthur, Baya Benmarhmoud songe qu’elle aura un enfant qu’elle pourra baptiser CHANG Martin Benmharmoud ! Je vous laisse juste imaginer la gueule de la sage femme quand ils annonceront ce prénom. Chang ! Pourquoi Chang? Juste pour faire chier, juste pour montrer que dans la vie, il faut être ouvert à toutes les cultures ! Ah ben ça, l’hymne à la tolérance, le respect des peuples, voilà les couplets favoris de Baya ! Bon, ceci dit, avant que la demoiselle tombe enceinte, il va falloir qu’elle rencontre Arthur Martin! Ça se passera dans un studio de radio. Alors qu’en qualité de spécialiste vétérinaire, il est invité à parler du virus H5N1, elle qui est réceptionniste débarque dans le studio en furie pour insulter cet éminent spécialiste parce qu’il fait flipper tout le monde avec ses mesures de précautions à la con. En fait, elle, elle n’a pas envie d’en prendre des mesures de précaution. Elle fini par le traiter de facho en direct sur l’antenne ! Ca commence par les canards qu’on doit abattre, puis les poulets et ça finit par les arabes dit-elle…

 

 

Avec une entrée en matière aussi rentre dedans et efficace, bien sur que le spectateur veut tout savoir de Baya. Alors on nous raconte en flash back rapide que quand elle était petite, Baya était douée pour le piano. Ses parents lui ont payé des cours. Le truc, c’est que le prof de piano ne lui a jamais appris à jouer. Il a plutôt abusé d’elle. Résultat, en regardant plus tard une émission à la télé, elle a trouvé sa vocation. Une psy a dit que les enfants abusés reproduisaient souvent ce même schéma. En clair, elle avait 2 options: devenir pédophile ou pute, dit-elle... Elle a choisi pute ! Mais attention. son but est d’appliquer ce vieux concept baba cher à sa mère: FAITES L’AMOUR PAS LA GUERRE ! Et oui, depuis plusieurs années, Baya fait l’amour plutôt que la guerre à tous les mecs de droite pour les rallier à sa cause. En clair, elle les nique au sens propre et uniquement au sens propre! Dans son genre, c’est une vraie bombe atomique, une arme de destruction massive, un missile anti-droite à elle toute seule ! Malheureusement pour Arthur Martin: il n’est pas de droite, il est jospiniste, chose extrêmement rare en 2010! 

 

 

LE NOM DES GENS, une comédie qui ressasse une tripotée de thèmes comme l’intégration, le mariage blanc, l’identité nationale, les émigrés qui s’excusent presque d’être devenus français ! On évoque aussi la guerre d’Algérie, la Shoa, la recherche de ses racines. On arrive à se marrer avec un sujet aussi grave et tragique que la pédophilie! Faut quand même oser. C’est vous dire si le texte doit être particulièrement bien écrit pour atteindre un tel but. En tout cas, le ton volontairement léger permet de faire passer pleins de messages, de pointer tout ce qui ne fonctionne pas en France aujourd’hui. 

 

 

Coté casting, Sara Forestier est éblouissante. Elle tient là son meilleur rôle depuis ses débuts au cinéma dans L’ESQUIVE de Abdélatif kéchiche. Sara Forestier s’est mise à nue pour ce rôle, et ce n’est pas qu’une image, ou plutôt si. L’image de cette jeune fille à poil en pleine rue est particulièrement belle et drôle. Oui, elle marche dans Paris entièrement dévêtue parce qu’elle a juste oublié de s’habiller! Et le plus cocasse, c’est qu’elle s’en aperçoit dans le métro alors qu’en face d’elle, le mari musulman d’une femme voilée la déshabille du regard ! Effet comique garanti! Et ce n’est qu’un exemple. Dans LE NOM DES GENS, les dialogues sont en plus délirants. Ils sont interprétés par un duo d’acteurs, Jacques Gamblin et Sara Forestier qui fait des étincelles. Il faut souligner la performance de Zinédine Soualem qui joue le père serviable de Baya dans le film. Il est excellent. Et puis, autre surprise et pas des moindres, Lionel Jospin que l’on croyait coincé et sans humour fait une apparition le temps d’une scène ou il fait preuve d’une autodérision épatante. 

 

 

 

 

 

 

NO ET MOI

un film SDF

 Sans Détours ni Fioriture

  

 

Pas d’erreur, Zabou Breitman n’est pas seulement une formidable comédienne, elle est aussi et surtout une réalisatrice hors paire, dotée d’une sensibilité rare et d’un regard toujours juste. Qu’il s’agisse de raconter un coup de foudre amoureux entre deux amnésiques dans SE SOUVENIR DES BELLES CHOSES ou entre deux voisins homo et hétéro dans L’HOMME DE SA VIE, qu’il faille narrer un secret amoureux longtemps resté enfoui et qui ressurgit le temps d’une conversation entre un homme et sa belle fille dans JE L’AIMAIS, Zabou a toujours su trouver le bon ton pour dérouler ses histoires sentimentales. Ceci dit, on commençait à se demander si en dehors du thème amoureux, elle serait capable de s’attaquer à un autre sujet! Et bien c’était sans compter sur ce 4ème long métrage NO ET MOI. Et dire qu’elle ne voulait pas réaliser l’adaptation de ce récit de Delphine De Vigan. Finalement, après avoir refermé la dernière page du livre, elle s’est sentie pousser des ailes d’autant que dit-elle: « J’avais toujours voulu raconter quelque chose autour de l’adolescence, et je trouvais très juste l’histoire de cette ado surdouée, avec les lacunes affectives souvent violentes qui peuvent accompagner les enfants précoces."  S’en était donc décidé, avec une telle matière, Zabou ne pouvait pas passer à coté de ce film. 

 

 

NO ET MOI est encore une histoire de rencontre mais elle se situe cette fois à un autre niveau. Lou, une enfant précoce, une surdouée de treize ans, en avance de deux classes doit faire un exposé. Son attention se porte sus les sans abris. Plutôt que de pomper et compiler des infos sur le net, Lou sait que si elle veut décrire au mieux le quotidien d’une jeune fille vivant dans la rue, elle doit en rencontrer une. Lou, qui a l’habitude de errer dans la gare d’Austerlitz parce qu’elle aime simplement observer les gens, imaginer leur vie, se rend donc comme à son habitude dans cet endroit qui fourmille. 

 

 

Elle rencontre No et parvient à décider la jeune SDF de témoigner, de lui raconter sa vie. Maladroite, Lou comprend très vite qu’il ne sert à rien de poser des questions. Il faut laisser No s’exprimer et lire ensuite entre les lignes. A force de rendez-vous, No et Lou lient une amitié précaire mais sincère, à tel point qu’un jour, pour aider cette amie qui fait la manche et quémande des clopes, cette fille un peu cinglée qui a tellement besoin d’un nid douillet, loin des foyers inhospitaliers pour se poser, Lou décide de la ramener à la maison. Immédiatement, sa mère qui était jusqu’alors emmurée dans les tranquillisants, accepte la demoiselle. Idem pour le papa qui décide tout de même de passer un deal. Elle pourra rester le temps qu’elle voudra chez eux, dans la chambre du fond, celle qui est inoccupée depuis 5 ans pour une bonne raison, à condition qu’elle respecte certaines règles et qu’elle montre de la bonne volonté pour se sortir de sa situation précaire. Et voilà comment No et Lou deviennent inséparables jusqu’à ce qu’un jour, No se mette à déconner.

 

 

NO ET MOI, est donc un film qui parle de précarité bien sur surtout d‘engagement citoyen, quand les pouvoirs publics ne font pas ce qu‘ils devraient faire pour aider les plus démunis et que les gens comme vous et moi se substituent à l‘Etat. Ce long métrage sort à point nommé juste avant l’hiver, juste avant que dans tous les journaux on s’intéresse de nouveau aux SDF, alors qu’il faudrait s’en soucier toute l’année. Mais NO ET MOI n’a rien d’un film militant. Zabou n’est pas une Don Quichotte, simplement une femme sensible qui a su, par ses choix de mise en scène, sobre et efficace, réaliser un film juste de bout en bout. Pas de pathos, pas de mélo, pas de violon, pas de mouchoirs dans NO ET MOI. Simplement la réalité brute de décoffrage. Pour le coup, il y aurait presque du URGENCE de Depardon dans NO ET MOI. Mais au-delà de ce thème, le récit déborde sur d’autres troubles comme la difficulté de grandir quand on vit dans une famille ruinée par la perte d’un enfant. Il y est question aussi de la solitude et du décalage permanent qui s’instaure entre les enfants surdoués et les autres. No débarque un peu comme une bouée de sauvetage dans la vie de Lou et inversement. Les deux jeunes filles ont besoin l’une de l’autre pour enfin s’offrir une respiration salutaire, un peu de rire et de gros délires dans une vie compliquée et rude. NO ET MOI est donc une très belle et particulièrement émouvante histoire d‘amitié entre une laissée pour compte et une famille qui vit son drame, dans son coin, une rencontre entre 2 mondes qui ne pouvaient pas ne pas se rencontrer. 

 

 

NO ET MOI compte qui plus est sur un casting épatant et particulièrement homogène. Lou, alias Nina Rodriguez incarne la surdouée de 13 ans. Cette jeune comédienne campe à merveille cette gamine déterminée qui sait ce qu’elle veut et met tout en œuvre pour arriver à ses fins, en fait aider No à s’en sortir. NO est jouée par Julie Marie Parmentier, une rescapée du village de dingo dans SHEITAN. Cette actrice, sans conteste la révélation du film, est réellement flipante! Sans cesse sur le fil du rasoir, tantôt douce et fragile comme un agneau, elle peut exploser en un dixième de seconde et se transformer en une lionne agressive et indomptable. A la base, dans un soucis de réalisme, Zabou voulait confier ce rôle à une vraie SDF. On imagine toute la difficulté que ça aurait été à gérer sur un tournage. Elle s’est ravisée mais a tout de même confier les rôles de figurants à des amateurs. Ainsi les SDF sont joués par de vrais sans abris, les ados par de vrais lycéens hormis Lucas, le copain de classe de Lou qui aide aussi No à sa façon. Il faut souligner l’excellente performance de Antonin Chalon dans ce rôle d’ado cool qui pète dans la soie. Pour l’anecdote, c’est le fils de Zabou. Elle l’avait déjà été dirigé dans son précédent film.

 

 

Du coté des adultes, elle renoue avec Bernard Campan. En fait il est son mari dans ce film car oui, Zabou incarne la mère de Lou, une femme à la dérive mais qui grâce à l’irruption dans sa vie de cette SDF retrouve le goût et l’envie elle-aussi de remonter à la surface. NO ET MOI, un film excellent de bout en bout à voir à tout prix au cinéma

 

 

RED:

Les papys barbouzes

font de la résistence !

 

 

Bruce Willis, le pré-retraité hollywoodien reprend du service dans RED l’adaptation ciné d’un comics de Warren Ellis, auteur porté sur les supers héros façon IRON MAN. Juste pour info, RED n’est rien d’autre qu’une histoire de vengeance en 66 pages, un peu maigre et trop noir pour qu’hollywood finance un film à bon budget tendance comédie familiale. Donc, il a fallu étoffer, développer une amourette entre une standardiste dans une caisse de pension de retraite et cet ex-agent de la CIA pas du tout prêt pour les cours de macramé et le jardinage. Il a envie de trouver l’amour et il pense avoir dégotté ce qu’il cherchait avec cette nana qui n’est pour le moment qu’un contact téléphonique mais qui possède le potentiel pour devenir un contact téléfornique. 

 

 

En tout cas, à la retraite, on s’emmerde. On le voit bien au début du film. Alors très vite, le scénariste donne l’occasion à Bruce Willis, l’homme aux muscles d’aciers et au visage de cire, de s’occuper un peu. En effet, une vieille affaire qui s’est déroulée au Guatemala ressurgit du passé. On veut la peaux de Bruce Willis, l’ex cador de la CIA, celui qui a fait tombé des gouvernements et a participé à des opérations ultra secrètes, et j’en passe. Bref, voilà comment notre RED, Retraité Extrêmement Dangereux reprend du galon pour débusquer celui qui veut sa mort.

 

 

Bien sur qu’il n’est pas seul. A ces coté, dans un EMS, croupi Morgane Freeman. Il est temps qu’il arrête de reluquer le petit cul de l’infirmière et qu’il prenne l’air. Ailleurs sur un île perdu, il faut retrouver, terrer sous terre, John Malkovitch, excellent en parano bourré aux amphétamines. Il faut aussi une femme, si possible une Queen de la gâchettes, Ce sera Hellen Mirren. Vous ajouter un russe parce qu’il faut toujours un russe dans une historie d’espionnage. Ce sera Brian Cox et voilà le club des 5 reformé. Pour parfaire le tableau, il manque une belle plante, la dealeuse de WEEDS, Mary Louise Parker en l’occurrence que l’on trimballe partout. C’est elle la standardiste amoureuse de Bruce Willis et qui prend goût à l’action. 

 

 

Et voilà donc comment, RED devient un divertissement bonnard. Faut rien en attendre d’autre, et c’est tant mieux… parce que dans le genre, c’est super réussi… pêchu, bien enrobée avec une réalisation très clinquante aux portes du clip. Elle est l’œuvre d’un gars qui travaille pour le petit écran en ce moment, et plus précisément, LIE TO ME… il s’appelle Robert Schwentke. Au cinéma, on lui doit FLIGHT PLANE, un thriller avec Jodie Foster qui pétait un plomb dans un avion parce qu’elle avait perdu sa fille… Mais revenons à RED, un film avec quelques effets spéciaux standards, un peu de pétarade, On joue des fois la démesure. Quand il s’agit de buter Bruce Willis au début du film, les mecs mettent le paquet et c’est plutôt excellent. On détruit sa maison en bois, mais pas lui, pas Bruce Willis. Dans ce film, on se  balade d’une carte postale à l’autre, de Cleveland à Washington en passant par Kansas City, La Nouvelle-Orléans, la Floride, l'Alabama… on se fini même en Moldavie !

 

 

Dire enfin que l’alchimie entre les acteurs est carrément bonne. On sent qu’ils se sont marrés à jouer dans ce film, ou personne ne se prend au sérieux, un film qui compte quelques bons dialogues et s’appuie sur une bande son qui participe au dynamisme, excellente… C’est du OCEAN ELEVEN dans l’enrobage et pour le fond, ben c’est un scénario qui a déjà été exploité au moins 1000 fois dans le cinéma us avec la CIA qui est la vilaine manipulatrice, une organisation border-line, dirigée par des gens pas clairs… Avec RED, les agents secrets vont voir rouge !

 

 

 

 

 

WELCOME TO THE RILEYS:

Bienvenu chez les tristes!

 

 

Jake Scott, le fils de Ridley, ayant pour tonton Tony (producteur de ce film)  signe avec WELCOME TO THE RILEY son deuxième long métrage après un décapant film de bandit à la bande son anachronique GUNS 1748 réalisé en 1999. Mais qu’est-ce que ce fils et neveu de… a-t-il bien pu glander tout ce temps? Des clips pour U2, No Doubt, Radiohead, Smashing Pumpkins, Lily Allen ou autre Strokes et Massive Attack. Il a également fait parler de lui dans le monde la pub, récoltant moult récompenses et s’est essayé dernièrement à la série télé via ‘VOYEUR’ pour le compte de HBO. Rien à voir donc avec le drame intimiste WELCOME TO THE RILEY. 

 

 

En effet, ici un couple de cinquantenaires trimbale son spleen depuis pratiquement une dizaine d’année. le film s’ouvre sur une voiture en feu. On découvre très vite que leur fille de 15 ans est morte carbonisée dans cette voiture. Après un tel choc, la mère est restée cloîtrée chez elle, refusant de mettre le nez dehors. C’est un peu comme si sa vie s’était arrêtée et qu’elle avait décidé de se terrer dans sa maison devenu son cercueil. De son coté, Doug son mari a refusé cette mort à petit feu. Il a continué à travailler malgré tout. Mais vivre avec une morte vivante n’est pas chose aisée. Alors, depuis 4 ans, Doug a pris pour habitude de s’octroyer un peu de bon temps tous les jeudis soirs après sa partie de poker dans le lit d’une serveuse d’un bar à gaufre. Mais un jour qu’il doit se rendre à la Nouvelle Orléans pour assister à un congrès, sa vie bascule. L’espoir renaît alors que dans une boite de strip-tease, il fait la connaissance de Mallory, une jeune fille de 16 ans qui accessoirement vend ses charmes à des messieurs peu regardant. Immédiatement, Doug voit en elle sa fille disparu. Alors, sur un coup de tête, il décide de plaquer son boulot pour lui apporter sa protection. Il appelle sa femme pour la prévenir qu’il va rester quelques temps ici. L’annonce de cette nouvelle sert de catalyseur et oblige sa femme a enfin sortir de sa coquille. Elle le rejoint à la Nouvelle Orléans et découvre la véritable raison qui l’a conduit à prendre une telle décision.

 

 

WELCOME TOTHE RILEY, un film émouvant qui traite avec justesse de la difficulté à vivre lorsque votre unique progéniture à quitter la planète prématurément. Sans s’enfoncer dans le pathos, Jake Scott met le doit sur la difficulté que les parents peuvent éprouver à faire leur deuil. Il montre également très bien comment un transfert peut s’effectuer. Mallory n’est pas Emilly, la fille de ce couple, mais elle pourrait très bien l’être. Ces deux âmes perdues, abandonnées ne demandent pas mieux que de protéger cette jeune fille seule, elle-aussi frappé par le destin. Mais au fond d’elle, souhaite-t-elle réellement jouer les filles de substution? Ce n’est pas sur. Bien qu’elle apprécie les attentions de ces personnes qu’elles ne connaissait pas jusqu’alors, elle n’est pas leur fille et ne le sera jamais. 

 

 

Avec sa mise en scène minimaliste et son scénario somme toute convenu, WELCOME TO THE RILEY vaut néanmoins le détour grâce à son trio d’acteurs. Ils sont excellents, notamment James Gandolfini le Caïd des SOPRANO, vu autrefois au cinéma dans TRUE ROMANCE. Il campe ici un homme qui choisi de donner de son temps, de son attention pour sortir une demoiselle qui en a besoin. Lui aussi, d’une certaine manière a besoin de se sentir de nouveau utile à quelque chose, à quelque un il est en manque d’amour paternel et est prêt à en donner à cette paumée. Mélissa Leo plus habituée des séries tv comme Les Experts, Cold Case, L word mais également actrice impeccable dans TROIS ENTERREMENT de Tommy Lee Jones incarne la mère qui a abdiqué. Elle sait bien au fond d’elle que l’idée de son mari est complètement folle, mais au fond, elle a tellement envie de croire que Mallory pourrait remplacer sa fille disparue qu’elle joue le jeu, même si elle sait bien que sa fille est irremplaçable. Il faut encore souligner la reconversion remarquable et remarquée de Kristen Stewart. La Bella de la saga Twilight change radicalement de registre en entrant dans la peau de cette strip-teaseuse mal élevée et solitaire. Elle incarne avec justesse celle qui pourrait devenir la nouvelle fille d’adoption des Riley. WELCOME TO THE RILEY, un film douloureux avec ceci dit, de l’espoir…

 

 

 

MOTHER AND CHILD:

Adopté!

 

 

Réalisateur qui s’est essentiellement illustré sur le petit écran en signant les premières saisons de SIX FEET UNDER,  LA CARAVANE DE L’ETRANGE ou autre SOPRANO voulme5, Rodrigo Garcia a en réalité mit le pied à l’étrier en 2000 avec CE QUE JE SAIS D’ELLE, cinq  histoires en une puisque le film montrait un groupe de femmes dont les destinées s’entrecroisaient à Los Angelès, une belle galerie de portraits portées par Caméron Diaz, Glenn Close ou encore Calista Flockhart. Toujours avec Glenn close, il réalisa NINE LIVES, 9 plans séquences pour raconter 9 vies de femmes. Pour son 3ème film, LES PASSAGERS, Rodrigo Garcia s’est penché sur le thriller mettant en scène Anne Hathaway en psy recherchant la vérité cachée par une compagnie aérienne à la suite du crash d‘un de ses avions. Caractéristiques communes à ces 3 longs métrages: ils ne sont jamais sortis en Suisse! Il aura donc fallu que son 4ème obtienne le Grand Prix du Meilleur Film au dernier festival de Deauville pour convaincre un distributeur de parier sur MOTHER AND CHILD. Peut-être que le casting a également pesé dans la balance: Annette Benning, Naomi Watts, Samuel L Jackson, ces noms peuvent en effet aider les spectateurs à se déplacer en masse au cinéma. Parce que ce n’est pas la thématique soulevée dans ce long métrage, en l’occurrence l’adoption, sujet pas vraiment glamour qui va suffire à déclencher l’enthousiasme. Et pourtant, malgré sa thématique propice au pathos, Rodrigo Garcia peut se targuer d’avoir réaliser un film tout fait honnête et pas spécialement un tire larme, à l’exception d’une ou deux scènes. Il faut dire que le scénario est plutôt bien ficelé. Reprenant son obsession pour les destins croisés, Rodrigo Garcia a donc imaginé 3 vies de femmes qui vont comme d’habitude finir par se rejoindre.

 

On fait d’abord connaissance avec Karen. Bien dans sa cinquantaine, elle a eut la malchance de tomber enceinte à l'âge de quatorze ans, à une époque ou elle n’avait d’autre choix que d’abandonner cet enfant. C'était il y a trente-cinq ans. Depuis ce jour, Karen a de la peine à dissimuler une profonde tristesse. Elle souffre à cause de cet acte qui a bouleversé sa vie. 

 

Incapable d’accorder une once d’amour à qui que ce soit, cette femme froide et cinglante, intransigeante autant que méchante ne demande qu’à changer. Peut-être qu‘il est temps pour elle d‘essayer d’entrer en contact avec Elizabeth, sa fille. 

 

Elle a grandi comme elle a pu. Elle s’est plutôt bien débrouillée. Devenue une brillante avocate, cette fille indépendante matériellement comme sentimentalement n'a jamais tenté de retrouver la trace de sa mère biologique. Seulement, le jour ou elle tombe enceinte par accident, l’envie germe dans son cerveau. Reste enfin Lucy, une jeune femme stérile qui va voir enfin son désir de donner de l’amour à un enfant se réaliser. 

 

 

MOTHER AND CHILD, un film un peu longuet, la faute à Lucy, le personnage de trop. D’après Rodrigo Garcia, elle lui a permis l'ouverture vers d'autres thèmes comme le désir, l'absence et la frustration de ne pas être mère. Elle a également dynamiser le récit. C’est étrange car à la vue du film, c’est tout le contraire que l’on ressent. Déjà parce que la frustration de ne pas être mère est largement développée avec Karen. Annette Benning incarne à la perfection cette mère qui ne l’a jamais été et qui le regrette tellement. Elle le fait payer à tout son entourage, pourtant pas nombreux. Le désir est également évoquer avec Elizabeth jouée par l’excellente Naomi Watts. Pour l’anecdote, si le tournage a débuté 6 semaines après l'accouchement de l’actrice,  elle a toutefois tourné quelques plans pendant sa grossesse,  à la manière de Isabelle Carré pour le film de François Ozon. Naomi Watts est exceptionnelle en jeune fille libérée et franche. C’est juste dommage qu’elle s’assagisse un peu, que son cynisme et sa désinvolture s’évaporent au fur et à mesure que son désir de connaître sa mère et surtout la maternité grandit.

 

 

Enfin en ce qui concerne le rythme, il est au contraire ralenti par les scènes qui concernent Lucy. Elle doit convaincre une jeune mère biologique qu’elle fera une bonne maman. Elle doit aussi rassurer sa propre mère et convaincre son mari que l’adoption est une bonne chose. Avec ce personnage, c’est comme si Rodrigo Garcia (ou ses producteurs) avait éprouvé le besoin de bien expliquer au spectateur à quel point c’est compliquer d’adopter. En surlignant le propos, il alourdi l’ensemble, rallonge la sauce inutilement et surtout ouvre la voix à quelques scènes bourrées de pathos!

 

 

Ceci dit, force est de constater que le plus curieux avec MOTHER AND CHILD, est que ce scénario ait été écrit par un homme. En voilà enfin un qui semble connaître les femmes, un homme capable de leur écrire des dialogues intelligents et fins. Rarement un film qui parle aussi justement de l’adoption, de l’engagement sentimental, de ce que signifie d’être mère n‘aura été écrit de manière aussi juste. Remarquez que depuis le début de ce texte, je n’ai jamais parlé des papas. Et c’est normal, les hommes sont dans cette histoire relégués au second plan. Ils sont juste là pour meubler l’espace, Samuel L. Jackson compris

 

 

 

 

UNSTOPPABLE:

Tony Scott ne déraille pas!

 

 

 

Mai 2001, Ohio. Un train sans conducteur est stoppé au bout de 100 km. 2004, Hollywood. Un projet de film basé sur cette histoire insensée est lancé.Novembre 2010, Monde. UNSTOPPABLE de Tony Scott sort au cinéma. Ces 3 dates montrent à quel point réaliser ce long métrage n’a pas été chose aisée. En 5 ans, 3 réalisateurs se sont succédés. Si Robert Schwentke et Martin Campbell sont restés à quai, c’est finalement Tony Scott qui a repris le train en marche. Normal que l’on fasse appel à lui pour ce film ferroviaire. Tony Scott est tout de même le réalisateur qui a sauvé le METRO 123 de la catastrophe. Et oui, faut-il vous rappeler que le cinéaste habitué aux films musclés a dirigé le terroriste John Travolta dans L’ATTAQUE DU METRO 123 sorti en 2009? Faut-il également souligné que Denzel Washingthon le sympathique cheminot futur retraité de UNSTOPPABLE incarnait déjà le héros qui allait compromettre les diaboliques plans du méchant de l’histoire du métro 123? Pas d’erreur, Tony Scott était donc le conducteur idéal pour éviter un déraillement définitif à UNSTOPPABLE. 

 

 

UNSTOPPABLE est donc une histoire de train fou, de quoi faire penser au RUNAWAY TRAIN de Andreï Konchalovski sorti en 1985. Traduit en français par A BOUT DE COURSE, le scénario écrit par Akira Kurosawa mettait en scène 2 taulards en fuite montés à bord d’un train conduit par un mort, le conducteur ayant succombé à une crise cardiaque. Pour l’anecdote, A BOUT DE COURSE est le film ayant le plus de fuck dans ses dialogues de toute l’histoire du cinéma! Au passage (à niveau!) notez aussi que UNSTOPPABLE de Tony Scott n’a rien à voir avec le UNSTOPPABLE de David Carson sorti en 2003 ou Wesley Snipes était un agent spécial de l'armée américaine en cavale alors qu’il avait été drogué par erreur avec un produit déformant ses perceptions. Ici, c’est plutôt le spectateur qui risque de chopper la nausée, à cause du dispositif filmique mis en place. Il faut dire que ces séquences à répétition faites d’images tournoyantes prises depuis des hélicoptères auront de quoi vous refiler un bon mal de tronche. Le procéder apporte incontestablement un surplus de mouvement. Il accentue l’urgence dans laquelle se trouvent les héros. Car UNSTOPPABLE n’est rien autre que ça, un film catastrophe loin d’être catastrophique, bien au contraire. Tony Scott a su s’emparer du fait divers original pour le sublimer et proposer un pop-corn sur-vitaminé dont vous ressortirez complètement lessivé.

 

 

Tout commence pourtant de manière anodine dans une gare de triage. Gros plan, parfois au ralenti sur des locomotives, et notamment sur le train 777. Attention, ce n’est pas l’inter Régio Genève-Sion ! Ce monstre d’acier est autrement plus flippant. Son pouvoir anxiogène est sans égal. En plus, Tony Scott, en peaufinant la bande son sur le début du film avec ces bruitages industriels met l’accent sur le coté impressionnant de ces machines gigantesque. Rien qu’en les voyant et en les entendant, on comprend que d’arrêter un train fou comme celui-ci relèvera de l’exploit. Alors qu’un agent commet une erreur humaine, la locomotive 777 et son convois de wagons bourrés de produits toxiques partent seuls, sans conducteur. A plusieurs centaines de kilomètres de là, dans une autre gare de triage, un bleu prend son service en compagnie d’un vieux de la vieille. Ils doivent conduire à bon port un train de marchandises. Au même moment, des enfants embarquent dans un train spécial pour apprendre les dangers du rail. Très vite, le train 777 transformé en bombe roulante, menace tout le réseaux. Il faut agir pour éviter les chocs frontaux, pour empêcher surtout que ce dangereux convois n’atteigne le virage de la mort, l’endroit idéal pour dérailler et ainsi rayer de la carte une ville entière!

 

 

A bord du train 1206 la tension monte, les téléspectateurs suivent en direct le déroulement des opérations. Ça, c’est un peu la marotte de Tony Scott. Intercaler dans le récit des images en provenance d’écrans d’ordinateur, de surveillance ou de télévision. Il ne peut pas s’en empêcher. La démarche est ici louable. C’est une manière de montrer à quel point la télévision a pris l’ascendant sur nos vies. Des choses secrètes sont dévoilées en directe à la télé avant même que les décideurs de la compagnie ferroviaire en soient informés! La toute puissance des médias est ainsi démontrée. Tony Scott égratigne aussi le pouvoir, ou tout du moins, les ronds de cuir, les décideurs, ceux qui à force d’être déconnectés du terrain et de la réalité font montre d’incompétence notoire! Il réhabilite les petites gens. En gros, sans la connaissance des 2 cheminots, le train aurait déraillé faisant des centaines de mort. L’insubordination peut avoir du bon. Un manager efficace doit rester humble et admettre qu’il ne peut pas tout résoudre seul, sans tenir compte des avis de son personnel de terrain. C’est la morale du film, un long métrage ou Tony Scott s’autorise un peu de sentimentalisme à 2 balles.

 

 

C’est le défaut récurrent de ce genre de production. Il faut à tout prix que le spectateur s’identifie à ces personnages. Alors on leur écrit une bible sur-mesure. Il faut montrer que ces hommes sont comme tout le monde. Ils ont des problèmes familiaux ou conjugaux. L’un des deux est même en train de faire son préavis, la direction poussant vers la porte de sortie ce salarié expérimenté pour le remplacé par un jeune évidemment moins compétant. Pourquoi pas finalement profiter d’un film catastrophe divertissant pour injecter un peu de fond ? C’est plutôt bien vu de la part de Tony Scott. Bien vu aussi le fait que le méchant de l’histoire est une méchante: la montre. Et oui, une course infernale contre la petite trotteuse s’engage. L’homme a abattre n’est donc pas un terroriste ou un dangereux psychopathe… non, c’est simplement le temps. Voilà encore une autre raison de consacrer 2 heures de votre vie à UNSTOPPABLE, un film hautement recommandable qui ne vous laissera que très peu de répit!

 

 

 

 

 

POTICHE:

Pas si cruche

qu'il n'y paraît! 

 

 

Il ne faut pas confondre cruche et potiche. C’est complètement différent. Une cruche est une femme gourde qui ne réfléchi pas ou si rarement, et quand cela arrive par on ne sait qu’elle mystère, la cruche pense mal. Une potiche est une femme intelligente capable de raisonner mais qui se tait! C’est là toute la nuance! La potiche est convaincu qu’elle est cruche. Or, ces plantes vertes que l’on pose dans un coin, à qui on ne demande jamais leur avis comme si elles étaient incapables de penser par elle-même, peuvent dérouter leur entourage! Il suffit de pas grand-chose, juste d’une goutte d’eau pour que la potiche déborde et que son cerveau s’emballe! Dès lors, la potiche prend le pouvoir et au grand désarrois de ses proches, montre que non seulement elle cachait bien ses talents, mais qu’en plus, son nouveau statut de décideuse lui va comme un napperon sur lequel on y aurait déposé une cruche!

 

 

Voici mine de rien résumé le nouveau film de François Ozon : POTICHE, en réalité l’adaptation moderne d’une pièce de théâtre de Barillet et Grédy. On est en 1977, là ou la femme Catherine Deneuve dit Suzanne Pujol a sa place dans le salon à défaut de la cuisine car chez ses bourgeois, on ne paye pas les domestiques à rien fiche! Dans cette famille, on croit fermement au « travailler plus pour gagner plus!». En tout cas, la potiche n’a rien à fiche à l’usine à endosser des responsabilités, à diriger des ouvriers et à prendre des orientations et décisions difficiles pour pérenniser les affaires familiales. Bref, en 1977 la femme n’est pas l’égale de l’homme. Elle n’a pas son mot à dire, en tout cas pas à Robert Pujol son mari joué par Fabrice Luchini. Il est le patron réac, celui qui se tape sa secrétaire interprétée par Karin Viard, celui qui en réalité s’est contenté de reprendre l’héritage familial de la potiche et qui dirige désormais avec une poigne de fer la société de parapluie créée par papa potiche.

 

 

Vous le comprenez, en 1977, une bonne épouse est une épouse soumise et popote. A ce petit jeu, Catherine Deneuve est parfaite. Fabrice Luchini en mari désagréable, despote avec ses ouvriers est également pas mal. Dommage ceci dit, qu’il reste sur la retenue car on aimerait tellement le voir exploser. Finalement, la vraie potiche de l’histoire, c’est lui car ce que vous ne savez pas, c’est que Madame Pujol va sortir son entreprise de l’impasse, au grand damne de son mari, obligé d’aller se reposer pendant quelques temps. A son retour de cure, Robert Pujol, entend bien récupérer sa potiche, sa maîtresse, son fauteuil de directeur et remettre un peu d’ordre dans ce qu’il considère être SON usine.

 

 

Si sur le papier, POTICHE semble une comédie savoureuse, sur la toile, elle n’est pas aussi extraordinaire que cela. Sans doute parce que derrière la comédie se cache en fait un véritable mélodrame! Donc, on croit qu’on va s’embarquer pour une partie de franche rigolade et en fait, pas du tout. Il flotte dans l’air comme un parfum de publicité mensongère. De là à dire que POTICHE est une déception, pas tout à fait ! C’est vrai qu’on n’a pas grand chose à reprocher à François Ozon qui réalise un film soignée, propret, gentillet! Sa mise en scène est parfaite, théâtrale juste ce qu’il faut. Ses cadrages sont réglés au cordeau. Il réalise un sans faute en ce qui concerne la reconstitution des années 70. Bien que le film se déroule à la fin du siècle dernier, les thématiques soulevées sont modernes, bien dans l’air du temps. Il est question de la place de la femme dans le couple ou dans la société, de l’engagement politique, de la crise économique, des délocalisations, des revendications salariales, de l’héritage familial et autres petits secrets ou coucheries dans la bourgeoisie. La direction d’acteur est particulièrement bonne. D’ailleurs le casting est excellent. François Ozon a toujours su tirer le meilleur de ses comédiens. Catherine Deneuve n’a jamais été aussi bonne que sous sa direction. Il se murmure que c’est sur le plateau de 8 FEMMES que le cinéaste lui aurait proposer ce rôle, au passage une potiche inspirée d’une certaine Ségolène Royale, dixit François Ozon! La reine de la fraternité appréciera la déclaration! Mais ce film marque aussi des retrouvailles avec Jérémie Reinier qu’il avait dirigé dans LES AMANTS CRIMINELS. Il est ici le fils artiste de la famille, celui qui aide sa mère à sortir du bois, tout le contraire de sa sœur incarnée par Jurdith Godrèche, la cruche de la famille, celle qui pense mal! Les deux comédiens sont parfaits. D’un mot enfin sur Gérard Depardieu, un choix idéal pou jouer un député maire communiste, amoureux de la potiche, un type fragile près à sacrifier sa carrière d’homme politique pour elle.

 

 

POTICHE n’est donc pas plus emballant que ça. Le film est à l’image de sa musique composée par Philippe Rombi, sans saveur. Pire que ça, cette Bo est une mauvaise sous copie d’UN ELEPHANT CA TROMPE ENORMEMENT! À tel point que Vladimir Cosma pourrait attaquer la production pour plagia. POTICHE serait donc une sous copie aussi, de s’interroger le lecteur de ce texte ? Plus ou moins, oui, de SITCOM pour le coté famille bourgeoise. Mais ce SITCOM de 1998 était autrement plus déjanté que ce POTICHE. L’humour y était particulièrement acide, et le film s’attachait plutôt à démonter la petite bourgeoisie et ses travers, et ses préjugés, tout ce que n’est pas POTICHE. Une chance, c’est que François Ozon s’est ravisé et n’a pas poussé plus loin l’idée de réaliser une comédie musicale, sans quoi sa POTICHE aurait inévitablement souffert de la comparaison avec 8 FEMMES. N’empêche qu’il serait peut-être temps pour le cinéaste de retrouver la verve et la maestria qui l’a habité au début des années 2000 sur des films comme GOUTE D’EAU SUR PIERRE BRULANTE, SWIMMING POOL ou encore SOUS LE SABLE. A défaut, François Ozon risque fort de devenir la nouvelle potiche du cinéma Français, ce qui serait un peu cruche.

 

 

 

 

 

RUBBER:

un film gonflé qui

ne manque pas d'air 

 

 

Rubber est sorti de la cervelle de moineau de Quentin Dupieux dit monsieur Oizo. Ce musicien passé au cinéma après le succès planétaire de son flat beat par Flat Eric a gagné tellement de pognon qu’il n’a rien trouvé de mieux pour se faire plaisir que de réaliser un premier film, STEAK avec Eric et Ramzi, un délire où les 2 comiques passaient leur temps la tronche bandée parce qu’ils avaient subit une opération de chirurgie esthétique, la grande mode dans ce film... Enfin bref, fort du succès français de STEAK, Quentin Dupieux s’est lancé dans un nouveau projet, RUBBER dont l’argument a lui a suffit à intriguer la Croisette. Et oui, figurez-vous qu’en mai dernier, RUBBER bénificia d’une séance cpéciale, un one shot lors de la semaine de la critique. Il y ait foule au MIRAMAR, la plus petite salle du festival. Difficile en effet d’entrer mais une fois installé, le spectacle fut à la hauteur des espérances avec ce RUBBER qui n’est autre qu’un pneu… oui, un pneu qui un jour se réveille en plein désert californien. Il va apprendre à rouler tout seul et à maîtriser son pouvoir de télépathe, un pouvoir qu’il utilise pour tuer les gens. Vous avez bien entendu, RUBBER raconte le périple meurtrier, sanguinaire d’un pneu télépathe qui roule après une jolie brunette en golf cabriolet en Californie.

 

 

Sous ses allures de FARGO dans le désert, lorgnant parfois sur le Duel de Spielberg ou la Christine de Cronenberg, RUBBER fait la part belle à une tripotée d’acteurs américains inconnus mais tous plus excellents les uns que les autres comme le shérif bien sur qui y va d’une tirade au début du film où il explique le concept même du NO REASON. Pourquoi E.T. est marron ? No Reason. Pourquoi dans LE PIANISTE, un gars se déguise en clochard alors qu’il joue si bien du piano? No Reason. Pourquoi dans JFK, un mec se fait assassiner par un inconnu ? No Reason. Pourquoi certains aiment les saucisses et d’autre pas ? NO Reason…

 

 

NO reason c’est le principe même de ce film qui n’a pas de raison, film où l’on y croise un binoclard déglingué qui empoisonne les spectateurs. Et oui, dans RUBBER, des spectateurs observent ce pneu à la jumelle et pour que le film s’arrête plus vite, on décide de les faire crever. Une belle image pour signifier à quel point le cinéma actuel empoisonne justement Quentin Dupieux, un Dupieux qui se paye même le luxe de faire un gros bras d’honneur au cinéma américain puisque RUBBER, à la fin de son périple arrive aux portes d’Hollywood!

 

 

Tourné entièrement avec un appareil photo qui permet de saisir des séquences vidéos, RUBBER fait parti de ces ovni cinématographiques réjouissant. Quentin dupieux prouve qu’avec une bonne idée, une grosse dose d’envie et pas plus de 700 000 euros, on peut accoucher d’un film hilarant autant qu’intelligent et visuellement parlant, d’une qualité incroyable, un film ou on multiplie les excentricités, un film en un mot déjanté !

 

 

 

 

 

 

 

DRAQUILA:

L'italie frétille

mais ne tremble pas! 

 

 

La Micheal Moorette italienne, sans doute la soeur cachée de Morgan Spurlock,  Sabina Guzzanti a frappé en réalisant un documentaire soit disant sulfureux, une attaque en règle contre Berlusconi. DRAQUILA est effectivement un portrait peu glorieux, au vitriol du Cavaliere, un film sujet à polémique que certains en Italie auraient bien voulu interdire. Et pourtant, il n’y a vraiment pas de quoi jouer les censeurs puisqu’on n’apprend rien de nouveau sur l’escroc italien que l’on ne savait déjà. 

 

 

En gros. la documentariste nous rappelle que Berlusconi a été financé à ses débuts par la ‘Pieuvre’, qu’il aime les effets d’annonce, les femmes, le fric, en résumé qu’il incarne le parfait méga beaufio bling bling qui se la pète. Il est la honte de l’Italie à lui tout seul, un crétin pas si stronzo qu’il n’y paraît car Berlusconi est un as de la manipulation. Grâce à ses chaînes de télévision, il instrumentalise ses concitoyens et se fout carrément de leurs gueules sans que ceux-ci ne songent une seule seconde à s’offusquer ou se révolter! Si la plupart ne mouftent pas et se laissent endormir, certains et certaines comme Sabina Guzzanti ouvrent l’œil, et du coup, leur boite à mot pour réveiller un peuple qui semble complètement hypnotisé par son dirigeant.

 

 

En partant de la catastrophe du tremblement de terre de l’Aquila, Sabina Guzzanti démontre que Berlusconi a réussi à se faire du pognon sur le dos de ces gens qui ont tout perdu. Il a promis de reconstruire 4500 appartements. Il aurait pu le faire pour un coût de 15 000 euros l’unité. Il a opté pour 130 000 euro l’appartement tout équipé. Ce qu’il faut retenir, c’est que Berlusconi a réussi ce que personne d’autre au monde a réussi : il à privatiser l’Etat en confiant de plus en plus de pouvoir à la protection civile, un organisme d’état indépendant, qui n’a de compte à rendre à personne et surtout pas aux parlementaires ! Et dire que La Protection Civile devait à la base servir en cas de situation urgente, genre tremblement de terre, inondation ou autres catastrophes. Un petit coup de tipex dans les textes de lois et voilà que cette protection civile peut désormais agir en cas de grands évènements sans en référer à qui que ce soit! Le déplacement du Pape, l’organisation du championnat du monde de natation ou la reconstruction de bâtiments, tout passe désormais par la protection civile! Autant dire qu’au passage, les amis de Berlusconi s’en mettent plein les poches. Ils savent ensuite être redevable envers leur bienfaiteur ! Voilà ce que montre ce film. 

 

 

On peut regretter toutefois que DRAQUILLA soit à l’image de son sujet : tape à l’œil et pas très profond !  En effet, la vraie question à se poser n’est même pas effleurée ! Pourquoi un type aussi infâme et cynique, aussi peu proche des préoccupations de son peuple est-il toujours aussi populaire ? Pourquoi les italiens continuent à voter pour un gars pareil ? Il n’y a  malheureusement pas de réponse dans DRAQUILA, l’Italie qui tremble, un documentaire qui utilise des ficèles narratives grossières déjà vues dans des films de Micheal Moore ou Morgane Spurlock avec de l’animation rigolote et des additions en gros sur l’écran, pour séduire et emballer un spectateur qui malgré l’honnêteté de la démarche, restera sur sa faim.

 

 

 

 

 

 

 

DATE LIMITE:

un film périmé 

 

 

Que faut-il attendre d’une film de Todd Philipps ? En général pas grand chose ! Si l’on excepte VERY BAD TRIP qui pour le coup était franchement drôle, force est de constater que ces teenage movie à la ROAD TRIP ou adaptation foireuse de série tv culte façon STARSKY ET HUTCH sont toujours restée au ras du bitume. Et bien voilà donc qu’avec DATE LIMITE, Todd Philipps renoue avec la médiocrité. A croire que VERY BAD TRIP restera une exception dans sa filmographie. 

 

 

Pour tout dire, ici il reprend Zack Galifianakis de son film précédent, l’affuble d’une horrible toutou branleur et en fait un parfait chieur dont Robert Donney Jr aura bien de la peine à se défaire… Voilà pour le pitch, en fait un road movie à travers les Etats Unis, l’occasion parfaite pour l’un des personnages de faire son introspection, de réaliser, au contact d’un gentil garçon un peu bobet, qu’il est méchant, vilain, et que ça ne peut plus durer comme ça. En fait, la rencontre fracassante entre un architecte sur les nerfs qui prend sur lui, et un apprenti acteur mauvais particulièrement paumé a lieu sur le parking d’un aéroport. Les deux personnages échangent un paquet sans y faire attention. Ils se retrouvent évidemment à bord du même avion, à quelques sièges l’un de l’autre. Comme le courant passe mal, ils sont éjectés en même temps. Le problème pour Robert Donney Jr, c’est que ces bagages sont restés dans la soute. Il n’a plus ni papiers, ni argent, ni cartes de crédit sur lui et il doit rejoindre la cote Ouest dans les plus brefs délais pour ne pas rater l’accouchement de sa femme. Voilà donc que Zack Galifianakis le fumeur de cannabis lui propose de l’emmener dans sa voiture de location à condition de faire un petit détour par le grand canyon, histoire de disperser les cendres de son défunt papa, cendres enfermées dans une boite de café à défaut d’urne ! Et c’est donc parti pour un voyage riche en gags foireux, en rebondissement téléphonés, et en rencontres désastreuses. Bien sur qu’au terme de cet épreuve les deux hommes au caractère diamétralement opposé deviendront peut-être pas les meilleurs amis du monde, mais copains quand même.

 

 

Rien à dire de plus sur DATE LIMITE, un film inintéressant qui enchaîne les situations attendues et déroule un scénario convenu. En comparaison avec VERY BAD TRIP, il manque à ce road movie un grain de folie. C’est dommage parce qu’avec un acteur comme Robert Donney Jr, il y avait un réel potentiel. Il incarne un type sur la retenue, à deux doigts de craquer. Si seulement les scénaristes avaient lâché la bride, il y aurait eut un potentiel pour dériver gentiment vers le thriller au lieu de rester dans la comédie frileuse bêtement potache! 

 

 

 

 

BURIED:

L'angoisse avec

un grand C comme Cortès 

 

 

Hitchcock a trouvé son maître. Il est espagnol et se fait appeler Rodrigo Cortès. Ce jeune cinéaste pétri de talent vient en effet de réaliser un film capable de rivaliser avec ceux du roi du suspens, Hitchcock. Sûr que l’ombre du petit homme rond plane sur BURIED. Rien que l’affiche américaine rappelle immédiatement celle de VERTIGO. Je vous laisse juge : le corps d’un homme est au centre d’une spirale. Il n’y a guerre que le code couleur et la forme même de la spirale pour différencier les deux chefs d’œuvres.

 

 

Au delà de l’affiche , le film quant à lui, ferait plutôt penser à LIFEBOARD du même Alfred ou l’action se déroulait sur un canot de sauvetage et réclama à Hitchcock de dérouler des trésors d’ingéniosité pour renouveler les angles de prises de vue. Rodrigo Cortès cite de son coté LA CORDE, un film hallucinant tourné en temps réel en plans séquences uniquement. A priori, ce n’est pas cette caractéristique qui permet de rapprocher BURIED de LA CORDE même si Rodrigo Cortès dit avoir tourné des prises de plus de six minutes sans coupe afin d’augmenter le réalisme. Il faut plutôt insister sur le huit clos et le fait aussi que le mort de LA CORDE passe l’entier du film enfermé dans une male qui sert de table basse à quelques convives lors d’une sympathique soirée entre amis. La seule différence, c’est que l’on ne voit jamais le cadavre dans LA CORDE et que dans BURIED un être bien vivant est enterré. Voilà qui vous rappelle aussi certainement Uma Thurman dans Kill Bill sauf qu’ici, on est pas aux States mais en Irak en 2006.

 

 

Pendant les longues, très longues premières minutes de BURIED, alors que l’écran reste noir, un souffle de plus en plus rapide se fait entendre, sans doute une crise de panique. Un homme crie, râle. Paul Conroy demande de l’aide mais ses appels restent sourds. Spectateurs claustrophobes s’abstenir. En effet, avec cette entame, on ressent réellement l’angoisse de ce type dont on fini par comprendre qu’il se trouve à 6 pieds sous terre, enfermé par erreur ou malgré lui entre des planches de bois. A ce stade, il est encore trop tôt pour savoir ce qu’il fait là. N’empêche que la malaise est bel et bien installé. Le spectateur ressent inévitablement comme un trouble à l’idée de finir comme ce type, enterré vivant. L’angoisse ne cesse de monter et pourtant sur l’écran, il n’y a toujours rien à voir. Quelle extraordinaire entrée en matière. Il suffit de pas grand chose pour procurer ressentir la peur qui envahi Paul Conroy: un écran noir, un type en crise de panique qui respire fort et puis voilà! Et c’est pile au moment ou on commence à se dire que Rodrigo Cortès ne va pas nous amuser bien longtemps avec son dispositif minimaliste que le héros du film allume son zippo! Un rapide tour du propriétaire lui permet d’apercevoir un téléphone portable. Chouette, le voilà sauvé ! Encore faut-il l’attraper car l’objet est à ses pieds; encore faut-il aussi maîtriser l’arabe car le téléphone n’est pas configurer en anglais! Susse été trop simple. En tout cas, ce téléphone symbolise l’espoir d’un contact possible avec l’extérieur, la possibilité de prévenir quelqu’un, l’illusion de s’en sortir. Pour cela, il faudrait déjà qu’il y ait du réseau, suffisamment de batteries et qu’ensuite les interlocuteurs comprennent réellement la demande de cet étrange otage, qu’ils ne soient pas non plus sur messagerie.Mais cet objet anodin peut aussi devenir une source de panique encore plus grande. Evidemment, il n’a pas été laissé là par hasard !

 

 

BURIED est sans contestation le meilleur film de pétoche vu depuis bien longtemps. Rodrigo Cortès revient à l’essence même du cinéma. Sans artifice superflu, avec une idée forte et une radicalité sans égale, le cinéaste espagnol signe un film époustouflant qui repose sur un seul personnage. Pas question d’en voir d’autre pendant 1h30  Tout repose sur une idée simple: ce type va-t-il s’en sortir ou au contraire crever seul dans sa boite en bois? C’est tout l’enjeu de cette tragédie qui se joue sous les yeux d’un spectateur médusé, piégé lui aussi, incapable de se disperser. Il faut dire que Rodrigo Cortès a opté pour un montage efficace. Aucun plan n’est superflu. Les angles de caméra sont bien choisis, alternant plongée et contre plongée, ou angle plat. De temps en temps, le recours à une caméra subjective, permet de flirter avec le film d’horreur ! Oui, il peut y en avoir dans BURIED, avant tout un thriller psychologique, sociologique aussi d’une certaine manière puisque le film dénonce clairement la présence américaine dans cette sale guerre qu’a été celle menée par l’Amérique en Irak. Il dénonce aussi l’inhumanité dont peuvent faire preuve les département dit de ressources humaines des grandes entreprises. Dire encore que dans BURIED, il n’y a pas ou peu de musique, juste des bruitages bien choisis pour renforcer l’angoisse. Rien de tel que le son d’un filet de sable qui coule dans ce caisson de la mort pour intensifier le ressenti du spectateur face à l’urgence de la situation que vit Paul Conroy. Au passage Ryan Reynolds livre une performance d’acteur incroyable. Pour une fois, le buzzz qui a précédé ce film était justifié. Oui, BURIED est un film rare à voir à tout prix au cinéma.

 

 

 

 

 

 

 

 

L'HOMME QUI

VOULAIT VIVRE SA VIE:

Oui mais

sans Romain Duris!

 

 

Eric Lartigau en a-t-il fini avec les parodies de polar, les comédies de science fiction potaches ou les comédies romantiques ? Visiblement oui. Celui qui réalisa les hilarants MAIS QUI A TUE PAMELA ROSE, UN TICKET POUR L’ESPACE ou encore PRETE MOI TA MAIN est passé à autre chose. Il change de registre et s’oriente avec brio vers une histoire dramatique, en l’occurrence l’adaptation du roman éponyme de Douglas Kennedy. Eric Lartigau n’était ceci dit pas pressenti pour tirer les rênes de L’HOMME QUI VOULAIT VIVRE SA VIE. Des divergences de point de vue quant à la direction artistique entre un cinéaste resté anonyme et le producteur Pierre Ange la Pogam ont conduit au choix d’Eric Lartigau pour mener à bien ce projet. On imagine dès lors le point de la discorde, indiscutablement le choix plus que douteux de Romain Duris pour endosser le rôle cet homme qui voulait vivre sa vie.

 

 

Il est vrai que dans la première partie du film, l’acteur ne correspond pas du tout au personnage. Ça frise l’erreur de casting flagrante! Romain Duris est à coté de la plaque. Pire que cela, il n’est jamais crédible dans le costard de cet avocat friqué bien sous tout rapport. Impossible de croire en ce personnage. L’acteur manque d’envergure. Il marmonne et n’a pas les épaules assez larges pour interpréter au mieux ce type à qui tout réussi, un homme marié à l’excellente Marina Foïs, père de deux charmants enfants. qui va, à la suite d’une altercation malencontreuse avec l’amant de sa femme, organiser sa disparition. Nouveaux papiers, nouvelle identité, nouvelle vie. Exit l’apparat de l’avocat brillant et vive la barbe et le gilet kaki du chasseur d’image. Oublié la vie tranquille bien rangée mais monotone et place à une existence incertaine ou l’aventure et la surprise dominent. Il faut donc se fader une grosse moitié de film pénible avant de retrouver un Romain Duris plus en phase avec le personnage. Désormais à l’aise, déroulant une partition qu’il maîtrise à la perfection, celle du solitaire beau gosse, séducteur, artiste aux portes de la gloire, Romain Duris va sortir son petit oiseau après avoir dégainer son appareil photo. Et dire qu’il voulait se fondre dans le décors, juste se contenter de s’adonner à sa passion en prenant des clichés. Le problème, quand vous voulez couler des jours paisible sous une fausse identité, c’est qu’il ne faut pas attirer l’attention sur soi. Il ne faut pas faire publier ses photos au risque de se découvrir et d’être obligé de reprendre illico le chemin de la clandestinité.

 

 

L’HOMME QUI VOULAIT VIVRE SA VIE est un film agréable à regarder, sans plus, mais il n’est jamais réellement prenant, la faute à cette première partie plombante et plombée, beaucoup trop longue, beaucoup trop malhabile. Et pourtant, il suffisait de couper Catherine Deneuve au montage pour gagner en rythme! Elle incarne une avocate partenaire de Romain Duris. Elle désire lui céder ses parts du cabinet. Résultat, on doit se taper 2 ou 3 scènes qui ne servent absolument pas le propos, du hors sujet pur et simple. Rien à redire par contre sur l’organisation de la fuite. On quitte subitement le registre de la chronique sociale, du drame sentimental pour s’immiscer dans le thriller avant d’embrasser tout aussi vite le road movie pour finalement emprunter la voix du film romantique. C’est au passage ce dernier acte qui est le plus abouti, le plus intéressant. Il permet de retrouver le corse d’UN PROPHETE, Niels Arelstrup dans la défroque d’un rédacteur en chef d’un quotidien, un français expatrié porté sur la boisson. Cette partie permet surtout de faire plus ample connaissance avec la superbe Branka Katic, actrice méga star en Serbie mais malheureusement à peine reconnu sous nos cieux. 

 

 

Et pourtant, on a pu la voir chez Micheal Mann dans PUBLIC ENNEMIES ou encore chez Emir Kusturica dans CHAT NOI CHAT BLANC. Elle incarne ici une jeune femme tombée sous le charme de ce photographe français sorti de nul part. Elle est incontestablement avec Niels Arestrup, celle qui évitera au spectateur de piquer du naze.

 

 

 

 

 

 

 

GURU BHAGWAN:

un beau salop!

 

 

Si vous avez envie d’explorer les profondeurs et les abîmes de l’âme humaine, rien de tel que de vous payer un séjour pas triste au royaume du délire mystico-baba-cucu de Bhagwan, dit le Gourou ! Fascinant, ce personnage est fascinant, nettement plus que le documentaire que lui ont consacré Sabine Gisiger et Beat Häner. Se contentant de réunir 2 témoignages actuels d’anciens membres de la secte de Bhagwan, et de les  intercaler entre des images d’archives inédites, les cinéastes nous permettent tout de même de mieux comprendre comment un type à la base bon est devenu un tyran de la pire espèce, une saloperie sur patte. 

 

 

Figurez-vous que dans les années soixante, à une période ou les drogues étaient particulièrement pures et spécialement efficaces, des hordes de chevelus  occidentaux ont déboulé en Inde dans l’espoir d’ y rencontrer la paix intérieure, dans l’espoir surtout de se sentir en adéquation avec Dieux! Conscient qu’il y avait un vrai marché à exploiter, Bhagwan sans doute le plus capitaliste de l’histoire des gourous a donc réuni l'Orient et l'Occident grâce à ses visions novatrices qui suscitèrent l'enthousiasme. Après la publication d’un ouvrage qui a fait sensation avant d’être interdit, il a réuni une communauté qui s’est mise a travailler pour lui et seulement pour lui. En échange, il a promis à tous ces esclaves de leur donné les clés de la perception !

 

 

Des milliers de jeunes ont donc répondu à son appel, en quête de soi, de spiritualité et surtout en quête de cul, pardon, de libération sexuelle. Mais le succès est si énorme que le gourou décide un jour de s’expatrier aux Etats Unis. L’Inde est devenue trop petite pour lui. Le Gourou voit grand. Dès lors qu’il posera un pied sur le sol de l’Oncle Sam, il va complètement vriller, oublier ses préceptes, se perdre dans des paradis artificiels. Il ira même jusqu’à collectionner les Rolls, alors que ses disciples, eux, se tuent à la tâche pour bâtir un véritable petit empire qui fonctionne en parfaite autarcie. 

 

 

En fait, à cette époque, dans les années 80, l’Amérique découvre que dans l’Orégon, Bagwan et ses disciples tentent de réaliser le rêve d'une société basée sur la paix, la liberté et la spiritualité. Evidemment que ça ne va durer ! Le rêve se transforme en cauchemar, notamment pour Hugh le garde du corps qui finit même par un s’effondrer psychiquement parlant. Il faut dire qu’il a osé remettre en question les préceptes du maître à penser. Giclé le body gard. Une grosse dépression plus tard, il a fondé son propre mouvement, nettement plus light. Pour Sheela, la secrétaire particulière de l’escroc, c’est en prison qu’elle a fini son voyage spirituel, accusée de détournement de fond. Mais c’est en Suisse qu’elle a pu poser ses valises après avoir purgé sa peine, la Suisse ou désormais elle s’occupe de personnes malades.

 

 

GURU, BHAGWAN, HIS SECRETARY AND HIS BODYGUARD un film qui n’a pas grand intérêt si ce n’est que pour la première fois, deux personnes qui appartenaient au cercle des intimes, racontent l'histoire de leur vie avec ce type charismatique. Il y a donc ce garde du corps, Hugh Milne qui se veut particulièrement critique, nettement plus que la secrétaire de Bhagwan, Sheela Birnstiel. On reste en effet troublée par cette femme qui fut jadis amoureuse folle de son maître et qui semble aujourd’hui si ce n’est sous son emprise, au moins encore sous son charme.

 

 

 

 

 

 

LA PRINCESSE

DE MONTPENSIER:

Vous pouvez

vous en dispenser!

 

 

Après QUE LA FETE COMMENCE, réalisé il y a quelques années, voici QUE LA FETE FINISSE et vite… en fait, LA PRINCESSE DE MONTPENSIER est un film en costumes dans la plus pure tradition avec un carré amoureux autours de cette princesse. Une bande de freluquets s’excite sans forcément parvenir à emporter le morceau, en l'occurence le coeur d'une féministe avant l'heure! Pas facile en effet de séduire une fille indépendante et qui se sent libre de choisir un homme qu'elle a envie d'aimer, en l'occurence, Gaspard Ulliel, dit le balafré. Mais malheureusement pour elle, c'est à un autre courtisan que son père va marier la belle contre le gré de celle-ci: Grégoire LePrince Ringard.. .euh pardon une erreur s’est glissée dans son nom, Le Prince Ringuet. Notez encore que Lambert Wilson qui va devenir le confident de la princesse et que Raphaèl Personnaz alias le duc d’Anjou en pincent tous deux pour elle. Tous ces coqs se battent donc pour Mélanie Thierry, la fameuse princesse. Reste à savoir au bout de 2h20 qui finira dans le plumard de la belle. 

 

 

LA PRINCESSE DE MONTPENSIER, On peut s’en dispenser largement. Pour les scènes de  bataille entre huguenot et catholiques, c’est un peu le Robin des bois du pauvre. Ici, il n’y a pas 1500 figurants sur une plage gigantesque qui en décousent, mais une dizaine tout au plus dans un bosquet. Et puis entre nous soit dit, un film d’époque qui commence par un plan large où au loin on distingue un lotissement moderne, ça part mal. 

 

 

LA PRINCESSE DE MONTPENSIER à voir impérativement en VF sous titré anglais ! oui, mieux vaut lire les sous-titres anglais pour être sûr de bien comprendre les dialogues français !  C’est que l’ingénieur du son a fait du bon boulot ! Entre ce gars qui devrait changer de métier et des dialogues récités et pas interprétés, y a rien à sauver dans ce film d’époque ou aucune émotion ne transperce. Que voilà un raté total de Bertrand Tavernier qui a visiblement de la peine à sortir de sa BRUME ELECTRIQUE !

 

 

 

THE AMERICAN:

Un anti Jason Bourne 

 

 

Vous avez adorez Jason Bourne ? Vous allez détester THE AMERICAN, l’exact antithèse ! En effet, ici point de gadgets sophistiqués, point de courses poursuites infernales, point de cascades hallucinantes, et pour cause, le réalisateur Anton Corbijn a trouvé son bonheur ailleurs, dans la psychologie d’un homme solitaire, sur le chemin de la rédemption et qui se prend à rêver qu’une vie différente peut l’attendre dans les bras d’une belle italienne après qu’il ai passé son temps à dégommer des hommes pour le compte d’une organisation criminelle. Surprenant Anton Corbijn que l’on n’attendait surtout pas là. Le journaliste qu’il a été s’est fait connaître grâce à ses clichés en noir blanc des David Bowie, Joy division, U2, Miles Davis et autre Clint Eastwood.

 

 

Après avoir posé son appareil pour filmer Dépêche Mode, le photographe est devenu cinéaste à part entière en consacrant son premier long métrage à Ian Curtis, le leader de Joy Division via le film CONTROL, une remarquable plongée dans la mélancolie tragique des derniers jours du chanteur. 

 

 

 

Repéré à l’époque à la Quinzaine des Réalisateurs au festival de Cannes, Anton Corbijn de déclarer qu’il cherchait alors un projet radicalement différent pour son deuxième film.

 

C'était pour lui une manière d’opérer une rupture avec le milieu musical dont il est issu. Auréolé du succès critique plus que public de CONTROL, le néerlandais a trouvé opportun de se lancer dans l’adaptation d’un roman qui l’a profondément marqué, A Very Private Gentleman, de Martin Booth, publié en 1990. Séduit par la complexité du personnage, Anton Corbijn s’est donc lancé avec brio dans cette nouvelle aventure.

 

 

 

Dès l’entame, on sent que l’on aura affaire à un film palpitant bien que dénué d’action. C’est paradoxal, mais c’était là tout défi de cette entreprise, un challenge éminemment relevé! Un chalet, un feu de cheminée qui crépite, un lit, un homme, une femme. En quelques plans rapides, le décors est posé. Jack est en train d’aimer tendrement sa compagne. Quoi de plus banal et normal avec le sexy George Clooney au générique? La suite l’est moins lorsque les tourtereaux décident de prendre l’air. Dehors, le sol est recouvert d’un épais manteau blanc, bientôt taché de sang. Les amants marchent, seuls, perdus au milieu de cette nature presque morte. Presque, car soudain, l’homme sur ses gardes, se sent épié, peut-être même dans le viseur d’un pistolet mitrailleur. Cette intuition lui évitera la mort. Après avoir dessoudé avec une rare habileté les deux suèdois qui voulaient sa fin, Jack plie bagage. 

 

 

Oublié la neige du nord de l’Europe et vive la tiédeur de Rome en automne. Arrivé là, il prend contact avec un type qui lui demande de se cacher dans les Abruzzes, en attendant des jours meilleurs. Son commanditaire lui propose une nouvelle mission, plus tranquille, moins risquée. Cette fois, pas question de supprimer qui que ce soit. Tout juste s’agit-il de fournir une arme spéciale à une femme bien mystérieuse. 

 

 

Planqué dans son village niché dans les hautes collines, Jack reste en alerte permanente, se méfie de tout et de tous, à commencer par le curée du coin. Chaque lieu, chaque ruelle peut se révéler un piège mortel ; chaque âme rencontrée, un traître en puissance! Seule Clara, la femme de joie du bordel du coin, une bien belle italienne, lui semble mériter sa confiance. Mais en baissant la garde, Jack prend peut-être le risque de courir à sa perte.

 

 

THE AMERICAN, un film qui décrit parfaitement la paranoïa grandissante d’un tueur à gage sur le point de prendre sa retraite. Sans artifices superflus, Anton Corbijn parvient à insuffler une réelle tension dans ce récit, juste en filmant un homme et ses angoisses. Il lui suffit de suivre le quotidien de ce tueur, de capter un regard méfiant par ci, une inquiétude par là pour transmettre au spectateur la peur de ce personnage, la peur mais aussi la fragilité, le doute ou encore l’espoir de raccrocher, de laisser à jamais derrière lui, un monde qui ne lui inspire plus confiance.

 

 

THE AMERICAN, un film subtil, tout en lenteur, un rythme dicté par un décorum naturel grandiose: les Abruzzes, une région reculée et majestueuse. Située au nord de Rome, les Abruzzes ont été rendues tristement célèbres suite au tremblement de terre meurtrier d’avril 2009, quelques mois avant le tournage ! THE AMERICAN, un excellent film à condition de ne pas se laisser abuser pas cette affiche un peu flashy, ou l’on y voit Clooney courrant arme au point. Il ne faut pas s’imaginer retrouver George dans un film de pétarade, mais bel et bien dans un film psychologique. Cette homme court après sa vie, celle qu’il a envie de mener aux cotés de Clara. D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si sur cette même affiche on découvre le regard de celle qui joue cette prostituée qui éveillera à jack la possibilité d’une vie nouvelle. Pour l’anecdote, Violenta Placido joue cette figure classique de la beauté italienne. Elle est la fille de l’acteur Michele Placido. Outre son jeu, elle a bien d’autres arguments qui devraient suffire à eux seuls à vous attirer dans une salle projetant THE AMERICAN.

 

 

 

 

 

 

LE ROYAUME

DE GA'HOOLE:

un chouette film!

 

 

L’ARMEE DES MORTS, 300, WATCHMEN, tels sont les 3 films réalisés par Zack Snyder. Curieux donc de le retrouver aux commandes de ce ROYAUME DE GA’HOOLE! Sans doute l’envie de faire un film que ses enfants pourraient enfin regarder puisque les précédents ont été interdits aux moins de 12 ans. Ceci dit, ce ROYAUME DE GA HOOLE est bien trop violent et barbare pour les mômes. Il est aussi trop gentillet et mollasson pour les adultes! D’où cette légitime question: qui ira voir ce ROYAUME DE GA HOOLE un animé tout de même particulièrement chouette! Que voilà un qualificatif rudement bien choisi pour un film d’animation ou les héros sont des hiboux! Mais au delà du calembour facile, le ROYAUME DE GA’HOOLE est effectivement un dessin animé en 3D superbe, chose suffisamment rare pour être souligné. 

 

 

Chacun sait qu’il n’y a rien de plus délicat que d’animer des bébêtes poilues. Ici, le chalenge a été relevé avec talent. La définition de tous ces personnages à plumes et à poils est hallucinante et touche à la perfection. D’autre part, le spectateur sentira réellement, pour une fois, les effets de relief dus à la 3D. Les déplacements des volatiles sont d’une rare fluidité. On se sentirait presque planer en les regardant voler, s’engouffrer dans des courants d’air chaud et se laisser porter par ces alizés. Quand ils piquent du nez, on tomberait presque en chute libre avec eux tant le réalisme est bluffant. Les animateurs ont usé et abusé de ces piqués pour le plus grand plaisir du spectateur.  

 

 

Un autre atout et non des moindres réside dans la palette de couleur qui est juste sublime. Le monde soyeux des Tycos, comme celui de l’arbre magique tirent sur les orangers, les rouges, les bruns, les jaunes, sur des couleurs chaudes et éclatantes tandis que le monde des horribles Sangs Purs, froids, rugueux et rude fait plutôt appel à des couleurs grises et pâle ou le noir domine.

 

 

Malheureusement, force est de constater que toute cette beauté, toute cette maîtrise est mise au service d’une histoire aussi nunuche qu’inintéressante. L’éternel combat entre le bien et le mal se joue sous les yeux d’un spectateur perplexe qui n’a d’autre option, en attendant de voir le bien triompher, que de trouver son plaisir en contemplant l’animation des différents tableaux. Ici, papa et maman chouette ont la désagréable surprise, en rentrant à leur arbre, de constater que leurs deux fils ont disparu. Ils sont tombés de leur trou. Que sont-ils devenus? Ils on été kidnappé par d’horribles hiboux de la dynastie ennemie. Ces fielleux de la race des Sangs Purs projettent d’assoire leur domination sur le monde des chouettes en anéantissant les gardiens de Ga’Hoole. Bien sur que les deux frères choisiront chacun leur camp. Il y a du Antigone dans l’air, avec une lutte à mort entre 2 frères, sous le regard d’une sœur innocente et de leurs parents bien vivant, ne se souciant visiblement pas d’avoir perdu celui des rejetons qui avait choisi le mauvais camp, celui du mal absolu!  

 

 

Le ROYAUME DE GA’HOOLE véhicule des valeurs d’amitiés, de respect d’autrui et surtout des anciens. Il dit à quel point il ne faut pas renier son passé pour envisager le présent et l’avenir sous de bons cieux. Évidemment que seuls ceux qui choisissent le camp des gentils, ceux qui font preuve de courage pour aider les faibles à devenir forts sont dans le vrai. Les créateurs n’ont pas oublié aussi d’assurer leurs arrières, une suite possible en cas de carton au box office, ce qui est loin d’être gagné!

 

 

 

 

 

 

SAUVAGE:

Un film d'un autre âge!

 

 

Tu es étudiant en cinéma? Tu a besoin d’un cours sur le faux raccord? Pas besoin d’une leçon académique dans un amphi ! Tu dois voir SAUVAGE de Jean François Amiguet, un modèle du genre ! SAUVAGE, un film de pauvre, certes, mais ce n’était pas une raison pour ne pas se payer les services indispensables d’un ou d’une scripte! On voit ici toute l’importance d’un tel poste sur un plateau de tournage. Dans SAUVAGE, le feu de cheminée dans la cabane en pierre n’en fait qu’à sa tête. Dans une même scène, il est allumé, éteint, allumé, éteint… Jean François Amiguet invente le premier feu de bois clignotant de l’histoire du cinéma! Plus loin, la vitre d’une vieille camionnette Citroën repousse toute seule après avoir été explosée dix minutes plus tôt par un magistrale coup de coude. Un chien tué par balle, change de position tout seul, passe de la gauche à la droite de l’écran un fois mort ! Et je ne vous parle pas non plus des traces de pas mystérieux dans la neige, alors que les personnages sont censés vivre seuls à 2000m d’altitude. A qui appartiennent ces pas? Sans doute à l’équipe technique! Mais alors que glandait la cadreur? N’a-t-il point remarqué cette incohérence?

 

 

L’épisode de l’hélicoptère de la gendarmerie est également comique avec un pilote qui sort la tête par la fenêtre de son engin, en même temps qu’il maintient son appareil en vol stationnaire et dit d’un ton solennelle : agagyrogueleguodugulouien !  Et le héros de répondre : Non il n’y a personne… vous pouvez partir ! Et l’hélicoptère s’en retourne! A se demander où était l’ingénieur du son sur ce coup là ? Peut-être avec la monteuse, en train de se pendre? N’y avait-il donc personne sur cette production pour dire à Jean François Amiguet que c’est un fainéant! Le manque de fric n’explique pas tout ! A moins que SAUVAGE ne soit pas le bon titre ! FAUX RACCORD aurait été tellement mieux, plus vendeur surtout. Ça devenait un concept global et génial! Mais non, c’est bien SAUVAGE le titre de ce film dont on se demande comment, aujourd’hui encore, on ose proposer à un public de payer un ticket de cinéma hors de prix pour aller regarder un machin plus raté qu’un mauvais film de fin d’étude !

 

 

Et pourtant, c’est dommage car il y avait un réel potentiel avec cette histoire de deux solitudes en fuite qui se retrouvent en haute montagne, loin de toute civilisation. Adriana, visiblement SDF, fuit la police, la ville. Au volant de sa camionnette, avec un œuf de Faberger dans sa besace qu’elle a dérobé avant de fuir, elle s’arrête au bord d’une route déserte pour dormir. Le lendemain matin, elle entend des coups de feu. Son chien, qui était allé faire un tour, est abattu par un chasseur. Ni une ni deux, elle retrouve la piste de l’assassin, un ermite qui pour des raisons personnelles a lui-aussi fuit le monde. Un contact se noue entre ses 2 sauvages. Ce qui les rapproche également, c’est le loup blanc qui rôde autour d’eux. La légende raconte que le loup blanc est un animal capable de facilité la transition d’une âme entre le monde des vivants et celui des morts…  Pas d’erreur, quelqu’un va mourir dans ce film, mourir d’ennui pour le spectateur affligé devant cette banale histoire qui se déroule dans un décorum sublime, une rencontre pourtant portée par deux acteurs plutôt bons.

 

 

 

Jean-Luc Bideau tout d’abord, en rustre gaillard solitaire désespéré est parfait. Clémentine Beaugrand ensuite ne laisse pas insensible. Elle incarne une enragée, cabossée par la vie, brouillée avec le monde, une fille qui a plus confiance en les animaux qu’en les hommes. La jeune actrice est particulièrement crédible. Endossant un personnage avare de mots, elle est capable de faire passer moult émotions en un seul regard. Malheureusement, son travail est anéanti par les grosses coquilles énoncées plus haut. On ne voit plus que ça à l’écran! C’est doublement rageant car il y avait en plus une autre belle idée dans SAUVAGE: réussir le pari de réaliser un long métrage qui tienne la route avec seulement deux personnages! Même au début, avant que l’ermite n’entre en scène, quand Adriana fait la manche à Genève ou lorsqu’elle se retrouve au mitard, tous les gens avec qui elle entre en interaction restent hors champ. On les entend sans les voir. Le spectateur a envie de mettre un visage sur ces voix, mais Jean François Amiguet en décide autrement. Toi, spectateur, tu ne verras pas d’autre tronche que celle de mon héroïne. Tu vas la regarder en face. Tu vas t’obliger à réfléchir sur ce qui motive cette jeune fille. Pas question de perturber ou de parasiter ta réflexion avec d’autres images que celle d’Adriana. C’est très bien vu. Toute cette première partie est vraiment prenante, palpitante. C’est juste stupide que cette dynamique s’essouffle très vite pour définitivement s’évaporer dans la suite du récit.

 

 

 

 

 

 

IL RESTE DU JAMBON:

Et ben mon cochon... 

 

 

 

Première chose : un film avec le nom de Géraldine Nakache crédité au générique est déjà un indice en soi pour ne pas s’y intéresser. Deuxième chose: un film avec le nom de Ramzi Bédia crédité au générique en tant qu’acteur et producteur est une raison supplémentaire de ne surtout pas s’y intéresser ! Et tant pis si Frankiki, le stagiaire du Groland  ou la sublime Léila Bekthi sont eux-aussi de la parti. Et qu’importe si Jean Luc Bideau et Marie France Pizier sont eux-aussi de la fête. Ignorez-les. Ne vous laissez pas abuser!

 

 

IL RESTE DU JAMBON!, un titre sous forme de galéjade. Il faut dire que l’idée d’avoir des spectateurs demander à la caisse des cinémas : IL RESTE DU JAMBON faisait marrer la scénariste. C’est vrai que c’est drôle ! Plus marrant encore, ce mouton et cette  truie qui gambadent dans un pré. Ils se regardent tendrement, amoureusement. On sent une réelle complicité entre la truie et le mouton! Pas d’erreur, c’est le coup de foudre entre les bestioles,. D’ailleurs très vite, on les voit dans la paille en train de s’occuper de leur mouchon, leurs bébés mouton-cochon. Voilà donc une scène, sans doute la plus réussie, la plus hilarante du film IL RESTE DU JAMBON. Patience pour vous délecter avec puisqu’elle sert de générique de fin! Autant dire qu’avec les 90 minutes qui précèdent, vous n’allez pas avoir grand chose à vous mettre sous les rétines !

 

 

L’ex miss météo de Canal+ et présentatrice de LA GANDE FAMMILLE avec Gildas le midi, Anne Depétrini s’est donc lancée dans l’aventure du 7ème art en signant un premier film produit par son Ramzi de mari ! Et oui, ces 2 là sont mariés à la ville mais pas à l’écran. Non ! d’ailleurs, le comique d’admettre que lors du tournage, aucun « mon amour, ma biche, mon nounours » n’étaient autorisés. Au contraire, il paraît que les vacheries ont fusé. Et pour cause, dans le scénario, il est écrit que Ramzi doit en pincer pour Anne Marivin. L’actrice, vue récemment dans LES PETITS KLEENEX, le film jetable de Guillaume Canet (elle joue Juliette la copine du désespéré qui passe son temps à essayer de la récupérer), incarne ici une journaliste reléguée à des sujets peu glamour pour une émission de télé bas de gamme. Elle est française. Il est arabe. Vous devinez sans peine la suite.

 

 

IL RESTE DU JAMBON, une comédie romantique pas trop girly mais bien cucul, un film à la mécanique imparable : ils se rencontrent, ils s’aiment, ils se disputent, ils se réconcilient et même pas devant un couscous royal ! Ce film n’est qu’un empilage de clichés sur la rencontre de deux cultures diamétralement opposées, un film sur la vie qui se complique toujours un peu plus chaque jour malgré les bonnes volontés. Dans IL RESTE DU JAMBON, tout y passe. Anne Depétrini ne nous épargne rien. Les arabes et le racisme dans les commerces ou les restaurants, les arabes et le coran, les arabes et le porc, les arabes et la mixité, les arabes et la tolérance, les arabes et l’intolérance, les arabes et la fierté, les arabes et la cité. Et les français dans tout ça ?

 

 

Ben pareil. Y a pas de raison ! On y va d’une enfilade de clichés sur les français bourrés eux-même de clichés sur les arabes. Ils les appellent ces gens là, des gens qui se trimbalent en chameau, qui ne boivent pas d’alcool et ne mangent pas de sanglier. C’est contraignant leur culture ! C’est pas contraignant, c’est juste con ce film, sans intérêt, surtout que sur la même thématique, IL RESTE DU JAMBON souffre d’une comparaison avec MAUVAISE FOIE de Roschdy Zem ! Vous allez me dire que celui-ci n’a rien à voir. Il  racontait la vie compliquée d’une juive et d’un arabe! Ben ça change pas grand chose. D’un coté, vous avez une pseudo comédie d’jeuns avec des scènes burlesques pas drôle et des dialogues du même acabit. En face, un film intelligent, délicat et fin… A  vous de voir si vous préférez le jambon industriel au jambon artisanal !

 

 

 

 

UN HOMME QUI CRIE:

émouvant et poignant 

 

 

UN HOMME QUI CRIE a obtenu au dernier festival de Cannes le prix du jury, une distinction bigrement justifiée et absolument pas un prix de consolation pour marquer le retour du continent africain dans la compétition cannoise. Mahamat Saleh Harroun s’est appuyé sur son expérience personnelle pour raconter la guerre civile qui a secoué le Tchad au début des années 80. A cette époque, grièvement blessé, Mahamat Saleh Harroun doit fuit son pays pour le Cameroun voisin, transporté sur une brouette. Bien sur que des années après cette expérience traumatisante, le cinéaste a exprimer le désir de raconter cette page noire de l’histoire du Tchad. 

 

 

Pour tout dire, Adam un ancien champion de natation est devenu maître nageur et surveillant de la piscine d’un hôtel de luxe à N’Djamena. Alors que la guerre civile a éclaté, il prend sous son aile son fils. Mais une autre guerre menace, économique celle-ci. La mondialisation est en train de mettre à terre les pays en voix de développement, dont le Tchad. L’invasion chinoise a eut raison de l’économie de son pays. Aujourd’hui gangrené par l’apport de ces capitaux extérieurs, les locaux n’ont d’autre choix que de se plier aux exigences de leur bailleur de fond. Pour faire simple, l’hôtel ou travaille ardemment et avec passion Adam est tenu par une asiatique. Crise oblige, la patronne doit restructurer l’établissement et réduire ses coûts. C’est ainsi qu’elle demande à Adam de quitter sa piscine. Il devra reprendre la place du vigil, l’un de ses collègues licencié. Son fils Abdel travaillera lui à la piscine. Adam vit très mal cette situation qu’il considère comme une déchéance sociale. C’est qu’il éprouverait presque de la rancœur contre Abdel, qui pourtant, n’est en rien responsable des décisions de la patronne. Dans le même temps, les rebelles gagnent du terrain. Le pouvoir en place demande à ce que les citoyens participent à l’effort de guerre pour les repousser. Le chef de quartier se fait de plus en plus insistant auprès d’Adam pour qu’il règle sa dette. Mais Adam n’a pas d’argent, il n’a que son fils. Tirailler entre l’amour de son rejeton et l’amour de sa piscine, il devra faire un choix douloureux. Malheureusement il sera trop tard lorsque Adam ouvrira les yeux, trop tard pour regretter un geste impardonnable. 

 

 

UN HOMME QUI CRIE, un film classique, contemplatif, lent, mais émotionnellement parlant, rudement bien fichu. Mahamat Saleh Harroun montre avec précision comment une relation de complicité entre un père et son fils peut voler en éclat. L’amour est fragile. C’est ce que dit ce film. Il parle aussi de la guerre et de ses conséquences désastreuses. Elle est d’ailleurs omniprésente dans ce film, bien qu’on ne le voit jamais !Quelle bonne idée! Entrendre la guerre plutôt que de la montrer ! Le cinéaste explique la raison de ce choix. Elle est double. Financière tout d’abord, car il n’avait pas le budget suffisant pour jouer la carte de la reconstitution. Artistique ensuite. La guerre est là sans être là. Elle est comme un courant d’air, un vent qui balaye tout le film et contamine le court du récit. D’un point de vue cinématographique, cette option renforce encore d’avantage le caractère oppressant de la situation. En la montrant bêtement, le film aurait largement perdu en intensité. 

 

 

UN HOMME QUI CRIE, une tragédie familiale d’excellente facture, un film émouvant, poignant porté par des acteurs particulièrement justes et crédibles. Pour cela, Mahamat Saleh Harroun a un truc bien à lui. Souvent, il ne donne à ses comédiens que leurs dialogues, mais pas ceux des autres acteurs. Ainsi, lors du tournage d’une scènes, ils ne savent pas comment vont réagir, ni ce que vont répondre les autres cémèdiens. La surprise est totale, Le cinéaste n’a plus qu’à bien régler sa première prise pour imprimer sur pellicule l’émotion qu’il recherche. UN HOMME QUI CIRE, un film simple et cruel, une accusation violente et brutale contre les guerres, magnifiée par des plans séquences et une photographie d’une rare beauté, un film à voir !

 

 

 

 

 

 

LES PETITS MOUCHOIRS:

Ennuyant à pleurer! 

 

 

Quelle déception! Difficile d’exprimer un autre sentiment après la vision de ces PETITS MOUCHOIRS, une resucée malhabile de MES MEILLEURS COPAINS, d'UN ELEPHANT CA TROMPE ENORMEMENT ou, en étant plus méchant mais pourtant tellement plus réaliste, du très mauvais COUER DES HOMMES. En piochant  ça et là quelques ingrédients dans ces films de potes Guillaume Canet a donc écrit son scénario en 5 mois! Bravo pour l'exploit!

 

 

Sortez les kleenex. Ça va donc dégouliner! Guillaume Canet propose pour son troisième long métrage une histoire d’amitié. Ces copains et copines de longue date sont sur le point de perdre l’un d’entre eux. Ludo (Jean Dujardin), le plus extraverti et fétard de la bande se retrouve cloué dans un lit d’hôpital aux soins intensifs. Et dire que le lendemain, tous devaient partir pour leur pèlerinage annuel, dans la maison secondaire de Max (François Cluzet), dans le bassin d’Arcachon. C’est pas de pot! Ceci dit, pas question de tirer un trait sur leurs vacances. Les raccourcir à la limite oui, mais les annuler, non! Et puis de toute façon, à quoi bon rester à se morfondre à Paris alors que les visites à l’hôpital sont interdites!  Et voilà que la petite troupe embarque pour 15 jours en dents de scies. Il y a de l’électricité dans l’air, notamment entre Max et Vincent (Magimel). Ces deux là sont en froid, la faute à Vincent qui n’a rien trouver de mieux que de déclarer sa flamme à son ami Max. Quinze ans d’amitiés sans faille pour en arriver là! Abasourdi par cette annonce, Max fait promettre à Vincent de refouler ses sentiments, de refreiner ses ardeurs et de garder ça pour lui. En bon ami, il s’exécute, mais Max a de plus en plus de peine à gérer la situation.

 

 

Fuyant, sur les nerfs, Max va péter un plomb au cours du séjour, s’en prenant tour à tour aux fouines qui hantent la maison, à ses amis, aux enfants aussi. Pendant que ce tirant fait vivre un enfer à tout le monde, à commencer par sa femme Véronique (Valérie Bonneton), Eric (Gilles Lellouche) ouvre les yeux sur sa réelle personnalité. Ce coureur de jupon papillonne sans cesse et demeure incapable de se lancer dans une relation stable. Marie (Marion Cotillard), sa meilleure copine tente quant à elle de dissimuler son secret en se réfugiant dans l‘alcool et les paradis artificiels; reste Antoine (Laurent Lafitte), personnage un peu lunaire prêt à tout pour reconquérir sa Juliette (Anne Marivin) qui l’a larguer un an auparavant. Il agasse tout le monde avec cette histoires, avec ces textos. Mais que tout ce petit monde se rassure, au terme de ces vacances pas comme les autres, chacun pourra verser sa larme à la fin du film et sortir son petit mouchoir! 

 

 

Si Guillaume Canet était parvenu à adapter royalement le polar NE LE DIS A PERSONNE, s’il avait réussi à croquer l’envers du décors de l’univers impitoyable de la télévision dans MON IDOLE, avec LES PETITS MOUCHOIRS, il se prend les pieds dans le tapis du drame amical et sentimental. Certes, il décrit avec justesse l’hypocrisie qui règne en amitié. C’est vrai que ce genre de relation est généralement faite de petits arrangements avec les travers des uns et des autres, tout ça pour mieux supporter ces propres défauts. On se cache la réalité, on se ment à soi même, aux autres, pour conserver ses amis. Il faut dire que c’est rassurant d’être entouré. Finalement, l’être humain a besoin de se sentir moins seul pour s’épanouir! Voilà pourquoi on a des amis. Voilà pourquoi, on est prêt a faire des compromis pour les conserver. Si ce discours est plutôt bien vu, reste que la démonstration est beaucoup trop longue! En multipliant les intrigues secondaires, Guillaume Canet perd son spectateur en cours de route, un spectateur qui n‘attend qu‘une chose: franchir la ligne d‘arrivée de ce marathon de 2h35! Entre les problèmes sentimentaux des uns, la libido en panne des autres, les minutes défilent et l’on commence à trouver le temps long. D’autant que la double chute s’anticipe sans peine!

 

 

Le plus dommageable, c’est que jamais Guillaume Canet ne parvient à transmettre la moindre émotion. Les larmes de ses comédiens sont des larmes de cinéma et ça se voit! Ça sent le préfabriqué à plein nez. Ceci dit, tout n’est pas jeter dans LES PETITS MOUCHOIRS. Le cœur du film est intéressant: l’amitié qui se transforme en amour. C’était ça le seul sujet à traiter: l’amour, cette incontrôlable pulsion qui guide chacun de nos actes. Si Guillaume Canet s’était concentré uniquement sur la confusion engendrée par la déclaration d’amour de Vincent pour Max, en virant tous les personnages annexes, il tenait là un vrai bon film d’une heure et demi, efficace. D’autant que les deux acteurs sont excellents, surtout François Cluzet en irascible bonhomme aigri, bouffé par l’idée horrible que son ami puisse l’aimer, le désirer! Benoît Magimel en victime de ses sentiments, bouffer de l’intérieur et condamné au silence pour ne pas voir sa vie tranquille exploser est lui aussi particulièrement juste. 

 

 

Bien sur que Guillaume Canet gardait les enfants de chaque couple et les deux femmes aussi, surtout Valérie Bonneton, actrice exceptionnelle qui joue la compagne de François Cluzet, dans le film et dans la vie! Toute en retenue, elle supporte la crise de son homme sans moufter, enfin, jusqu’à un certain point! Dommage donc… Au lieu d’un film franchement intéressant, LES PETITS MOUCHOIRS n’est donc qu’un joli clip avec une bande son millésimée sixtees et seventies. Janis Joplin dans un film, c’est pas toujours bien vue!

 

 

 

 

BIUTIFUL

un film presque awful! 

 

 

 

Et oui, préparez les petits mouchoirs ! Pendant 2h20, le cinéaste mexicain Alejandro Gonzales Inarritu déploie tout l’attirail, la grosse cavalerie pour garantir un torrent de larmes dans la salle. Et ça fonctionne plutôt bien. Entre Javier Bardem et son cancer de la prostate, son ex femme bipolaire incapable de s’occuper de leurs enfants, des travailleurs clandestins asiatiques sur-exploités qui périront tous gazés dans un hangar, une autre clandestine africaine restée seule avec son bébé car son mari s’est fait tauper et à dû rentrer au pays,  tout y passe, tout y est dans ce tire larmes, pardon ce drame. Particularité, le film est absolument linéaire si l’on excepte l’entrée en matière. C’est vrai que Innaritu semble en avoir terminé avec ces puzzles façon LES AMOURS CHIENNES, 21 GRAMMES ou même BABEL. Exit ce genre de dispositif narratif torturé et place à quelque chose de complètement droit.

 

 

BIUTIFUL, une histoire dans laquelle on a un peu de peine à entrer. Il faut dire que l’on observe 2 mains dans la pénombre tout en écoutant une conversation susurrée entre un père et sa fille à propos d’une bague, un héritage, un bijoux de famille que ce père veut léguer à sa progéniture. S’en suit une conversation étrange dans une forêt sous la neige entre Javier Bardem et un jeune homme. Ils parlent du bruit des vagues et du vent. Il faudra attendre la fin pour comprendre ses 2 scènes. Avant cela, on apprendra que Uxbal, Javier Bardem, a le pouvoir d’accompagner l’âme des morts. Il leur parle et les guide, les invite à prendre le bon chemin. Bientôt, c’est lui qui aura besoin d’être guidé car le crabe est en lui. Comme il a consulté tardivement, il ne lui reste que quelques mois pour régler ses dettes avec la vie, avec son ex femme, ses enfants et les clandestins qu’il emploie.

 

 

Biutiful de Alejandro Gonzalès Innaritu, un film qui n’a pas eut la palme d’or au festival de Cannes, tout juste un prix d’interprétation masculine mérité pour Javier Bardem, particulièrement émouvant. Même les cœurs de pierre devraient laisser filer une coulée de larme devant la chute libre de ce personnage, surtout quand il n’a plus le choix, qu’il doit à tout prix annoncer à sa fille qu’il doit partir. Une chance que l’acteur, pour qui le film a été écrit, soit si juste dans son rôle, sinon BIUTIFUL aurait été un raté total. Il sauve ce long métrage à lui tout seul, un film gangrenée par un excès de pathos…Dommage ! 

 

 

 

 

SOCIAL NETWORK

l'histoire de Facebeurk!

 

 

 

C’est le buzzz du moment. SOCIAL NETWORK de David Fincher est en effet très attendu…. Calmez vos ardeurs ! SOCIAL NETWORK n’est rien d’autre qu’un classique film de procès, que dis-je un double procès ou chacune des attaques est immédiatement illustrée par une scène d’exposition en flash back. Les principaux protagonistes racontent ainsi leur version des faits. Au spectateur ensuite de se faire sa propre idée sur une amitié et une traîtrise devenue une simple histoire de gros sous. Rien d’extraordinaire dans SOCIAL NETWORK, en dehors du montage qui, sans prévenir, vous oblige à voyager dans le temps en permanence. Tout commence sur le campus d’Harvard. Un petit mec créer en une nuit un site ou les étudiants peuvent voter pour élire la fille la plus belle de l’université. Le nombre de connexions est tel que les serveurs informatiques du campus explosent. Avec cet exploit, il tape dans l’œil d’un trio de nullos en informatique, des étudiants sportifs, balaises, intelligents, bien éduqués et fils de bonne famille qui aimeraient mettre en ligne une plate-forme sélect ou des filles de préférences belles, pourraient venir contempler leurs profils et entrer ensuite en contact avec eux. Le génie accepte de les aider, de les empalmer surtout ! En secret, il pousse l’idée plus loin, et lance TheFaceBook. L’ascension est fulgurante, dès lors que le geek rencontre le jeune créateur déchu de Napsters. Du coté de Harvard, les rancœurs commencent à s’exprimer haut et fort. 

 

 

Rien de transcendant dans cette histoire interprétée par des acteurs plutôt pas mal! Justin Timberlake en tête est très convaincant en noceur dandy geek. De son coté, Jesse Eisenberg compose un petit con aussi arrogant que surdoué impeccable. Pas sur que Mark Suckerberg apprécie! En dehors de ça, force est d’admettre que David Fincher, le réalisateur de l’inoubliable FIGHT CLUB, celui qui n’a jamais été aussi meilleur que dans le thriller (SEVEN ou THE GAME sont là pour en témoigner), s’est ici contenter de fournir un divertissement hollywoodien standard, un film calibré pour vendre du pop corn dans les multiplex! D’ailleurs, on se demande pourquoi il a traiter Facebook sous cet angle ? 

 

 

Au delà de la success story, du rêve américain dans toute sa splendeur, il y avait un autre film à faire, celui qui se tourne en ce moment tous les jours sous vos yeux, un film sur les dérives d’internet, sur la perversité d’un programme comme Facebook. Il y avait une attaque, une critique à réaliser sur cet amusant et inoffensif  réseau social, en réalité un outil redoutable au service de Big Brother. OUI, Facebook is watching you ! Et tout le monde s’en tamponne! Pourtant, une fois inscrit sur ce genre de site, on est en mesure de se demander ce que deviennent les données personnelles collectées? Question naïve : sont-elles utilisées à l’insu des internautes? Au delà même du cas Facebook, que pensez du fait qu’il est impossible ou presque d’effacer sa trace du net? De plus en plus de sociétés de cyber-voirie voient le jour pour éplucher le web et vous proposent de faire votre ménage moyennant grosses finances. Mais ces Monsieur Propres en version 2.0 l’admettent : il restera toujours quelque chose de vous sur la toile. Même quelqu’un qui n’a jamais eut de contact avec un ordinateur de toute sa vie aura forcément un jour ou l’autre, son nom, sa photo publiée quelque part. C’est insensé! Qu’en est-il de la violation de la sphère privée, du droit à rester anonyme ? Aujourd’hui Google photographie votre maison et la met en ligne sur streetview sans vous demander aucune autorisation ! Et si ça me déplait que les géraniums qui poussent sur mon balcon soient vus par la planète entière, je ne peux rien faire!  

 

 

Revenons sur Facebook puisque SOCIAL NETWORK cible cette start up. Ce ludique programme est tellement malicieux qu’il peut mener au suicide. Regardez ce jeune homosexuel, sorti du placard malgré lui parce que ses ébats amoureux ont été filmés et mis en ligne à son insu! C’est inadmissible! Facebook peut également conduire à la prison. D’ailleurs, la police ne s’y trompe pas. Elle traque les criminels sur le web, mais aussi de simples quidams énervés qui publient sur leur mur des choses censées rester dans le domaine privé. Un tribunal vient de condamné à 3 mois de prison ferme un type qui avait publié des insultes à l’égard de gendarmes sur son mur! Aujourd’hui, on en est là. Parce que les gens ne savent plus faire la différence entre public et privé, ils laissent filer leurs sentiments, leurs états d’âmes. Sur le toile comme dans la vraie vie, on appelle ça de la diffamation. C’est punissable. Et c’est normal ! Quelqu’un qui se baladerait en pleine rue en insultant tout le monde finirait derrière les barreaux, ou engoncé dans une camisole de force et expédié dans un asile de dingues. Personne ne s’en offusquerait. C’est affaire d’éducation. On connaît les limites à ne pas franchir en société, mais dans la jungle du Web, on les ignore! Il faudrait peut-être passer un permis de web avant de pouvoir y circuler ! Parce que derrière un écran, planquer chez soi, on se croit protégé, à l’abri, autorisé à transmettre toutes ses pensées, les meilleurs comme les pires. On se met totalement à poil sans jamais se douter qu’il y aura des conséquences. C’est l’un des autres travers du net: il facilite l’exhibitionnisme, un sentiment bien humain celui là. Dans une société ultra compétitive qui ne supporte pas l’échec, on veut exhiber sa réussite ou à défaut, montrer ses talents en attendant une hypothétique réussite ! L’envie de briller à tout craint, le désir de montrer qu’on est le meilleur sont exacerbés grâce aux possibilités qu’offrent internet. Le danger est donc là.A propos de danger, je vous parle pas des possibilités multiples qu’offre Facebook pour tous les psychopathes de la terre. C’est un terrain de chasse hallucinant. Rien n’interdit à un violeur ou un tueur de créer un compte bidon ! En faisant preuve d’un minimum de psychologie, des amis virtuels, des personnes bien réelles lui ouvriront sans se méfier, les portes de leur intimité. Très vite, il saura tout des habitudes, des tracas, des angoisses, des  délires, des goûts, des vies de ses futures victimes. En les conseillant, les consolant, les mettant en confiance, les manipulant, il connaîtra même leurs adresses et pourra leur rendre une petite visite ! C’est pas de la perversité ça ?  

 

 

Voilà le film qu’aurait du faire David Fincher plutôt que de nous pondre un long métrage insipide à la gloire d’une réussite sociale. Il aurait pu montrer que ce succès, de toute façon inévitable, a un revers, inévitable lui-aussi et pour une raison toute bête. L’être humain a besoin de reconnaissance pour s’épanouir et se sentir exister. Il a aussi besoin de laisser une trace indélébile après sa mort. Pour cela, avant il fallait du génie ou à défaut du talent pour écrire des livres, réaliser des films, faire des découvertes scientifiques…. Aujourd’hui, une souris, un  clavier et un écran suffisent ! Grâce au web, facebook ou autre, n’importe quel médiocre peut laisser un petit quelque chose qui lui survivra. La vie est enfin devenue éternelle! La connerie aussi… Merci internet !

 

 

 

 

 

 

KABOOM:

Un feu d'artifesse réjouissant! 

 

 

Gregg Araki est un cinéaste hors norme. Son truc, depuis toujours : questionner la sexualité débridée des adolescents, ces êtres humains avides de sensations fortes, de découvertes, d’expériences nouvelles. Gregg Araki est donc obnubilé par ce sujet. Se souvenir de ses films à l’humour trash et désespéré THE DOOM GENERATION et NOWHERE, 2 des volets de sa teen apocalypse trilogie. Bien sur, il lui est arrivé de tourner le dos à son obsession, le temps de réaliser MYSTERIOUS SKIN, un film grave sur la pédophilie ou SMILEY FACE, une comédie hilarante sur la journée pas comme les autres d’une comédienne qui a englouti les space cake de son colocataire.

 

 

Après ces deux entorses, le naturel, ou plus exactement le sur naturel est revenu au galop dans KABOOM. Surnaturel, oui, puisque le cinéaste a eut la bonne idée d’en injecté dans ce nouveau film qui débute comme un teenage movie aux dialogues très distingués, avec bouffé de chatte qu’on confond avec un plat de spaghetti et j’en passe et des meilleurs. Alors que Gregg Araki balance sa purée douteuse à la face du spectateur, on commence à se demander ce qu’on fout devant ce film ou Smith, jeune étudiant de 19 ans confesse à sa meilleure copine qu’il en pince pour son colocataire surfeur aussi nais que bien gaulé. On prend à peine plus de plaisir devant les déclarations salaces d’un blondinette qui ne pense qu’à blaser avec Smith, ou avec d’autres. En fait, Smith ne sait pas réellement qui il est. Sexuellement parlant, il n’a pas encore choisi son camp. Entre homosexualité et hétérosexualité, ses couilles balancent ! 

 

 

Très vite, on se dit que 90 minutes sur ce terrain là ne vont pas suffire à emballer qui que se soit. Et puis, d’un seul coup, Gregg Araki muscle son scénario. Il laisse filer son imagination débordante et s’engouffre sur la voix du fantastique, du pas rationnel avec une sorcière nymphomane éblouissante. Il multiplie les scènes oniriques ou Smith rêve d’une jeune fille rousse, une nana qui pourrait bien avoir existé et s’être fait enlever par des hommes à tête d’animaux. Smith ne sait pas, ne sait plus si ce qu’il a vu est un rêve, ou si ce qu’il a rêvé existe réellement ! En fait,  Smith n’aurait peut-être jamais du croquer dans ce space cake lors de cette soirée ou pour lui, tout va basculer.

 

 

KABOOM est un film extraordinaire, loin des standard du meanstream, un film qui ne peut laisser insensible et qui fait franchement du bien. C’est une espèce de fourre-tout jubilatoire, de gigantesque bordel libertaire. Oui, Greg Araki prend des libertés sur le ton comme sur la forme, pour montrer l’adolescence telle qu’elle est, une période mouvementée ou on s’intéresse à tout et à rien en même temps, ou finalement, seul le mystère du sexe mérite d’être percé. Ses ados ne se projettent pas dans l’avenir. Non, ils vivent le temps présent, croquent à pleine dent dans les plaisirs que la vie leur offre, et puis c’est tout. En même temps qu’il lorgne sur le teenage movie et le drame familial, il signe un film fantastique des années 70. KABOOM il est vrai, ressemble à une série Z avec des effets spéciaux hyper cheep. Souvent pour passer d’un tableau à l’autre, il a recourt à des transitions qu’on ose même plus utiliser dans des films de mariage tellement ces effets visuels sont devenus ringards ! Ringard ? Un terme qui ne veut rien dire pour Araki ! Ce n’est pas parce que vous ne faite rien comme tout le monde que vous êtes ringard. Au contraire, tout est bon pour sortir du cadre et ne surtout pas rejoindre les courants dominants ! Rien que pour oser crier haut et fort que Cocteau Twins ont sans doute plus révolutionné la musique que les Beatles, faut avoir un sacré besoin de marginalité et une envie encore plus énorme de provoquer! Qui peut oser penser que la dream pop chiante de ces écossais est plus révolutionnaire que le rock des 4 gars dans le vent ! Gregg Araki et seulement lui, lui qui ne jure que par la nouvelle vague, mais pas la française qui révolutionna la manière d’aborder le cinéma dans les années 60 dans l’hexagone ! Non Gregg Araki adule la nouvelle vague musicale, celle qui était dans la marge avant de devenir commerciale. Ceci dit, Araki adore surtout David Lynch ! Certes si le lien de parenté n’est pas évident à priori, on peut quand même voir en KABOOM une version de Twin Peaks sous exta ! Et puis au delà de ça, les deux cinéastes partagent un goût prononcé pour la culture post punk, remettent en cause la manière de faire des films, rejettent le mainstream, revendiquent leur liberté artistique en signant des oeuvres originales, audacieuses, intrigantes, radicales, parfois incompréhensibles, bref, des films réjouissant car parfaitement inattendus et en dehors des clous !

 

 

 

 

 

 

 

THE KIDS ARE ALL RIGHT

oui, mais les mamans pas tant que ça! 

 

 

Etrange film que celui-ci, ni totalement une comédie, ni entièrement un drame. Lisa Cholodenko ne choisi pas son camp et c’est tant mieux. Voilà une option qui permet d’instaurer un trouble permanent dans la tronche du spectateur qui ne sait jamais s’il doit rire ou pleurer. Au mieux, il sourira en s’interrogeant devant cette histoire de donneur de sperme qui entre en contact avec ses progénitures et s’incruste dans cette famille tranquille. On imagine volontiers que sur un tel sujet, Judd Appatow le roi du pipi caca nous aurait pondu la revanche des spermatos, que James Cameron aurait fait la même chose en bleu et en 3D et que Winterbottom aurait opté pour un plus glauque the cum inside me! Cessons ce délire. Lisa Cholodenko n’a aucun lien de parenté avec les 3 sus nommé. Pour son premier long métrage, le jeune maman a simplement pris le temps d’écrire avec Stuart Blumberg un scénario un peu trop prévisible et pas assez politiquement incorrecte ! Ceci dit, peut-être qu’aux Etats Unis, puritanisme oblige, on a encore de le peine a supporter de voir au cinéma un couple d’homosexuelles pacsées élever deux enfants né à la suite d’un don de sperme. C’est possible!

 

 

Vu depuis le vieux continent, il n’y a rien de réellement choquant dans ce scénario que Lisa Cholodenko et Stuart Blumberg ont pris le temps d’écrire. Ah oui, les préliminaires ont duré longtemps, et pour cause, en début de processus, la première version du script à peine terminée, Lisa Cholodenko tombe enceinte. Du coup, le temps d’accoucher et de ré-organiser sa vie, elle a dû ronger son frein. Elle a pu surtout pendant deux années de plus, reprendre chacune des pages du script, peaufiner certaines situations et surtout améliorer les dialogues.

 

 

Dans cette histoire, une famille avec deux mamans et pas de papa mène une vie paisible, équilibrée. Ces deux femmes pacsées, amoureuses, élèvent depuis toujours leurs enfants. Elles ont fait appel quelques années plus tôt à un donneur de sperme anonyme pour tomber enceinte. Aujourd’hui, leurs progénitures ont grandi et se posent bien des question quant à leur père biologique. Comme leur fille vient de fêter ses 18 ans, elle est en mesure de connaître l’identité du donneur. Devant l’insistance de son frère mineur, elle demande à la banque de sperme et obtient ce qu’elle cherche. Il se trouve que le donneur, un restaurateur, est enchanté à l’idée de savoir que sa semence a servi a quelque choses. Ces trois là entrent donc en contact, en secret. Passer les premières minutes de gêne, ce premier rendez-vous se passe plutôt bien. En tout cas, rien ne s’oppose à ce qu’ils se revoient. Mais le secret devient de plus en lourd à porter pour les enfants. Alors il est temps de briser la glace, d’annoncer la nouvelle aux deux mamans et d’organiser une rencontre avec le donneur! A partir de cet instant, plus rien ne sera jamais comme avant. 

 

 

THE KIDS ARE ALL RIGHT, un film à 2 nivaux de lectures. Bien sur qu’en premier lieu, il y est question de parenté. Quand on est un enfant issue d’une insémination artificielle, forcément que l’idée de rencontrer son papa biologique vous traverse l’esprit. Ça peut même tourner à l’obsession. Si dans le film, la rencontre a du bon, ce n’est pas forcément une chose à faire pour les gamins comme pour le donneur. Attentionné, doux, délicat, il est en pleine mutation lorsque ces deux êtres, ses enfants, qu’il n’a pas élevé, mais ses enfants tout de même débarquent à l’improviste dans sa vie. Et les parents dans tout ça ? Il leur faut être suffisamment compréhensif, patient, à l’écoute de leurs gamins pour accepter l’idée que le papa biologique s’immisce dans leur vie, surgisse telle une tornade et risque de compromettre  un équilibre qui semblait jusqu’alors inébranlable. Là ou le film est ingénieux, c’est quand même temps qu’il évoque cette thématique, il montre aussi que les homosexuels pacsées ont autant le droit d’être malheureux que les hétérosexuels. Ces deux mamans rencontrent les même problèmes pour éduquer leurs enfants, leurs inculquer de bonnes valeurs, leurs enseigner le respect d’autrui, de soi. Et au bout d’un certain nombre d’année de vie commune, la routine est la même quelque soit la nature du couple. On peut parfois succomber à la tentation de tomber dans les bras d’un autre, et ce même si on aime passionnément sa moitié depuis tellement d’années !

 

 

A souligner que le quintet d’acteur est juste excellent. Julianne Moore pour qui le rôle a été écrit sur mesure campe une dominée parfaite. C’est elle la femme d’intérieure, celle qui reste aux ordres de Annette Bening également géniale en femme à poigne, qui a réussi, qui fait bouillir la marmite et qui est sur le point d’exploser à cause de l’irruption dans leur vie de cet homme charmant. Il est incarné par un très brillant Mark Ruffalo. Reste les enfants, Mila Wasikowska et Josh Hutcherson, particulièrement bien choisi aussi. L’ensemble compose une famille homogène, crédible. THE KIDS ARE ALL RIGHT, un premier film prometteur de la part de Lisa Cholodenko.

 

 

 

 

 

 

 

MOI MOCHE MECHANT:

même pas vrai...

 

 

Aussi tordant qu’attendrissant, MOI MOCHE ET MECHANT est tout le contraire de son titre, un animé 3D joli et gentil, une franche réussite pour une coproduction américano-française. Amiratif de l’école de l’image des Gobelins, Pierre Coffin et Chris Renaud, les réalisateurs, sont venus faire leur marcher en France. Ils ont visité pas mal de studios et ont finalement jeté leur dévolu sur Mac Guff, à qui l’on doit l’animation 3D de Azur et Asmar de Michel Ocelot. Avec un budget de 70 millions de dollars, soit 3 fois moins que celui de TOY STORY 3, Pierre Coffin et Chris Renaud  ont donc pu réaliser ce film qui lorgne sur LES INDESTRUCTIBLES, pour les visages de certains personnages et les partitions musicales de Micheal Giacchino. Pas d’erreur: Hans Zimmer, compositeur des musiques de MOI MOCHE ET MECHANT y aura jeter une oreille et pas seulement distraite. Leur film peut aussi rappeler par certains égards, HORTON l’éléphant. Attention, ici, il n’y a pas de mastodonte, tout juste une armée de minions, sorte de mini nains jaunes au service de Gru le héros. Cette colonie peut faire penser au monde parallèle des lilliputiens avec lequel Horton entrait en contact, un lien de parenté lointain qui s’explique aisément puisque Chris Renaud et Ken Daurio, respectivement le co-réalisateur et le scénariste de MOI MOCHE ET MECHANT ont bossé sur HORTON ! 

 

 

Ceci dit, il faut savoir qu’au début, il ne devait pas y avoir de minions dans cette histoire ! Sortie de l’imaginaire d’un animateur, ils se sont vite imposés. Leur ressemblance avec la capsule jaune renfermant la surprise d’un œuf en chocolat bien connu, friandise préférée des enfants, aura sans doute suffit à convaincre les réalisateurs.

 

 

Mais encore fallait-il trouver la bonne idée pour rendre ces facétieux blagueurs et bagarreurs invétérés attachant, en les affublant d’un langage incompréhensible. Ils s’expriment en onomatopée ! Pas besoin de les comprendre ceci dit pour se marrer devant leur pitreries et leurs réactions souvent imprévisibles. Véritable élément moteur du film, on peut regretté qu’ils ne soient pas plus présent. Peut-être dans le volume 2 ? Car oui, au vu du succès public aux states, du succès critique en festival, une suite est déjà en chantier ! Reste juste à savoir comment les scénaristes vont retomber sur leur pattes ! 

 

 

Que je vous dise que l’histoire repose sur un précepte vieux comme l’animation : sous ses airs de méchant, Gru cache un cœur fragile et tendre. Il a de l’amour à revendre ce grand mêchant Gru et il aura bien l’occasion de le démontrer. Pourtant, au début, il n’est pas question pour lui de perdre son temps avec ça. Ce bandit de grand chemin projette en effet, grâce à son armée secrète d’infatigables et dévoués  minions, grâce à des armes d’une haute technicité, de commettre le casse du millénaire : dérober la lune ! 

 

 

Bien sur que sa route sera barrée par un concurrent sérieux, un jeune freluquet arrogant au physique proche de Bill Gates jeune: même lunette, même moumoutte ! Et puis Gru n’avait pas prévu non plus que 3 adorables orphelines à la recherche d’un papa franchiraient un jour le perron de sa maison, de quoi bouleverser ses plans… 

 

 

MOI MOCHE ET MECHANT, un très bon animé qui rempli parfaitement sa mission. Les personnages sont rigolos. L’histoire, ponctuées de gags, est bien rythmé, quant à l’animation, elle est parfaitement fluide. Qu’il s’agissent des poursuite en voiture-avion, des scènes de bagarres ou d’exposition plus tranquille, tout est parfait. Reste un bémol : MOI MOCHE ET MECHANT est à voir en projection normale et pas avec une paire de lunette 3D sur le pif. Pour le coup, il n’y a pratiquement pas d’effets visuels qui justifient de payer un billet de cinéma sur-taxée…

 

 

 

 

 

 

 

 

SUMMER WARS

Une bête de festival

 enfin au cinéma 

 

 

Mamoru HOSODA est un gars qui a commencé à bossé pour la Toéi dès 1991. Si je précise, Goldorak ou Candy, tout de suite, vous comprenez de quoi il en retourne: des dessins animés produits à vitesse grand V et destinés à un public jeune. En fait, il a affûté ses armes comme animateur sur Dragon Ball Z. Très vite, il passe à la réalisation avec les deux premiers films dérivés de la saga Digimon. Touche à tout, la pub et notamment Vuitton se penche sur son cas. Finalement, il est approché par les studios Ghibli pour réaliser LE CHÂTEAU AMBULANT. 

 

 

Myasaki n’est pas du tout satisfait de son travail. Le papa de Totoro le vire et reprend le projet à son compte. Mamoru HOSODA poursuit sa route, loin de Ghibli, de la Toéi qu’il quitte pour se rapprocher de Madhouse. Il réalise pour ce studio LA TRAVERSEE DU TEMPS en 2006, histoire de Makoto, une ado garçon manquée qui découvre qu’elle a le don d’arrêter le temps et celui de revivre certaines scènes de la vie à foison, un don à double tranchant surtout quand il faut apprendre à vivre sans!

 

 

LA TRAVERSEE DU TEMPS n’est jamais sorti en suisse mais il fut présenté à Annecy, Annecy ou cette année fut dévoilé SUMMER WARS, un film qui a été vu par 1 million de spectateurs au Japon et qui a fait le tour des festivals. Entre 2009 et maintenant, de Berlin à Hong Kong, de Leeds à Dubaï, il a  raflé une dizaine de prix. 

 

SUMMER WARS est la rencontre délicieuse entre tradition et modernité. En fait, un étudiant en math super balaise travail sur la surveillance du service informatique OZ. Il s’agit d’un monde virtuel ou chacun peut créer son avatar et vivre une vie parallèle. OZ est le parfait croisement entre Facebook, Tweeter et Second Life en beaucoup plus puissant.  En effet, l’influence de OZ sur le monde réel n’est pas virtuelle.

 

 

Le truc, pour le jeune garçon, c’est que la plus belle fille de l’école Natsuki lui demande de l'accompagner dans sa famille, à Nagano. Elle lui confie la mission embarrassante pour le très gauche étudiant, de jouer son petit copain. Et comme une bonne surprise n’arrive jamais seule, pendant qu’il folâtre à la campagne, un hacker pirate le système de sécurité d'OZ. Un étrange avatar LOVE MACHINE attaque les utilisateurs et menace finalement la planète terre, la vraie! LOVE MACHINE n’a rien d’un délicieux avatar. Il s’agit d’une arme de destruction massive. Autant dire que la tache sera ardue pour l’empêcher de nuire.

 

 

SUMMER WARS, un manga à deux niveaux. Il y a tout d’abord le monde réel ou l’on découvre le japon traditionnel avec ses coutumes, ses rites, ses codes. Ici, on respect les aïeuls, notamment la grand-mère de la famille, celle qui aime jouer au Hanafuda, un jeu de cartes traditionnel, mais qui deviendra un élément majeur dans la partie du film qui se déroule dans OZ. Ce monde virtuelle, une espèce de Matrix en plus kitch, a des allures de planète fantastique. Les couleurs sont douces, l’animation est plus fluide que dans la réalité.

 

 

Dans SUMMER WARS, l’anticipation flirte donc avec la chronique villageoise. On vibre autant devant la guerre qui se joue sur OZ que l’on s’émeut devant la complexité des rapports humains qui secoue le clan Janmouchi. Le film véhicule bien évidemment son lot de valeurs positives telles que l'importance de la famille et de l'amitié. Il rappelle que rien ne vaudra jamais de vrais rapports humains, tellement plus enrichissants que des contacts virtuels. 

 

 

Et même si le scénario s'appuie sur un cliché vieux comme le monde, à savoir  le bien qui ne peut que triompher sur le mal, SUMMER WARS reste un animé hallucinant, spectaculaire comme un film catastrophe, dopé par une mise en scène virtuose et une animation ou l'on a de la peine à différencier ce qui a été dessiné manuellement de ce qui a été conçu à l'oridinateur.

 

 

La 3D et la 2D se marient à merveille. SUMMER WARS, l’œuvre d’un mec (et de son équipe) qui confirme tout le bien que l’on pouvait penser de lui après LA TRAVERSEE DU TEMPS.

 

 

 

 

 

 

PRUD'HOMMES

Bienvenu dans

le monde du travail 

 

 

Après la coupole de Berne et le fonctionnement du palais fédéral décrypté sous l’objectif de Jean Stéphane Bron dans LE GENIE HELVETIQUE, après le quotidien d’un juge dans FACE AU JUGE de Pierre François Sauter, voilà que celui d’un tribunal a titillé Stéphane Goël, mais pas n’importe lequel, celui des prud’homme à Lausanne. C’est donc à une immersion au cœur de ce bâtiment imposant qui surplombe l’esplanade de Montbenon que le documentariste nous convie. Reprenant à son compte le procédé cher à Depardon, Stéphane Goël plante ses deux caméra légères et ses micros dans ce théâtre où se règlent les conflits. Licenciements abusifs, salaires impayés, insultes, irrespect, frustrations, tensions, souffrances, révoltes, bienvenu dans le monde du travail, ou plus exactement dans celui des différents qui opposent employeurs et salariés. Ici, chaque soir, en dehors des heures ouvrables de la justice courante, se retrouvent plaignants, accusés et magistrats. Une galerie de cas, de personnages apparaissent, offrant au spectateur toute la liberté d’assister à un spectacle tantôt comique, tantôt tragique. Oui, ce documentaire a ceci de particulier qu’il n’est pas raide comme la justice ! On peut rire parfois dans PRUD’HOMME, comme par exemple devant ce magistrat obligé de rappeler les règles à un homme qui lui coupe systématiquement la parole. Le train-train, la monotonie de leur travail font parfois de ces hommes et femmes de loi des acteurs comiques involontaire d’un théâtre proche du boulevard ! On rit aussi devant les tentatives de médiations un peu vaines d’un syndicaliste représentant un garagiste licencié abusivement. Se métamorphosant en marchant de tapis, même s’il s’en défend, l’homme de gauche, par tous les moyens, tente d’arracher la somme d’argent maximum à l’avocat de droite représentant l’employeur. Mais ce rire fini toujours par s’étouffer à cause de la grande détresse sociale qui s’exprime sous les yeux du spectateur. 

 

 

Forcément, la plupart des histoires dévoilées sont dramatiques, certaines même kafkaïenne. Mais toutes ont en commun de montrer à quel point le désarroi, la souffrance, et le mal être sont très présents dans le monde du travail aujourd’hui. Le besoin et donc le manque de reconnaissance des salariés est également récurent. Mais le plus frappant, c’est sans aucun doute que la majorité des cas traités auraient pu l’être devant une tasse de café plutôt que devant un tribunal. Comment les choses s’enveniment-elles ? Pourquoi ? A ces questions, pas de réponse. Ce n’est pas l’objet de PRUD’HOMME, un film qui a ceci de bien qu’il n’est pas militant. Il n’est pas une attaque en règle dirigée contre le patronat. La parole est ici donnée aux deux parties. Aucune interview, pas de commentaires. Juste des affaires qui se succèdent et suivies sur la durée pendant près d’une année.

 

 

Finalement ce tribunal s’est avéré être un parfait poste d’observation de la réalité du monde du travail. Parce qu’il est aujourd’hui devenu presque impossible de filmer au sein des entreprises, Stéphane Goël a donc trouver une idée, la bonne, en s’invitant à Montbenon, mais également dans le bureau d’un inspecteur du travail. Stéphane Goël nous livre ainsi un instantané émouvant d’une réalité à prendre en considération : la souffrance au travail augmente de manière exponentielle et il y a urgence à s’en occuper.

 

 

 

 

 

VOUS ALLEZ RENCONTRER UN BEL ET SOMBRE INCONNU:

le nouveau best of

Woody Allen 

 

 

La retraite à 67 ans n’est pas à l’ordre du jour pour lui. Du haut de ses 75 printemps, le président directeur général de La PME Woody Allen ne connaît pas la fatigue et n’a pas l’intention de couler des jours heureux en attendant la grande faucheuse. Fidèle à lui-même, il nous livre depuis les années 70, son cru annuel. Il en est déjà à 46 films et le 47ème tourné à Paris débarquera logiquement en 2011. Ceci dit, on a comme qui dirait l’impression fâcheuse depuis quelques films que le binoclard New Yorkais, non content de transférer son plateau de tournage en Europe, à également délocalisé son département scénario en Chine. Pour preuve sa nouvelle production anglaise, VOUS ALLEZ RENCONTRER UN BEL ET SOMBRE INCONNU ressemble à s’y méprendre à une copie pas trop mauvaise mais une copie tout de même de HANNIE HALL pour la crise de la quarantaine, HANNA ET SES SŒURS pour l’imbroglio sentimental et les amours contrariés d’une douzaine de personnages, HARRY DANS TOUS SES ETATS pour le coté auteur en panne d’inspiration, ANYTHING ELSE LA VIE ET TOUT LE RESTE, pour le personnage de la belle mère de Jerry, un auteur qui veut quitter sa femme, MATCH POINT pour le mariage qui capote à cause d’un coup de foudre… Oui, en regardant VOUS ALLEZ RENCONTRER UN BEL ET SOMBRE INCONNU, on a l’impression de se fader un best of Woody Allen, une compilation des  meilleurs éléments piochés pêle-mêle dans sa filmographie! Personnages névrosés, frustrés, naïf, impulsifs, auteur en panne, belle mère omniprésente, crise de la quarantaine et de la quatre vingtaine aussi, doute amoureux, petits bobos, gros bleus et mauvaises décisions, tels sont les ingrédients qui composent ce nouveau film. Rien de neuf, à croire que l’on ne change pas une formule qui gagne, sauf qu’à toujours ressasser les mêmes thèmes, on fini par lasser le spectateur, pire, par risquer de le laisser complètement indifférent. Il faut effectivement avouer que même si les situations coquasses se succèdent avec bonheur, les facéties et les questions existentielles des personnages de ce film, on s’en bat assez vite les flancs !

 

 

Ceci dit, ne soyons pas trop bégueule et fine bouche! Tout n’est pas à jeter dans un Woody Allen et notamment dans VOUS ALLEZ RENCONTRER UN BEL ET SOMBRE INCONNU. Le cinéaste est capable d’offrir quelques moments de grâce, notamment à chaque fois qu’il écrit et met en scène la mère abandonnée, un femme mure qui trouve son réconfort dans la boisson forte et surtout, auprès de Crystal la bonimenteuse, escroc sans pareil qui, moyennant grosses finances, raconte à la vieille dame ce qu’elle veut bien entendre. Son mari l'a quitté pour une jeune fille stupide qui monnaye ses charmes ? Pas grave, il va bientôt s’en mordre les doigts et rentrer à la maison la queue entre les jambes en rampant avec son flacon de viagra dans la poche.

 

 

La solitude la pèse ? Pas grave, elle va prochainement rencontrer un bel et sombre inconnu. Son gendre est un auteur raté qui n’a connu qu’un seul succès ? Pas grave, il va bientôt renouer avec la gloire. Sa fille mériterait mieux que ce bon à rien qui passe son temps à glander la maison et à reluquer la voisine d’en face ? Pas grave, bientôt elle ouvrira les yeux, rencontrera un autre homme et finira par plaquer ce parasite.

 

 

Bref, à chaque question, sa réponse, toujours la bonne, mais dans les faits, rien ne se passe exactement comme cette cliente désabusée l’espère. C’est de là que provient le sourire plus que le rire, le décalage entre réalité et fantasme qui est omniprésent dans ce film et concerne tous les personnages, des caractères incarnés par la crème de la crème. Anthony Hopkins est parfait en vieux gaga qui se prend pour un éternel jeune tout ça parce qu’il arrive à se payer une ‘actrice’ blonde écervelée qui n’en veut qu’à son fric. 

 

 

Antonio Banderas compose également un brillant auteur névrosé prêt à tout pour renouer avec le succès, un mauvais ami, mauvais mari mais excellent amant. Chez les femmes, Naomi Watts s’en tire merveilleusement bien dans le rôle de la fille qui adore sa maman et lui pardonne son grain de folie passagère. Elle est aussi très convaincante en femme bafouée prête à réécrire sa vie avant qu’il ne soit trop tard. Freida Pinto n’a pas grand chose à faire pour exister devant une caméra. Ici, cette beauté naturelle campe une jeune fille naïve prête à commettre l’irréparable en succombant au charme d’un baratineur.

 

 

Reste Gemma Jones, la madame Pomfresh d’Harry Potter, la mère de Bridget Jones, la mère de Naomi Watts dans VOUS ALLEZ RENCONTRER UN BEL ET SOMBRE INCONNU. Fil rouge de cette histoire, elle apporte ce petit grain de folie qui fait que ce film n’est pas totalement pénible. Ceci dit, dès qu’elle s’éclipse trop longtemps, on trouve le temps long, non pas que les autres comédiens jouent mal, non, juste que c’est par elle qu’arrivent la plupart des scènes amusantes et les meilleurs joutes verbales. VOUS ALLEZ RENCONTRER UN BEL ET SOMBRE INCONNU un Woody Allen de plus, un film en mode mineur.

 

 

 

 

 

 

SANS QUEUE NI TETE:

C'est le bouquet fané!

 

 

Tout commence par une scène qui donne le ton d’un film dont on ne saura jamais s’il est une drame involontaire ou une comédie ratée! Dans la boutique d’un antiquaire, la scénariste réalisatrice Jeanne Labrune s’empare sur une étagère d’un quiproquo éculé, poussiéreux, presque moisi ! Elle écrit une conversation assez longue entre une cliente et un commerçant, sorte de digression sur les pipes. La situation qui se veut drôle, tombe à plat. Et pour cause, le spectateur débusque, mais pas l’antiquaire, qu’Alice (Isabelle Huppert) vante une collection de pipe qui n’a rien à voir avec des objets de bois. Elle en possède de toutes sortes et se dit prête à les échanger contre une sculpture qu’elle convoite dans ce capharnaüm. Le commerçant se laissera abuser un peu plus tard par cette femme de mauvaise vie. Bien qu’elle soit âgée, cette pute, soyons moderne, continue d’officier à domicile. Ceci dit, elle file du mauvais coton. Visiblement, la dépression est devenue sa cliente la plus régulière ! C’est que le poids des années commence à peser ! Elle sent bien que ses déguisements ne font plus illusion auprès de ses messieurs. Lorsqu’elle est attifée en écolière japonaise, on n’a plus franchement envie de retourner user ses fond de culotte sur les bancs de l’école à ses cotés! Qu’importe, elle prend sur elle. Après tout, la retraite n’existe pas pour cette dame mature que dame nature chouchoute encore un peu. 

 

 

Tant qu’elle en a la possibilité, elle continue à prendre du pognon. A ce propos, sa tarification est ciblée en fonction des soins qu’elle prodigue. Quand elle décrit ses prestations, on croirait entendre une psy ! Avec elle, on s’engage pour dix séances ou rien du tout !  Elles durent 30 ou 60 minutes, selon que l’on coche l’option petite affaire ou grosse commission avec jeux de rôle sommaire en préambule. On paye cash et d’avance. Et si on loupe une séance, aucun remboursement n’est envisageable. C’est à ce prix qu’elle offre son réconfort à quelques messieurs pas tranquilles en mal d’amour physique. Vu le sourire de ses patients, pas d’erreur, c’est une pro dont le traitement est plus efficace que celui d’un psy ! Après tout, quitte à dépenser son argent pour se soigner, autant le cracher en s’offrant une partie de jambe en l’air et une paire d’oreille attentive plutôt que de payer un gars qui ne vous écoute pas, et qui des fois est encore plus déprimé que vous! En fait, c’est carrément ce que raconte ce film. Il vaut parfois mieux s’allonger dans un plumard douillet avec une femme ouverte et bavarde que dans un divan inconfortable avec un toubib fermé et muet ! Et à ce petit jeu, Xavier (Bouli Lanners) est excellent. Ce psy dépressif s’ennuie avec sa femme psychanalyste. Il s’ennuie avec ses patients. Il s’ennuie dans sa vie. Il trimballe un spleen de plus en plus lourd. Mais un jour, il croise Alice à la caisse d’un magasin et l’espoir renaît. 

 

 

Si l’on devait noter ce film, il obtiendrait la note de 69! Oui Jeanne Labrune nous a fait un tête à queue ! Même si c’est un crève cœur de l’avouer, ça n’Ira pas mieux demain pour elle ! La cinéaste s’est vautrée avec son nouveau film Sans Queue Ni Tête qui cela dit, porte très bien son titre puisqu’on ne sait jamais ou elle veut réellement en venir! Critique sociale, critique de la psychanalyse? On ne sait pas ! Peut-être un peu les deux mon capitaine ! Et dire que ce long métrage aurait pu être une suite tout aussi fine, légère et savoureuse de Ca Ira Mieux Demain, ou une cascade de situations toutes plus rocambolesque les unes que les autres allaient naître de l’achat d’un pauvre rouleaux de plastique. Cette objet passant de main en main tout au long de ce film permettait de raconter une comédie humaine. 

 

 

En voulant montrer l’envers du décors, Jeanne Labrune a misé sur le drame, regrettable choix tant son histoire se prêtait tellement mieux à la mise en place d'un vaudeville léger, une nouvelle comédie psy façon C’est Le Bouquet. Dommage qu’il soit fané ce bouquet, car la relation, les passerelles évidentes entre prostitution et psychanalyse est une idée géniale, un terreaux somptueux qui aurait du favoriser une comédie acide. Malheureusement, pour porter son attaque contre la psychanalyse, la gravité du ton a paru à Jeanne Labrune et son co-scénariste plus juste. C’est la fausse bonne idée par excellence. Nul besoin de lourdeur pour traduire la pensée de Lacan sur le concept de "passe" ! Rien que le terme prête à rire! Ceci dit, une passe en psychanalyse est un moment précis qu’il décrit dans un de ses romans ou un patient en analyse devient lui-même analyste. Alors quoi, est-ce à dire que Jeanne Labrune analyse ici son analyste ? En quelque sorte oui, et son problème, c’est qu’elle reste sans cesse dans la démonstration du début à la fin ! Du coup, Sans Queue Ni Tête est aussi pompant qu’un récit de Lacan et ne décolle jamais.  

 

 

Une chance toutefois que Bouli Lanners et Isabelle Huppert maîtrisent parfaitement leurs partitions. D’une certaine manière, ils sauvent le film du naufrage total !

 

 

 

 

 

 

 

DONNANT DONNANT:

Gonglant gonflant!

 

 

Que ce film est gnangnan! Et encore, le terme est plutôt gentil au vu du désastre ! Dès le début le ton, mauvais, est donné. Daniel Auteuil au parloir d’une prison se prend la tête avec sa femme. C’est décidé. Elle le quitte. Pas question pour elle de continuer à vivre avec un mari tueur de banquier ! « C’était un accident, le coup est parti tout seul », clame-t-il ! « Et bien moi aussi, le coup est parti tout seul avec Gérard… je me tire ! », répond-elle en tournant les talons. Forcément que ce genre de nouvelle vous flingue le moral! L’arrêt vasculaire cérébral guette notre taulard. Le cerveau en surchauffe, on le transfert à l’hôpital le plus proche. A son réveil, notre ami se porte comme un farme. A chechi prêt qu’il est déchormais frappé d’un guéfaut de langache. Il utiliche des pots à la places des autres : des lunettes deviennent des toilettes, Hola je t’écoute se transfrome en : olé je t’émoute ! Le coup de foudre est remplacé par le fou de coudre, etc… Cou le film reproche la dessous, les sushis  de communicamion. Bien défriché à ne pas moichir au zonzon, Daniel Auteuil s’écharpe. Il parvient à faire faux con à la police, et se reperd dans un hameaux ravitaillé par les motos. Réfugié sur une caniche, il devient l’orage malgré lui d’une jeune panne qui lui propose un marcher de dope : « je ne vous dénonce pas à la police si vous m’aider à supprimer ma mère ! » lui ordonne-elle. Evidemment que ce contrat s’avèrera bien délicat à respecter car Daniel Auteuil n’est pas un tueur, et en plus, l’amour va s’en mêler.

 

 

Mais bon dieux, qui a écrit ce scripte ? Qui a osé inventer des dialogues aussi stupides? Qui a oublié de diriger tous ces acteurs si talentueux habituellement ? Qui est le responsable de cette production même pas digne d’un mauvais téléfilm ? Désolé, mais pour une fois, il ne faut pas chercher LE cerveau, mais LA cervelle ! C’est une femme, Isabelle Mergault, LA coupable ! On devrait lui interdire de faire du cinéma ! Après nous avoir casser les noix avec sa comédie potagère en milieu rurale (je vous trouve très beau, César malencontreux du meilleur premier film !), après nous avoir profondément ennuyé avec son Enfin Veuve joyeuse Michèle Laroque, la voilà qui nous pond un insipide film de cavale ! Le problème, c’est que très vite, à l’instar de Daniel Auteuil, héros malheureux de cette daube, on reste à quai ! On regarde, désespéré, pantois, abasourdi un piètre spectacle rythmé par une avalanche de jeux de mots ringards distillés par une troupe de pantins qui s’agitent pour rien sur la toile ! On se demande pourquoi Daniel Auteuil a accepté de ternir sa réputation en se fourvoyant dans ce machin ? Sans doute parce qu’il était écrit dans le scénario qu’il roulerait des pelles à la belle Medea Merescu. C’est connu. Daniel Auteuil aime les jeunes actrices… Sauf que Medea Merescu est tout sauf une actrice ! Pauvre Sabine Azéma également ! Ceci dit, elle est peut-être la seule à tirer son épingle du jeu ! Elle est ici le dindon d’une farce, d’une arnaque aux sentiment. Quand elle s’en rendra compte, sa vengeance sera terrible ! DONNANT DONNANT, un asquidant de plus pour Isabelle Mergault. Si vous allez voire ça au cinéma, c’est que vous êtes fou ou masochiste, ou les 2 !

 

 

 

 

 

 

WALL STREET,

L'ARGENT NE DORT JAMAIS

Pas comme le spectateur! 

 

 

 

C’est vrai, il y a de quoi piquer un bon roupillon pendant 2h et demi. Oliver Stone déçoit! De toute façon, à quoi pouvait-on s’attendre si ce n’est à un film décevant, une suite du Wall Street d’il y a 22 ans. On retrouve à sa sortie de prison Micheal Douglas alias Gordon Gekko qui en a pris pour 8 ans. Sa fille Winnie ne vient pas le chercher. De toute façon, tout le monde lui a tourné le dos. En taule, il a pris le temps d’écrire un livre ou il raconte le système avec cynisme, mais surtout avec réalisme. 

 

 

Winnie Jouée par Carey Mulligan est bien évidemment en froid avec papa, mais elle n’a pas réglé son complexe d’Oedipe puisque cette écolo anti capitaliste n’a rien trouver de mieux que de tomber amoureuse d’un trader promis à un bel avenir, le portrait craché de son père, en quelque sorte ! Ce gentil trader croit aux valeurs écolos. Il a du cœur, il a surtout du nez parce que les énergies propres sont effectivement la nouvelle bulle spéculative. Il est incarné par Shia Leboeuf. Attention, cet acteur n’est pas un bourrin! Au contraire, il a une bonne tronche de trader et devrait plaire à toutes les nanas. Il plait surtout à sa future femme dans le film. 

 

 

Du coup l’enjeu de ce WALL STREET2 devient double. On y parle à la fois des manœuvres dans la haute finances, du lancement des rumeurs, des rachats, des coups tordus entre banques. En toile de fond, la crise des sub-prime, le cas Maddof , la chute de Lehmann Brothers et la crise des logements, sans compter la pression des banquiers sur l’Etat américain pour les renflouer, tout en sachant que ça va recommencer. On le voit bien. Les bonus sont à la hausse, les banquier font la fête pendant que les citoyens du monde entier font la tête ! Evidemment tout y passe dans WALL STREET jusqu’à ce que Gekko revienne aux affaires pour boucler la boucle. Et parce que le monde de la haute finance est tout sauf guimauve, il fallait injecter du sentiment, miser sur une histoire de couple pour nous engluer un peu, couple qui s’aime, couple en péril à cause du retour du père à qui il ne faut surtout pas faire confiance. Et oui, Gekko ne serait pas Gekko s’il n’était pas une saloperie sur patte qui assume parfaitement ce statut! C’est humain, après tout.

 

 

D’un mot encore sur l’enrobage, comme toujours avec Oliver Stone, tape à l’œil, un machin clinquant qui devrait bien divertir le public ricain mais qui franchement a de quoi sévèrement ennuyer. Certains effets de style ne sont même plus utilisés dans les films de mariage tellement ils sont ringards ! Ceci dit, quelques détails un peu rigolo jalonnent ce film comme ce clin d’œil en passant à Tim Burton et son Alice aux pays des merveilles : il montre 2 personnages géants en ballon de baudruche en train de baiser, une petite claque à l’art moderne, autre bulle spéculative touchée par la crise. WALL STREET, L’ARGENT NE DORT JAMAIS avec Micheal Douglas, Shia Leboeuf, Susan Sarandon (sa mère dans le film), Carey Mulligan et même le vieux truand d’Eli Wallach! Un film à prendre pour ce qu’il est, une bulle sur laquelle je ne spéculerais pas !

 

 

L'amour Fou Selon

Yves St Laurent:

un doc émouvant 

 

 

 

Au commencement, il y a la fin. Le discours d’adieu d’Yves St Laurent ouvre le film. Cette séquence d’archive entièrement remontée, retravaillée en noir blanc ou Yves St Laurent explique son désir de quitter le monde de la mode est entrecoupée de flash. Il n’a plus la flamme, plus l’envie. C’est un peu le rêve d’un réalisateur qui se matérialise. Le film commence sur son acteur principal, photographier comme une star en train de faire ses adieux. Dans la scène suivante, Pierre Bergé lit un émouvant discours lors des funérailles de son compagnon de toujours. Entre deux séquences d’interview de Pierre Bergé, pas mal d’archives viennent ponctuer le film. Yves St Laurent, Bernard Buffet, Mike Jagger et Andy Wharol se succèdent. Même Loulou de La Falaise décrit les colères de Pierre et la théâtralité omniprésente dans sa relation amoureuse avec Yves. Des photos soigneusement sélectionnées éclairent un peu plus le spectateur sur ces personnages. Une musique mélancolique, qui reviendra tout au long du documentaire, résonne telle une ritournelle. Cette mélodie au piano composée par Côme Aguiar berce le spectateur paré à se plonger corps et âme dans une histoire d’amour hors du commun, un amour fou.

 

 

Et dire qu’au début du processus créatif, Pierre Thoretton voulait seulement filmer les maisons où ont vécu les deux hommes. Des images ont été tournées à Marrakech, à Paris et en Normandie, images dont certaines sont utilisées dans le film. Mais très vite, le plasticien photographe réalisateur de ce premier documentaire se rend compte qu’il n’y a pas d’enjeu cinématographique, ni même de récit interne. Il tombe alors sur une phrase de Pierre Bergé. : « j’aimerais fonder un musée sur le fronton duquel serait écrit : d’où vient l’argent, où va l’argent ? Dans ce musée, il y aurait à la fois les collections d’Yves St Laurent et les œuvres d’art que nous avons collectionnées. » C’est donc cette phrase, ce thème que Pierre Thoretton a voulu traiter. Il rencontre dès lors des marchands d’art et des antiquaires. En débutant son enquête, il s’aperçoit qu’au delà du goût de Pierre ou de Yves, le couple revient au centre de tous les entretiens. Pierre Thoretton tient son sujet : l’histoire d’amour qui unit ses deux hommes depuis 50 ans. Il propose à Pierre Bergé d’en faire un film. Le tournage s’étale sur 4 mois. Au cours des 6 entretiens que Pierre Bergé accorde au cinéaste, Pierre Thoretton découvre que le travail, le rapport à l’art, la poésie et la littérature unissait ses deux hommes. Ils s’admiraient mutuellement et cherchaient en permanence à se surprendre. 

 

 

Et voilà comment Pierre Bergé retrace 50 ans d’histoire faite de hauts et de bas. Pierre Bergé ami de Jean Giono et Jean Cocteau, amant de Bernard Buffet, croise Yves St Laurent en 1958 à l’enterrement de Christian Dior. Le coup de foudre est quasi immédiat. Yves St Laurent, jeune modéliste reprend le travail de Dior et rencontre immédiatement le succès avec sa première collection. Virer de Dior quelques années après par Marcel Boussac car il n’a pas voulu faire son service militaire en Algérie, il créer avec Pierre Bergé et le soutien d’un américain désireux d’investir en Europe, sa propre maison de Haute Couture. Tous les français lui avaient tourné le dos. Pas le public! Le succès est donc au rendez-vous. Qui dit succès, dit argent qui commence à rentrer dans les caisses, une réussite qui coïncide avec leurs premiers achats d’œuvres d’art. Au fil des années, Yves St Laurent s’impose comme une figure incontournable de la mode. Il a su comme personne saisir son époque, et la modifier. Sans lui, les femmes d’aujourd’hui seraient toujours engoncées dans des tenues improbables. Créateur de la première boutique de prêt à porter, il a su démocratiser la mode. Yves St Laurent, ce bourreau de travail capable de coucher 40000 dessins de chat pour une collection a aussi susciter le scandale avec la collection printemps été ‘40’ présenté en 1971. Le parfum ‘Opium’ n’est pas passé inaperçu non plus. A cette époque, Yves St Laurent se perd dans les paradis artificiels. L’alcool, la drogue, les fêtes jusqu’à point d’heure l’aident à fuir la pression du créateur. La déprime guette celui qui est heureux seulement deux fois par année ! Plus le temps passe et plus le créateur se recroqueville, fuit le monde qui l’entoure. Son mal être grandit. Il refuse les interviews. Il préfère se terrer en Normandie avec son amour Pierre. Imaginez dès lors la difficulté de vivre aux coté d’un homme triste, éternel dépité, qui déteste son époque et aimerait tellement vivre dans une autre. Et Pierre Bergé de lâcher cette phrase terrible qui décrit à quel point Yves St Laurent est au plus mal: « la gloire est le deuil éclatant du bonheur, une souffrance ! » Pas facile effectivement de vivre dans l’ombre d’une star ! A l’aune des années 90, Yves St Laurent, après une cure de désintoxication, se réfugie dans une autre drogue : le travail ! A cette époque, l’industrie de la mode connaît un tournant. Ce métier est désormais livré aux commerçant selon Yves St Laurent. S’en est trop pour lui. Il ne comprend plus cet univers et choisi de se retirer. 

 

 

En même temps que Pierre Bergé parle de Yves St Laurent, de son parcours, de son travail, il nous livre les clés de leur amours, un amour fou car il faut être piquer par un grain de folie pour supporter un tel compagnon. On devine parfois de la souffrance dans le regard de Pierre Bergé, un homme hyper actif, très impliqué en politique. Il a soutenu Mitterand en 81, Ségolène Royale plus récemment. Il en parle un peu, un peu aussi de son implication très forte dans la lutte contre le sida. Avec la vente de la collection d’art, il s’est payé le journal Le Monde ! Cette vente, indécente aux yeux de certains, était inévitable. A quoi bon conserver ces objets maintenant que Yves n’est plus? Parce qu’ils ont une âme ? « je ne crois pas en l’âme, je ne crois en rien » de déclarer Pierre Bergé comme pour justifier cette envie de se débarrasser de ces objets amassé au fil du temps et devenus encombrant. L’AMOUR FOU SELON YVES ST LAURENT, un film émouvant et aussi savoureux qu’une visite au musée. 

 

 

 

 

 

 

 

 

LES AMOURS IMAGINAIRES:

un dangereux

trio amoureux

 

 

LES AMOURS IMAGINAIRES, un films stylisé à l’extrême avec ralentis en rafale et chansons redondantes! Vous avez adorez le bang bang de Nancy Sinatra dans Kill Bill de Quentin Tarentino? Vous avez préféré la version française de Sheilla dans LES AMANTS CRIMINELS de François Ozon ? Découvrirez désormais avec bonheur la version italienne dans LES AMOURS AIMAGINAIRES de Xavier Dolan. Au passage, on pourrait presque trouver un lien de parenté avec François Ozon : même sensibilité, même besoin de décrypter et raconter les rapports humains. Même justesse dans l’écriture et la mise en scène. Dans LES AMOURS IMAGINAIRES, Francis et Marie sont les meilleurs amis du monde. Un soir, au cours d’une virée, un jeune homme, Nicolas entre en piste. C’est le coup de foudre instantané pour Marie. C’est le coup de foudre instantané pour Francis ! Aïe, aïe, aïe…. Les ennuis commencent pour cet insensé trio. Aveugle aux avances des deux comparses, Nicolas devient malgré lui l’enjeu d’un terrible pari. C’est à celui des deux, Marie ou Francis qui emportera le morceau, entendez, le cœur du garçon. Bien évidemment, tous les coups, surtout les plus tordus, ne seront peut-être pas permis mais en tout cas, utilisés !  

 

 

LES AMOURS IMAGINAIRES parle avant tout de l'interprétation des mots et des gestes de celui qu'on aime en secret. On guette, on épie cette proie, on savoure chacun de ses mouvements. On se prend à fantasmer pour un oui, pour un nom. Il suffit d’un sourire, d’un clin d’œil, d’une main que l’on passe dans ses cheveux pour que le cœur s’enflamme. Une phrase pourtant banale mais extraite de son contexte et c’est la machine à fantasme qui s’excite inutilement. Il suffit aussi qu’un autre chasseur, fusse-t-il un ou une ami(e), vienne empiéter sur vos plates bandes pour que vous perdiez la tête. Et oui, la jalousie a ses raisons que la raison ne connaît pas. L’amour, quand il est à sens unique, peut conduire à la souffrance, à la folie, au désespoir. On peut tout perdre par amour surtout par amour imaginaire ! 

 

 

Cinéaste montréalais né au festival de Cannes avec J’AI TUE MA MERE présenté lors de la 41ème Quinzaine des réalisateurs, Xavier Dolan y avait fait sensation en remportant trois prix. Il y est retourné cette année, sélectionné cette fois chez les grands, dans Un Certain Regard. Avec LES AMOURS IMAGINAIRES, Xavier Dolan confirme tout le bien que l’on pouvait penser de lui. Certes, on pourra lui reprocher une certaine longueur sur ce nouveau film. Il faut dire qu’il est ponctué d’interviews. Xavier Dolan aime bien saucissonner son récit. Déjà dans J’AI TUE MA MERE, régulièrement l’action s’interrompait nette pour laisser place à des images décadrées enregistrées depuis un caméscope. Il s’agissait du journal vidéo du héros. Ici, des quidams apparaissent, se confessent faces caméra. Ils s’épanchent sur l’amour, la sexualité, l’homosexualité, la jalousie, etc… Systématiquement après ces témoignages joués par des acteurs, le trio entre en scène comme pour illustrer ce qui vient d’être énoncé. Il est certain que le film aurait gagner en énergie, en rythme si Xavier Dolan avait su jouer du sécateur, en coupant certains de ces passages pas toujours intéressant. De plus, LES AMOURS IMAGINAIRES a une tendance, notamment sur la fin, à s’étirer en longueur. 

 

 

Dernier point concernant le casting. LES AMOURS IMAGINAIRES est porté par des acteurs exceptionnels dont Niels Schneider (déjà présent dans J’AI TUE MA MERE). Il est ici l’enjeu, celui pour lequel les deux autres se battent. Il possède une candeur naturelle idéale pour ce rôle. Ni complètement bobet, ni carrément lucide sur ce qui se trame dans son dos, Niels Schneider est parfait. Pareil pour la très belle Monia Chokri aperçue fugacement dans L’AGE DES TENEBRES de Denys Arcand. Calculatrice et manipulatrice, elle est une redoutable adversaire pour Xavier Dolan.

 

 

Ce partisan de l’adage, « on est jamais mieux servi que par soi même », non content de produire, écrire, réaliser, s’est, comme la dernière fois, confier un rôle principal dans son film. Le garçon est de son aveu incapable de déléguer. Il est un boulimique, un bourreau de travail. D’ailleurs. LES AMOURS IMAGINAIRES serait né d’une peur du vide, d’une frustration de ne pouvoir bosser pendant près d'un an. Juste après J’AI TUE MA MERE, son projet de deuxième film s’enlise. Alors, il écrit un scénario dans l’urgence, dans le train qui le mène au festival de Toronto. Apparemment, le lac Ontario l’aura inspiré !

 

 

 

 

 

 

Lo Mas Importante

De La Vida...

Une fable réaliste sublime

 

 

 

Quel enchantement que de découvrir un film différent, loin des standards habituels. LO MAS IMPORTANTE DE LA VIDA… est l’œuvre d’un collectif. Derrière cette production hispano-suisse, OLPAMA Diversion film, autrement dit, trois auteurs réalisateurs. Ils sont Olivier Pictet, Pablo Torrado et Marc. Ensemble, ils collaborent depuis plusieurs années à la création d’œuvres cinématographiques extrêmement stylisées et d’une originalité sans égale.

 

 

Leur cinéma se veut un mélange joyeux de fantastique, de comique, de burlesque, d’absurde, de magique et d’onirique. Tout cela au service de récits authentiques et intelligents. 

  

 

Ici, ils nous racontent une histoire de trahison et de pardon, une traîtrise qui prend ses racines durant la dictature de Franco, époque d’escroquerie politique! A cette période, mieux valait se terrer dans une cave, surtout si on n’adhérait pas spécialement à la ligne du dictateur cinglé. Mais avant de remonter à la source du mal, le film débute normalement, aujourd’hui. Un veille homme, accordeur de piano réputé et que l’on appelle Jacobo mène une vie paisible, heureuse, sans encombre avec sa femme Héléna. Jacobo a ceci dit un secret. Il n’a jamais accordé un seul piano de toute sa vie ! Alors, comment a-t-il pu obtenir cette réputation d’accordeur hors pair ? Il n’en sait rien. Tout ce dont il est certain, c’est que les pianos se réparent tout seul chaque nuit. C’est aussi simple et miraculeux que cela. Pendant qu’il dort du sommeil du juste, le piano désaccordé est au petit matin parfaitement accordé !

 

 

Evidemment qu’avec le temps, Jacobo a fini par s’y faire. Toute fois, cette vie sereine va progressivement sombrer dans la confusion la plus totale alors que Jacobo devient insomniaque. Et oui, depuis qu’il connaît des troubles du sommeil, les pianos ne se réparent plus tout seul ! Mais que se passe-t-il ? Pourquoi la magie a-t-elle disparue ? Et d’ou viennent ces bruits qu’il entend lors de ses veillées nocturnes ? Jacobo serait-il en train de devenir fou ? Pas tout à fait ! Un soir, il surprend un inconnu en robe de chambre dans son salon. Mais l’inconnu, peut-être un fantôme, disparaît instantanément. Immédiatement, Jacobo remonte dans sa chambre, réveille sa femme, qui fait la sourde oreille. Héléna le rassure, prétend qu’il est victime d’hallucination, qu’il ferait mieux de se reposer. Assez bizarrement, Héléna est très peu compréhensive et encore moins coopérative avec Jacobo. Reste à savoir pourquoi !

 

 

LO MAS IMPORTANTE DE LA VIDA… un film qui montre à quel point la vie que nous pensons si tranquille, si confortable ne l’est peut-être pas tant que ça. Il suffit d’un rien pour que les certitudes s’écroulent. Submerger par le doute, vous en venez à imaginer que même la personne que vous avez de plus chère dans la vie vous ment, depuis toujours. Comment échapper à un tel cauchemar? Est-ce seulement possible ? Derrière une existence heureuse se cache bien souvent un monde refoulé et chaotique. Derrière les apparences, il y a une vie secrète. Et lorsque ce monde refait surface, le désespoir devient votre seul et unique ami, à moins de pardonner.

 

 

LO MAS IMPORTANTE DE LA VIDA, un film visuellement sublime, une beauté qui contraste avec la mocheté du franquisme et de ces conséquences, aujourd’hui encore bien présentes dans certaines familles espagnoles. La photo est extraordinaire. Qu’il s’agisse des séquences onirique où Jacobo se voit allongé sur une barque attiré par une brebis volante. Que ce soit ces scènes en noir blanc dans ce décors impeccable. Tout est beau !

 

 

Le film a été tourné presque entièrement en intérieur, dans une seule maison. Cette architecture reflète parfaitement le désarroi interne de Jacobo, avec ces escaliers en colimaçon, ce passage secret, ces miroirs nombreux qui déforment la réalité.

 

 

Pas d’erreur, cette maison est à l’image du cerveau de ce vieux Jacobo qui disjoncte. Il est incarné par Emilio Gutierrez Caba. L’acteur est comme le film, sublime.

 

 

 

 

 

 

 

 

MIEL

C'est du caca... d'abeille!

 

 

Quoi de plus normal pour un film qui s’appelle MIEL que d’obtenir l’ours d’or au dernier festival de Berlin ? Malin le Semith Kaplanoglu ! On pourrait presque lui conseiller pour son prochain de l’appeler ‘Canard’, des fois que ça lui vaille une palme à Cannes ! Vous avez bien rit avec ces bons mots ? Tant mieux car MIEL n’a rien d’une comédie. Non ! avec MIEL, on n’est pas là pour plaisanter. Ce drame est un supplice ! Pire que cela : les distributeurs qui osent acheter ce genre de film devraient payer une amende salée pour oser infliger un spectacle si piètre au spectateur! 

 

 

Tout commence avec la meilleure scène du film. Caméra fixe. Un homme se rapproche progressivement de l’objectif. Avec son âne, il s’arrête au premier plan, sort du champ puis revient devant la caméra. Il reste stoïque au pied d’un arbre dans ce bosquet touffus. Soudain, il décide de grimper à l’arbre à l’aide d’une corde. Problème: la branche où est suspendue la corde n’est pas assez solide et craque sous son poids ! Se retrouvant à la verticale, dans un équilibre précaire, on devine sans peine que la chute sera mortelle. On devine car immédiatement après le craquement de la branche, on retrouve ce même homme en parfaite santé en train de s’occuper de son fils. Inévitablement, on débusque le poteau rose assez vite. Tout ce film se présente comme un long, un très long, trop long, voir interminable flash back. 

 

 

Dans cette région reculée de Turquie, cet homme est apiculteur. Sa femme travaille aux champs et leur fiston est à l’école enfantine. On suit la vie de cette famille avec ceci dit une particularité. Le fils ne parle pas. A la limite, il chuchotte, et seulement avec son père. Le reste du temps, à l’école notamment, il bégaye dès qu’il doit prendre la parole en public. Même avec sa mère, il ne communique pas. Bien sur que lorsque son papa disparaîtra quelques jours pour trouver un nouvel endroit où planter ses ruches, le gamin s’enfoncera dans un silence et une mélancolie encore plus profonde. Après avoir suivi le quotidien de ce môme, ses rêves de bons points, ses rêves de bateau de bois et ses astuces pour tricher en classe, viendra la fin, pour ne pas dire la chute que l’on avait deviner au début du film.

 

 

MIEL, un long métrage contemplatif et naturaliste qui plaira à celles et ceux désireux de voir des belles images de forêt (la photo est effectivement magnifique). Le film montre également des villages de montagnes où les gens vivent selon des traditions et dans des conditions dictées par la nature et vouées à disparaître. Attention, dans ces endroits rudes, on sait aussi faire la fête. il y a par exemple le 'Woodsturk', ou le woodstck local si vous préférez, une sorte de grosse fiesta où on mage, on chante et on danse sur un pan de montagne! Mais le véritable atout du film est incontestablement le gamin Yussuf. Selon le réalisateur, le jeune acteur Boar Atas possède un caractère très différent du personnage qu’il devait interpréter. Ils ont du travailler dur, lui expliquer le film scène par scène, avec patience, pour obtenir ce réalisme. Le gamin, il est vrai, est assez incroyable. En dehors de cela, on s’ennuie ferme devant ce drame familial qui paraît-il vient conclure une trilogie autour de ce personnage de Yussuf. Une chance qu’elle soit enfin terminée !

 

 

 

 

SIMON WERNER A DISPARU

un vrai puzzle cinématographique  

 

 

 

Assez vite, on repense à Doug Liman, à ce film sorti en 1999, GO, un teanage movie sanglant à la veille ne Noêl. En fait, la même histoire racontée 3 fois et avec des angles différents selon que l’on changeait de point de vue, de personnage pour suivre l’histoire d’ado qui allaient devoir se dépêtrer avec des dealers, des flics et un mort. Et tout s’éclairait à la fin. J’aurais pu repenser à d’autres films mais au delà de la construction, le fait que cela concerne des ados m’a fait tilter.  

 

 

Pour tout dire, SIMON WERNER A DISPARU raconte la disparition de Simon Werner, un adolescent dans un collège sans histoire. Depuis 10 jours, on n’a plus de ses nouvelles. Fugue, meurtre, enlèvement ? On ne sait pas. Le premier acte nous est compté depuis le point de vu de Jérémy. Il est tranquille, joue au foot, se casse un tibias, en pince pour Alice, la copine de Werner. Il fête ses 18 ans en invitant tout le monde à une grande soirée dans la maison familiale. Alice se pointe en retard. A ce moment, la meilleure copine d’Alice s’éclipse avec un copain de Jérémy. Ils vont faire un tour, dans la forêt qui juxtapose la maison et là, ils tombent nez à nez sur une main, celle de Werner ? C’est possible, mais pas sur. Pour tenter de le savoir,  il faut changer de point de vue.  

 

 

Cette fois, on suit Alice, la copine de Werner. Elle s’est fait plaquée peu avant sa disparition. Alice a remarqué aussi que Yves, l’entraineur de foot cachait quelque chose. Etrange ce Yves. Alice n’est pas très claire non plus, puisqu’elle a roulé une pelle à Jérémy. C’est louche. Plus bizarre encore, la disparition de punki, la punkette dans la même classe que Werner. Rabier sait peut-être quelque chose que personne ne sait. Alors il est temps de raconter l’histoire du point de vue de Rabier, c’est le fils du prof de biologie interprété par Serge Riaboukine. La rumeur dit que ce professeur aime bien que ces élèves masculin le gâte entre deux cours. On l’aurait surpris avec Werner avant sa disparition. Vivement le dernier angle pour avoir la solution de l’énigme SIMON WERNER !

 

 

Certes, si dans la construction, il n’y a rien de neuf, on ne peut tout de même pas balayer d’un trait ce dispositif narratif, très mathématique. Tout est calculé pour que le spectateur cogite. C’est un bonheur pour l’esprit car dès que l’on se pose une question, la réponse ne tarde en général pas à arriver, mais elle reste difficile à anticiper. Mais le plus plaisant, c’est qu’au fond, ces élèves qui disparaissent mystérieusement, on finit par s’en tamponner le coquillard. Parce que la vraie force du film, c’est de montrer avec une précision d’orfèvre ce qu’est la vie à l’école, ou en dehors, une jungle où on ne se fait pas trop de cadeaux entre ados, un espace avec ses codes, ses rites. Les relations sont souvent compliquées, confuses, faites de malentendus. Tout ça est particulièrement pertinent. Et si j’ajoute que la bande son a été conçue par Sonic Youth, que l’on y entend au moins 3 fois de suite le tube de KILLING JOKE, que Fabrice Gobert réhabilite Bertrand Canta au cinéma en balaçant du Noire Désir sur sa bande son, je dis définitivement que ce film SIMON WERNER A DISPARU est tout sauf un mauvais film, un premier long métrage qui mérite un coup de chapeau.

 

 

 

 

 

 

 

 

HORS LA LOI:

Une leçon d'Histoire

trop approximative! 

 

 

Voilà un film à problèmes, un  film qui comme l’histoire qu’il raconte, va diviser l’opinion publique en France, selon que l’on se trouve du coté des fachos et des harkis ou non. Sans surprise, le député UMP Laurent Lucas, au moment de la présentation cannoise de l’œuvre de Rachid Bouchareb a choisi son camp avant d’avoir vu le film! Il n’a pas changé d’avis après la vision, criant au scandale, à l’infamie, utilisant même le mot qui fâche : révisionnisme. En voilà un qui a eut le verbe lourd ! Il faudrait voir à ne pas exagérer même si on peut reprocher au cinéaste quelques petits arrangements bien pratiques avec ces heures peu glorieuses de l’Histoire de France. Lucas n’a pas apprécié la mise en scène du massacre de Sétif, le point de départ de la révolte algérienne. Pourtant cette reconstitution est en tout point impeccable. Des algériens manifestent. L’armée française tire dans le tas. Quelques harkis en font de même depuis leur balcon. On assiste à un véritable jeu de massacre ! Avec une entame comme celle-ci, Rachid Bouchareb choppe son spectateur par le colbach. Il le met Ko d’entrée. Malheureusement, par la suite, ce même spectateur restera étourdit, groggy jusqu’à la fin !

 

 

N'empêche que Rachid Bouchareb en a!Il a osé! Il a réalisé un film, certes bancal, mais un film tout de mêmesur la fin du colonialisme en Algérie. Le sujet dans l'hexagone est aujourd'hui encore très sensible, pire que celà, tabou. Dommage que Rachid Bouchareb se soit laissé aveugler, emporter par le romanesque. Ici, il raconte le trajet de 3 frères qui ont fuit l’Algérie pour s’expatrier en France : un intello indépendantiste convaincu, un bandits qui s’en tamponne et n’est en France que pour faire du fric, et un grand frère vétéran d’Indochine partagé entre les 2 mais qui choisira le camp de l’indépendance. Rachid Bouchareb règle son compte au MNA en une scène, un assassinat et fait croire que seul le FLN, la branche armée des indépendantistes, avait du poids sur la société algérienne. C’est oublier un peu vite qu’il y avait surtout des pacifistes dans le rang des indépendantistes. Malheureusement, Rachid Bouchareb ne les montre pas ! Et que penser de ces nantis algériens, ceux à qui cette colonisation profitait, ceux qui ont combattu aux coté de l’armée française et qu’on appelle les harkis, les grands absents de ce film! Pourquoi cet oubli ? Pourquoi ce raccourci historique ? En guise de réponse, Rachid Bouchareb réplique que « le spectateur veut aller au cinéma, pas lire un livre d’histoire. Il faut lui raconter une histoire. En sortant de la salle, à lui, s’il en a le désir, d’aller consulter les ouvrages d’histoire ».

 

 

Permettez Monsieur Bouchareb que le spectateur s’indigne et vous réponde à son tour qu’à partir du moment ou on lui dit que le film est inspiré de faits réels, il attend que l’on se rapproche au plus près de la vérité et que toute liberté avec l’Histoire, tout oubli volontaire est une manipulation malhonnête! Pourquoi omettre de montrer que la question de l’indépendance de l’Algérie a largement divisé l’opinion publique française?  Elle était pourtant au cœur du débat. Dans la France De Gaule, il y avait tout de même un parti communiste fort qui représentait un quart de la société française qui a aidé, par ses prises de position, à faire prendre conscience aux français eux-même, que le colonialisme devait s’arrêter. Les communistes ont condamné les attentats sur sol français commis par le FLN et prôner une autre manière, pacifiste, pour que l’Algérie obtienne son indépendance. Rachid Bouchareb élude là encore ce fait, et y va  d’une toute petite scène pour montrer qu’un imprimeur communiste avait fait 3 faux passeport et puis c’est tout ! Une blague ! Pour sa défense, Rachid Bouchareb clame haut et fort qu’il a voulu raconter cette histoire en adoptant le point de vu algérien. Très bien. Mais à partir du moment ou il se penche sur des membres actif du FLN installés en France, il ne peut pas ne pas s’intéresser aux français eux-même. C’est impensable ! Quand bien même, admettons son idée maîtresse. Ce n’est pas parce qu’il choisi de raconter son histoire du point de vu algérien qu’il ne peut pas imaginer qu’un des frères soit un anti-indépendantiste. Si ça avait été le cas, le scénario aurait débouché sur un film plus subtil, plus proche de la vérité. Résultat, lors d’une scène ou le FLN explose 2 camions bourrés de harkis, la plupart des spectateurs a bien de la peine à comprendre pourquoi cette pluie de balle sur ces gens. Qui sont-ils pour mériter un tel sort? Puisque rien n’a été expliqué en préambule et surtout pas que cette indépendance n’était pas voulu par tous les Algériens, l’interrogation demeure. Si au moins, dans ce camion, il y avait eut l’un des 3 frères… Mais non ! Roschdy Zem et Sami Bouajila vident mécaniquement leurs chargeurs de mitraillette tels 2 marionnettes au service d’un cinéaste bourrin !

 

 

Le reste du film est complètement anecdotique. On a beau dire ça et là que le plus intéressant reste la relation entre ses frères, l’aveuglement de l’un, le ‘j’m’en foutisme’ de l’autre et les regrets du troisième qui se rend compte que même si la cause est juste, avoir du sang sur les mains n’est pas bien !  Tout ça, c’est bull shit et compagnie. On n’est plus dans l’histoire, mais dans le roman de gare. On doit supporter quelques scènes bien lamentable. Exemple quand le bidonville ou vivent ces réfugiés algériens en banlieue parisienne explose sur ordre de l’Etat français qui a créé le SAC une armée secrète. Tout part en fumé sauf la cabane de la maman des trois frères, sauf celle de la femme et du fils de Roschdy Zem!

 

 

Plus loin, Super Debbouze au volant de sa DS vole au secours de ces 2 frères pris entre 2 feux. L’un des 2 est grièvement blessé, mais qu’importe, jamel et sa DS passent à travers les balles, embarque le frangin et sèment les flics. Je vous épargne la fin, dans le métro parisien. C’est dégoulinant ! HORS LA LOI, un film approximatif, un peu trop expéditif sur le fond. C’est ballot car la première partie est excellente.

 

 

 

 

 

MANGE PRIE AIME

et fais caca aussi,

des fois ça soulage... 

 

 

… Parce qu’il est vrai qu’elle se sent mal, Elizabeth Gilbert , dans cette comédie gastronomico-mysthico-romantique ! Et si cette globe-trotteuse aux 49 coups de tampons sur son passeport s’était trompée de vie? Et si son mari n’était pas le bon ? Et si elle était sur le point de perdre tous ses biens matériels ? Et si un guérisseur bonimenteur indonésien lui ouvrait les portes de la perception et l’aidait à retrouver son équilibre ? Et si à force de repenser à tout ça, Elizabeth Gilbert finissait par divorcer,  plaquer ses amis pour enfin se retrouver seul et faire le point sur sa vie ? Voilà ce que raconte MANGE PRIE AIME, un film en 4 parties distinctes. Gaffe, si le scripte est aussi nunuche qu’une aventure de Oui-Oui, MANGE PRIE AIME n’en demeure pas moins un film sympathique. Quel horreur ! Il n’y a rien de pire que les films sympas pour vous refiler une bonne grosse nausée ! 

 

 

Sous des allures de guide du routard en vadrouille entre New-York, Naple, Pataudi et Bali, MANGE PRIE AIME aligne les clichées et les cartes postales. On voit du pays et des gens cools pendant 2 heures. On découvre donc l’art de manger et de glander en Italie. Ici, Elizabeth Gilbert  se refait un début de santé grâce à ses nouveaux amis. Et quoi de mieux qu’un bon repas de Thanksgiving sans dinde pour leur dire à quel point on les apprécie et que c’est chouette la vie en leur compagnie. Attention, ça n’empêche pas de leur tourner le dos pour aller méditer dans un temple indien et faire copain copain avec un ancien alcoolique. Rien de tel  ensuite qu’une paisible retraite à Bali dans un bled reculé pour finir son introspection. Et devinez quoi, c’est pile au moment ou on s’y attend le plus que l’Amour se pointe. Pas facile pourtant de s’engager quand on a brisé des cœurs et que le sien est lui-même encore en miettes. Pas facile d’accorder à nouveau sa confiance à un homme. Pas facile ceci dit de résister au charme envoûtant de Javier Bardcem, qui lui aussi, a bien souffert avec les femmes !

 

 

MANGE PRIE AIME, un film ou la morale est sauve, ou en plus, on vous refile la combine du bonheur. Il faut sourire à la vie pour que la vie vous sourit à son tour. Mais attention, il faut sourire avec ses lèvres, avec son cœur, avec son foie… euh pardon , avec sa foi ! Tout est là. Pas de foi, pas de chocolat comme dirait l’autre! Et sans chocolat, le moral est en berne. Et sans le moral, on n’a pas envie de chercher et encore moins de débusquer le grand amour ! Et sans amour, pas d’équilibre possible. Pour le trouver, il faut donc se vider la tête une bonne fois pour toute et laisser Dieu envahir sa cervelle, s’immiscer  dans cette boîte crânienne désespérément vide. C’est à cette condition que l’on peut repartir gonflé à bloc, paré à croquer la vie à pleines dents.

 

 

Rien d’exaltant dans MANGE PRIE AIME de Ryan Murphy, une réelle déception de la part du créateur de la série Nip/Tuck à qui l’on ne peut que reprocher de s’être assis sur le politiquement très incorrect. Il avait pourtant une belle matière ! Mais non ! Notez qu’on aurait du se méfier après sa première réalisation, le drame COURIR AVEC DES CISEAUX, inédit en Suisse!  Il nous en assène donc un deuxième basé sur le roman de Elizabeth Gilbert. Cette femme a réellement existé et écrit Eat, Pray, Love: One Woman’s Search for Everything Across Italy, India and Indonesia. Oui, et bien il n’y a pas que la woman qui cherche, le spectateur aussi cherche encore la raison qui a bien pu le pousser à franchir la porte d’un cinéma projetant cette chose! On peut aussi se demander ce que Brad Pitt a merdé sur ce coup là! C’est lui le producteur, une casquette qu’il avait déjà pourtant porté avec brio sur des films brillants comme CONFESSION D’UN HOMME DANGEREUX, KICK-ASS ou LES INFILTRES.

 

 

Même Julia Roberts et son angélique minois ne suffisent pas à sauver cette nunucherie du naufrage. Idem pour le pourtant habituellement excellent Richard Jenkins. Le récit de son drame d’ancien alcoolique qui a failli, seulement failli, écraser son gamin de 8 ans alors qu’il rentrait chez lui au volant de sa voiture complètement bourré n’arrachera même pas un tsunami de larmes aux ultra émotif, tellement son discours et son interprétation sonnent faux ! MANGE PRIE et personnellement, AIME pas du tout ce film moi !

 

 

 

 

 

NOTRE JOUR VIENDRA:

La vengeance des Roux

 

 

 

Oh roux ! Oh désespoir ! Oh chevelure ennemie ! Voilà le peu de poésie qui vient immédiatement à l’esprit après la vision de ce premier long métrage de Romain Gavras, fils de Costa et par la même, co-fondateur avec Kim Chapiron du collectif Kourtrajmé. NOTRE JOUR VIENDRA, un film ni totalement réussi, ni complètement loupé. Attention ceci dit, devant ce drame capillaire, il n’est pas question de couper les cheveux en quatre! Si Romain Gavras et son co-scénariste Karim Boucherka, ainsi que son producteur Vincent Cassel, également acteur principal, peuvent se targuer d’avoir accouché d’un film particulièrement déroutant, il n’empêche que le discours tourne vite à vide. 

 

 

NOTRE JOUR VIENDRA relate en fait une fuite en avant, celle de deux rouquins bien décidés à se venger du reste du monde. Voilà qui rappelle de loin, très loin LES VALSEUSES de Blier. Au delà du film dit ‘de fuite’, il y a du Dewaere dans Cassel.

 

 

La comparaison s’arrêtera là, l’idée de Romain Gavras étant de réaliser un film moderne pour croquer le brouillard mental de notre époque, pour aussi parler d’identité sexuelle. Suis-je homo ou hétéro?  Cette question traverse tout le film. Plus largement, l’identité tout court est au cœur de ce long métrage. Certes, les deux personnages sont roux, mais ils auraient très bien pu être unijambistes, manchots, barbus, peu importe la métaphore tant qu’elle amène le spectateur à la réflexion. En stigmatisant une communauté, il y a forcément des conséquences sur les membres de celle-ci, conséquences qui engendre inévitablement de la haine, de la rancœur, de la rage, mais surtout une envie aveugle d’exprimer tous ces sentiments coûte que coûte. La stigmatisation amène la violence, la démence. Voilà ce qui guette les 2 roux du film ! Pourquoi encore des roux me direz-vous? C’est vrai que ce n’est pas la première fois qu’ils sont dans le viseur de Romain Gavras, se souvenir de ce clip de M.I.A ou le réalisateur prenait un malin plaisir à exploser des roux dans un champ de mine. Romain Gavras a toujours évité d’expliquer pourquoi. Le voilà en tout cas qui récidive avec Patrick et Rémy, 2 hommes qui n’ont ni peuple, ni pays, ni armée. Ils sont juste roux ! Ces 2 êtres étaient faits pour se rencontrer

 

 

Avant cela, NOTRE JOUR VIENDRA commence par une succession de plans fixes. On se croirait dans un film noir des années 60. Sauf que la couleur dominante est le rouge, le rouge des briques des maisons qui apparaissent à l’écran. On est dans le nord de la France, un décorum impeccable pour dessiner les contours d’une tragédie. Il est indéniable que les paysages, ces plages immensément vides, ces sites industriels, ces quartiers désertés apportent une dimension dramatique intéressante. En quelques plans, Romain Gavras situe le premier des protagonistes et son environnement. Tout est dit, sans un mot. Brillante entrée en matière qui laisse augurer d’un film peu commun. Très vite, on comprend que le jeune Rémy est pareil à une cocotte minute bouillonnante sur le point d’exploser. Il ne supporte plus les sarcasmes, les moqueries, les humiliations dont il est victime au quotidien depuis toujours, simplement parce qu’il est roux. Alors, après une soirée mouvementé, il déserte le foyer familial. Pour son malheur, Patrick, le psychothérapeute dépressif roux aux tempes grisonnantes le prend en stoppe. Débute alors une cavale infernale. Direction la Terre Promise des rouquins : l’Ireland. Inutile de préciser qu’au cours de cette improbable épopée, les rencontres se succèderont mais au bout de cette marche en avant forcée, seule l’impasse les attendra!

 

 

Très drôle dans la première partie, on peut reprocher à Romain Gavras d’avoir abandonné en cours de route le cynisme qui habitait le personnage de Patrick, privilégiant la parano de Rémy. Au passage, Vincent Cassel incarne ce Patrick mi-dandy, mi-looser, mi-flamboyant, mi-désespéré, un peu dégarni, pas du tout sexy et surtout provocateur nihiliste sans égal. Il a le verbe très affûté, de quoi stimuler un rire jaune et mal saint chez un spectateur qui, au bout d’un moment ne sait plus si il faut continuer à se marrer devant les facéties de ce personnage difficile à cerner.

 

 

Ce rôle casse-gueule pour un acteur de sa stature lui aurait beaucoup plu, dit-on. Et pour cause, il ai de ces scènes remarquables ou il s’en prend aux arabes comme aux juifs, titille les jeunes filles comme les vieilles, se moque des rappeurs, s’incruste dans un jacuzzi, urine dedans alors qu’un couple apeuré dont la femme est handicapé moteur se prélasse, puis se baigne avec eux avant de se masturber devant eux…. Que voilà un acte de pure méchanceté gratuite de la part d’un personnage arrivé en bout de course, atteignant le fond du fond du désespoir.

 

 

NOTRE JOUR VIENDRA, le vôtre aussi, celui ou vous vous déciderez à aller voir au cinéma ce film à tout petit budget de Romain Gavras, un film de sensations, d’ambiances et d’émotions, un parcours initiatique désespéré mais pas désespérant avec Vincent Cassel, Olivier Barthélémy et une foule d’acteurs non professionnels excellents.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

THE TOWN:

Un braquage amoureux!

 

 

Qu'il est loin le temps ou Ben Affleck faisait le con dans LES GLANDEURS ou revenait sur terre en ange déchu dans l'hilarante comédie DOGMA. C'est vrai que depuis, l'acteur a gouté aux joies de l'écriture avec son pote Matt Damon puisqu'ils ont signé le scénario de WILL HUNTING. Il a prouvé également que Bruce Willis pouvait compter sur lui pour sauver le monde dans ARMAGEDDON. Celui qui joua le justicier aveugle DAREDEVIL a finalement empoigné la manivelle d'une caméra 35mm pour plonger son frère Casey dans un polar bien poisseux en 2008 avec GONE BABY GONE, l'adaptation bigrement réussi du roman éponyme de Dennis Lehanne. L'action se déroulait dans un Boston sombre, peuplé de dealers, de criminels et de pédophiles. Patrick Kenzie, le détective privé, allait devoir dénouer un sacré sac d'embrouille pour retrouver la trace d'une petite fille disparue. Avec ce premier long métrage, Ben Affleck a démontré qu'il possédait bien des qualités, des talents de réalisateur jusqu'alors cachés. En toute logique, il ne pouvait que rempiler en réalisant un second film.

 

 

THE TOWN se déroule toujours à Boston, la ville de son enfance. Cette fois, plutôt que de refiler le rôle principal à son frangin, Ben Affleck a préféré s'écrire une partition sur mesure, puisque non content de réaliser THE TOWN, il y tient le rôle principal, celui de Doug, un braqueur amoureux de son otage. THE TOWN est la encore adapté d'un roman, Prince Of The Thieves de Chuck Hogan. On est à Charlestown, un quartier de Boston qui détient le record du monde de braquages de banques et d'attaques de fourgons blindés au kilomètre carré! Pas un jour ne se déroule sans qu'un hold-up ne soit commis dans ce coin de la ville! A Charlestown, Doug et son gang irlandais sont donc braqueurs professionnels. Le film débute justement sur l'attaque d'une banque. Tournée de manière particulièrement réaliste, la scène vous prend aux tripes. Ces hommes arborant des masques de tête de mort ne sont pas là pour plaisanter, tout juste dérober le contenu du coffre. Pour garantir leur fuite, les braqueurs prennent la directrice de l'établissement, Claire, en otage. Comme la police est arrivée après la bataille, les bandits l'abandonnent au bord de la route. Toutefois, la jeune femme habite dans leur quartier! Pendant que la panique s'empare des gredins, les flics eux sont assaillis par le doute. D'un coté, les braqueurs tremblent à l'idée qu'elle se souvienne de l'un d'eux et se mette à table. De l'autre, le FBI s'imagine qu'elle est complice de ce braquage! Doug, le chef du gang, se charge alors de lui filer le train. Le problème, c'est que Doug est lui même suivi de près par la police. De plus, il va gentiment tomber amoureux de Claire. La réciproque est également vrai. Cette attirance mutuelle entrainera les deux amants sur un chemin bardé de dangers et d'embuches, une route que tous deux n'auraient sans doute jamais songer emprunter....

 

 

THE TOWN, un thriller amoureux, un film à deux niveaux de lecture. D'un coté, Ben Affleck se fait plaisir en mettant en scène les braquages et leur préparation. Il prend son pieds avec les scènes de fusillades et les cascades en voiture. Il le prend aussi lorsqu'il s'agit de séduire la belle Rebecca Hall alias la directrice de banque Claire. Le film alterne donc entre scènes musclées et scènes plus douces. Le scénario, à la fois prévisible et rusé, montre surtout que ceux qui sont enfermés derrières des barreaux, dans une cellule, ne sont pas forcément les plus malheureux. On peut très bien vivre à l'air libre et être prisonnier de sa vie, de celle de son père, de l'héritage qu'il vous a laissé. Des fois, on voudrait pouvoir tourner le dos à une carrière de bandit pour se ranger et roucouler avec la femme de sa vie. Le poids du passé peut vous interdire ce choix. THE TOWN, un très bon film d'action malheureusement plombé par un montage trop académique. En effet, on peut regretter son coté linéaire. En plus, il aurait fallu raconter cette histoire uniquement du point de vue de la directrice de banque Claire. THE TOWN aurait ainsi incontestablement gagné en suspens, en intensité. Il serait aussi devenu impossible pour le spectateur d'anticiper à quel point cette femme allait devenir le dindon de la farce. Dommage!

 

 

 

 

 

 

MIRAL:

le Proche Orient

pour les nuls! 

 

 

Qui se souvient quand et pourquoi israéliens et palestiniens ont commencé à se mettre sur la tronche? Soyons franc, si l'on faisait une enquête de rue, pas grand monde serait capable de répondre: mai 1948! C'est précisément à ce moment que des combats éclatent entre l'Etat d'Israël qui vient d'être créé et les pays arabes voisins hostiles au plan de partition de la Palestine sous mandat britannique. Des millions de palestiniens deviennent des réfugiés. C'est donc à cette époque que Hind Husseini recueille 55 orphelins rescapés du massacre d'un village ou 1250 palestiniens ont été sauvagement tués. La jeune femme, qui dispose d'une maison familiale imposante et d'un peu d'argent, ouvre alors l'école-orphelinat Dar Al.Tifel qui deviendra plus tard une institution de jeunes filles. 30 ans après, celle que l'on appelle désormais Mama Hind accueille Miral, une gamine de 5 ans qui débarque suite à la mort tragique de sa mère. Miral grandit dans ce cocon, à l'abri des atrocités, dans cet espace protégé au cœur de Jérusalem-Est. A l'adolescence, lorsque éclate la première Intifida ou révolte palestinienne, Miral est envoyée dans un camp de réfugiés comme enseignante. Confrontée brutalement à la réalité, Miral ouvre les yeux et comprend la colère et le sentiment de révolte qui animent son peuple. Mais en s'éprenant de Hani, un activiste politique, Miral va devoir résoudre un dilemme terriblement déchirant: s'engager dans la voix de la violence avec Hani ou continuer de croire, comme Mama Hind, que seule l'éducation des enfants peut permettre de déboucher sur une paix durable.

 

 

MIRAL un film dans lequel il est assez difficile de rentrer. Et pour cause, dès le début on est submerger par un sentiment de rejet: pas envie de voir le conflit israélo-palestinien au cinéma!On le subit suffisamment comme ça au journal télé! Et puis, sans crier gare, sans doute de part la magie du montage, on se prend au jeu. En effet, Julian Schnabel nous impose 4 portraits de femme à la suite. On suit tout d'abord Mama Hind, celle qui est convaincue que la Palestine a besoin que ses enfants soient éduqués pour qu'un jour la paix existe. Nadia entre ensuite en scène. Violée par son père, elle fuit de toit familial et devient une pute alcoolique. Elle est emprisonnée pour avoir claqué une israélienne dans un bus. Fatima, elle, est jugée comme terroriste. Elle a pris perpétuité car elle a voulu faire péter une bombe dans un cinéma, mais le pétard mouillé n'a pas explosé. Enfin, le récit se pause plus longuement sur Miral, la fille de Nadia, Miral la préférée de Mama Hind. Par leurs biais, on nous résume donc un demi siècle d'Histoire. En privilégiant la dimension humaine, Julian Schnabel réussi le tour de force d'intéresser un spectateur à un sujet dont il s'est détourné depuis longtemps, à force de rien comprendre, à force de constater amèrement que les 2 camps ne veulent finalement pas, ou ne peuvent finalement pas, vivre en paix.  

 

 

Inspiré du roman éponyme de Rula Jebreal, qui d'autre que le peintre sculpteur Julian Schnabel, réalisateur de LE SCAPHANDRE ET LE PAPAILLON pouvait porter MIRAL à l'écran et dessiner ainsi les contours d'une fresque historique qui tire à boulet rouge sur Israël? Car oui, ce film est clairement pro-palestinien. Normal me direz-vous puisque l'histoire est racontée du point de vue d'une palestinienne. En décrivant sa vie, Miral parle forcément d'humiliations, d'arrestations arbitraires, d'expropriations, de soumission, de la montée de la rage, de la haine, de la violence, de ce désir de faire subir à l'autre ce qu'il vous fait subir. Elle dit clairement que la colonisation est un frein à la paix. Les israéliens veulent la Palestine mais sans les palestiniens. Et le film de montrer à quel point cette maxime est vraie, alternant les cènes de fictions et les insertions d'images d'archives. Ceci dit, tous les israéliens ne sont pas à mettre dans le même sac. L'espoir demeure avec notamment le jeune cousin arabe de Miral qui vit à Haïfa avec une jeune fille juive. Ils s'aiment, et sont bien décidés à continuer à s'aimer, à vivre dans le respect mutuel et ce malgré que leurs familles respectives n'admettent pas leur union. Autre espoir lorsque certains activistes palestiniens abandonnent la lutte armée au profit de la diplomatie. La violence engendre la violence. Il faut poser les armes et entamer le dialogue. C'est à cette condition et seulement à celle-ci que la paix pourra s'établir durablement. Notez que le film s'arrête en 1994, à la mort de Mama Hind, 1 an après la signature des accords d'Oslo entre l'OLP et Israël, accords prévoyant un plan de 5 ans pour une autonomie partielle de la Palestine. On est en 2010 et 17 ans après, aucun des termes de ce traité n'a été respecté par Israël!

 

 

MIRAL, un film qui met donc le doigt ou il faut en redonnant un peu de dignité à un peuple palestinien qui en a bien besoin. Il est porté par un casting excellent. Il faut effectivement souligner la présence de Hiam Abbas. L'actrice palestinienne vue dans THE VISITOR ou plus récemment AMRIKKA ou encore LES CITRONNIERS est une fois de plus émouvante et juste. Idem pour Freida Pinto, l'indienne échappée de SLUMDOG MILLIONNAIRE campe parfaitement le jeune Miral. Sa beauté est un réel atout pour ce film qui en dehors de son propos très juste possède tout de même bien des défauts, à commencer par cette impression de longueur excessive. MIRAL ne dure que 1h52 et pourtant on dirait qu'il en fait le double. Ensuite, Julian Schnabel l'artiste ose les flous en rafale, un maniérisme, une recherche esthétique foireuse qui fini par faire mal aux yeux. Et cette caméra sans cesse virevoltante ne devrait pas arranger votre mal de tronche! La caméra à l'épaule: oui, mais attention au dosage! A trop vouloir mettre du mouvement pour que le spectateur s'immerge dans cette histoire, se sente proche de l'action et des personnages, Julian Schnabel fini par nous donner l'envie de fuir, le besoin furieux d'échapper à la nausée. On comprend bien qu'avec ce procédé, il veut imprimer un sentiment d'urgence, urgence à trouver un solution pacifiste au conflit, mais la technique dessert plus qu'elle ne sert le propos. MIRAL, un film bourré de défauts sur la forme mais un film bourré d'espoir sur le fond. Reste une question: à quand la paix?

 

 

 

 

COSA VOGLIO DI PIÙ

(ce que je veux de plus):

d'avantage de folie... 

 

 

Anna mène une vie comblée: elle a un bon boulot, elle aime sa famille, ses amis et surtout Alessio, son partenaire. Tout va bien dans le meilleur des mondes. En plus, d’accompagner sa sœur à l’hôpital pour qu’elle accouche lui a donné à elle et son gros nounours d’Alessio, l’envie d’avoir envie de devenir parent. Le soucis pour Anna, c’est que sans crier gare, Domenico fait irruption dans sa vie. Ce coup de foudre sur l’étalon du Sud lui fait chavirer le cœur. Cette passion nouvelle tant pour Anna que pour Domenico va les dévorer, les dévaster parce que finalement, l’amour est synonyme de souffrance. Voilà ce que raconte le film de Silvio Soldini, le tessinois installé en Italie.

 

 

 

 

Dans son histoire d’adultère, il n’y a pas de place pour le rêve. On est en prise direct avec la réalité. C’est le point fort de ce film bancal, bancal parce que COSA VOGLIO DI PIU alterne entre moments jubilatoires et moment juste pénibles  

 

Et puis surtout, COSA VOGLIO DI PIU n’est finalement rien d’autre qu’un court métrage de 2h ! C’est long pour un court métrage. Déjà, un film ou le cinéaste prend 30 minute rien que pour présenter un personnage et son environnement, ça débute plutôt mal ! 30 minutes avant que l’on entre dans le sujet, l’adultère… Autre défaut de ce film, le coté mathématique, or l’amour, c’est tout sauf rationnel. Le film manque de folie. Il n’est pas assez débridé. Il y a la présentation de l’héroïne (30 minutes), le coup de foudre (5 minutes), la présentation du héros et de son environnement (10 minutes), le début hésitant de leur histoire (15 minutes délicieuse), leur relation passionnée et les mensonges (40 minutes), le choix de poursuivre ou pas dans cette voix (20 minutes). Voilà le schéma, en plus extrêmement balisé, autant dire qu’avant même la moitié du film, on sait déjà comment cette histoire va se finir !

 

 

Reste la démonstration du cinéaste qui s’emploi à prouver que l’amour est une souffrance. Et là, il est plutôt brillant le Silvio Soldini. Se lancer dans une relation secrète, l’assumer, la dissimuler à sa moitié n’est pas chose évidente. A ce niveau, la gêne, la culpabilité que cela provoque chez les coupables est particulièrement bien mise en scène. Au début, ils hésitent, refusent presque de s’abandonner l’un à l’autre mais très vite, il leur devient impossible de résister à leur pulsion. Quelque chose d’animal se passe qui les dépasse, une attirance mutuelle, sexuelle autant que sensuelle. La simple histoire de fesse devient gentiment un  drame car les sentiments s’en mêlent et quand les sentiments s’invitent dans ce genre d’histoire, la tempête ne tarde généralement pas à éclater. Mais le plus intéressant avec ce film reste l’environnement social ou se situe cette histoire banale, un milieu ouvrier. Alors que d’habitude, au cinéma, il est facile de prendre un amant, de se séparer, là tout est compliqué. Domenico est marié. Il a 2 enfants et pas les moyens d’assumer une pension alimentaire. Et oui, chez les pauvres, on n’a pas les moyens de faire cocu sa femme ! Pour cette raison très terre à terre, Domenico ne peut vivre pleinement cette histoire d’amour avec Anna. Reste à savoir si malgré tout Domenico va sacrifier sa vie, sa femme, ses enfants, tout quitter pour repartir de zéro avec Anna, visiblement son âme sœur ? Mystère...

 

Pour elle, par contre, la décision semble plus facile. Elle bosse, n’a pas d’enfant et s’ennui avec son gros pataud. Consciente qu’elle fera du mal à son compagnon, son égoïsme ne l’empêchera pas de lui tourner le dos. 

 

COSA VOGLIO DI PIU, traduit par : CE QUE JE VEUX DE PLUS… peut-être de légèreté. Silvio Soldini avait les moyens de faire passer le même message en lorgnant sur la comédie et il prouve qu’il en est capable sur 15 minutes de films, une respiration salutaire. COSA VOGLIO DI PIU un film ceci dit, sauvé du naufrage grâce à un duo d’acteur, Alba Rohrwacher et Pierfrancesco Favino absolument excellents et des seconds rôles également épatants.

 

 

 

 

 

 

 

ONCLE BOONMEE:

Dis tonton,

pourquoi tu mousses? 

 

 

 

C'est bien vrai. Que de mousse pour pas grand chose, que cette palme d'or accordée à ce film au dernier festival de Cannes, film qui ne déplacera pas les foules. C'est le propre du cinéma Thaïlandais peut paraître, étrange, bizarre, curieux, intriguant, sensationnel ou carrément chiant, il dépend. ONCLE BOONMEE CELUI QUI SE SOUVIENT DE SES VIES ANTERIEURES  de Apichatpong Weerasethakul n’échappe pas à cette règle. Quand on voit ce film, on est inévitablement submergé par un mélange de sensations. On est surtout désarçonné car on ne possède pas les codes, les clés pour permettre la compréhension dans les moindres détails de tout ce que raconte ce film. Et il en dit des chose cet ONCLE BOONMEE CELUI QUI SE SOUVIENT DE SES VIES ANTERIEURES. Il se présente comme un rêve enchanté ou on prend le temps. D’ailleurs, il y a tellement de contemplation qu’au bout d’un moment, les images s’arrêtent de bouger et le cinéaste nous impose un diaporama! 

 

 

Logiquement, le film débute sur un plan fixe sans dialogue d’au moins 5 minutes. Une vache est encordée à un arbre. On est à la tombée de la nuit. Non loin de là, 4 autochtones se réchauffent autour d’un feu de camp. La vache, qui visiblement ne supporte pas d’être attachée, fini par se libérer et s’enfuit dans la forêt. Elle n’ira pas bien loin. Immédiatement après cette scène, on découvre Boone et sa belle sœur, une scène qui permet de situer à qui on a affaire, en réalité un type veuf malade et une femme qui voudrait bien retourner à la ville. Il y a avec eux un ouvrier laotien. D’un seul coup , au cours du dîner, apparaît le fantôme de la femme de Boonmee. Elle s’installe à table avec eux et tapera l’incruste un bon moment. Bientôt, elle est rejointe par un homme poilu aux yeux rouges! En fait, il a des cheveux sur tout le corps et 2 ampoules rouges à la place des yeux. C’est le fils de Boonmee qui raconte qu’un jour, il prenait des photos dans la jungle et un singe étrange lui a sauté dessus. Ils ont fait l’amour et il est devenu un homme poilu aux yeux rouges ! Ce fils fantôme est venu prévenir son père que la jungle regorge de singes poilus aux yeux rouges et surtout, que la fin de son père approche et que de mauvais esprits rôdent autour de lui!

 

 

Jusque là, on arrive à bien comprendre ce qui se trame mais à partir du moment où un poisson chat parlant fait l’amour avec une princesse dans une lagune, il faut admettre que ça se complique. Certes, les images sous-marines sont magnifiques, le son est envoûtant, mais on se noie dans l’incompréhension. Alors on échafaude des théories, comme quand Boonmee accompagné du fantôme de sa femme, et du singe aux yeux rouges, se réfugie dans une caverne pour y mourir. Cette grotte est sans doute le vagin de Dame Nature. Pas d’erreur, Apichatpong Weerasethakul doit avoir sa carte de membre du fan club de CALMOS de Bertrand Blier, film qui se terminait dans un vagin en caoutchouc géant avec Bernard Blier, Jean-Pierre Marielle, Jean Rochefort et d’autres réfugiés là pour échapper aux femmes!  En tout cas, on n’a pas le temps de s’en remettre que l’on croise sur l’écran un moine bouddhiste qui ne trouve pas le sommeil, se lève, empoigne son téléphone portable et regarde l’heure! Apparemment, il n’y a pas que le spectateur qui s’ennuie! Certains personnage aussi ! Qu’il se rassure, il aura de quoi s’occuper plus tard, en méditant sur cette scène ou dans une chambre d’hôtel, lui et la belle sœur de Boone remarquent qu’ils sont en train de se regarder en train de regarder la télé!!!  

 

 

C'est donc ça. Oncle Boonmee parle en réalité de réincarnation. Et de l'aveu du cinéaste, cette histoire est adaptée d'un ouvrage titré A Man Who Can Recall His Past, livre qui évoque l'histoire vraie de Boonmee.Il est venu trouver un moine dans un templedu nord est de la Thaïland et lui a raconté que lorsqu'il entrait en méditation il pouvait faire revenir ses existences passées. Il était né chasseur d'éléphant, était devenu un esprit errant après sa mort, puis était revenu maintes fois réincarné. Le cinéaste a toujours été hanté par cette notion de réincarnation. Il dit à ce propos: "mes films précédents tournaient autour de cette possibilité de la multiplication des stratestemporelles et des vies. L'idée de réincarnation était déjà présente. Cette fois, c'est de manière évidente!" 

 

 

Vous l'avez donc compris, si vous aimez l'étrange, le bizarre, le barjot, le lent, l'onirique, les palmes d'or punk, vous serez séduit pas ce TONTON BOONMEECELUI QUI SE SOUVIENT DE SES VIES ANTERIEURES. Pour les autres, passez tout droit

 

 

 

 

 

 

 

 

DES HOMMES 

ET DES DIEUX:

A CONTEMPLER RELIGIEUSEMENT 

 

 

Présenté en compétition officielle au festival de Cannes, DES HOMMES ET DES DIEUX de Xavier Beauvois avec entre autre Michael Lonsdale, Olivier Rabourbin et Lambert Wilson a finalement décroché un grand prix du jury. Ce film s’inspire librement de la vie des moines cisterciens trappistes de Tibhirine en Algérie, et plus précisément de la fin tragique qu’ils ont connu. Après un kidnapping commandité par des extrémistes islamistes, seules les têtes des moines furent retrouvées. Longtemps, le dossier est resté classé ‘secret défense’. Ce n’est que récemment que ce secret a été levé et à la lecture de certains documents, on comprend pourquoi cette levée tardive. Il apparaît évident que l’armée algérienne aurait commis une bavure conduisant à l’exécution des moines. Mais là n’est pas le propos du film. 

 

 

Cet épisode tragique est sans conteste l’un des points culminants des violences et atrocités qu’à connu l’Algérie à cette époque alors que des groupuscules extrémistes cherchaient à renverser le régime en place. Mais au delà de ça, le film montre avant tout la vie de ces moines et comment la population locale les a adopté. Il faut dire qu’ils leur viennent en aide, les soignent, les habillent pour certain. Chrétiens et musulmans vivent en parfaite harmonie. C’est l’un des grands principes érigés par Frère Christian: pratiquer la charité, l’hospitalité, et ce, peu importe la confession religieuse

 

 

Ceci dit, après le massacre de travailleurs croates dans un village voisin, la peur et la panique s’installe jusque dans le monastère et le film de prendre un virage, le bon, en montrant avec finesse le questionnement de ces hommes. Doivent-ils partir ou déserter ? Partir, c’est mourir, intérieurement j’entends. Rester, c’est mourir physiquement.  Alors, plutôt que de pondre un clip ultra violent, Xavier Beauvois a l’intelligence de proposer une réflexion toute en lenteur sur ce questionnement fondamental. Et dieu dans tout ça, où est-il ? Que fait-il ? Et si ce n’était pas sa faute, toute cette violence ? Et s’il fallait plutôt chercher la raison de cette flambée du coté du colonialisme français qui a laissé des traces dans la société algérienne. Voilà ce que dit Xavier Beauvois.  

 

 

Bien sur, les prêtres se soucient guerre de ces questions. Ce qui les intéressent, c’est de poursuivre leur mission. Mais si certains se sentent abandonné, d’autres sont convaincus que leur place est ici et nulle part ailleurs. Et tant pis s’ils doivent finir en martyr. Les messes, les prières, les conciles, les chants liturgiques, les moments de vie dans et hors le monastère sont parfaitement mis en scène par le cinéaste. Il montre également très bien la méfiance de l’armée française à l’égard de ces étranges hommes de foi, des militaires qui ne comprennent pas pourquoi ces moines s’entêtent à rester là, aidant aussi bien des terroristes que la population. Ajouter à celà la beauté des paysages qui tranchent avec la violence de la situation et vous vous retrouvez devant un long métrage excellent, juste de bout en bout, comme toujours avec Xavier Beauvois, qui pour le coup évite en plus de tomber dans un sacré piège à la fin! 

 

 

 

 

THE KILLER INSIDE ME

KO garanti ! 

 

 

C’est un fait avéré : les récits de Jim Thompson ont permis d’enfanter les meilleurs films noirs de l’histoire du cinéma ! 

 

 

Si Alain Corneau était encore parmi nous, il vous le dirait. Sans ce romancier américain génial, il n’aurait jamais pu confier à Patrick Dewaere l’un de ses meilleurs rôles, celui de Frank Poupard dans SERIE NOIRE, un film adapté du récit Des Cliques et Des Cloaques.  Avant même de signer son premier long métrage, Alain Corneau s’était déjà penché sur une nouvelle de Thompson. Il a même rencontré ce dernier.

Ensemble, ils ont noirci une vingtaine de page.

 

A l’époque, aucun producteur n’a voulu miser dessus. Corneau, trop jeune, a préféré laisser tomber jusqu’à ce que son ami Bertrand Tavernier vienne à la charge quelques années plus tard : « au fait, ton scénar avec Thompson, tu vas le tourner ou pas ? » A cela, Corneau répondit par la négative : « je te le file, fais-le si tu veux » Et Tavernier repris le traitement et réalisa COUP DE TORCHON. De l’autre coté de l’atlantique, Hollywood a toujours rejeté Jim Thompson. Toutefois, impossible pour Sam Peckinpah, estampillé cinéaste indépendant, de passer à coté de GUET-APENS en 1973. De son côté, le britannique Stephen Frears a su transcender un récit de Thompson comme jamais au cinéma avec LES ARNAQUEURS.

 

 

Jim Thompson, un auteur à part. Ce type a tout fait dans la vie avant de devenir un géni de la plume. Chômeur, alcoolique, journaliste à la rubrique des chiens écrasés, scénariste de Kubrick sur LES SENTIERS DE LA GLOIRE ou encore L’ULTIME RAZZIA, il a aussi été, d’une certaine manière, orpailleur. Seulement, à chaque fois qu’il creusait au plus profond de l’âme humaine, ce n’est pas de l’or qu’il trouvait mais des pépites d’une noirceur inégalable. Thompson a toujours aimé raconter des destins de mauvais garçons, le genre qui cherchent à savoir qui ils sont, ce qu’il font et pourquoi. Au fur et à mesure de leurs recherches, tous ses héros n’ont eut de cesse de se perdre pour atteindre le degré zéro de l’humanité. 

 

 

C’est encore la cas dans THE KILLER INSIDE ME, la nouvelle œuvre coup de poing de Micheal Winterbottom. Ici, le cinéaste s’est contenté de coller au plus près du roman  éponyme, un livre publié en 1952 et décrit comme l'un des romans noirs les plus choquants de la littérature américaine. Pas besoin de s’intéresser à de quelconques sereal killers pour demander à Casey Afleck d’incarner Lou Ford. Tout était dans le bouquin. Winterbottom est même allé jusqu’à plagier des pans entiers de dialogues. Le frère de Ben, malheureusement trop rare au cinéma, incarne donc à merveille ce flic, personnage ambivalent, autant impossible à aimer qu’à détester. C’est ce qui fait la force des anti-héros de Jim Thompson. Casey Afleck, derrière sa gueule d’ange cache un fêlé, une saloperie de la pire espèce, un tabasseur de femmes, un lâche, un faible qui va exploiter la loi des emmerdements maximum en tentant de sauver sa peau sans forcément y parvenir. Et tant pis si derrière lui, il laissera ses amis et ses amantes sur le carreaux. La grande force du film, c’est que Winterbottom ne s’abandonne surtout pas à une psychologie de bazar. Ici, aucun élément ou si peu sont donnés au spectateurs pour lui permettre de comprendre pourquoi ce malade agit de la sorte. Lou Ford semble évoluer dans un jeu. Il joue à faire semblant. Il joue à être Lou Ford. Il joue au flic. Il joue au meurtrier. Il joue avec les sentiments. Il joue avec son entourage. Il joue à détruire tous ceux et celles qui l’approchent d’un peu trop près. 

 

 

Pour tout dire, tout petit déjà, Lou Ford a connu les joies de la fessée mais pas celle que l’on reçoit, celle que l’on donne. Sa maman appréciait cette petite manie. Alors quand papa s’absentait, c’est lui, le gamin qui devait faire du bien à maman en lui faisant du mal. Un geste de trop plus loin, petit Lou Ford a grandi et est devenu l’adjoint du shérif dans un bled texan, un patelin qui appartient à un riche entrepreneur du coin. Monsieur Cornway n’aime pas trop l’idée de savoir son fils fricoter avec la prostitué du coin. Alors quand il demande à Lou de lui rendre ce petit service, d’aider le destin, de faire en sorte que la pute et son fiston arrêtent de se voir, Lou s’exécute et met du cœur à l’ouvrage. 

 

 

S’appuyant sur un scénario impeccable, sur une distribution et une mise en scène sans accroc, Micheal Winterbottom évite le sordide et filme la violence comme rarement au cinéma. Ici, les femmes, Jessica Alba comme Kate Hudson servent de punch in ball ! Au passage, lors de la projection du film au festival de Sundance en 2010, plusieurs personnes ont quitté la salle prématurément, écoeurées!  Micheal Winterbottom a dû justifier sa démarche, affirmant que "si le film choque, c'est que l'objectif est atteint. Personne ne doit rester indifférent". Selon le cinéaste, il est bien plus problématique de banaliser la violence en la minimisant que de la pousser à son paroxysme comme c'est le cas dans THE KILLER INSIDE ME. Une autre critique tout aussi débile a dénoncé un film mysogine car cette violence est tournée essentiellement vers les femmes.

 

 

THE KILLER INSIDE ME donne surtout à voir un tueur dérangé, un être destructeur. N’exprimant aucun regret, Lou ne pense qu’à protéger ses arrières, à masquer ses crimes. Dans THE KILLER INSIDE ME, la rédemption n’a pas sa place. C’est sans doute ce qui a dérangé, perturbé le public américain de Sundance, trop habitué à voir au cinéma des craopules qui à la fin veulent par dessus tout se racheter, des êtres abjectes qui finissent par admettre la cruauté de leurs actes, des enfoirés à la recherche du pardon. Avec Tom Ford, il n'y a pas de pardon possible! Jusqu’au bout, ce tordu est près à tout pour continuer à vivre comme si de rien était, sans se faire démasquer, et surtout pas par le procureur Howard, alias Simon Baker, le mentaliste travaillant pour le compte du petit écran. THE KILLER INSIDE ME, un film  épatant mais à ne pas mettre devant toutes les rétines, un long métrage qui laisse des traces avec Casey Afleck, Jessica Alba, Kate Hudson 

 


 


 

TOURNEE :

ça tourne plutôt bien! 



Ça commence par un bon vieux tube rock hyper saturé. On en prend plein les oreille avant d’en prendre plein les yeux. Mathieu Amalric, petite moustache et tempes grisonnantes rassemble ses oies avant de les conduire dans une salle de spectacle qui n’attend qu’une chose, que ces demoiselles dévoilent leurs charmes. Mais attention, ces strip-teaseuses ont un truc, pas toujours en plume, juste un truc en plus. Elles sont du genre punk. Tatouées comme des murs de chiottes pour certaines, elles enchainent sur un train d’enfer, les numéros tantôt burlesque, tantôt théâtraux, tantôt musicaux. Après le spectacle, elles se retrouvent à picoler du champagne dans des hôtels d’une chaine bien connue. C’est pas le grand luxe, mais ces dames se satisfont de cette tournée sur la côte atlantique. Elles patientent en attendant de rejoindre la capitale. C’est que Mathieu Amalric leur a promis de finir la tournée à Paris.  



TOURNEE, un film adapté de L’envers du music hall, un texte de Colette qui trainait depuis pas mal de temps dans un coin de la mémoire de Mathieu Amalric. Cet écrit a servi de base à son nouveau film. Evidemment, il a fallu coller à notre époque contemporaine pour tirer le meilleur profit de ce texte, ce qui n’a pas été chose simple. Et puis un jour, il tombe sur un article dans Libé ou l’on y décrivait l’apparition quasi magique de cette troupe des ‘New Burlesque’ au Zèbre, un cabaret parisien. Le regard d’Amalric se pose sur les clichés de ces danseuses, sur cette sensualité drôle et torride à la fois qui émane de ces corps un peu grassouillets. Il se dit qu’il y a une matière a exploiter. Et puis, comme souvent, un autre événement va servir de catalyseur, le suicide du producteur Humbert Balsan. Il prend la nouvelle en plein fouet et se dit que l’idée, la bonne, serait de raconter la vie de ces filles en tournées par le biais d’un producteur à la dérive, genre mauvais père avec ses propres enfants, mais papa poule particulièrement protecteur avec ses danseuses, un type sans attache, sans famille, avec que des ennemis qu’il pensait avoir laissé derrière lui mais qu’il va devoir affronter ! Le passer fini toujours par vous rattraper !



Très vite, Amalrich a donc rencontré les filles avant de se mettre à l’écriture avec Philippe di Folco, Marcelo Novais Teles et Raphaëlle Valbrune. Puis, pendant 2 ans, il a sillonné le monde, est allé voir des festival à San Francisco, New York, Naples… etc et a composé son casting au gré de ses rencontres. Les actrices de TOURNEE ont donc rendu possible le revival du ‘New Burlesque’. Il faut savoir qu’au départ, c’est un mouvement lesbien qui est né en 1995 avec un groupe LE VELVET HAMMER. Le New Burlesque est une combinaison mêlant stip-tease, théâtre, chorégraphie, glamour, humour, satire, provoc, excès et doigté aussi un peu. Alors bien sur que l’on retrouve tout ça dans TOURNEE, un film qui vient empiéter sur les plates bandes du documentaire. Il faut savoir que la troupe du film a donné 3 représentations gratuites de leur spectacle en France. A chaque fois, la production avait donc 2h30 pour filmer le show en public, de quoi galvaniser les actrices, mais il fallait aussi dans ce même laps de temps penser à filmer les coulisses, sans compter les scènes de fiction, autant dire une vrai gageure. Le résultat est plutôt intéressant, plutôt bien même. Encore faut-il accepter de se frotter à cette troupe pour en apprécier toute la splendeur. 



Le film mêle habillement les scènes de groupe à d’autres qui concernent uniquement le personnage central, le tourneur producteur sur le déclin, une mise en scène saluée à juste titre, au festival de Cannes par une palme. Si la mise en scène d'Amalric est donc impeccable, sa performance d'acteur est également parfaite. Ses danseuses, fraiches, natures, sont elles-aussi excellentes. Alors pourquoi ne pas vous laisser tenter par cette TOURNEE? 


 


 


COPACABANA:

Le Brésil à Ostende!



Ce film de Marc Fitoussi fut présenté cette année à Cannes lors de la semaine de la critique, une compétition parallèle qui propose bien souvent les meilleurs films, tout du moins, ceux qui, comme le nom de la section l’indique, ont vocation à critiquer le monde qui nous entoure. En l’occurrence, COPACABANA  méritait sa place dans cette sélection. En premier lieu, ne vous fiez pas au titre, exotique, rappelant les plages et la samba. En guise de cela, projetez vous plutôt en Belgique, à Ostende! Certes, il y a aussi des plages, mais le ciel est beaucoup plus bas, beaucoup plus gris. L’heure n’est pas aux vacances et à la farnienté, mais au travail.



Ici, Isabelle Huppert tente de séduire des touristes anglais de lui acheter des appartements en bord de mer. Attention, il s’agit d’achat par tranche, le genre ou vous devenez propriétaire de quelques semaines dans l’année! Si le procédé aux portes de l’escroquerie, marche plutôt bien en Espagne par exemple, je vous laisse imaginer à Ostende, région ou il doit y avoir 2 semaines de soleil dans l’année! En tout cas, Isabelle Huppert est là, à arpenter son bout de trottoir, telle une pute, à guetter les gogos pour refourguer ces appart. Si elle a atterrit ici, c’est tout juste parce qu’elle n’a rien trouvé de mieux comme job. Pas question de faire la difficile. Ce boulot, elle en a besoin. Elle doit prouver à sa fille, sur le point de se marier, qu’elle est capable de s’assumer, de travailler et surtout de conserver un emploi plus d’une semaine. Car cette mère est un peu fofolle, un peu allumée, carrément exubérante, en tout cas, ingérable et imprévisible. En plus, elle a comme qui dirait une furieuse tendance à se fringuer comme un sac à patate multicolore. Cette femme, cette mère est la honte de sa fille ! A tel point que sa fille ne l’invite pas à son propre mariage. Elle a prétexté au près de ses futurs beaux parent que sa mère était parti au Brésil et qu’elle ne serait pas rentrée à temps! Pour se justifier auprès de sa mère, elle ne lui dit pas qu’elle a honte, enfin pas tout de suite. Elle lui avance un prétexte bidon:  ne pas venir au mariage lui évitera de payer la moitié des frais, et comme elle est fauché, ce mariage, elle ne peut vraiment pas le payer!  Donc voilà pourquoi, la mère, vexée, se sentant abandonnée, sans fille, s’est tirée à Ostende. Mais finalement, Isabelle Huppert se débrouille plutôt bien! Avec un peu de chance, elle pourra peut-être acheter un cadeau de mariage à sa fille…



COPACABANA, un film sur la misère sociale, l’exploitation de cette misère et de cette précarité par des patrons sans scrupule. Au passage, Aure Atika, la cheffe d’Isabelle Huppert est excellente. Parfaitement irascible avec ses employées, les considérant comme du bétail, pétasse juste ce qu’il faut, elle incarne ce genre de nana qui écrase les autres sans aucune sorte de remord. Mais elle-aussi est dans la misère, misère sentimentale. Elle cache une profonde solitude, de quoi se rapprocher d’Isabelle Huppert. Ces 2 femmes ont un point commun: elles sont à l’abandon!  Mais à la différence de sa patronne, le personnage d’Isabelle Huppert a le cœur sur la main. Quand elle croise tous les jours un couple de jeune SDF affrontant le froid de l’hivers, elle n’hésite pas à les héberger clandestinement dans l’un des appartements vides de la résidence ou elle travail, ce qui forcément ne peut pas être du goût de sa patronne! Le film montre là encore, une autre facette de la précarité, amicale cette fois.



COPACABANA, à travers le portrait d’une femme habituée à la marge et soudain confrontée à un à un univers dit «normal» qui lui est complètement étranger, est une brillante critique sociale traitée sur le mode de la comédie,  Dès l'écriture du scénario, Marc Fitousi envisageait déjà Isabelle Huppert dans le rôle de Babou, cette femme inconséquente et foutraque, à cent lieu des héroïnes dangereuses et glacées que l'actrice compose trop régulièrement. Sans doute l’envie de changer, mais aussi l’idée de partager l’affiche avec sa fille Lolita Chammah l’aura convaincu. Pour l’anecdote, mére et fille avaient déjà jouées ensemble dans UNE AFFAIRE DE FEMME, de Claude Chabrol, mais Lolita n’avait alors que 4 ans! COPACABANA, pas un chef d’œuvre, mais un film qui se laisse tout de même agréablement regardé.







LES MAINS EN L'AIR:

et la tête dans le sac! 

 

 

L’action se déroule en 2067. Une femme, Miléna, raconte face caméra, comme si elle était l’héroïne d’un documentaire, son enfance et plus précisément cette année 2009. « Je ne me souviens plus qui était président » lance-t-elle soudain. Rire dans la salle. La première pique décochée par Romain Goupil fait mouche. Pas sur pourtant que dans 50 ans, on aura oublié le règne le plus pitoyable que la 5ème République n’est jamais vécue. Si la France a connu, en des temps plus cléments, le Siècle des Lumières ou encore les 30 glorieuses, il apparaît de plus en plus évident que ce bien sombre début de millénaire sera baptisé plus tard par les historiens: les Années Médiocres! A bien y regardé, la médiocrité est omniprésente dans la société d’aujourd’hui en France comme ailleurs, mais tout de même, dans l’hexagone peut-être plus qu’ailleurs. Cette démocratie est devenue une dictature light, une monarchie déguisée ou le Président Roi et ses Sujets ont tous pouvoirs et en profitent pour enfoncer un peu plus chaque jour leurs concitoyens dans la misère. Bien sur, comme un seul film ne suffirait pas à dénoncer tous les travers et les conséquences désastreuses de la politique de rigueur mais non rigoureuse menée par ce président de ball-trap et ses sbires, Romain Goupil a opté pour un thème, un seul, qui lui tenait vraiment à cœur. En humaniste convaincu, Romain Goupil, citoyen du monde avant toute chose, a donc voulu parler des clandestins en France, de l’état d’angoisse dans lequel ils sont plongés depuis quelques années. Se sentant impuissant face aux effets désastreux de la politique de reconduite systématique des sans papiers à la frontière, Romain Goupil a voulu traiter de cette problématique, mais pas à hauteur d’homme, plutôt à hauteur d’enfant.

 

 

Que je vous explique que dans LES MAINS EN L‘AIR, un groupe de gamins d’une douzaine d’année se sent en danger. Youssef, l’un de leurs camarades de classe, ainsi que ses parents, ont été arrêtés et reconduits à la frontière. En fuyant la police venue frappée à sa porte, une femme est tombée du toit de son immeuble et est morte (ce fait est inspiré de ce qui s’est passé à la Villette il y a quelques années). Maintenant, c’est au tour de Milana, élève brillante, amie de Blaise, d’être menacée. Devant cette injustice qui frappe cette enfant et sa mère d‘origine tchétchène, devant ce danger imminent, les momes s’organisent. Les déclarations alarmistes des parents d’élèves, les tracts, les manifestations de soutien aux sans-papiers les confortent dans leur idée d’agir pour éviter à Milana de subir le même sort que Youssef. Et voilà que la bande de copains et copines décide de fuir le monde des adultes. Ils se terrent comme des rats dans une cave, en attendant que la menace disparaisse. Mais ce que Blaise, Milana et les autres ne pouvaient imaginer, c’est qu’en surface, leur disparition allait semer un sacré baroufle chez les adultes!

 

 

Avec LES MAINS EN L’AIR, Romain Goupil parvient à montrer la complexité du sujet. Certes, s’il juge sévèrement cette politique de renvoi de sans-papiers à la frontière en fonction de cotas tombés du ciel, il n’oublie pas non plus de rappeler qu’au sein même du clan de ceux qui soutiennent les sans-papiers, le débat est souvent houleux et âpre. Si Cendrine, la mère de Blaise, s’engage à fond, prend tous les risques pour protéger Milana, son frère, Rodolph fait preuve d’une réelle cruauté à son encontre. Cette ordure affirme que si elle cache Milana chez elle, c’est uniquement pour combler un désir de mère inassouvi. Au fond d’elle, elle rêve sûrement que la maman de Milana se fasse renvoyer pour obtenir la garde de cette petite fille qu’elle n’a jamais eut mais qu’elle aurait tant aimé avoir! Une ordure, je vous dit ce Rodolph, qui reproche son coté bon samaritain de gauche à sa sœur, mais qui au fond, est incapable de proposer une vraie solution pour endiguer l’immigration clandestine. Pourtant, elle existe certainement.

 

 

Il est possible d’inventer d’autres règles, en arrêtant de considérer les êtres vivants comme des chiffres sur un rapport! Peut-être suffit-il aussi d’écouter les enfants, parfaitement capables de vivre dans le respect mutuel, peu importe leur origine. Visiblement, seule Cendrine l’a compris. Les autres adultes du film, même s’ils sont sympas (à part les flics), sont visiblement à coté de la plaque. Exemple avec Romain Goupil qui joue le mari de Cendrine. Il peut intervenir directement auprès d’un haut fonctionnaire pour régulariser Milana et sa mère, mais Cendrine refuse catégoriquement cette option. A quoi bon! Ce n’est pas la solution. Au contraire, en autorisant un passe droit à quelques pistonnés, le sentiment d’injustice et de révolte de tous les autres grandira, et à juste titre! Il faut une régularisation massive en tenant compte de certains critères, comme du niveau d’intégration. Encore faut-il aussi que le gouvernement favorise cette intégration, ce qui bien évidemment est loin d’être le cas! Sans volonté politique, pas de solution possible!

 

 

LES MAINS EN L’AIR, un film militant, mais pas seulement, un long métrage qui parle également très bien du premier amour, celui qui vous donne des ailes, qui vous aide à soulever des montagnes, à déterrer des trésors d’ingéniosité pour briller dans le regard de l’être convoité, celui qui bien souvent prend fin à cause d’un déménagement! Romain Goupil, avec ce comte, plus que film, même si la toile de fond se veut réaliste, pose un regard juste sur cette période clé de la vie: la préadolescence. Pour cela, il a pu compter sur une bande de gamins d’une fraîcheur incroyables. Si la plupart des scènes étaient très écrites, il a parfois laissé au montage des improvisations. La bonne idée a été d’éviter le vocabulaire ‘ado’ ou ‘racaille’ qui aurait paru racoleur ou pire encore, qui aurait sonné faux. Ces enfants parlent très bien. Ils n’écoutent pas non plus de rap et encore moins de techno! Ça par contre, on a de la peine à y croire! Coté casting, le duo Milana-Blaise fonctionne parfaitement. Linda Doudaeva fut un dont du ciel arrivé de Lyon à la dernière minute. Dès qu’il la vu, Romain Goupil a su qu’il tenait sa Milana. Encore fallait-il que la mayonnaise prenne avec les autres enfants déjà recrutés. Alors, il a organisé des séances, des lectures, des jeux, des échanges pour que naisse la complicité nécessaire et indispensable à la réussite de ce film.

 

 

Dire que ce travail a été facile serait mentir, mais une chose est sure, ce fut encore plus compliqué avec la belle sœur de Nicolas Sarkozy. Pensez que pour que Valéria Bruni Tedeschi accepte de jouer Cendrien, une femme qui fustige la politique de son beau frère Président de la République Française n’a pas été une mince affaire. Ensemble, ils ont donc passé du temps à définir les contours de son personnage pour finalement aboutir à la Cendrine du film, une femme courageuse, qui prend ses responsabilité, pour que dans 50 ou 60 ans, elle ne soit pas mise dans le même sac avec tous ceux qui ont contribué aujourd’hui à ce que des êtres humains vivent en France dans l’indignité la plus totale, quelque chose de juste inadmissible et inacceptable! Romain Goupil s’est donné quant à lui le rôle du mari bien pensant, un peu résigné, qui veut bien faire ce qu’il peut pour aider Milana et sa mère, mais qui est conscient que son champ d’action est limité. Quant à Hippolyte Girardot, comme toujours, l’acteur campe avec brio l’ordure du film. Il n’a qu’une seule scène, mais quelle scène, une joute verbale avec Valéria Bruni Tedeschi, d’une méchanceté radicale! LES MAIN EN L’AIR, de Romain Goupil, un film essentiel!




SHERK 4,

C'est la fin!



 

Incompréhensible. Comment se fait-il qu’une série qui a rapporté plus d'un milliard de dollars à travers le monde au fil de 3 épisodes soit définitivement stoppée après le 4ème volet? Pourquoi tuer l’Ogre aux œufs d’or? Sans doute parce qu’il n’y a plus rien à raconter de plus, d’où le catch line du film, SHREK4, IL ETAIT UNE FIN! Mais ne vous inquiétez pas, à l'instar de la franchise X-men, un spin-off "Origine" de Shrek centré exclusivement sur le personnage du Chat Potté verra le jour! La rencontre avec le célèbre ogre vert, ou comment le gentil chaton est devenu un dangereux tueur, va garantir à Chris Miller, réalisateur du second Shrek, et à Antonio Banderas, la voix de Potté, un peu de travail. La date de sortie de PUSS IN BOOTS n’est pas encore annoncée.

 


Il faut avant cela que le public file voir au cinéma le plus coûteux des Shrek. 175 millions de dollars ont en effet été investit dans cette ultime épisode, une fin qui était prévisible. Souvenez-vous en effet que la saga a connu une évolution logique. Si dans le premier volet l'ogre apprenait à s'aimer, si dans le second il découvrait la vie de famille, si dans le troisième il assumait ses responsabilités de père et de mari, dans le quatrième, il se pose la question de savoir si après tout, il aurait pu mener une autre vie!  


 

Pour y répondre, DreamWorks a repris la même recette, celle qui a fait le succès de la saga, à savoir, un savant cocktail d’humour, d’humanité, d‘action et de romance. Cette fois, l’ogre vert en a marre de pouponner ces rejetons. Il a d’ailleurs l’impression désagréable de se sentir prisonnier du temps qui ne passe pas, un peu comme le héros du film: UN  JOUR SANS FIN. Et oui, à Far Far Away, les journées se succèdent et se ressemblent étrangement, trop pour Shrek. Ahhh, qu’il est bien loin ce temps délicieux ou l’ogre faisait peur aux gens, cette époque ou il pouvait se délasser dans un bon bain de boue au milieu de sa foret! Aujourd‘hui, Sherk s’est embourgeoisé. Pire que cela, il est aimé et respecté de toute la communauté. Plus personne ne le craint! Dans ses circonstance, la déprime, le spleen guettent Shrek. Ça sent la grosse crise de fatigue.

 


Pour son malheur, l’ogre va croiser Tracassin le magicien, un nouveau personnage, le méchant du film échappé d’un comte de Grimm et qui va lui jouer un bien vilain tour en l’expédiant dans la 4ème dimension! Cette excursion dans ce monde parallèle sera l’occasion pour Shrek de comprendre que finalement, aimer une femme qui vous aime, s’occuper de ses gamins fussent-ils chronophages, et vivre sous un toit pour s’abriter, c’est peut-être mieux que de se retrouver seul, anonyme au sein d’un armée d’ogres, à lutter contre un tyran et sa garde rapprochée de sorcières. C’est également mieux que de tenter de séduire une Fiona amnésique devenue une espèce de Xéna la guerrière au cœur de pierre! C’est enfin mieux que de croiser un Chat Potté plein d’embonpoint et un âne apeuré qui ne sont plus vos amis. Décidément, dans ce monde parallèle, toutes les valeurs chères à Shrek ont disparu. Même les paysages colorées et bucoliques ont laissé leur place à un monde en or et rouge, de quoi aider l’ogre vert à résoudre l‘énigme de sa vie!

 


IL ETAIT UNE FIN, un très belle conclusion aux aventures de Shrek avec pas mal de surprises, la pire étant la 3D. C’est devenu une habitude. Elle n’amène absolument rien du tout. Alors plutôt que de dépenser inutilement votre l’argent en achetant un billet sur taxé, misez sur la version normale, ce sera tellement moins cher et tout aussi distrayant!








SPLICE

mais pas le suplice! 


 

Sous son apparence de mauvaise série B de science fiction, SPLICE possède en fait bien des qualités. Pourtant, c’est étrange. Immédiatement après la vision du film, on est comme qui dirait submergé par le sentiment d’avoir assisté à un piètre spectacle, d’avoir perdu son temps devant une grosse nullité! Et puis, allez savoir pourquoi, quelques jours plus tard, on revoit mentalement le générique du film, sublime! On est sous l’eau. Des bulles s’agitent dans tous les sens dans ce liquide opaque. La caméra suit un énigmatique tuyau, veineux et flasque. Les bulles accompagnent en rythme la danse de saint Guy d’un gros ou d’un petit colon! C’est peut-être ça, mais rien n’est moins sur! Désormais, la caméra est à l’intérieur de ce conduit bizarroïde, bosselé, sombre, une véritable piste de montagne russe. Au moment ou l’on attrape une amorce de nausée, la caméra passe au travers d’un tissus et on retrouve la flotte, les bulle, la croûte toujours aussi malléable de notre tuyau pris d’une crise d’épilepsie. L’image n’a rien de dégueulas. Au contraire, ce voyage est aussi fantastique que celui de Richard Fleischer en 1966. D’ailleurs, si le capitaine Bill Owens du sous marin miniaturisé Proteus était là, il dirait: quel magnifique cordon ombilicale! Bien vu Capitaine, car c’en est un! En fait, le spectateur, par ce générique impressionnant, assiste à la naissance d’un être vivant, en même temps qu’à la naissance d’un film. Belle métaphore. Elle est l’œuvre de Vincenzo Natali, le réalisateur de SPLICE.  


 

Alors bien sur, quand ces images reviennent à la surface, on commence à repenser au film. On pèse le pour et le contre et l’on ne peut que constater que la balance penche sévèrement du coté du pour! Même si SPLICE n’est pas un chef d’œuvre, loin de là, ce long métrage possède bien des qualités. Déjà, Vincenzo Natali pose les bonnes questions en terme de recherche scientifique: en génétique, ou se situe la limite et que se passe-t-il quand on s’assoie sur l’éthique? Ensuite, il noie son poisson en injectant dans l’histoire, un triangle amoureux complètement amoral, avec de l’inceste, et peut-être même de la pédophilie, tout dépend de l’age du monstre! Car je ne l’ai pas encore dit, SPLICE est un film de monstre! Mais attention, le monstre n’est pas la créature du film! Le monstre, les monstres, ce sont les humains, les créateurs de la créature! L’idée, la bonne se trouve donc là. Vincenzo Natali renverse complètement les données d’un Frankenstein de James Wales, film dont il a toujours été fan. Il transcende ce classique en reprenant quelques uns des codes de ces films, mais en les modernisant.

 

 

En fait dit-il, ce qui lui a inspiré son histoire, ce n‘est pas tant Frankenstein, mais plutôt une souris de laboratoire a qui l’on a implanter une oreille humaine sur le dos. Ce n’était évidemment pas une vraie oreille, mais une structure synthétique en polymère. La souris a ensuite développé des tissus, qui auraient pu permettre une greffe sur un humain. Les scientifiques ont fait cette expérience pour prouver que si vous perdez une oreille, vous pouvez en faire pousser une sur une souris et vous la faire transplanter. C’est donc cette image qui a inspiré l’idée de SPLICE il y a une bonne quinzaine d’année. Oui,15 ans déjà que Vincenzo Natali songe à ce film. Vincenzo Natali, amateur de SF a fait un premier carton au box office en 2001 avec ce film claustrophobique: CUBE. Vous vous souvenez certainement de ces pauvres gens enfermés à leur insu dans un gigantesque Rubiskube mortel ou certaines pièces étaient piégées et d’autres pas. Certains des prisonniers allaient développer un instinct meurtrier par esprit de survie! A cette époque, le scénario de SPLICE est donc déjà écrit. Vincenzo Natali est prêt à tourner mais son producteur fait marche arrière, jugeant le coût de ce film trop élevé pour lui! Vincenzo Natali est dépité.  « Dans un certain sens, Splice était prédestiné à être filmé aujourd’hui. S’il avait été tourné 10 ans plus tôt, la technologie n’aurait pas été au point, et en tant que réalisateur, je n’aurai sûrement pas été en mesure d’exploiter convenablement le sujet », dixit Vincenzo Natali. J’ajouterais en plus, qu’il y a 10 ans, on aurait considéré SPLICE comme une série B de SF sans intérêt. Aujourd’hui, dire que SPLICE est un film de science fiction est exagéré! Quand il a écrit cette histoire pour la première fois en 1995, personne ne parlait de clonage. En 1997, le monde découvrait Dolly et en 2001 les scientifiques annonçaient qu’ils avaient quasiment terminé le séquençage complet du génome humain. Puis la génétique a fait de tels progrès en 10 ans, qu’elle a rattrapé la fiction!  



SPLICE est donc simplement un film qui montre avec justesse qu’il ne faut pas jouer aux apprentis sorciers dans un laboratoire. Il ne faut pas manipuler des ADN, les triturer, les combiner dans tous les sens, n’importe comment et même si cela part d’un bon sentiment, en l’occurrence trouver de nouvelles cellules souches capable de guérir des cancers ou autres maladie actuellement incurables. Tout ça est trop dangereux car les scientifiques ne maîtrisent rien du tout et les risques de dérapage sont infinis! Dans le cas du film, cela va encore plus loin! Deux biologistes incarné par Adrien Brody et Sarah Polley sont sur le point de faire une découverte révolutionnaire lorsque les financiers leur coupe les vivres. Qu’importe, en cachette, ils continuent à mener leur recherche et font naître une drôle de créature qui grandit à une vitesse vertigineuse. Ce monstre, car c’en est un, possède un corps de femme avec une tête de fœtus, le tout monté sur des pieds de kangourou avec des bras et des mains à 3 doigts, des ailes d’aigle qui poussent à loisir et un dard mortel qui peut surgir à tout moment au bout d’une queue de marsupilami…En plus, la bébette est hermaphrodite, intelligente, capable d‘apprendre à lire sans connaître l’alphabet, capable surtout d’aimer et de détester…  



Et le film, plutôt que de lorgner sur un Alien quelconque, de négocier assez rapidement un virage plus qu‘intéressant, explorant la complexité qui existe dans la relation entre créateur et créature! On comprend que la scientifique a voulu assouvir son désir de maternité en mettant au monde cet être hybride. Mais une expérience, ce n’est pas un enfant. En plus, si elle voit cette bestiole comme sa fille, son compagnon, lui, est attiré par la beauté exotique, et surtout la sexualité latente, perverse, développée par cette chose. La démonstration est alors faite. Elle est sans appel: les humains peuvent avoir des comportements bien plus monstrueux que les monstres eux-mêmes. Voilà donc ce qui distingue SPLICE des autres films de monstres.  



A signaler un détail, et pas des moindres: une actrice joue la créature. Une bébette de synthèse ou en animatronique aurait explosé le budget que Vincenzo Natali n’avait de toute façon pas. D’où ce choix de se reporter sur Delphine CHANEAC, une jeune actrice française avec ce coté androgyne indispensable pour ce personnage. Et puis en optant pour une actrice de chaire et d’os, le spectateur peut se lier émotionnellement parlant avec elle, en tout cas avec plus de facilité qu’avec un Gollum de bal trap! Reste à redire sur Sarah Polley et Adrien Brody, le couple de scientifique qui par contre, jouent monstrueusement mal. Vu la qualité de leur CV, on leur pardonnera volontiers cet écart, cet oubli! Sarah Polley a tourné chez Cronenberg, Wenders, Winterbotom, Bigelow, Coixet  et j’en passe, quant à Adrien Brody, il a bossé pour le compte de Spike Lee, Terrence Malick, Soderbergh, Woody Allen, Ken loach, Polanski, Wes Anderson… 


 

Vincenzo Natali dit les avoir choisi uniquement parce qu’ils avaient l’air sympa. C’était important pour lui de masquer la monstruosité de leurs personnages derrière ces visages angéliques. C’est sans doute pour cette raison qu’il ne les a pas dirigé, parce qu’il n’en avait rien à foutre de leur prestation, aveuglé qu’il était par son monstre!  Ces 2 acteurs pourtant talentueux sont donc en roue libre! C’est dommage. Cela gâche tout le reste! Ceci dit, rassurer-vous, voir SPLICE n’est pas un SUPLICE, tout juste un bien curieux mauvais très bon film!

 

 

 



 

 


BREATH MADE VISIBLE

Danse avec une dingue!




Qui est donc cette Anna Halprin? Seuls les amateurs de danse peuvent avancer une réponse sans se gourer. Les autres, les néophytes comme moi seront forcément emprunter. Que je vous avoue que non seulement, je ne connais rien à la danse, mais en plus, je me tamponne un peu le coquillard! Ce qui ne m’a pas empêcher d’apprécier ce portrait d’une femme hors norme. Effectivement, on parle là d’Anna Halprin, une danseuse à part, d’où l’intérêt de voir ce film BREATH MADE VISIBLE de Ruedi Gerber.  



En fait, il s’agit dans sa forme, d’un classique documentaire, reprenant diverses témoignages d’Anna Halprin, de son mari, sa fille, ses anciens collaborateurs, ses élèves, ses amis, reprenant aussi des images de ses chorégraphies récentes ou moins. Très vite, même si la danse vous laisse de marbre, la magie opère grâce à la personnalité de cette Anna Halprin! Il faut dire qu’il s’agit d’une américaine, pionnière, devenue une icône de la performance corporelle! Tout au long de sa vie, Anna Halprin n’a eut de cesse de se demander ce qu‘est la danse, pourquoi danse-t-on, et pour qui? Ses réponses sont simples: la danse, c’est-ce que l’on voit, sent, ressent et entend. On danse pour soi, mais aussi pour les autres. Et on n’est pas obliger d’apprendre des pas! Et on n’est pas obligé d’enfiler un tutu! D’ailleurs, c’est parce qu’elle s’ennuyait à faire des pointes que toute petite, Anna Halprin a compris que l’improvisation et l'expérimentation serait le moyen le plus afficace pour elle, de laisser court à son imagination et à la création de ses chorégraphies. Gamine, elle bougeait tout le temps. Personne ne pouvait arrêter cet être infatigable. Elle a donc logiquement fini par intégrer ses gestes, ses mouvements naturels dans ses chorégraphies. En grandissant, elle a même intégré ses histoires personnelles.  


 

Mais le plus essentiel pour elle, c’est de faire corps avec la nature qui l’entoure. Cette manie est née dans les années 60. A cette époque, son mari, architecte de métier est muté dans l’Ouest américain, là ou on ne danse pas!  Il lui demande de la suivre. Mais plutôt que de la forcer à se rendre dans un théâtre pour qu’elle s’adonner à sa passion, l’architecte préfère lui construire une piste de danse, au cœur de leur domaine, au milieu de la foret. Cet endroit deviendra le théâtre de toutes ses expérimentations. Les enfants du coins aiment à se retrouver là et la fille de Halprin de dire à un moment donnée que les voisins se demandaient ce qui se tramaient sur ces planches. Les Halprin étaient vus d’un sale œil. On les prenait pour des beatniks, des allumés étranges ne pensant qu’à bouger mollement, en tout cas, des gens bizarres et dangereux pour leurs enfants. Les enfants, quant à eux, adoraient venir danser avec Anna et ses comparses. En dehors de cet endroit, anna Halprin insiste dans le film pour dire à quel point l’environnement est important. En fait, chaque endroit peut servir de scène pour Halprin: une cuisine, une plage, des vaguelettes, un vélo. Il faut composer avec les éléments, la terre, l’eau, le vent.  



Anna Halprin,une femme étonnante et engagée politiquement. Son plus beau coup sera de fonder au lendemain des émeutes raciales de Los Angelès, une compagnie de danse multiculturelle, mélangeant noirs et blancs. 

 


En 1971, elle exprime sa réaction à la guerre du Vietnam dans une chorégraphie. Dans ces années là, elle milite pour la nudité. Elle s’est rendue en Europe, à Venise, là ou elle subit avec sa troupe, un jet de tomate et des hués en règle après une représentation complètement à poil! Ceci dit, pour Anna Halprin, la danse n’est pas qu’un art. L'artiste tombée gravement malade, dit avoir trouvé le chemin de la guérison grâce à la danse. Depuis, elle travaille avec des personnes âgées et des malades. Les visites qu'elle leur a rendu lui ont inspiré la chorégraphie “Intensive Care“ avec laquelle elle est retournée sur scène en 2004, après une longue absence. On voit d’ailleurs les images de ce spectacle dans le film ou elle danse en s’adressant au public, avec son aire goguenard. Elle est renversante, rafraîchissante, débordante de vie cette bonne femme qui dit du haut de ses 80 ans bien tassés: «Il y a encore tellement de danses à danser» BREATH MADE VISIBLE, un doc savoureux, léger comme un souffle, un film de Ruedi Gerber avec des images jamais rendues public, un magnifique hommage à une femme qui vous réconciliera inévitablement avec la danse puisqu’elle considère qu‘il n‘y a pas de bons ni de mauvais danseurs, il n‘y a que des danseurs sur cette planète!







KISS AND KILL:

Cucu et Concon!




France. Nice. Enfin, selon les américains, on est à Nice… Pour le Français moyen habitué aux côtes méditerranéennes, il aura reconnu sans peine, le Cap d’Antibes, l’un de ses hôtels de luxe et ses plages de galet. Donc Nice, le Cap d’Antibes, pour Hollywood, c’est du pareil au même! Oui, ben ce n’était vraiment pas la peine de dépenser 75 millions de dollars pour ne même pas se payer un prof de géographie en consultant! Après tout, vous me direz: pourquoi pas, tant qu’on reste dans le sud de la France et qu’on ne nous montre pas des images de Quimper ou de Nantes, ça peut encore passer! C’est vrai, et puis selon les notes de production, c’est écrit là, je vous   lit le paragraphe: « Nous avons choisi de commencer par le rire. Nous voulions que le public se sente autorisé à rire dès le début. » Dans ce cas, qu’ils soient pardonnés! Excusez du peu, je n’étais pas habitué à autant de finesse dans une production américaine! N’empêche qu’avec ce genre d’approximation grossière, le spectateur est d’emblée fixé. Il sait qu’il devra rester sur ses gardes! Qu’est-ce que ce film, à la géographie douteuse, va bien pouvoir lui réserver comme autres imprécisions? Et bien, pour commencer, la mauvaise Ferrari!

 

 

Quand on a Magnum au générique, la moindre des choses, c’est de l’assoire derrière le volant de sa 308 GTS. En guise de cela, non seulement Tom Selleck ne conduit pas le bolide rouge, non seulement c’est Ashton Kutcher qui a les clés, mais en plus, il s’agit d’une Ferrari 420 Dino cabriolet ou un engin dans le genre. Oh, la faute de gout, que dis-je, la grossière erreur!  Ceci dit, plus qu’un recueil d’imprécisions, KISS AND KILL n’est finalement rien de moins qu’une compilation de détails piochés dans des longs métrages ayant plus ou moins marqué l’histoire du 7ème art.  



Pour commencer, dans cette histoire de couple, l’action débute dans le sud de la France, endroit romantique par excellence, hommage peut-être caché à LA MAIN AU COLLET d’Alfred Hitchcock. C’est plutôt la main dans le sac que l’on choppe le réalisateur Robert Luketic et ses producteurs, eux qui n’ont pas hésité à pomper la manière de filmer les combats en corps à corps de Jason Bourn, c’est-à-dire, de manière réaliste et dans un cadre le plus serré possible; eux qui n’ont pas tortillés à reloocker un peu le scénario de Mister And Miss Smith, vous savez cette histoire de couple d’espions qui fini par se rendre compte que monsieur doit dégommer madame et inversement; eux qui n’ont pas moufté à l’idée de reprendre le principe de Crazy Night, vous savez ce couple de quidam sans histoire, complètement anodin aux prises avec des malfrats et plongé dans une spirale infernale; eux qui enfin n’ont pas mais alors pas du tout eut honte de repiquer les partitions de James Bond, enfin à quelques chose prêt, une musique bondesque revisitée façon Hugo Montenegro et son Come Spy With Me, musique qui lorgne en même temps sur celle de DUPLICITY, autre film d’espionnage, industriel celui-ci, avec au centre,une histoire de couple.

 

 

Avec ses faux airs de Tom Cruise jeune, le bien bâti Ashton est un habitué des comédies romantiques. Ici, il muscle un peu son jeu pour les besoins du scénario, pour surtout protéger Catherine Heigl, la fille aux 27 robes vue récemment dans L’ABOMINABLE VERITE de Robert Luketic. L’abominable vérité, elle vous explose à la figure lorsque vous lorgnez sur sa filmographie. Cette homme est l’un des pires spécialistes de la comédie anecdotique ricaine estivale. LA REVENCHE D’UNE BLONDE, RDV AVEC UNE STAR, SA MERE OU MOI, tout ça, c‘était lui! Un CV sans accroc, si l’on excepte  LAS VEGAS 21 avec Laurence Fishburne, devenu depuis un Expert, un film palpitant ou des jeunes matheux allaient se servir de leur cervelle pour se faire un peu de fric, voir beaucoup, de quoi déplaire à Laurence Fishburne. La réussite de LAS VEGAS 21 n‘était pas seulement le fait du hasard, sans doute aussi que le talent de Robert Luketic y était pour quelque chose. Mais le réalisateur a malheureusement rechuté depuis en nous abreuvant d’une nunucherie dont il est coutumier, L’ABOMINIBALE VERITE il y a deux ans et pour cette année, KISS AND KILL…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ORDINARY PEOPLE:

Un film pas ordinaire

 


Imaginez une jeune recrue qui vient de rejoindre un bataillon de l’armée serbe. Pas le temps d’engloutir un petit déjeuner frugale qu’un caporal fait irruption dans la cantine et donne l’ordre au 3ème bataillon de sortir illico dans la cour de la caserne et de se mettre au garde à vous ! Notez que ce 3ème bataillon ne compte que 5 ou 6 hommes, dont le bleu bite, la jeune recrue, celui qui ne sait pas et ne peut pas savoir ce qui l’attend. Les autres soldats aussi sont loin de se douter de ce qu’ils vont vivre…Tout juste savent-ils qu’ils partent en mission parce que leur capot leur a dis : "On va s’occuper de l’ennemi" . Ces hommes montent donc à bord d’un bus. Destination inconnue. Alors que la radio déverse une propagande antiterroriste très appuyée, sans omettre de préciser que "les auteurs de crimes de guerre seront sévèrement puni", un paysage de campagne verdoyante, très beau, défile sous leurs yeux. L’autobus les conduit dans un lieu visiblement désaffecté, et située loin de toute civilisation, loin évidemment des regards indiscrets. Là, ils attendent sous une chaleur étouffante.



Ils attendent pas très longtemps. Arrive en effet une première camionnette avec à son bord une dizaine de prisonniers : des civils. L’ordre de les exécuter est donné. Et les camionnettes, donc les exécutions sommaires, de se succéder à un train d’enfer jusqu’à la tombée de la nuit. Pour tenir le choc, les homme du 3ème bataillon s’imbibent d’alcool. La plupart ne veulent pas participer à ce massacre, mais la guerre, c’est la guerre ! Aussi horrible soit-il, un ordre est un ordre. Il doit être exécuter sans broncher. A la fin de la journée, hagards, ces soldats ne sauront même pas capables de dire combien ils en ont tué !


 

Ordinnary Poeple, un film âpre, rude, radical de Vladimir Persic qui opte pour un style le plus épuré possible puisque entre 2 travelling soignés, il inflige au spectateur de longs plans fixes contemplatifs, ou il scrute le visage de ces hommes ordinaires devenus des machines à tuer!  Le cinéaste n’hésite pas, par exemple, à rester 5 minutes sur la recrue, debout devant un mur, en train de s’interroger sur le sens de tout ça. Evidemment qu’avec un tel dispositif, on trouve le temps long. Mais ce temps qui s’écoule très lentement est justement au cœur du scénario. Il n’y avait pas d’autre astuce pour permettre au spectateur d’entrer dans la tête de ce jeune homme perdu, désemparé par l’horreur que lui inspire la situation. Mais ce poids moral est anesthésier par l’alcool. Les soldats se saoulent. Ils n’ont pas d’autre solution pour résister, supporter, ne pas craquer. Parfois, ils tentent un timide retour à l’humanité, le temps de partager une cigarette, de parler de cette météo caniculaire, un temps parfait pour aller à la pêche dira un soldat… C’est vrai que c’est toujours mieux que la chasse ! Mais la conclusion appartient au caporal du début qui intimera l’ordre à ses homme de garder le silence. « Pas un mot sur aujourd’hui » dira-t-il, Chacun repartira en autobus, silencieux et condamné au secret à vie.


Ordinary People, un film pas ordinaire, pas facile, une description clinique d’une réalité terrifiante, un film puissant sur les crimes de guerre, presque une œuvre philsophique, en tout cas un film qui reste dans les mémoires, qui fait réfléchir, un film de Vladimir Persic, un coproduction franco-serbo suisse qui sort enfin au cinéma, 14 mois après une première au festival de Cannes 2009!

 





 

L'ILLUSIONNISTE:

du beau travail à l'ancienne



Ce nouvel animé de Sylvain Chomet est dans la droite lignée des Triplettes de Belleville. Même animation en 2D, même type de coloration aussi. C’est du vrai dessin animé et cette technique a une résonance particulière avec l’histoire qui est comptée, en l’occurrence, la fin d’une époque et le début d’une autre. Depuis quelques années déjà, la 3D a fait son apparition et pas que dans l’animation, reléguant la 2D au placard…  Notez tout de même qu’ici, Chomet a eut recours un peu à l’ordinateur, notamment pour les trains, les bus à 2 étages lorsqu’il s’agit de les dupliquer et surtout de les animer. Mais pour tout le reste, c’est de l’artisanat, l’œuvre d’un artiste qui aura d’ailleurs mis 7 ans et 11 millions d’Euros pour accoucher de cet ILLUSIONNISTE.
 


Donc ici, on nous raconte, sur la base d’un scénario écrit par Jacques Tati, la fin d’une époque. La télévision se démocratise petit à petit, en même temps que le rock n roll sonne le glas du music hall. Dans ce contexte, un magicien a de la peine à s’en sortir correctement. Il quitte Paris, rejoint l’écosse, là ou on lui propose encore d’honorer quelques contrats. Il n’y a plus qu’ici qu’il trouve un peu de boulot. Dans un bled retiré, il rencontre une jeune fille qui va lui coller aux basques. De retours à  la ville, à Edimbourg, il l’héberge dans sa chambre d’Hôtel. Mais un jour, la petite fille deviendra grande et il sera temps pour le vieux monsieur, de poursuivre sa route loin d’elle. A souligner que ce vieux monsieur, ce n’est pas Monsieur Hulot, mais monsieur Tati.



L’ILLUSIONNISTE a plusieurs atouts. Déjà, l’histoire est belle et simple. Y a pas de violence, juste une scène ou des chenapan tabassent un homme à terre. D’ailleurs, on ne saura jamais pourquoi. Il y a surtout une relation d’amitié qui est développé tout au long du film. Sylvain Chomet a réussi la prouesse de la raconter en à peine plus de 400 plans, 3 fois moins que pour les triplettes de Belleville. Ça donne donc un film plus lent, plus tranquille, plus reposant. Autre chose de remarquable, Il n’y a jamais  de Gros plans! Ca rejoint la marque de fabrique de Tati, qui racontait toutes ses histoires à "hauteur d'homme", sur la base de cadres larges avec des personnages filmés toujours en entier, sur leur pied!



Ca fait surtout du bien de se retrouver face à un animé qui possède une âme. Quand il pleut, on la sent, la pluie. On a presque l’humidité qui suinte sur l’écran, l’odeur qui monte aux narines. En plus, l’Ecosse a ceci de particulier que la météo peut varier en une seconde, et Sylvain Chomet ne se prive pas de jouer avec cette lumière et ces ombres changeantes… 

 


C’est un pays qui conduit n’importe quel chef opérateur au suicide, à cause de ces caprices météorologiques. Alors autant dire qu’en animation, on peut en profiter et jouer avec ces changements climatiques soudains.  Enfin, le film est presque muet et les bruitages, autant que les musiques composées par Sylvain Chomet prennent toute leur dimension. On les entend, on les remarque. Pour toutes ces raisons, laissez-vous donc charmer par L’ILLUSIONNISTE.
 






MAMMUTH:

il n'écrase pas que les prix! 



Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’avec Gus et Keal, entendez par là De Kervern et Delépine, on ne pouvait pas s’attendre à autre chose qu’à du GRO art! Et oui, les grondais ont une fois de plus eut la main lourde, dans le bon sens du terme, en signant un film poétique! Attention, je n’écris pas ça uniquement parce que dans MAMMUTH on y déclame de la poésie, mais aussi et surtout parce que l’approche est profondément humaniste. Les petites gens, ceux qui se contentent de squatter dans la marge deviennent une fois de plus les héros ordinaires d’un film extraordinaire. Certes ce MAMMUTH là est peut-être moins prenant qu’un LOUISE MICHEL. En tout cas, il reprend le schéma inverse. Si LOUISE MICHEL partait d’un drame pour aller gentiment se frotter à la comédie, MAMMUTH est construit en parfaite opposition: on part de la comédie pour mieux comprendre un drame. MAMMUTH est peut-être plus à rapprocher d’un AALTRA ou d‘un AVIDA, pour le coté road movie. Ceci dit, MAMMUTH n’en demeure pas moins aussi fascinant, sinon plus que ses prédécesseurs. 



Ici, Gérard Depardieu est LE mammuth, ce type un peu bourru, que tout le prend pour un con mais qui possède un cœur énorme. Bien sur qu’il ne faut pas s’arrêter à l’apparence de ce gros nounours un peu pataud, difficile à cerner et qui dissimule comme il le peut une faille. Régulièrement hanté par le fantôme d’Isabelle Adjani, l’on comprend bien vite que la vie s’est arrêté pour lui lors d’un drame survenu dans sa jeunesse. Depuis, il est devenu cette masse, ce mammuth.

 


Jeune retraité des abattoirs à qui l‘on a offert pour seul cadeau de départ un puzzle, marié à Yolande Moreau, une caissière de supermarché, ce mammuth doit retrouver ses anciens employeurs pour récupérer ses papelards, comme il dit, papiers qui lui éviteront de devoir racheter des trimestres de cotisation. Sans ses fiches de payes, sa rente ne devrait pas voler très haut. Voilà pourquoi notre homme, poussé par sa femme, va tenter de retrouver ses anciens employeurs et bouffer du bitume au guidon de sa Mammuth. Et oui, Mammuth est aussi le diminutif de la Münch Mammuth, une moto créée dans les années 60 par un inventeur allemand qui a réussi à insérer un moteur de voiture dans un cadre de moto. Derrière son aspect "obèse", la Münch Mammuth fait partie des motos les plus puissantes du monde.



MAMMUTH, un film puissant donc, avec forcément un fond social. C’est la griffe du duo Gustave De Kervern , Benoît Delépine. Leur cinéma lorgne volontiers sur celui d’un Maurice Pialat ou d’un Aki Kaurismaki. Dans leur film, conçu parfois comme une suite de saynètes, on y croise une ribambelle de personnages hauts en couleur, Bouli Lanners, Benoît Poelvoorde, mais aussi des amis grolandais comme Siné en viticulteur. La confrontation dans un caveau avec le mammuth vaut son pesant de barriques. Alors qu’ils dégustent un pinard jugé dégueulas par Siné, buvable par le mammuth, la conversation tourne progressivement sur ces fameux papelards. Et l’on devine que le mammuth n’a jamais été déclaré et qu’il n’obtiendra finalement rien parce que c’est un con d‘après Siné! Il y a encore d’autres moments d’anthologie ou le mammuth et son cousin Albert Delpy pratiquent l’onanisme en doublette, moment pathétique ou les deux branleurs finissent par laisser tomber, moment surtout sur réaliste parmi tant d’autres, comme celui ou Yolande Moreau et Catherine Hosmalin partent pour une embardée meurtrière, histoire de décapiter Ana Mouglalis après lui avoir fait bouffer ses viscères! En fait, elles veulent juste lui faire peur, lui donner une bonne leçon parce qu’elle a osé abuser de la naïveté du mammuth et lui voler son téléphone portable. 



Si tous les acteurs sont excellents, on pourra décerner une mention spéciale à Miss Ming, véritable révélation du film. Elle campe une poète, artiste loufoque, une illuminée perchée sur sa planète qui bricole des objets hétéroclites comme ce téléphone à cadran orné de pattes de poulet! Elle est particulièrement bizarre cette Miss Ming, à l‘image de ce film déroutant mais bigrement réjouissant qu‘est MAMMUTH. Oui, ça, c’est du cinéma m‘sieur dames. Gus et Benoît sont même allés jusqu’à tourner leur film en utilisant une pellicule dite ’inversible’, qui donne donc ce cachet, cette image  ou les couleurs vives ressortent! C’est tellement galère à manier que jamais personne avant eux n’avait oser tourner un long métrage avec ce genre de pellicules!  Autant de folie, autant d’inventivité, de créativité, pour surprendre un spectateur, ça s’appelle du géni. Mais ce qui serait génial, c’est que vous acceptiez de vous laisser surprendre en filant voir cet OVNI au cinéma!






MOON:

Space mais excellent! 



Voici un film de Duncan Jones, le fils de David Bowie, MOON avec Sam Rockwell - Robin chalk et Matt Berry. Oui, le fils de David Bowie est aussi génial que son père. Bon Duncan Jones n'est pas chanteur, musicien ou acteur, il est réalisateur, bercé au Tarkowski depuis son plus jeune âge j'imagine. en tout cas, quand je vois sa lune, enfin, son film MOON, je me dis que SOLARIS doit faire parti de ses films préférés... on y retrouve effectivement un peu de l'atmosphère, de l'ambiance parano, halluciné du russe.

 


on est à une époque ou sur la Terre, il a fallu prendre des décisions drastiques en terme de consommation d'énergie. Plus de pétrole mais une idée, envoyer sur la lune des hommes pour assurer le forage, l'extraction et l'expédition de l'hélium3. Le film débute alors que l'on fait directement connaissance avec Sam bell. On apprend qu'il est sur le point de rentrer sur Terre. Celà fait tout de même 3 ans qu'il est là, tout seul, sur cette lune! Souffrant en silence de son isolement et de la distance le séparant de sa femme et de sa fille, il passe son temps à imaginer leurs retrouvailles. Mais quelques semaines avant la fin de son contrat pour l'entreprise Lunar, Sam se met à voir et à entendre des choses étranges... D'abord convaincu que son isolement y est pour quelque chose, il se retrouve malgré tout à enquêter et découvre que si ses patrons ont prévu de le remplacer, ils n'ont jamais projeter de le ramener. A moins que ce soit la Lune qui ne souhaite pas le voir partir... 



L'acteur Sam Rockwell est juste impressionnant. Pas facile d'avoir une présence quand on doit parler à un machine en carton! On revient à l'essence même du jeu d'acteur. Il faut s'accaparer l'espace si je puis dire et être vraiment bon pour faire exister son personnage. Ceci dit, au bout d'un moment, il y aura d'autres comédiens qui vont entrer en piste... , ce sera plus facile, mais tout de même...



MOON est fort d’un scénario incroyable ou on devine progressivement ce qui est en train de se passer et quand le générique de fin ARRIVE, ON se pose bien des questions quand aux recherches que l'on est train de faire sur la génétique, sur l'avenir de l'homme... Pour ne pas trop en dévoiler, ce film là est à rapprocher de THE ISLAND de Micheal Bay, avec le spectaculaire en moins... c'est plus contemplatif, plus posé, plus anglais, moins ricain, donc plus prenant et nettement plus réussi. si vous aimez les thriller de science fiction minimaliste, ces films ou il suffit en effet de pas grand chose pour happer le spectateur, un décor lunaire.... donc en carton pâte.... un intérieur de station lunaire avec un robot qui parle et un écran de télé, un acteur la plus part du temps  seul, alors vous aimerez cette aventure mentale passionnante.





 

CRAZY NIGHT:

Pas si crazy que ça! 



Quoi de pire que la monotonie dans le couple ? C’est la question posée dans CRAZY NIGHT de Shawn Lévy avec Steve Carrell, Mark Walberg et Tina Fey. Et qui dit Shaw Levy sous entend 13 à la douzaine ou la panthère rose version Steve Martin, autant dire des trucs insipides, comédie pas drôle. Mais qui dit Steve Carell sous entend au contraire comédie enlevée, rythmée, film ou les gags, les situations cocasses vont fuser de toute part. Et c’est le cas ici, dans ce CRAZY NIGHT.  



Pour tenter de rompre la routine qui s’installe dans leur couple, Phil et Claire Foster décident de passer une soirée extraordinaire dans le restaurant le plus en vue de Manhattan. Sans réservation, ils n’ont d’autre choix que de se faire passer pour un autre couple, les Triplehorn, afin d’obtenir une table. Erreur, grossière erreur, si le repas se déroule bien, ils vont avoir une surprise au dessert. En effet, 2 malfrats de la pire espèce qui en ont après les Triplehorn leur demande gentiment de quitter le restaurant, par la porte de derrière. Dans cette ruelle sombre, les ennuis commences pour ce couple ordinaire qui devra coute que coute retrouver une clé Usb, à priori en possession des vrai Tripelhorn… encore faut-il retrouver les vrai Triplehorn… Autant dire que la nuit sera courte et longue à la fois, en tout cas, pavée d’embûches, une nuit démente qui va leur permettre de faire exploser, entre autres, la monotonie de leur couple… Une chose est sûre : ils ne sont pas prêts d’oublier cette soirée.



CRAZY NIGHT, un film sympa, une comédie gentillette avec pas mal d’action. Il y a notamment une cascade en bagnole plutôt réussi et assez inhabituel pour ce genre de comédie romantique, un film ou l’on en profite donc pour remettre en question le train train, pour réflêchir à ce qu’il faut faire pour remédier à l’usure qui guette, pour raviver la flamme. Crazy Night est d’abord une histoire sur la vie de couple, le mariage, le fait d’aimer quelqu’un, et sur la vie qui se met en travers et pèse sur vous, avant d’être une comédie. Bon maintenant, si on peut rire un peu tout en réfléchissant… pourquoi s’en priver? Le film fonctionne surtout autour d’une accumulation de quiproquo souvent rigolos. Steve Carell déroule gentiment son numéro. Pareil pour le monsieur muscle Mark Wahlberg, qui ne fait que 2 apparitions à torse poil, mais tout de même.



A signaler aussi une ou deux apparitions d'Alexander Mahone, le redoutable agent du FBI menant la vie dure aux fugitifs de la série Prison Break . il est là et incarne un homme de loi pourri jusqu’à la moelle, un type qui file droit derrière l’affranchi RAY LIOTTA également crédité au générique de CRAZY NIGHT, à voir dès demain au cinéma !

 


 

QUE JUSTICE SOIT FAITE:

Be pas Cool...



En attendant de finaliser son biopic sur Marvin Gaye, Gary Gray, réalisateur de BE COOL, mais aussi du NEGOCIATEUR a repris les commandes d’un projet qui avait du plomb dans l’aile. A la base, Frank Darabont devait réaliser ce film avec Catherine Zeta Jones en vedette. Finalement, Darabont le réalisateur de THE MIST est resté dans la brume. Gary Gray fût appelé à la rescousse pour aider Jamie Foxx à résoudre l’énigme Gerard Butler. J’explique. 



QUE JUSTICE SOIT FAITE met en scène un face à face explosif entre un brillant avocat et un père de famille avide de justice. Au passage, Jamie Foxx campe cet avocat arrogant, sûr de lui, intraitable, qui ne jure que par son taux exceptionnellement haut d’inculpation (96%). Pour ne pas qu’il chute, et que sa carrière stagne, l’homme de loi pactise avec le diable et mésestime la peine et l’envie de justice de son client incarné par Gérard Butler. Ce dernier a assister, impuissant, au massacre de sa femme et de sa petite fille. Le film s’ouvre justement sur cette scène, d’une rare violence. Une famille tranquille s’apprête à passer à table. Subitement, 2 inconnus s’invitent. Un grand coup de batte de baseball dans la tronche plus tard, le père se retrouve menotté, face contre terre. Avec à peine plus de courtoisie, sa femme se fait molester. Pendant que l’un des cambrioleurs dérobes quelques objets de valeurs, l’autre se laisse aller à poignarder le père de famille. Incapable de secourir sa femme, il ne peut qu’assister en spectateur à son viol et à son meurtre. Dans des circonstances que l'on imagine tout aussi atroces, sa petite fille subi les affres de ce malade. Avant de s’enfuir, le meurtrier lâche cette courte phrase: « personne ne peut échapper à son destin ». Très vite, les 2 crapules sont arrêtées par la police. Pour éviter tout procès, l’avocat de la défense passe un marcher avec le plus barbare des deux. Selon lui: « Il vaut mieux un peu de justice que pas de justice du tout. » Le marcher consiste à laisser la vie sauve au cinglé et à envoyer à la potence son complice, celui qui s’est contenter de cambrioler. 



10 ans plus tard, le condamné à mort est sur le point d’être exécuté pendant que son copain, qui a purgé sa misérable peine au vu de son crime, se tape gentiment une pute et une ligne de coke. Mais l’exécution se déroule on ne peut plus mal. Quelqu’un a traficoté le système d’injection. Le condamné meurt dans d’atroces souffrances. Quelques jours après, on retrouve dans un hangar à l’abandon l’autre assassin découpé en morceau! Rapidement, l’avocat fait le rapprochement avec le seul suspect possible. Le père de famille se laisse donc arrêter. Sans pour autant passer aux aveux, il admet à demi mots qu’il a eut 10 ans devant lui pour fantasmer la mort des deux salopards qui ont ruiné sa vie, et de toutes les personnes qui ont laisser l’assassin de sa famille s’en tirer avec 3 ans de prison. Alors qu’il mène sa sanguinaire vengeance depuis le fond de sa cellule, en haut lieu, on commence à se demander comment faire pour empêcher un psychopathe de nuire alors qu’il est déjà en prison? 



QUE JUSTICE SOIT FAITE, un thriller haletant, particulièrement prenant. Et même si l’on ne peut cautionner les agissements de ce père de famille vengeur, il est bien difficile de le blâmer. Il faut dire que tout est mis en œuvre avec cette scène d’ouverture pour que ce type s’attire les sympathies du spectateur, et ce, même s’il devient à son tour un dangereux psychopathe. Malheureusement, si le film part sur les chapeaux de roue, le scénariste est rattrapé à mi chemin par l’envie de glisser un rebondissement complètement stupide, une combine abracadabrante pour expliquer comment ce gars peut continuer à tuer des gens alors qu’il est en prison! Il aurait été tellement plus ingénieux de stopper les meurtres et d’entamer une partie plus psychologique, pour démontrer au public américain que son système de justice est particulièrement défaillant! 



QUE JUSTICE SOIT FAITE, un film très décevant car il avait le mérite de remettre sur le tapis l’épineuse question de la peine de mort. Même si, sous nos contrées, elle a été abolie, aux States, il en va autrement. Au-delà de cette prise de position contre la peine de mort, le film met l’accent sur un autre point crucial. Une ordure peut avoir commis le pire des crimes, elle peut néanmoins s’en sortir avec une peine minimale en passant un marcher de dupe avec l'avocat de la partie adverse. Dans le cas du film, il a suffit au vrai meurtrier de plaider coupable et de désigner son compagnon comme étant l’assassin pour éviter tout procès devant un jury populaire! L’action du vengeur est donc seulement guidée par cette aberration. Pour lui, il ne s’agit pas de vengeance, mais seulement d’alerter la population sur ce système injuste, et tant pis si des innocents doivent payer le prix. Dommage donc que les producteurs aient privilégié le spectaculaire et sacrifié du même coup sur l’autel du divertissement un film qui aurait pu être un plaidoyer fort et intelligent pour une réforme du système judiciaire américain!

 

 

 

 

L'AMOUR C'EST MIEUX A 2:

un téléfilm sympa



En amour, il y a deux styles d’homme: ceux qui pensent avec leur zizi et ceux qui pensent! si les premiers accumulent les flirts sans lendemain, les seconds sont plutôt du genre timides exacerbés, malhabiles, rêveurs, trop romantiques et certainement aussi trop idéalistes pour trouver chaussure à leur pied! L’AMOUR C’EST MIEUX A DEUX est donc conçu autour de ce bon vieux cliché. Le scénario s’appuie sur un classique buddy movie. Deux potes d’enfance ont une conception diamétralement opposé de l’amour. Si Manu Payet ne pense qu’à séduire, Clovis Cornillac croit en l’histoire d’amour avec un grand Mour! Le film débute sur les chapeaux de roue. Clovis Cornillac est sur le point de se marier. Son témoin, Manu Payet est comme toujours en retard. Pas de soucis. Le maire va tout de même sceller cette union. Un an plus tard, dans la scène suivant, donc après une grosse ellipse, on retrouve dans le bureau de l’avocat Manu Payet, Clovis Cornillac et sa femme en train de signer les papiers du divorce! Scène évidemment pathétique ou l’avocat détendra l’atmosphère une fois que l’ex aura quitté les lieux. Je vous la retranscrit plus ou moins fidèlement:

-dis donc, c’est dingue
-de quoi
-elle a signé Connard!
-ben oui et alors?
-Tout de même, t’es pas un connard!
- mais c’est son nom!
-Connard?
-oui, Onnard, Cécile Onnard… C. Onnard… connard!
-Aaah….
-Quoi…. Si elle s’était appelé Loudegirofle, ça aurait fait Clou de girofle!
-Oh, très drôle ça….


Voilà, le ton de cette comédie romantique est donné : Il sera léger. D’une manière générale, les dialogues sont extrêmement brillants. Personnellement, quand je croise dans un film un personnage d’Homosexuel qui s’appelle Ariel, ça me fait marrer: Ariel, l’Omo, c‘est rigolo! Ben il faut bien ça pour éviter de sombrer dans l’ennui car, comme dans toute comédie romantique digne de ce nom, l’intrigue n’a pas grand intérêt! Effectivement, on sait dès le début que le doux rêveur va rencontrer son idéal féminin, une princesse charmante avec qui il passera des moments doux et complices. On sait aussi qu’après la rupture de circonstance, peu importe la raison, les 2 tourtereaux galoperont vers le happy end de série.



Et pendant ce temps là, le copain baiseur, chasseur de comète de Halley (ou on pourrait dire de cumète de Halley, le genre de cul que l’on ne croise que tous les 75 ans dans une vie! ) va évoluer, comprenant qu’une femme, ce n’est pas seulement un corps et des fesses!  Voyez le niveau! Ceci dit, si à priori, le film pourrait paraître un poil macho, faisant passer les filles pour de simples godiches, notez que les hommes en prennent aussi pour leur grade et que les copines de l’héroïnes ne mâchent pas leur mot, expriment surtout les mêmes besoins physiques ou sentimentaux que les mecs… Mais en règle général, on sent quand même que le film a été écrit par des hommes! Du rythme et de bons dialogues, L’AMOUR C’EST MIEUX A DEUX possède tous les atours de la parfaite comédie romantique, un gentil petit téléfilm sympathique. 



Coté casting, le duo Clovis Cornillac - Manu Payet fonctionne vraiment bien. Virginie Efira s’en tire avec les honneurs même si il faut bien admettre qu’elle ne sait pas pleurer! Ses deux copines Annelise Hesme et Laurence Arne sont parfaites.



Mais celle qui crève littéralement l’écran s’appelle Shirley Bousquet. Cette comédienne est excellente. Elle joue une bombe atomique avec un QI d’huître! Elle le fait à merveille. On assiste à plusieurs face à face délicieux entre elle et son patron Clovis Cornillac! Je vous en livre juste un, alors qu’elle dévoile fièrement un Tee-shirt avec ce slogan qu’elle a imaginé et fait imprimer sur la poitrine: Pour la misère dans le monde. Cornillac lui fait remarquer, gêné:


-Pour la misère dans le monde ?!?!? C’est, c’est,  c’est bien… C’est un peu..
-ça va pas?
-Si, mais il manque quelque chose non?
-ben, euh….?????
-la fin!… non?
-Ah oui, vous avez raison, c’est vrai que c’est un problème!
- Ben oui
.Tellement de gens meurent chaque jour à cause de ça
-…?!?!?!! Euh…oui,  Mais euh…  non, je pensais, la fin….F.I.N
-Aaaaahh… Décolé, je croyais que vous parliez de la fin, F.A.I.N!



L’AMOUR C’EST MIEUX A DEUX, un film léger de Dominique Farrugia et Arnaud Lemort, sur une idée originale de Franck Dubosc, comme quoi le campeur peut avoir parfois quelques bonnes fulgurances! La meilleurs, c’est d’avoir laisser Farrugia et Lemort revoir cette copie de A à Z. Résultat, au lieu de se retrouver avec une parodie pas drôle de comédie romantique intitulée L’Homme qui murmurait à l’Oreille des Femmes, on se retrouve avec une véritable histoire d’amour, mais truffée de blague, de quoi passer un très agréable moment.










J'AI OUBLIE DE TE DIRE:

Hymne à l'euthanasie



Rien de Transcendant dans ce long métrage Franco-belge qui traite du choix de la vie que l’on souhaite mener ou pas, de la mort que l’on souhaite avoir ou pas…. Mais J’AI OUBLIE DE TE DIRE évoque surtout la maladie d’Alzheimer. En fait, Omar sharif alias Jaume est un vieil homme bourru, un peu acariâtre. Ce cycliste à la retraite devrait bientôt franchir la ligne d’arrivée de la dernière étape de sa vie. Pour passer le temps, et parce qu’il aime ça aussi, cet ancien sportif s’est réfugié dans la peinture. C’est un artiste. Marie, joués par Emilie Dequenne, est une jeune fille de 25 ans dont on découvrira qu’elle a commis une erreur lourde de conséquences. Cette petite chapardeuse vient d’arriver au village. Elle travaille à la cueillette des fruits. 



Elle aussi, pendant son temps libre, elle crayonne un peu, mais elle aimerait tellement apprendre à peindre, peindre comme Jaume!  Encore faut-il décider le vieil homme de lui enseigner quelques rudiments. Contre toute attente, une relation d’amitié va se nouer entre ces 2 êtres. Bien sur que ça ne plaira pas au petit copain jaloux de Marie et à la sœur de Jaume, jalouse aussi. Il faut dire que Marie qui est à la recherche d’un père, qu’elle n’a pas forcément eut, va passer tout son temps avec Jaume qui se prend finalement au jeu.  De son coté, la sœur de Jaume a mis tellement de temps à ce qu’il l’accepte en tant que sœur, qu’elle voit d’un très mauvais œil l’arrivée de Marie. Mais peu importe ces petits secrets et ses grandes failles, ses rivalités et ses mesquineries, ce qui compte c’est Jaume. La mémoire du vieil homme vacille de plus en plus. Alors que Marie est en train de découvrir sa véritable identité, Jaume perd la sienne à petit feu. Bientôt, il ne reconnaîtra rien ni personne. Bientôt, il sera un légume. Bientôt, il faudra peut-être songé à l’euthanasie. 



Au delà la maladie à proprement parler, J’AI OULIE DE TE DIRE met surtout l’accent sur la fin de vie. Faut-il accepter de voir un être cher souffrir sous prétexte qu’aucun texte de loi, tout du moins en France,  n’autorise l’interruption de vie? Faut-il respecter les dernières volontés du mourrant pour qu’il meurt dans la dignité? Voilà ce dont parle finalement ce film. Le dispositif narratif est plutôt malin. Bien sur que le cinéaste a son idée sur la question et pour amener le spectateur à penser comme lui, il le manipule. Déjà, il fait de Jaume un vieux monsieur très sympathique. Personne ne peut vouloir sa mort mais personne ne peut supporter sa souffrance, comme celle de son entourage. Reste à savoir qui! Qui osera soulager Jaume? Sa sœur? Son neveu attardé qui se prend pour Klin en peignant tout en bleu? Sa nouvelle amie Marie? Le fils garagiste d’un de ces anciens compagnons?  Malgré la tristesse qui inévitablement pointe dans le scénario à cause de la mort de Jaume, Laurent Vinas-Raymond évite le pathétique. Avec un tel sujet c’est vrai que J’AI OUBLIE DE TE DIRE aurait facilement pu s’apparenter à un tire larme insupportable. En guise de cela, ce film est profondément humaniste, avec une belle note d’espoir à la fin. On oscille entre rire et pleur, entre le bucolisme de Jean Becker et la simplicité des histoire de Claude Sautet. 



Et puis surtout, le cinéaste a pu compter sur un duo d’acteurs complices. La relation entre Emilie Dequenne et Omar Sharif sonne très juste. Les deux comédiens sont excellents et profondément sincères. Seul bémol, une chanson de Cali qui tourne trop souvent dans la bande son, Cali qui est également présent à l’écran le temps d’un concert!










CELLULE 211:

un prophète espagnol


 


Ce film a fait un carton en Espagne en raflant 8 Goya, l'équivalent de nos Quartz ou des Césars français. CELLULE 211 est la version espagnole de UN PROPHETE de Jacques Audiard qui lui-aussi a cartonné, à croire que les films de prison subjuguent les professionnels du cinéma, comme le public, car CELLULE 211 a attiré près de 2 millions de spectateurs en Espagne, autant dire, un ras de marée! Il faut dire qu'il n'y rien de tel qu'un bon huit clos dans une taule pourrie pour revenir à l'essence même du cinéma,. à savoir une bonne histoire, une cinquantaines de figurants, 2 personnages principaux, une poignée de secondaires, une relation d'amitié à priori impossible, des traîtres, des lâches, des courageux, un peu de barbarie, pas de happy end, un filmage à hauteur d'homme, sans chichi ni fioriture. Et voilà comment on se retrouve prisonnier de cette CELLULE 211, un bijou de Daniel Monzon.



Juan est un jeune gardien de prison . Par excès de zèle, il se rend dans le centre pénitentiaire où il va travailler, la veille de son affectation, histoire de visiter les lieux, de s'imprégner de l'ambiance et de donner une bonne impression à ses supérieurs. Alors qu'il se balade avec deux de ses futurs collègues dans les couloirs du quartier de haute sécurité, une mutinerie éclate. Juan est assommé par un morceau de plafond qui est tombé de l'étage supérieur. On entend des cris. Les gardiens expérimentés savent ce qui est en train de se tramer. Ils abandonnent Juan dans la cellule 211, alors qu'il est inconscient. Lorsqu'il émerge quelques minutes plus tard, Juan comprend qu'il se trouve là ou il ne devrait pas être, au milieu des prisonniers en colère. En un éclair, il réagit que si il veut rester en vie, il doit immédiatement se fondre dans la masse, donc se débarrasser des lacets de ses chaussure, de sa ceinture, de tout ce qui pourrait aider à le démasquer. Seulement, les prisonniers ne sont pas stupides. ils n'ont jamais vu ce blanc bec. Qui est-il? Que faisait-il dans la cellule 211, récemment débarrassé de son locataire suicidaire? Juan va devoir jouer un véritable numéro d'équilibriste pour mener en bateau Malamadre, le meneur de la mutinerie. Il va tout faire pour protéger son identité, protéger aussi 3 terroristes de l'ETA retenus en otage  dans cette prison. C'est la monnaie d'échange des mutins pour obtenir de meilleurs conditions de détentions. Juan devra donc ruser si il veut sortir de là indemne et retrouver sa femme enceinte de 6 mois....



Bien qu'il s'agisse d'une fiction, l'univers des prisons, cet espace clos, sorte de société parallèle est particulièrement bien dépeint. Il faut dire que Daniel Monzon s'est documenté. Il a rencontré des prisonniers, des familles de détenus, du personnel carcéral, des tuteurs, bref, des gens qui passent leur vie en prison. Ensuite, il s'est rendu compte, comme Jacques Audiard, que les quartiers de haute sécurité réservés aux criminels les plus dangereux sont des lieux inhumains. Ils sont maintenus à l'isolement forcé, sans lumière, sans personne à qui parler pendant parfois de longues semaines, Dans le film, les mutins réclament, à l'instar d'un Vincent Cassel dans Mesrine que ces QHS soient purement et simplement supprimés. Mais le film possède plusieurs niveau de lecture. Non seulement, on y montre les conditions lamentables de détention dans les prisons espagnoles, mais on y découvre aussi la hiérarchie qui  existe entre les taulards, les relations avec les gardiens. Dans cet univers, il y  a des taupes, des salopards, des gentils, quoique non! Il y avait un gentil garçon qui va devenir un bien vilain criminel. 



Au cours de cette mutinerie, Juan va effectivement, par la force des choses, changer. Au delà de l'aspect film de genre, CELLULE 211 s’apparente à une véritable tragédie moderne, une histoire de destins, d'enchaînements d'évènements implacables. CELLULE 211 raconte cet amitié improbable entre Juan et Malamadre, mais le film montre surtout qu’en s'initiant petit à petit aux lois de la prison, Juan apprendra que finalement, que l'on soit du bon ou du mauvais coté, ça ne change rien. Pour rester en vie, on ne doit faire confiance à personne, ni aux prisonniers, ni aux collègues gardiens. Juan apprendra surtout que chacun de ses actes a forcément des conséquences que personne ne peut anticiper...



Tourner caméra au poing, en décor naturel, dans une prison à l'abandon, c'est guerre moins ce décor qui a dicté le rythme du film. Les cellules, les coursives, les murs, les mirador, les passerelles se sont imposées au réalisateur par leur présence et ont largement orienté sa façon de filmer, orienté ses déplacements, ainsi que le jeu des acteurs. Cette contrainte physique à imposer le cadre à chaque fois... CELLULE 211, pour une fois, si vous alliez en prison voir ce qui s’y passe! Vous ne serez pas déçu de l’expédition!

 








COLD SOULS:

Un bijou de sur-réalisme



En regardant ce COLD SOULS, on pourrait croire que c’est Woody Allen qui l’a écrit puisque le personnage principal n’est autre qu’un acteur new yorkais névrosé en proie au doute, un acteur qui a peur de chuter, un homme peu sûr de lui et qui porte le poids du monde sur ses épaules. On pourrait croire aussi que Charlie Kaufman et Spike Jones se sont amusé à imaginer une variante tout aussi loufoque que leur chef d’œuvre BEING JOHN MALKOVITCH. On pourrait croire aussi qu’il s’agit d’un prolongement de la SCIENCE DES REVE imaginée par Michel Gondry. On devra finalement se rendre à l’évidence: Sophie Barthe possède un peu de ces metteurs en scène en elle. C’est vrai que COLD SOULS mêle le sur réalisme cher à Bunnel au tourments et tracas intimes chers aux autres sus nommés. Imaginez-vous que Sophie Barthe a eut l’idée de ce premier film alors qu’elle se réveilla en sursaut au beau milieu de la nuit. Surprise par son rêve, elle coucha immédiatement sur le papier son idée, celle d’un homme qui voudrait se débarrasser momentanément de son âme. 



Une société existerait, qui se chargerait de vous vider le corps de cette âme. Bien sur que cet âme serait conservée, avec celles des autres patients, à l’abri dans une sorte de salle des coffres pour âme. Voilà en gros son idée. Evidemment que ces éléments sont repris dans ce film COLD SOULS ou Paul Giamatti incarne cet acteur torturé, soucieux de mettre son âme de côté. Il croit que ça l’aidera à résoudre ses problèmes relationnels avec sa femme, que ça l’aidera à mieux incarner le personnage qu’il doit jouer au théâtre. Car Paul Giamatti est en proie au doute. Il est fatigué,  sans doute à cause du poids de son âme! Il ne sait plus comment interpréter son personnage dans cette pièce de théâtre russe, ce qui perturbe son metteur en scène. 



Alors Paul Giamatti se rend dans cette clinique au décors complètement aseptisé. Il commence par discuter avec le charlatan qui lui propose de lui extraire son âme. Perplexe, il se décide à pénétrer dans l’extracteur d’âme. En sortant de cet improbable machine, Paul Giamatti est stupéfait lorsqu’il découvre que son âme est un poids chiche. Le pire, c‘est qu‘aucun de ses problèmes ne se résorbent. Pire que ça, une mule russe, une passeuse d’âme clandestine va même lui subtiliser son poids chiche. Paul Giamatti n’aura d’autre choix que d’entrer en contact avec elle, se rendre en Russie pour tenter de récupérer son âme. Ce n’est pas gagné car elle appartient désormais à la femme d’un riche trafiquant d’âme, une actrice de sitcom lamentable qui aurait tellement aimé posséder l’âme de Al Paccino! 



COLD SOULS, une comédie fantastique culottée, mais de toute façon, Sophie Barthes est culottée! Avant même de rencontrer Paul Giamatti, elle a écrit son scripte pour lui, sans jamais l’avoir rencontré! Simplement parce qu‘elle est tombé sous le charme de AMERICAN SPLENDOR, qui est au passage splendide, elle s‘est lancée dans l‘écriture d‘un traitement pour cet acteur après avoir dévoré moult interviews du comédien. C‘est comme 4a qu‘elle écrit le personnage principal de son film, en se disant secrètement que si il refusait la proposition, elle traduirait son scénario en français et le proposerait à Mathieu Amalric. C’est  vrai qu’il aurait pu être parfait Amalric dans ce COLD SOULS. Mais rassurez-vous, Paul Giamatti était lui aussi taillé pour ce rôle. 



A la suite d’une rencontre fortuite lors d’un festival, Sophie Barthes lui parle de son projet. Il dévore le scénario et se positionne tout de suite: « Votre film me plait. Je vais le faire. » Dès lors, les portes restées closes s’ouvrent. D’autres acteurs et actrices se joignent au projet comme Davide Strathairn qui joue le médecin complètement farfelu,celui qui tient des théorie abracadabrante sur l’âme, également Dina Korzun, l’une des grandes figures du Théâtre de Moscou qui incarne la « mule » convoyeuse d’âmes.



Parmi ce casting hétéroclite,on retrouve également la canadienne Katheryn Winnick dans la peau d’une bimbo russe, Lauren Ambrose en secrétaire médicale compréhensive, vue dans la série Six Feet Under et enfin l’anglaise Emily Watson révélée par BREAKING THE WAVES. Elle joue l’épouse infortunée de Paul Giamatti.



Loin des schémas classiques et des production américaines insipide, la française Sophie Barthes a donc réussi à imposer à ses producteurs US un film ou le sur-réalisme prime, un film qui aurait pu sombrer dans la comédie romantique insipide. Une relation amoureuse aurait très bien pu naître entre Paul Giamatti et la mule russe, mais au lieu de trouver une âme sœur, Giamatti a trouvé une sœur d’âme, ce qui est franchement mieux. COLD SOULS, un premier film parfaitement réussi si l’on fait abstraction du micro du perchiste qui est sans cesse dans le champ, mais sans doute était-ce volontaire?










IMOGENE:

une louFROTquerie de plus!




A qui s’adresse ce film? Voilà la question que l’on peut se poser après vision. Aux enfants? Pas sur que les facéties de Catherine Frot ne les amuse plus de cinq minutes! Aux adultes? Aucune chance, l’intrigue étant trop mince et le jeux des acteurs trop théâtrale pour les subjuguer! Aux séniors? Pourquoi pas… Ca leur rappellera leur jeunesse, quand ils se plaisaient à dévorer les aventures de Miss McCarthery écrites par Charles Exbrayat et parues dans la collection le Masque et la Plume! Mais oui. Vous avez peut-être en mémoire ces bouquins au format poche à la couverture jaune! Imogène McCarthery est l'un des personnages récurrents des romans policiers d’Exbrayat. Si le film ne reprend pas une aventure en particulier d'un des sept livres dans lesquels elle apparaît, c'est bien son personnage de vieille fille bornée, écossaise rousse, amatrice de cornemuse, de whisky pur malt et haineuse des anglais, qui est repris dans ce film. 



Imogène est une énergumène qui travaille dans les services de renseignements. Cette folle dingue aime à se balader avec un fusil à pompe et conduire une voiture alors qu’elle ne possède pas de permis! Vivant à Londres, elle se considère en exil.  En ce beau jour de mai 1962, cette secrétaire modèle à l'Amirauté vient une nouvelle fois d'humilier son supérieur hiérarchique. C'est l'esclandre de trop. Convoqué sur le champ par Sir Woolish, le grand patron, Imogène s'attend à être congédiée. Mais contre toute attente, elle se voit confier une mission secrète : convoyer les plans d'un nouvel avion de guerre jusqu'à un contact en Ecosse, dans son village natal.  



Mais en montant dans le train qui la ramène au pays, Imogène ignore qu’elle devra batailler contre des agents bolchéviques sans pitié et surtout, elle ne sait pas qu’elle va retrouver Samuel Tyler, son grand amour de jeunesse brisé par un terrible secret.



De facture extrêmement classique, IMOGENE a un coté désuet pas désagréable. Ceci dit, le personnage incarné par Catherine Frot rappelle beaucoup trop la Prudence Beresford du CRIME EST NOTRE AFFAIRE ou la fameuse ODETTE TOULEMONDE, pour surprendre le spectateur. De plus, ce film acidulé, naïf, stylisé, fantasque ne décolle jamais. On reste froid devant Catherine Frot, se demandant pourquoi elle en fait des tonnes. 

 


On s’interroge aussi face à la prestation de Michel Aumont à qui l’on a demandé de prendre un accent ridicule! Quant à Lambert Wilson, il campe un amoureux transit, protecteur un peu fougueux, une espèce d’adulescent qui laisse perplexe! Vous le constater. Il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la rétine. Cet IMOGENE est un essai raté. A la limite, quitte à toucher le fond, autant vous refaire ALLEZ FRANCE, surtout si vous aimez voir des images de rugby dans un film!   








IRON MAN 2:

Explosif!



C’est la sortie évènement de la semaine, une production Marvel qui avait enflammée le box office en 2007, raflant pas loin de 600 millions de dollars à travers la planète. IRON MAN2 de John Favreau, n’est pas spécialement la suite du 1, si ce n’est que désormais tout le monde peut mettre un visage sur le super héros à la combinaison de métal et qui fend la bise.


En effet, Tony Stark a été obligé d’admettre que c’était lui, IRON MAN, le seul homme qui a été capable jusqu’à présent de privatiser la paix…  Pas certain que le concept ne fasse que des heureux. Déjà au niveau de l’armée américaine, on aimerait bien qu’il fournisse les secrets de fabrication de cet équipement ultra moderne, sans équivalent.


Mais Tony Stark s’y refuse, prétextant que son costume n’a rien d’une arme de guerre.  Pendant que le super héros fanfaronne sur les plateaux de télé, quelque part, en Russie, un homme parvient à construire une arme peut-être encore plus redoutable car capable de mettre à terre Iron Man. Pas d’erreur, la tragédie se met gentiment en place. Reste juste à savoir qui décèdera à l’issu du combat final !


IRON MAN 2, un excellent divertissement, un vrai pop corn avec un type pas taillé pour endosser la responsabilité du super héros. Mégalo, imbu de sa personne, arrogant, dragueur, mais tout de même prêt à se sacrifier pour la sauvegarde de l’humanité, Tony Stark est incarné par un Robert Donney Jr en grande forme (élémentaire mon cher Donney !). L’armure d’Iron Man lui va comme un gant. 



A ses cotés, Gwyneth Paltrow joue les parfaites faire valoir. Il est les muscles. Elle est le cerveau. Quant à Don Cheadle, il est impeccable en meilleur ami capable de traîtrise, mais tout de même, un meilleur ami sur qui Iron Man pourra compter en cas de coup dur.



C’est comme ça dans les supers productions hollywoodiennes. Il est des valeur, telle que l’amitié, que l’on ne peut remettre en question, tout comme le fait de s’être trompé sur son papa. Même si Tony Stark est persuadé d’avoir été mal aimé, il va découvrir la vraie nature de son père. Au delà de cette psychologie de bazar, reste, pour qu’un Pop Corn soit réellement réussi, à trouver un vrai super méchant et à ce petit jeu, Mikey Rourke n’a pas son pareil. 




l faut encore une belle acrobate qui sait tortiller des fesses autant que jouer du poing, ce sera Scarlett Johansson, qui pour le coup a été doublée sur toutes ses scènes de combat. A ce niveau, même si le chef monteur Dan Lebental a fait des prouesses pour limiter la casse, le montage lui est tout de même fatal!


Beaucoup d’effets spéciaux, des explosions, des combats, une scène assez longue tournée sur le circuit de Monaco avec des F1 lancées à fond et qui volent en éclat, des robots pilotés à distance, quelques gadgets informatiques, un Sam Rockwell absolument brillant, quelques apparitions anecdotiques de Samuel L Jackson, une bande son pop rock un peu musclé…tels sont les ingrédients utilisés pour que le spectateur passe un agréable moment au cinéma, et nul doute qu’il le passera, à condition d’aimer le cinéma de pur divertissement.











LA REVELATION:

ou quand le TPIY

se retrouve

sur le banc des accusés



Voici un thriller palpitant, terriblement prenant, un film qui dénonce les limites du TPIY, le tribunal pénal international pour l’ex yougoslavie. Pour cela, LA REVELATION relate le procès fictif d’un ex général serbe Goran Duric. Pour dessiner les contours de ce personnage, le réalisateur et co scénariste Hans-Christian Schmid, aidé par Bernd Lange se sont documentés sur quelques personnages peu recommandables comme Radovan Karadzic, Milan Lukic ou encore Ratko Mladic. Le film montre avec finesse les compromis, voire les compromissions auxquels le TPIY, donc la justice doit se résoudre pour tenter d’arracher un semblant de résultat. Par exemple, dans le film, le procès de Goran Duric a lieu au moment ou la Serbie vient d’entamer des pourparlers pour adhérer à l’Union Européenne. On comprend vite que le politique va prendre le pas sur la justice. En effet, la situation est à double tranchant : si l’Europe offre au TPIY un moyen de pression pour obtenir la coopération de l’état Serbe pour faire condamner Duric, elle limite également ses investigations, de peur de gêner les dirigeants pro-européens en poste à Belgrade. Tout est là! Peut-il y avoir une justice internationale équitable quand les pouvoirs politiques et économiques s’en mêlent? La réponse, évidemment, on la connaît! Mais si le film accuse le TPIY de n‘être qu‘un tribunal de façade, il accorde des circonstances atténuantes à la procureur qui pourrait être Carla del Ponte, puisqu’on la voit se heurter à sa hiérarchie. On la voit même franchir à plusieurs reprise la limite au nom de la justice, justement.

 


Avant cela, LA REVELATION débute sur une fausse piste : un homme et sa famille se prélassent sur une plage espagnole. Si la maman est sur ces gardes, le père semble plus serein. Toute fois, un peu plus tard, sur le parking d’un centre commercial, le type remarque qu’on le suit. Il ne suffit de pas grand-chose dans la mise en scène pour que le spectateur ressente son stress. Une voiture vue de loin, une silhouette qui attend derrière le volant, un démarrage en douceur, quelques coups d’œil furtifs du traqué dans son rétro viseur, un changement de direction soudain pour semer son poursuivant. Là ou dans n’importe quel film américain, on aurait déjà eu droit à une course poursuite infernale, ici, il n’y a rien de tout ça. C’est d’autant plus fort qu’à ce stade l’on ne connaît pas le pedigree de ce type visiblement surveillé de prêt. Dans les plans suivants, le masque tombe. Ce bon père de famille est en fait un beau salaud, le général Duric, l’un des plus grands criminels de guerre du conflit bosniaque (1992-1995). Après son arrestation musclée, on pénètre dans les arcanes de la justice et de la diplomatie internationales. La mise en scène d’Hans-Christian Schmid parvient à rendre inquiétants les décors froids et impersonnels du tribunal de La Haye. Les bureaux, les couloirs aseptisés mais aussi les chambres d’hôtel au luxe standardisé, les halls glacés des aéroports, tout dans ce film est froid, une froideur magnifiée par une lumière souvent bleutée. D’une manière général, Le film mêle subtilement l’esthétique documentaire et les codes du thriller : le filmage caméra à l’épaule, les effets de zooms donnent l’impression d’instants saisis sur le vif, d’images « volées » comme dans un reportage d’actualité ou un documentaire. Les nappes synthétiques composées par le groupe The Notwist renforce encore un peu plus la parano qui s‘empare progressivement de certains protagonistes. 



LA REVELATION ne tire donc pas sa force d’une surenchère de spectaculaire mais au contraire de son souci de réalisme. On suit par exemple le déroulement très codifié d’un procès. On y découvre les mesures de protection des témoins. A la manière des grands thrillers politiques des années 70 comme LES 3 JOURS DU CONDOR de Sidney Lumet, LES HOMMES DU PRESIDENT d’Alan J. Pakula, ou encore certains films de Costa Gavras, des héros ordinaires, ici une fonctionnaire du TPIY et une jeune victime bosniaque émigrée en Allemagne vont se retrouver confrontés à des enjeux qui les dépassent. 



Tout en restant très allusif, le scénario de LA REVELATION s’appuie sur un ensemble de faits réels survenus lors de la guerre de Bosnie, notamment ces viols commis à Foca ou dans le camp de Vilina Klas. Les viols sont une redoutable arme de guerre, utilisés dans ce conflit mais aussi au Rwanda. Ils s’inscrivent dans un contexte idéologique imprégné de racisme. Ils participent  à une politique planifiée d‘épuration ethnique. En Bosnie, le viol des femmes avait pour objectif de terroriser, de pousser à la fuite l’ensemble de la communauté musulmane, mais aussi et surtout de briser l’intégrité psychologique de cette communauté. Le fantasme ultime de cette politique était de « reserbiser » la Bosnie, en enfantant des Serbes par le viol des musulmanes bosniaques. A travers le personnage de Mira et de son frère, LA REVELATION montre donc les terribles conséquences psychologiques de ces crimes : si Mira se voit contrainte à l’exil pour refouler le traumatisme, son frère Alen se révèle incapable de surmonter sa douleur et sa honte et va jusqu’à ce parjurer pour que la justice fasse son boulot. De coups de théâtre en rebondissements LA REVELATION permet dons ce saisir quelques-uns des enjeux de la géopolitique contemporaine, et pose au passage des questions fondamentales sur la vérité et la justice. Un film essentiel!








 


NENETTE:

un doc poilu

parfois poilant



Souvenez-vous en 2001, Nicolas Philibert avait fait sensation avec son intrusion dans cette salle de classe d’une école rurale. ETRE ET AVOIR avait obtenu un succès critique et publique sans précédent pour un documentaire. En 2007, RETOUR EN NORMANDIE, l’hommage à celui qui le lança dans le cinéma, René Allio ne connut pas le même succès. Il faut dire que ce making of sans le dire du film MOI, PIERRE RIVIERE AYANT EGORGE MA MERE MA SŒUR ET MON FRERE de René Allio n’apportait rien de réellement novateur. Autant souligner de suite que Nicolas Philibert avec ce portrait de NENETTE a renoué avec l’originalité. Et pour cause, Nénette est un personnage un peu spécial, roux, poilu et très âgé, en réalité une femelle Orang-outan qui fascine ceux et celles qui croisent son regard sombre empreint de tristesse. 



Ce qui ne devait être qu’un court métrage de 15 minutes est devenu au fil du montage un long métrage court de 70 minutes, format idéal car on n’a pas besoin de plus pour tout dire sur Nénette et ses congénères menacés d‘extinction. L’idée de ce film est venu par hasard alors que Nicolas Philibert file se distraire au jardin des plantes. Ça faisait longtemps qu’il n’était pas resté scotché devant la cage de cette orang-outan. En observant la vedette locale, il se rend compte, que c’est peut-être elle qui observe les visiteurs, des visiteurs qui commentent tous ses faits et ses gestes. Et voilà comment, Nicolas Philibert est revenu avec son équipe pour poser caméra et micro devant la cage de Nénette, Tübo, Théodora et Tamü, 3 autres singes plus jeunes. Nénette, et c’est une de ses particularités, est née à la fin des années 60. Elle a aujourd’hui un peu plus de 40 ans, ce qui est exceptionnel car en milieu naturel, un orang-outan dépasse rarement l’âge de 35 ans. Elle a eu trois mecs dans sa vie et donné naissance à quatre petits, dont Tübo (né en 1994) qui vit auprès d’elle. Son dernier-né a succombé à un arrêt cardiaque en 2007, à l’âge de 8 ans.  



Nénette passe le plus clair de son temps à dormir planquer sous son lit de paille. Et quand elle émerge difficilement, elle s’installe lentement pour  déguster, presque immobile, son yaourt ou pour se désaltérer avec une bonne rasade de thé froid!  Alors, vous allez me dire: quel intérêt de filmer un singe qui ne fait rien ou presque toute la journée? C’est vrai qu’à priori, il n’y a rien de moins cinématographique qu’un orang-outan un peu pataud, discret, limite indifférent. C‘est à peine si on la remarque. Souvent en retrait, elle n‘est pas du genre démonstrative, sans doute qu’elle s’économise vu son âge avancé. C’est une hypothèse. On se demande ce qui se passe dans sa tête, et même si il s’y passe quelque chose. Il est donc là l’intérêt de ce documentaire. Se questionner sur Nénette et sur nous aussi, puisque Nénette nous renvoie une image, peut-être un peu la nôtre. En la regardant évoluer, en écoutant son histoire, on se dit qu’il y a du Nénette en chacun de nous, c’est évident!



Grâce au dispositif de captation, le spectateur du film se retrouve dans la posture du visiteur, derrière la vitre. En captant ces moments troublants hors du temps, où elle nous regarde, on s’interroge en même temps que les visiteurs rient, s’exclament, compatissent, s’apitoient, admirent sa souplesse ou l’éclat de son poil. Ces visiteurs restent hors champ. L’excellente idée que voilà! Entendre sans jamais voir la tronche des commentateurs.  Il faut dire que la star, c’est Nénette, pas son public. Les commentaires spontanés des familles, des couples, des touristes étrangers, des ados, des promeneurs solitaires, des étudiants en dessins, des soigneurs du jardin des plantes se succèdent. Alors que certains ricanent, d’autres poussent des grognements, gesticulent, la singent, ou s’interrogent à n’en plus finir sur cette poche qu’elle a sous le menton. Et Nénette de rester là, impassible, à regarder défiler ce beau monde, 600 000 personnes chaque année. C’est à se demander si finalement, ce ne serait pas Nénette qui nous observe et si ce ne serait pas nous, les singes de l’histoire! Qui singe l’autre? Belle question qui restera une énigme à jamais. Et ce n’est pas cette scène ou Nénette grimpe à un arbre et lave sa vitre parce qu’elle a vu un soigneur faire de même quelques instants plus tôt, qui éclaircira le mystère: Imite-t-elle le laveur de carreau ou lui fait-elle remarquer qu’il a mal nettoyé cette vitre? On ne sait pas. Avec Nénette on ne peut jamais savoir tant l’oang-outan est un être impénétrable. 












EN EAUX TROUBLES:

Un gros plouf!



Le pardon, la rédemption, la deuxième chance, le nouveau départ dans la vie, voilà des thèmes classiques maintes fois visités au cinéma alors quand un film sur ces thématiques là débarque, il faut se méfier, rester ses gardes, vigilant. Force est de constater que celui-ci débute plutôt bien. Au cours d’un flash back, deux ados kidnappent un enfant dans son landau. En fait, ils en voulaient au sac à main de la mère posé sur ce landau. Arrivé au bord d’une rivière, alors qu’il fouille le sac, le gamin se réveille et dit reconnaître ses kidnappeurs. Panique des ados. Pendant qu’ils se disputent, le môme saute du landau mais chute lourdement sur une pierre, se fracassant le crâne. C’est là qu’ils décident de jeter le corps dans l’eau. 



Retour au présent. Les deux ados ont grandi, en prison. L’un des deux est sur le point de sortir et de tenter une réinsertion. Devenu organiste virtuose, il trouve du boulot dans une paroisse d’Oslo. Gentil, agréable, serviable, et doué, il est très vite adopté par cette communauté à qui il a dissimulé son passé. Mais bientôt, ce fameux passé va revenir au galop et chambouler ses plans de réinsertions. 



EN EAUX TROUBLES, un film qui démarre bien mais dès qu’arrive la 50ème minute, on devine déjà le dénouement et par quel chemin vont passer les deux principaux protagonistes pour arriver à l’explication finale! De là à dire que l’on s’ennuie, ben oui… et profondément! L’intrigue n’ayant plus aucun intérêt, il ne reste qu’à se concentrer sur l’interprétation des personnages, plutôt honnête, sans plus! 



Le  montage, quant à lui, dans le style maladroit, est un modèle du genre! Certes, si les nombreux  flashs backs sont bien vus, ils demeurent trop explicite. Ils racontent beaucoup trop de chose et surtout beaucoup trop tôt dans le déroulement de l‘intrigue. Enfin, il est bien difficile de comprendre pourquoi en cours de route, le cinéaste change de point de vue. Ça ne sert à rien à part rallonger la sauce. Du coup au lieu de se fader un bon film d’une heure et demi, on doit se farcir un mauvais téléfilm de presque 2h! Si la multiplication des points de vus peut avoir du bon, comme dans les AMOURS CHIENNES par exemple ou elle aide à la compréhension de l‘histoire, à définir plus précisément le contour de certains personnages, dans le cas de EN EAUX TROUBLES, elle n’amène rien. On n’a en effet pas besoin du point de vue de la mère pour comprendre la souffrance dans laquelle elle est plongée depuis tant d‘année, comprendre son sentiment de culpabilité, cerner ce besoin viscéral de rencontrer le meurtrier de son enfant pour l’entendre enfin avouer son geste. EN EAUX TROUBLES, un coup dans l’eau pour Erik Poppe










BLANC COMME NEIGE:

un bon film noir!



Construit sur le mode NE LE DIS A PERSONNE, voici un thriller français qui ravira ceux et celles qui aiment voir un type banal plongé au cœur d’une spirale infernale, un mec qui à force de ne faire que des mauvais choix risque de rejoindre le paradis plutôt que prévu après avoir connu l’enfer sur Terre! L’enfer pour lui, c’est mettre en danger la vie de sa femme, celle de sa fille, la sienne et celle de ses frères, quoique ces frangins, il s’en fout un  peu. Il est arrogant vis à vis d’eux, se considère largement supérieur à ces 2 blaireaux, sans doute parce qu’ils n’ont rien réussi dans leur vie à part faire un peu de taule et ouvrir un chenil en sortant du trou. Lui, il est blindé, plein aux as. Propriétaire d’une enseigne de voitures de luxe, marié à une femme sublime, papa d’une petite fille charmante, habitant une belle bicoque dans le sud de la France, cette vie bien rangée, bien réglée va bientôt partir en vrille dès lors que son associé sera retrouvé mort au bord d’une route, sa voiture encastrée dans un platane. Ce que tout le monde prendra pour un vulgaire accident de la circulation s’avérera en réalité être un meurtre déguisé. Mais pourquoi et surtout par qui cet associé a-t-il été tué ? 



BLANC COMME NEIGE un film qui a presque une dimension métaphysique puisque le scénario trouve son fondement dans un bouquin intitulé Le Livre de Job, un récit articulé autour d’un pacte terrible entre Dieu et Satan pour éprouver Job, censé être le représentant le plus droit, le plus fidèle, le plus vertueux de la foi. Job a peur de perdre, peur de manquer, peur d'être mal perçu, bref, il a peur de tout mais au final, il quitte cette peur et le pur matérialisme, pour mieux renaître de ses cendres et retrouver sa vie d’antan. Attention, la dimension métaphysique de BLANC COMME NEIGE s’arrête là, même si le film raconte le trajet d’un homme, Maxime, incarné par François Cluzet et qui semble connaître le même sort que Job. François Cluzet est une fois de plus impeccable en self made man qui a réussi mais qui va se retrouver embarquer dans un gigantesque tourbillon qui le dépasse, un type pas armé pour surmonter l’épreuve qui l’attend. Son personnage va devoir puiser au fond de lui pour trouver les ressources nécessaires qui lui permettront de se tirer d’affaire, lui et sa famille. 



Au delà du thriller, le film montre surtout des relations humaines, celles de cet homme avec ses frères ou avec sa femme. L’argent a complètement perverti son rapport aux autres. Le fait de côtoyer la mafia, de frôler la mort, de paniquer pour la vie de sa femme et de ses frères va incontestablement changer cet homme. En face de lui, Olivier Gourmet et Jonathan Zaccaï incarnent ses frangins looser, mais sur qui il peut toujours compter. Malgré l’ingratitude de leur frère, ils sont prêt à se sacrifier! 



Louise Bourgoin quant à elle, progresse. Loin de son personnage d’Adèle Blanc Sec, elle défend ici une vraie partition. Même si elle n’a qu’un second rôle, c’est bien souvent les plus casse-gueule. A chacune de ses apparitions, elle est parfaitement juste, qu’il s’agisse de rendre jaloux son mari en se trémoussant sur une piste de danse ou qu’il faille prendre la décision de le quitter dans la précipitation, guidée par la panique parce que la situation est devenue trop dangereuse. 



Enfin Bouli Lanners, malgré sa discrétion est le personnage centrale du film, celui par qui le mal arrive. Bouli Lanners était incontestablement l’homme de la situation. Seul lui pouvait incarné ce type rondouillard, désinvolte, pas réellement conscient du danger qu’il encourt et encore moins de celui qu’il fait courir à son associé. Ce mec aime la vie, le fric, les pipes, les femmes et tant pis si la farandole doit s’interrompre brutalement. Enfin le film ne serait pas réussi sans la présence de méchants vraiment méchants emmenés par un blondinet intraitable Pertti Koivula.

 








KICK ASS:

un comics comique!



Ce n’est pas parce qu’on est un adolescent sans superpouvoir que l’on ne peut pas enfiler une combinaison de plongeur sous marin et transpercer le crime, que l’on ne peut pas se donner pour mission de bouter tous les malfaisants hors de la ville. Bon, en rêve, ça peut marcher! En pratique, on a tôt fait d’expérimenter la loi des emmerdements maximum! C’est ce qui arrive à Dave Lisewski. Gavé aux comics, l’ado évolue dans son monde de super héros ou la super aventure est forcément au coin de la rue. Décidé à vivre son obsession jusque dans la réalité, il se choisi le nom de kisk Ass après s’être bricolé un costume vert et jaune ridicule sur-mesure. Le voilà donc qui se lance à l’assaut des vilains, mais dans son délire, Kisk Ass a juste omis un détail: il n’a aucun  superpouvoir! Ceci dit, après une altercation devant un fast food, il devient le roi du buzz sur le net.



Cette notoriété galopante va lui attirer l’inimité de toutes les brutes. Kick Ass aura donc bien des soucis, mais il pourra bientôt compter sur Hit Girl et son père Big Daddy pour montrer de quoi il est réellement capable. Peut-être que Red Mist pourrait devenir un chouette allier!



KICK ASS, un savoureux mélange d’humour ado et d’action sur-vitaminé. C’est un peu comme si les loosers de SUPERGRAVE se retrouvaient dans KILL BILL. Je vous laisse imaginé le délire. Aussi tordant que saignant, truffé de références, KICK ASS se démarque des autres adaptations de comics a plus d’un titre. Déjà, le comics et le film ont été mené plus ou moins de front. Pendant que Mark Millar et John S. Romita Jr s’échinaient sur les planches du livre, Mathew Vaughn se concentrait sur le scénario du film. Et lorsque le comics a rencontré son public, la production du long métrage a réellement pu débuter. La clé du succès? C’est simple. KICK ASS détourne les codes du genre sans pour autant s’en moquer. Les situations proposées sont hilarantes, certes, mais les créateurs n’ont jamais perdu de vu que leur héros était justement un héros! Pas très doué, pas trop futé, il ne va pas sauver la planète de l’apocalypse qui menace mais juste poursuivre sa quête, discrètement, se battre au nom de son idéal, en l’occurrence, l’envie de rendre sa ville plus sure. 



Mais il faut surtout voir KICK ASS comme une déclinaison de Super Man, qui avait coutume de dire: « un grand pourvoir implique une grand responsabilité! » Avec KICK ASS, c’est juste le contraire: « pas de pouvoir implique pas de responsabilité, » à part celle de voire son nombre d’amis sur Facebook prendre l’ascenseur. Ironique sans être spécialement irrévérencieux, KICK ASS a ceci de plus excitant qu’un MYSTERY MEN qu’il met en scène des ados, une gamine super balaise entraînée par un père complètement dingue mais sympa! Il est clair que Hit Girl avec sa perruque violette et son masque de Zorro est l’atout du film. 



Du haut de ses 10 ans, Hit Girl manie le couteau papillon aussi bien que le bazooka, sans compter tout un arsenal de shortgun. Les poupées Bratz, ce n’est pas pour elle! Avec son langage coloré dirons-nous, elle flanque raclées sur raclées à tous les méchants. Elle les tue tous, avec une rare dextérité. Evidemment que tout ça n’est pas très moral. Mais qu’est-ce que c’est tordant!  Et en plus, elle a une bonne raison de suivre son papa Big Daddy dans cet enchaînement de meurtres et de fusillades. Les 2 veulent anéantir le super mafieux D’Amico! Si la gamine est jouée par une épatante Chloé Grace Moretz, le père est incarné par un Nicolas Cage qui fait lui aussi plaisir à voir. Il y a bien longtemps qu’il n’a pas été aussi bon dans un rôle. Touchant en même temps que pathétique dans son costume de Batman, il n’en demeure pas moins un papa attentionné avec sa fillette, même si sa manière de l’éduquer est on ne peut plus tordue!



KICK ASS est donc vraie une réussite, tant sur le fond que sur la forme. Les scènes d‘action notamment sont particulièrement bien mise en scènes. Les combats sont super bien chorégraphiées. Et pour cause, Mathew Vaughn en avait ras le bol de ces scènes avec des caméras agités et des montage hyper saccadés. Ici, il a tenu à ce que le spectateur puisse voire qui fait quoi, où et comment. Du coup, le plaisir est vraiment au rendez-vous, notamment sur la fusillade éclairée au stroboscope qui prend des allures de jeu vidéo, un moment purement sublime, et c’est loin d’être le seul!












 

CHAQUE JOUR EST 

UNE FETE:

Même pas vrai! 



J’aime la diversité. J’aime parfois me laisser surprendre par un bon film péruvien, moldave ou pourquoi pas, libanais. Après tout, le cinéma, c’est comme la bouffe. Il faut savoir varier les plaisirs pour justement le cultiver, ce plaisir délicieux de consommer de la pellicule au kilomètre sans jamais connaître l’affreux sentiment de satiété. Et voilà comment, je me suis engouffré, enthousiaste dans cette salle qui projetait: CHAQUE JOUR EST UNE FÊTE. Distribué par Trigon film, quand même un gage de qualité en principe, bénéficiant d’une affiche plutôt vendeuse, je me disais que je serais comblé. Impression renforcée lorsque je suis tombé par hasard sur une photo du film. Que je vous la décrive cette affiche, ce sera au moins ça! 



Sur une route déserte, dans un paysage aride, au premier plan, on distingue une femme de dos, vêtue d'une robe rouge légère. La photo a été prise de bas en haut. Seules les jambes sont cadrées. Inévitablement l’œil s’arrête sur la petite culotte de la donzelle. Il faut dire qu’elle la porte en bas des chevilles. Entre ses jambes, on voit nettement à l’arrière plan une autre fille qui semble marcher dans sa direction. Avec une telle image, je me dis que ces 2 nanas ont forcément dû vivre un aventure épique pour en arriver là. D’autant que j’avais croisé l'affiche du film ou l’on y voyait visiblement ces 2 gonzesses, assises sur un canapé de cuir vert d'eau posé au beau milieu d'une ruine. a côté des 2 filles, Hiam Abbas était venue s’assoir. Hiam Abbas, actrice formidable qui n’a que des bons choix si l’on en juge de part sa filmographie. Bref, tous les éléments semblaient réunies pour que ce premier long métrage de Dima Quel horreur.. .euh pardon, Dima El-Horer m’apparaisse comme la probable bonne surprise de la semaine! En guise de cela, j’ai du me fader un film d’auteur sans doute le plus incompréhensible et le plus pénible qu’il m’ait été permis de voir! Je ne comprends pas pourquoi ce film à vu le jour, et encore moins à qui il s’adresse! Hiam Abbas n’a jamais été aussi mal dirigée, aussi mal inspirée, et aussi moche surtout! Moche, pourquoi pas? Si c’est pour les besoins du scénario, mais comme il n’y a pas de scénario, c’est bien difficile de comprendre! 



Dans ce long métrage, des femmes prennent le bus pour rejoindre la prison pour homme, à 300km de la ville. On est au Liban, le jour de l’indépendance. Soudain, le chauffeur du car se prend une balle en pleine tronche et meurt sur le coup. Les passagères se retrouvent livrées à elles mêmes en plein désert. Et voilà comment les 3 filles du canapés vont tailler la route ensemble, rencontrer un type bizarre qui conduit un pick up remplis de poules. Elles vont finir par laisser tomber ce drôle de mec, partir seules avant de retrouver le pick up abandonné!

 


Entre temps, des hordes de gens marchant tels des armées de zombi, sans but vont régulièrement entrer et sortir du champ de la caméra, sans explication, sans qu’on sache ni qui ils sont, ni ou ils vont, ni d’ou ils viennent. Ils marchent sans même se soucier de la caméra de Dima El-Horer posée sur son trépied. Le film alternent entre plans fixes super longs ou rien ne se passe, et plans plus oniriques, sorte de rêves d’une des protagonistes. Là ou certains verront un film truffé de métaphores et de symboliques en tout genre, j’y ai vu un essai raté de raconter comment ces 3 femmes vont filer sur la route qui les mènera chacune vers leur propre indépendance. Et oui. Elles ont en effet toute trois une bonne raison de se rendre dans cette prison. La jeune mariée veut rendre visite à son mari alors que celui-ci a été emprisonné le jour de leur mariage. Une autre désire faire signer les papiers du divorce de son mari taulard qui s’obstine à ne pas vouloir signer et la 3ème doit apporter l’arme de service que son mari gardien de la prison a oublié! CHAQUE JOUR EST UNE FETE, sauf pour ceux qui iront voir ce film. Ce jour là ne sera vraiment pas un jour de fête! Dima El-Horer, c’est pas du Tati!







 

CAMPING 2:

Annulez votre réservation!



Permettez que je vous livre le meilleur gag du film! CAMPING2 a été écrit entre autre par Emmanuel Booz (prononcer bouse) et quand on voit le résultat affligeant, c‘est clair que cet auteur porte particulièrement bien son nom! Je confirme: CAMPING2 en est une, et une belle! Et même s’il demeure impossible de leur échapper tant ils ont envahit le petit écran avec un leitmotiv un seul: CAMPING2 est aussi drôle que le premier opus, ne les croyez pas! Sous leur air faussement sympathique, cette équipe d’escrocs en veut à votre porte monnaie.  Et qu’importe si ce CAMPING2 est une comédie pas drôle, ratée, fainéante et inutile! Avec son scénario cloné sur celui du premier opus, visiblement écrit sur un coin de table entre 2 pastis loin d’être merveilleux, on a vite l’impression désagréable que CAMPING2 recycle les scènes coupées du premier! Et oui, si l’effet de surprise pouvait encore faire illusion et séduire plus de 5 millions de français il y a 3 ans, aujourd’hui, les spectateurs devraient décamper rapidos! 



Pour tout dire, Richard Anconina remplace comme il le peut Gérard Lanvin, mais le principe du papa solitaire qui atterrit dans un univers qui n’est pas le sien est conservé. Passé la période normale d’adaptation, il va, comme son prédécesseur, se prendre au jeu et devenir le meilleur pote de Franck Dubosc alias Patrick Chirac, un dijonnais un peu beauf qui n’a pas spécialement évolué, même s’il s’en défend! Patrick Chirac et son moule bite ont soi disant mûri. Plus question de foncer sur tout ce qui bouge, sauf que lorsque les yeux bleu azur du comique vont croiser ceux de la vendeuse de la cabane à frite, le naturel du sieur Chirac va revenir au petit trot! Le couple Gatineau, joué par Mathilde Seigner et Antoine Duléry rencontre exactement les mêmes problèmes. Je t’aime, je t’aime plus, je doute, je doute plus, je te quitte, je te quitte plus…. Bref, rien de nouveau pour ces 2 là qui se sont embourgeoisés. Mais ce n’était pas la peine de montrer ce nouveau barbecue, le soit disant cauchemar des merguez, si c’était pour ne même pas s’en servir une seule fois dans le film et prévoir un gag autour de l‘objet! Oui, c’est l’enfer, et pas que des saucisses! Et ne comptez pas sur les locataire de l’emplacement 17, Claude Brasseur et Mylène Demongeot pour apporter un nouveau souffle. Ils sont toujours aussi accroc au petit jaune et attentif à conserver leur emplacement coûte que coûte. Pauvre Mylène Demongeot! Fantomas doit se retourner dans sa tombe en la voyant tomber si bas!



Alors que reste-il pour sauver ce naufrage? Hormis le fait que le 37 est allé planter sa tante chez les tout nu et une «intriguette» qui trouvera sa solution en quelques lignes de scénario, pas grand chose. Le camping des Flots Bleus est susceptible d’être vendu par la mairie qui préfère miser sur la construction d’un Spa, d’un golf, d’un hôtel et d’un centre des congrès pour renouveler sa clientèle estivale. Exit les campeurs fauchés et vive les touristes blindés de thune! Seulement, emmenés par un Patrick Chirac prêt à faire la grève du Flamby, la municipalité va reculer après qu’une pseudo assiette gréco romaine soit retrouvée sur l’emplacement des Pic. Et voilà, vous savez toute l’histoire! Difficile à croire et pourtant, même s’il y avait mieux à faire pour séduire ceux et celles qui avaient aimé le premier CAMPING, Fabien Onteniente, Franck Dubosc et les 3 autres scénaristes ne l‘ont pas fait!  








GREEN ZONE:

Le brun caca

serait plus adapté! 



Paul Greengrass + Matt Damon . Voilà en principe une adition au résultat qui ne peut laisser aucun doute. C’est certain que le box office devrait s’affoler avec deux noms pareil sur une affiche! Souvenez-vous de la franchise Jason Bourne et des millions de dollars engrangés aux quatre coins du monde! On peut donc se dire que les spectateurs se déplaceront une fois de plus en masse pour assister à un film d’action vitaminé, ayant qui plus est pour cadre l’Irak en 2003, précisément à une époque ou l‘armée américaine faisait choux blanc dans sa chasse aux armes de destruction massive. GREEN ZONE s’inspire en effet du récit de ces GI Joe dont les langues se sont déliées il y a peu. Mais il ne suffit pas de s’inspirer de faits réel, de s’entourer de conseillers techniques ayant participés de prêt ou de loin aux évènement, pour réussir un film et donc, un carton au box office! Bien au contraire, les producteurs de GREEN ZONE devraient voir rouge car nul doute que le bouche à oreille sera mauvais. GREEN ZONE est en fait le symbole même du film raté sur toute la ligne. Tout ce qu’il ne faut pas faire au cinéma est réuni dans ce long métrage. GREEN ZONE aura au moins cet avantage qu’il devra être regardé, analysé dans les écoles de cinéma pour que plus jamais ce genre de machin imbuvable, inutile, fatiguant, inintéressant au possible ne puisse revoir le jour.

 


Ici, le spectateur est pris en otage, quand il n’est pas pris pour un con! C’est vrai que le film enfonce des portes ouvertes depuis bien longtemps. Il n’y avait pas d’armes de destruction massive à Bagdad ou ailleurs en Irak. Alors qu’aujourd’hui, plus personne n’ose en douter, on peut se demander pourquoi faire un film la dessus? Pour la postérité? Pour que les générations futures se souvienne que cette guerre fut lancé sur la base d’un mensonge fabriqué de toute pièce par Bush et son Pentagone? Oui, mais  pourquoi ce mensonge? A qui a profité ce crime contre l‘humanité? Ne comptez pas sur Paul Greengrass pour vous le dire! Le cinéaste n’est pas là pour polémiquer, seulement fabriquer du divertissement, du film de bourrin qui s’appuie donc sur des faits plus ou moins réels. En effet, on a tout de même bien de la peine  à imaginer que l’armée américaine abritait en 2003, des sous officier prêt à outre passer les ordres de leur hiérarchie pour que la vérité triomphe! Pourtant, le scénario s’articule autour de cette idée maîtresse. Roy Miller et son unité sont envoyés dans le désert irakien pour trouver ces fichus ADM. Au péril de leur vie, ils visitent des sites tous plus dangereux les uns que les autres. Au final, Roy va découvrir une infernale machination. Les informations qu’on lui fourni sont erronées. Se pose alors la question de savoir qui est donc cette source secrète qui distille ces renseignements foireux? Alors que la situation devient de plus en plus explosive, Roy va tout mettre en œuvre pour le découvrir.



Si le fond peut laisser perplexe, je vous rassure tout net en disant que la forme ne vaut pas tripette non plus! Monté par Edouard aux mains d’argent, le plan le plus long du film n’excède pas les 8 secondes! En moyenne, on en change toutes les 2 ou 3 secondes, comme dans un vidéoclip. Ce montage fatiguant fini par faire mal aux yeux. Impossible de se concentrer sur l’écran puisqu’à ce rythme, il n’y a plus rien à voir. Même dans les combats au corps à corps, on ne distingue absolument rien: ni qui met les coups, ni qui les prends!  Et dire que l’ambition de Paul Greengrass était de réaliser un film qui bousculerait le spectateur, l’attraperait par le colbaque pour ne plus le lâcher! Louper total car ce spectateur sera KO  dès les premières séquences. Il ne suffit pas de multiplier les plans, de découper son film à l’extrême pour créer de la tension, pour faire émerger un sentiment d’urgence ou de paranoïa. Regardez par exemple DEMINEURS de Kathryn Biglow. Avec beaucoup moins de moyens, une réalisation nettement plus fine, un montage moins rapide, un travail sur la bande pour susciter l’imaginaire du spectateur et rendre au mieux l’atmosphère, la vie de Bagdad, la cinéaste a réussi là ou Paul Greengrass a complètement foiré. C’est d’autant plus décevant que Paul Greengrass est un ancien caméraman de guerre. Pendant une décennie, il a sillonné la planète, ramenant des images et des histoires exceptionnelles de certaines régions du globe meurtries, déchirées par la guerre. Paul Greengrass, qui en manque sérieusement de grâce dans son approche se contente donc d’aligner les scènes ou Matt Damon cavale engoncé dans on gros gilet pare balle. 



Sans doute aurait-il mieux valu se concentrer un peu plus sur le complot, abandonner le terrain de guerre, entre parenthèse un Bagdad reconstitué en Espagne et au Maroc, et s’intéresser au véritable terrain miné, autant dire les coulisses du conflit, là ou tous les coups sont permis pour que des hommes d’affaires proches du pouvoir ricain s’engraissent! Au lieu de ça, Paul Greengrass dégaine un pétard mouillé. Il tire sur ces journalistes qui se sont assis sur leur déontologie et ne vérifient même plus leur source, ne font plus d’enquête et encore moins de recoupement, se contentant de prendre les infos distillées par le service de presse du Pentagone comme argent content! GREEN ZONE, un bien belle déception et ce ne sont pas les seconds rôles comme Greg Kinnear, Amy Ryan, Brendan Gleeson, pourtant talentueux, qui relèvent le niveau!











LES EXTRAORDINAIRES

AVENTURES

D'ADELE BLANC-SEC:

Un divertissement ordinaire




Inspiré de deux ouvrages de Jacques Tardi, dont Adèle et la Bête, voilà que Luc Besson, qui est, et à toujours été un grand enfant, s’est attaqué à ce projet ambitieux de porter à l’écran une aventure de la journaliste Adèle Blanc Sec. Évoluant dans une bande dessinée plutôt destinée aux adultes, Luc Besson a préféré s’adresser à un public plus juvénile. Nul doute que les ayatollahs d’Adèle, les intégristes de la Blanc Sec vont trouver le temps long devant ce gigantesque boubliboulga ressassant pêle-mêle LA NUIT AU MUSEE, LA MOMIE, INDIANA JONES, JURACIC PARK et j’en passe. Qu’importe ces références, Luc Besson s’est fait plaisir et nul doute qu’il ravira les plus petits avec cette extraordinaire aventure qui se déroule au début du siècle dernier.



En effet, alors qu’Adèle est en vadrouille en Egypte, à Paris un étrange professeur qui étudie la possibilité d’une vie après la mort, ramène justement en ce bas monde, un ptérodactyle. Jusqu’à présent, le volatile était resté bien discret dans son œuf, sous une cloche de verre, exposé à la vue des visiteurs du jardin des plantes. Bien sur que le survole de cet oiseau vieux de 135 millions d’années dans le ciel de la capitale va provoquer la panique. Pire que ça, il commence à agacer en très haut lieu! Le président de la république en personne insiste pour que l’animal soit capturer dans les plus brefs délais et que celui qui se cache derrière cette manœuvre, pour certainement fragiliser son pouvoir, soit placé derrière les verrous puis décapité. De retour de son périple égyptien avec une momie dans ses bagages, Adèle Blanc Sec a à peine le temps de poser ses valises que le désarrois la submerge. En constatant que son ami Espérandieu a été arrêté par l’inspecteur Caponi et ses hommes, le sang d‘Adèle ne fait qu‘un tour. Elle doit en effet le libérer à tout prix car Adèle a un besoin urgent des connaissances de ce professeur fou à qui elle a fait promettre de ramener à la vie sa sœur, en réalité sa jumelle devenue un légume depuis une malheureuse partie de tennis. 

 


Rien n’est moins délicat que l’adaptation d’une BD au cinéma! Les exemples de navets sont nombreux: Lucky Luke, les Daltons, Iznogoud, Michel Vaillant (mais là, même la bd était franchement naze), Astérix (à l‘exception de la version de Chabat),  toutes les tentatives se sont généralement soldées par un échec retentissant! Et ce n’est pas le Tintin prochainement ’Spielberguisé’ qui devrait nous rassurez. A moins que ce vieille E.T. de Spielberg ne s’inspire de la démarche de Luc Besson! Avec son Adèle, il  s’en tire rudement bien, sans doute parce qu’il a su s’approprier l’univers de Tardi, y rester totalement fidèle tout en évitant une transposition de la bd au cinéma! Déjà rien qu’en lorgnant le casting, on se dit qu’il y a un loup! Adèle, dans la Bd a plus les allures d’une Yolande Morreau tirant sur la quarantaine bien tassée, plutôt mal baisée, revêche et donc forcément un peu plus rentre dedans! Avec Louise Bourgoin pour faire la pluie et le beau temps dans cette aventure, Adèle a pris un coup de jeune. Même si la qualité de son jeu reste encore à prouver, la belle ne laissera personne insensible tant elle déploie énormément d’énergie pour coller au mieux à une Adèle qui serait branchée sur le 220 volt. Intrépide, fonceuse, aventurière, ne baissant jamais les bras, insouciante, ne rechignant pas devant le danger qui la guette parfois, ce garçon manqué planque une sacrée paire de burne dans son pentys! Dire maintenant que Louise Bourgoin est une actrice née… il ne faut pas exagérer. La belle plante a encore besoin de pousser!  



Ceci dit, elle est parfaitement bien entouré. A commencer par Espérandieu joué par l’incroyablement flippant Jacky Nercessian. Nicolas Giraud, dit Andrej avec un J comme ‘jardin’ campe un courtisan d’Adèle, une espèce d’amoureux transit incapable d’aligner deux mots par excès de timidité. Certes, il n’est pas mal mais pas aussi bon que Gilles Lellouche, l’impeccable inspecteur Caponi engoncé dans son gros costume. Jamais avare d’un bon mot, ce personnage qui manque de souffle mais pas d’humour lui sied  à merveille. 



Malheureusement, on ne peut pas en dire autant de Jean Paul Rouve qui sur joue tellement mal le chasseur de fauve Justin de Saint Hubert qu’il en devient vite insupportable. Une chance, c’est qu’il n’a droit qu’à quelques apparitions. Idem pour Mathieu Amalric, le malheureusement trop discret méchant de l’histoire. Avec un acteur pareil, avec un personnage comme celui de Dieuleveult, le scénario aurait pu prendre une toute autre direction, tourner peut-être à l’affrontement, à un jeu de chat et de souris un peu plus sournois que ce que Luc Besson nous propose. Dommage donc car pendant que Dieuleveult se fait oublier, Adèle se contente de déployer des tonnes d’ingéniosité pour libérer un professeur et faire en sorte que sa sœur guérisse. Il y avait autre chose à imaginer. 



D’un mot encore sur la photo du film qui est remarquable. On sent l’époque comme si on y était avec une image souvent sombre, en tout cas à Paris. En Egypte, les couleurs sont chaudes éclatantes, sublimes. En ce qui concerne les décors, la encore, le boulot est épatant. Je ne parle pas des intérieurs reconstitué en studio comme le Louvre par exemple, mais bel et bien des extérieurs. Avec la magie du numérique, Luc Besson nous donne à voir un Paris de 1912 plus vrai que nature. L’avenue de Rivoli, la statut de Jeanne d’Arc, la cours intérieur du Louvre, les abords du palais présidentiel actuel, tout a été retouché avec une précision d’orfèvre. Sous ses pavés numériques, il n’y a toujours pas la plage, mais bel et bien un espace réservé aux amateurs de divertissement. Aucune réflexion n’est proposée. Ce n’est pas le but. Ici, seul le plaisir immédiat est cultivé, celui de suivre une fofolle courir après le temps. Du temps et du bon, vous en prendrez si comme Luc Besson,,vous saurez conserver cet âme d’enfant. En attendant, pour un réalisateur qui avait promis de ne plus jamais mettre un film en scène, il faut reconnaître qu’il a réussi son coup! 










L'ARBRE ET LA FORET:

Un film avec Gay Marchand



Pas facile d’être bavard sur un film qui traite du silence, du non dit…. En effet, derrière cet arbre se cache une forêt bien épaisse, touffue. Figurez-vous que le héros de ce film, un grand père à priori bien sous tout rapport, cultive un secret depuis une soixantaine d’année. Seule, sa femme et l’un de ses fils savent la vérité. Le reste de la famille ignore tout. A l’occasion de l’enterrement de ce fils, la famille se retrouve et d’emblée, le spectateur devine comme une tension. L’atmosphère est pesante. Comment expliquer que ce grand père se soit éclipsé de l’enterrement. Alors que son autre fils, ivre, se confond en reproche, la cérémonie de recueillement se termine sur une révélation: le décédé ne voulait que son père assiste à son enterrement! En voilà des manières! Qu’est-ce qui pourrait bien justifié une telle dernière volonté? Certainement quelque chose de grave. Ce grand père est forcément un salaud… ou alors, il a commis une erreur impardonnable. Mais quoi. 



Pas question de déflorer plus que ça le sujet de ce film, juste dire que l’action se situe à la fin des années 90. C’est peut-être déjà trop. A cette époque, l’Etat français n’a pas encore reconnu officiellement un fait lié à la seconde guerre mondiale, et plus précisément, à la déportation. Il faut savoir en effet que les juifs et les bolcheviques n’ont pas été les seuls à grossir le nombre des gazés dans les chambres de la mort.



L’ARBRE ET LA FORET, un film avec Gay Marchand! Non, ce n’est pas une faute de frappe, tout juste un indice supplémentaire pour vous aider à vous y retrouver dans ce drame familial de Jacques Martineau et Olivier Ducastel. Mais au delà du secret de famille, le film raconte surtout une histoire d’amour entre deux personnes qui ont mené une vie très bizarre, particulièrement minimaliste d’un point de vue sexuel. On imagine qu’ils ont fait l‘amour deux fois, le temps d‘avoir deux garçon, ce qui ne les pas empêcher de nourrir l’un pour l’autre un sentiment amoureux très fort. Au coté de Guy Marchand, l’impeccable Françoise Fabian. L’ARBRE ET LA FORET, un huis  clos tout en lenteur, en mode mineur de la part des duettistes Martineau-Ducastel, eux qui nous avaient pourtant ravi avec la comédie de mœurs CRUSTACES ET COQUILLAGES. Ici,oublié la légèreté et vive la lourdeur d’un drame jamais palpitant. 












CHASSEUR DE PRIMES:

 CHIASSE ET DEPRIME....



Une crétinerie de plus pour Jennifer Aniston qui n’est décidément plus ma ‘Friends’ depuis longtemps. Habituée aux nunucheries hollywoodiennes insipides, l’actrice rempile une nouvelle fois dans un film aussi passionnant qu’un mauvais épisode de la série télé Walker Texas Rangers! Et pourtant, tout ça partait d’une idée somme toute sulfureuse. 



Un looser de première a l’occasion de se venger de son ex femme. Fraîchement divorcé, vivant dans la dèche alors que son ex pète dans la soie, le jeune homme va rendre un service que n’importe quel employé aimerait rendre à son patron en pareil cas. S’il ramène la belle au commissariat de police le plus proche, il empochera les 10% de la caution qu’elle doit rembourser à l‘Etat, soit 5000 dollars. Et oui, 5000 dollars pour mettre son ex en cabane, quelle aubaine!  Mais pourquoi finirait-elle en prison? Tout juste parce que cette journaliste de terrain s’est dérobée face un tribunal ou elle était convoqué pour infraction au code de la route. La juge a vu rouge et lui a infligé une caution plutôt salée, le genre de traitements réservé aux abonnés absent le jour de leur comparution. Ni une ni deux, l’ex mari se met en chasse et ne tarde pas à débusquer la belle. Seulement, ce qu’il n’avait pas prévu, c’est qu’elle avait fourré son nez là ou elle n’aurait jamais dû le laisser traîner. Du coup, les 2 anciens tourtereaux vont devoir se serrer les coudes et se faire à nouveau confiance pour s‘en sortir indemne, de quoi raviver une flamme qui ne demandait qu’à se rallumer, de quoi surtout arriver au bout de ce film en se roulant une bonne grosse pelle, comme au bon vieux temps.



CHASSEUR DE PRIME, une comédie policière d’action romantique! Non, vous ne rêvez pas! Tous ces genres sont réunis en un seul long métrage mettant en scène Gerard Butler et Jennifer Aniston.  Et oui, de la romance, il y en a  dans ce CHASSEUR DE PRIME, puisque les deux anciens amants vont revivre leur passé et peut-être re-roucouler ensemble. De l’action, il y en a un peu dans ce CHASSEUR DE PRIME puisque l’on assiste à une cascade de course poursuite en voiture ! De la police, il y en un peu dans ce CHASSEUR DE PRIME puisqu’une scène se déroule  dans un commissariat. Enfin, de la comédie, il y en a dans ce CHASSEUR DE PRIME puisque que Gérard Butler balance régulièrement son fiel à la tronche de Jennifer Aniston! Mais tout cela reste bien gentillet, pas assez politiquement incorrect pour être fendard. C’est le défaut de ce film particulièrement lisse et plat, donc sans aucun intérêt.






 




COURSIER:

Ca ne fait pas un pli!



Avec un titre pareil, le spectateur peut s’attendre à un film express, le genre mené à un train d’enfer, qui ne laisse donc pas le temps de souffler, peut-être même le genre qui livre la fin avant de commencer! Tout de même pas! Et bien force est de constater que ce COURSIER tient, à ce niveau là, toutes ses promesses avec son scénario truffé de rebondissement ou l’on joue la surenchère permanente. Oui, dans cet action movie, le personnage central cavale du début à la fin pour que sa livraison arrive à bon port. 


COURSIER, c’est un peu comme si l’on regardait un LIMITS OF CONTROL de Jim Jarmusch sous acide! Là ou le très calme Isaach De Bankolé, le tueur à gage quasiment muet, se rendait de contact en contact pour enfin débusquer sa cible, sur un rythme extrêmement lent, Micheal Youn doit lui aussi suivre un véritable jeu de piste aux quatre coins de Paris, de l’hôtel du Louvre au parvis du Sacré Cœur, en passant par la Défense, Rivoli et Vendôme,  une course au cours de laquelle il croisera Louise, une beauté fatale particulièrement dangereuse...



Alors qu’il devra rendre un service à un client black aussi mystérieux que musclé nommé Loki, le coursier aura à ses trousses une équipe de peu fréquentables trafiquants menée d’une poigne de fer par une blonde couillue, plus encore deux types dont on ne sait pas trop qui ils sont!  La bonne idée, pas originale mais qui fonctionne toujours, c’est de plonger un quidam moyen de la France d’en bas dans un infernal tourbillon qui le dépasse, un type pas du tout taillé pour l’aventure et la castagne mais qui devra, si il veut libérer la femme qu’il aime, se démener et braver tous les dangers pour livrer son pli a qui de droit. 

 

COURSIER, une comédie anecdotique produite et distribue par EuropaCorp, la société de Luc Besson et réalisée par le grand Hervé Renoh, celui qui a mis en boîte les saisons 6 et 8 de Femme de loi, les saisons 1 et 4 de RIS police scientifique, la saison 5 de Sauveur Giordano, uniquement des perles de série télé pour TF1! Quand on a relevé ces menus détails, on a presque tout dit! Ajouter simplement que COURSIER aurait pu être un très bon film pour Albert Dupontel. C’est certain qu’avec ce punk fan de Keaton aux commandes du scooter, on aurait gagné en burlesque, en hystérie et en dialogues plus tranchant. A la place il faut se fader un isnogood movie, une crétinerie de plus de la part de l’ex trublion du petit écran, Micheal Youn, qui ne progresse toujours pas! Même si on ne lui demande pas de fréquenter le cours Florent, il pourrait au moins s’acheter une méthode d’acting: son jeu y gagnerait, et par la même, le spectateur aussi! Ceci dit, il semblerait qu’il ait entendu parler de l’Actor Studio puisque pour les besoins de ce rôle, M. Youn a réalisé un stage de quelques jours dans une véritable boîte de coursier. Dommage pour le monde du cinéma qu’il n’y soit pas resté! Ceci dit, cette expérience lui a permis d’assumer toutes les cascades en deux roues. Notez surtout que sa lamentable prestation est éclipsée par celle de Catalina Denis, une sublime déesse pas capable d’aligner 2 mots de français sans se planter! De toute façon, on s’en fout de ce qu’elle raconte puisqu’elle n’est certainement pas là pour élever le débat, tout juste pour servir de caution ’jolie pépé’. C'est le seul atout du film, un peu maigre!

 

 








LE CHOC DES TITANS:

Non de Zeus!
Ce Leterrier

manque de chien!



Depuis le carton de AVATAR en 3D, l’industrie du pop corn croit avoir trouvé la parade pour rameuter les foules dans les salles en mettant en avant dès que possible l’aspect film en relief! C’est vrai que les bénéfices engendrés par les schtroumpfs géants ont de quoi aiguiser les appétits. Mais pour le coup, il faut tout de suite alerter l’opinion publique. L’escroquerie vous guette. En effet, prévu initialement pour une exploitation normale, puisque le film a été tourné en 2D, les gestionnaires de la Warner ont opté en dernière minute pour un relookage 3D en règle de leur CHOC DES TITAN! Soyons franc, la 3D n’apporte absolument rien. Vous ne ressentirez à aucun moment les effets de reliefs si ce n’est sur le logo de la firme avant le début du film et sur le générique de fin. Entre ces 2 moments, vous pourrez carrément voir le films sans lunettes! C’est un scandale! Ne vous laissez donc pas berner, et encore moins happer par les sirènes hollywoodiennes qui en veulent à votre porte monnaie! Ce film, dont le seul intérêt était justement de le voire en 3D, en devient carrément pathétique! Que les plus courageux qui veulent malgré tout découvrir ce navet au cinéma soient prévenus, vous devez impérativement opter pour une séance en 2D!  



LE CHOC DES TITANS reprend plus ou moins la trame d’un classique du genre réalisé en 1981 par Desmond Davis. Lawrence Olivier se prenait alors pour Zeus tandis que Ursula Andress était Aphrodite. Les amateurs de clip relèveront au passage que le groupe The Hoosiers a récemment rendu hommage à ce film en pompant des images du Kraken pour la vidéo de la chanson de Worry About Ray. Le Kraken ?!? Qu’est-ce donc que cette chose? Une grosse bébette à tentacule géante, très méchante qui a reçu l’ordre d’anéantir le monde des humains. Pour éviter que le chaos et l’Enfer ne s’empare de la planète Terre, les scénaristes sont allé repêcher le fisherman, en fait le fils caché de Zeus. Il va devoir affronter ce kraken lors d’un combat final. Avant cela, il va se passer pleins de trucs dans LE CHOC DES TITANS.  



Pour commencer, il faut savoir qu’au royaume des Dieux, c’est un peu le bordel! Zeus et Hadès se tirent la bourre! Hadès n’aime pas les hommes alors que Zeus, qui les a créé, croit encore que ces foutus hommes peuvent l‘aimer. Malheureusement, les romains et leur envie de vénérer un Dieu unique sont passés par là. Du coup, sur Terre, les gens ne croient plus en rien, hormis au pouvoir de la beauté! Alors que Hadès rêve d’exterminer tout le monde, Zeus tente de le tempérer. Mais tout de même, il l’autorise à  flanquer une petite frousse à ces abrutis qui ne croient plus en lui! Mais le passé de Zeus va le rattraper car il faut savoir qu’à un moment donné de sa vie divine, Zeus a forniqué avec une reine, sans son consentement! A l’issue de ce viol, un enfant est né: Persée. Colère du roi Cocu qui balance à la mer, la reine, le bébé et l’eau du bain dans une caisse en bois! Recueilli par un pêcheur, Persée dit DD le demi dieu est élevé comme un homme! Mais un jour, alors que les romains mettent à la flottent la statut géante de Zeus, Hardès prend une petite colère et butent plusieurs humains, dont les parents adoptifs de Persée. C’est alors qu’il va apprendre qu’il n’est pas un homme comme les autres. Il a une destinée. Persée prend donc le commandement d’une troupe de guerriers courageux, parmi lesquels l’on retrouve Mouloud du grand journal de Canal+.  



Persée va ainsi entreprendre un périlleux voyage dans les coulisses du Grand Journal, euh... pardon, dans les profondeurs des mondes interdits. Persée doit lutter contre Michel Denisot, Yann Barthès, Ariane Massenet

 


plus toute une foule de démons impies et de bêtes redoutables dont les scorpions géants ou encore le serpent à tête de femme avec en guise de perruques des dreads locks en mini serpent, ou serpentins, c’est au choix! Le  pouvoir de cette femme serpent est incroyable. En un regard, elle vous métamorphose en statut de pierre.

 


Noter que le marbre est plutôt de circonstance tant on reste effectivement de marbre devant ce déballage imbuvable de scènes de batailles numériques hyper mal chorégraphiées! Louis Leterrier, un tâcheron de l’écurie Besson, qui a trouvé asile artistique à Hollywood, ne fait pas dans la dentelle! C’est sans doute pour celà qu’il s’est retrouvé à diriger ce CHOC DES TITANS initialement prévu pour un autre! Leterrier enquille les séquences ou l'acteur australien Sam Worthington doit montrer ses muscles à tout prix. Le rescapé de TERMINATOR RENAISSANCE et AVATAR se retrouve une fois de plus dans une super-production hollywoodienne à très gros budget, malheureusement encore pas assez gros pour mettre un peu de fric dans un scénario et des dialogues digne de ce nom. Au passage, je vous livre le meilleur. C’est quand Persée décapite la femme serpent: il dit: ahgggrrr!!!! …. un peu comme le spectateur en sortant de la salle! LE CHOC DES TITANS, un film à ne pas voir du tout, ni au cinéma, encore moins en DVD! 










WHITE MATERIAL:

Un film en Or!



Avant tout de chose, une explication de titre s’impose. L’expression « White matériel » employée par un enfant soldat africain dans le film signifie ’l’or des blancs’, ou tout du moins, des objets de valeur leur appartenant. Et voilà comment au travers de cette explication, l’on cerne de plus près les contours du nouveau film de Claire Denis. La Réalisatrice s’est en effet penché sur les enfants soldats. Mais que ce soit dit, son long métrage n’a rien à voir avec le très violent JOHNNY MAD DOG de Jean Stéphane Sauvaire. 



En effet, ce film, tourné comme un documentaire, mettait en scène des machines à tuer. Aussi violent que bruyant, JOHNNY MAD DOG mettait le spectateur à rude épreuve en le confrontant  directement à la barbarie dont pouvait faire preuve ces mômes.  


Au-delà des faits d’armes peu glorieux, des viols, des vols, des exécutions sommaires commises par ces gamins,  le film tentait de montrer que ces enfants pouvaient, pour quelques uns d’entre eux, émettre des remords quant à leurs actions. Pour la plupart drogués ou sérieusement alcoolisés, le film montrait à quel point ces enfants étaient instrumentalisés par des chefs de guerres mues uniquement par le pouvoir et l’appât du gain. Si Claire Denis avoue ne pas avoir vu JOHNNY MAD DOG, elle en a entendu parlé. Et ce qu’elle en a retenu, c’est une affiche qu’elle a trouvé particulièrement laide! En se lançant dans cette thématique, elle savait avec sa co-scénariste, la romancière Marie Ndiaye, qu’elle ne mettrait pas en avant la face horrible de ces enfants, mais bel et bien le fait qu’il s’agit avant tout d’une « marmaille ».  Elle ne voulait surtout pas s’inscrire dans le même registre et plutôt proposer une vision moins violente, plus humaine. Certes, on pourra lui reprocher sa naïveté, ou simplement son désir de croire en la bonté naturelle de l’âme humaine. N’empêche que son film permet, comme JOHNNY MAD DOG, de mieux comprendre cette douloureuse problématique. 



D’entrée, le spectateur devine dans la pénombre, le corps d’un homme blessé. Peut-être est-il mort? On n’en sait rien! Cet homme, dont on apprendra plus tard qu’il se fait appelé Le Boxeur, est un chef  rebelle pourchassé, traqué par l‘armée régulière. Il s’est réfugié dans une grange d’une plantation de café tenue par Isabelle Huppert. Mariée à Christophe Lambert, ils ont en commun un fils, Nicolas Duvauchelle. Il y a aussi un autre enfant important dans l’histoire, né en dehors du mariage, sans doute un écart du mari qui s’est acoquiné avec une autochtone. Alors que les autorités françaises demandent instamment à leurs ressortissants de fuir le pays dans les plus brefs délais, Isabelle Huppert décide de rester ici coûte que coûte. Sa récolte de café semble plus importante que tout le reste. De toute manière, elle n’a nulle part ou aller. Elle n’est pas dans le dénie. Elle sait que la situation peut basculer à chaque instant dans le tragique. Ses ouvriers eux-aussi le savent. C’est pour cela qu’ils l’abandonnent. Bientôt, son mari va également choisir la voix de l’exode. Son fils, le seul être humain pour qui elle semble éprouver de l’amour, devient de plus en plus bizarre. Alors qu’il frôle la mort, il se transforme en une bête incontrôlable bien décidé à rejoindre les enfants soldats. Pourquoi ce geste? Parce qu’il est né ici, en Afrique. Même s’il est blanc, il veut être considéré comme un des leurs. C’est-ce qui importe à ses yeux. Mais la situation va dégénérer, surtout lorsque le corps du boxeur sera repéré dans son exploitation.



WHITE MATERIAL, un film somme pour Claire Denis. Tout ce qui fait la particularité de son cinéma est  concentré dans ce long métrage. Le son a autant de force que les images. La musique de Tinder Stick, omniprésente, renforce ces plans minimalistes tournés dans le Cameroun de son enfance, le plus souvent caméra à l’épaule. Mais Claire Denis ne se prive pas, quand cela est nécessaire, de plans plus léchés. Il y a aussi des séquences naturaliste lorsque Isabelle Huppert doit récolter son café par exemple. Avec un montage complètement débridé, la cinéaste procède par petites touches et permet ainsi au spectateur d’entrer dans l’intimité de la vie d’une femme au caractère bien trempé, et de saisir ses motivations, son entêtement à rester dans un pays meurtri, secoué par une guerre civile. Isabelle Huppert joue une partition dont elle est coutumière, la femme jusque-boutiste. Un peu comme dans HOME de Ursula Meier, elle s’accroche à son désir, et peu importe si elle doit entraîner dans sa chute les gens qu’elle aime. Cette femme rappelle aussi l’entêtée du BARRAGE CONTRE LE PACIFIQUE. Il y a d’ailleurs tellement de similitudes que Isabelle Huppert avoue avoir hésité avant de se lancer dans le film de Rithy Panh! Et oui, WHITE MATERIAL a été tourné bien avant!



Christophe Lambert, quant à lui, nous prouve enfin qu’il est un acteur, avec plusieurs cordes à son arc. Désespéré par l’attitude presque suicidaire de sa femme, il mettra tout en œuvre pour lui ouvrir les yeux.



Quant à Nicolas Duvauchelle, il possède ce côté presque animal qui plait tant à Claire Denis. Glandeur amorphe ou révolté hystérique,  l’acteur est hallucinant dans ce rôle pas facile à négocier. WHITE MATERIAL est encore l’occasion de retrouvailles pour Claire Denis. Elle confie à Michel Subor, l’ex adjudant Galoup de BEAU TRAVAIL, ou le monsieur Trébor de L’INTRUS, deux de ces précédents film, un rôle secondaire, celui du patriarche de l’exploitation de café.  



Idem pour Isaach de Bankolé qui devient dans WHITE MATERIAL le boxeur, lui qui était organisateur de combats de coq dans S’EN FOUT LA MORT. Isaach de Bankolé joue un rôle presque muet. Il faut dire que rien que son corps, sa stature lui permet d’exprimer suffisamment de choses, un peu comme dans LIMITS OF CONTROL de Jim Jarmusch, ou il campe un énigmatique tueur à gage peu bavard. Au passage, Claire Denis a participé à l’écriture du film de son pote Jarmusch. L’histoire des boites d’allumette qui se transmettent tout au long du film vient d’elle. Fin de la parenthèse. WHITE MATERIAL, un film pas facile aborder mais dont vous ressortirez comblé!








 


AJAMI:

Amours presque chiennes...




7 ans! 7 longues années, c’est le temps qu’il aura fallu à Scandar Copti et Yaron Shani pour voir aboutir leur ambitieux projet. Tout à commencé en 2002. A cette époque, Yaron était directeur d’un festival de film étudiant de Tel Aviv. Il a en tête l’idée de raconter différentes histoires bien réelles qui se suivent mais dont chacune serait montrée selon des perspectives différentes, un bout à bout en quelque sorte qui aboutirait à un seul et même film, construit sur le modèle des AMOURS CHIENNES de Gonzalès Inarritu. Sachant son projet trop ambitieux pour un seul homme, Yaron l’israélien met de coté son idée jusqu’à ce que le hasard mette sur sa route Scandar le palestinien, invité à ce festival. Les deux hommes  sympathisent, passent du temps ensemble, beaucoup. Ils échangent, se racontent, se souviennent, se dévoilent et finalement couchent sur le papier toutes leurs histoires. Ils trouvent enfin le déclencheur: Ajami, ce quartier si particulier de la ville de Jaffa pour son coté cosmopolite. Les ruelles d’Ajami sont en effet le symbole même de la collision entre deux mondes opposés. Ici, différentes cultures, nationalités, religions cohabitent tant bien que mal. Entre juifs, musulmans et chrétiens, depuis toujours, la situation est complexe et sensible. A Ajami, l’existence humaine ne tient qu’à un fil. Submergé par la violence de leurs réalités respectives, les 2 jeunes cinéastes ont donc transformé leur différence en ressource pour écrire un scénario dans lequel ils ont cherché à montrer avec sincérité cette fameuse réalité, celle de Ajami. 



Leur film est découpé en 5 chapitres. Le premier débute par un scène de tuerie. Un jeune palestinien est abattu en plein jour par 2 hommes en scooter. Il s’agit d’un règlement de compte. En effet, quelques jours plus tôt, un type d’un clan adverse a été tué dans un bar par le tenancier des lieux. Depuis, le jeune Nasri et son frère Omar vivent dans la peur. Il faut dire que le tenancier était leur oncle et que la victime du début a été abattue par erreur. C’est Omar qui était visé. 



Dans le second chapitre, on suit Malek, un jeune palestinien travaillant illégalement en Israél pour financer l’opération que sa mère doit subir. Dans le chapitre suivant, Binj, palestinien lui aussi, rêve d’un avenir radieux dans les bras de sa copine chrétienne. Dans la quatrième partie, Dando, un policier juif, recherche désespérément son frère disparu mystérieusement au cours de son service militaire. Peut-être a-t-il été enlevé et tué par des palestiniens? Dans l’épilogue, le spectateur comprend enfin ce qui unit tous ces destins, et ce, même si la plupart des personnages se retrouvent dans plusieurs segments du film. Le fric, la drogue, la religion, la politique, l'amour, la rudesse de l'existence, tout y passe dans AJAMI!



Voilà un film fort, puissant, ou le réel se noie dans la fiction et inversement! Ce thriller tourné comme un documentaire, puise sa force dans la vérité qui émane de chacune des situations. Pour obtenir un résultat aussi bluffant, Scandar Copti et Yaron Shani ont opté pour des méthodes de travail radicales. Déjà, ils ont recruté leur acteurs dans la rue. Pendant 10 mois, ils ont mené un atelier pour enseigner l’acting. Sur les 300 participants inscrits au départ, seule une poignée ont résisté jusqu’ à la fin du stage. A l’issu de ce processus, ils ont entamé leur tournage sans donné une moindre ligne de scénario à lire à leurs comédiens. Jamais! Leur but était que les acteurs ne puissent jamais savoir ce qu’ils allaient jouer afin qu’ils se comportent le plus naturellement possible. Par exemple, sur la scène d’exécution du début, personne ne savait que le jeune homme qui répare une roue de voiture dans cette rue déserte allait se prendre 3 balles dans le dos! Le résultat est stupéfiant. La réalité se mêle ainsi à la fiction tout au long du film, avec un niveau d’efficacité rarement atteint au cinéma. Les larmes de la mère de la victime sont de vraies larmes. Elle a en effet jouée cette scène de fiction en revivant malgré elle une scène qu’elle avait déjà expérimentée dans la vraie vie. 



Avec un tel principe, les 2 réalisateurs n’avaient pas le droit à l’erreur. Il fallait tourner le film scène par scène et réussir son coup à chaque première prise! Pas question d’en faire une seconde! Quand ce n’était pas possible, les malicieux conservaient la même mise en place mais donnaient secrètement une indication supplémentaire à un seul des comédiens, lui demandant de changer d’attitude, de quoi provoquer la surprise des autres au moment du tournage.  C’est comme ça qu’ils ont maintenu la fraîcheur du jeu. Il a bien évidemment fallu tourner dans la chronologie du scénario, pour que chaque personnage puisse entamer la scène suivante avec en mémoire les émotions vécues dans la scène précédente, comme dans la vie réelle! Et puis, toutes ces émotions spontanées ont été capturées grâce à un travail de captation proche du documentaire et à 2 caméras. Certaines prises duraient parfois 30 minutes! Au total, c’est 80 heures de rush qu’il a fallu ramener à 2 heures de film! Inutile de dire que le montage a lui aussi été une vraie partie de plaisir, un travail de fourmis qui leur pris une année entière! AJAMI, un projet unique pour un film unique à voir d’urgence au cinéma. Au passage, ce n’est pas un hasard si AJAMI a reçu la Caméra d’Or lors du festival de Cannes en 2009 et l’Oscar du meilleur film étranger cette année!










 


 DRAGON:

un animé qui pète le feu



Après Kung fiat Panda, Dreamworks continue sur sa lancée et est fier de vous présenter son dernier né, un animé en 3D: How To Train Your Dragon. Cœur de cible les 6-10 ans tout au plus pour un film où le fils d’un chef vVking se rêve lui aussi en redoutable chasseur de dragons. Et oui, les dragons sont la menace ultime qui pèse sur ce paisible village. Des fois, ces vikings subissent des attaques terribles au cours desquelles le village est mis à feu et à feu, pas trop à sang, c’est un dessin animé je vous le rappelle ! N’empêche que Harold notre petit viking, fils de chef, est devenu en réalité la risée de son village parce qu’il est bien trop chétif pour combattre les dragons. La volonté ne suffit pas… Harold est une crotte en comparaison de ses petits camardes costauds. 



Mais le destin va donner un coup de pouce à Harold. Alors qu’il se balade seul dans la forêt, sa vie va en effet se retrouver complètement chamboulée par sa rencontre avec un dinosaure, comme lui, délaissé par sa communauté. Il lui manque un bout de queue ce qui l’empêche de voler correctement. Ce dinosaure là ne vole pas, il se gamelle. Bravant sa peur, l’ingénieux Harold va fabriquer dans le plus grand secret un système qui permettra enfin au dragon de voler, ou pour être plus juste, un système qui permettra à Harold de piloter le dragon en montant dessus…de quoi évidemment en mettre plein la vue de sa petite copine, une graine de barbare. Ceci dit, dans le village, on va commencer à avoir des doutes car à l’école, en cours de chasse de dragons, Harold est le seul être que les bébés dragons n’attaquent pas…. Pourquoi ? c’est étrange. Sans doute l’odeur de son nouvel ami va leur faire croire qu’Harold est comme eux, un dragon… 



En attendant, et comme les vikings veulent éradiquer la menace, ils projettent de trouver le nid des dragons pour le brûler. Harold parviendra-t-il à contre carrer le plan diabolique de son papa ? Vous le saurez en visionnant avec vos enfants, HOW TO TRAIN YOUR DRAGON traduit en français par DRAGON 3D, un très bon divertissement pour les enfants, un film tiré d’un bouquin où on a rajouté une héroïne pour que les petites filles puissent elle aussi s’identifier à un des personnages principaux. C’est essentiel… la parité homme femme, ce n’est pas qu’un art de vivre, c’est aussi un bon buisness !











PIECE MONTEE:

Une comédie pas si choux !



PIECE MONTEE de Denis Granier Deferre qui n’apporte rien de neuf. En gros, depuis UN MARIAGE de Robert Altman à la fin des années septante, on a jamais vu mieux. On reprend donc ici le principe du film choral ou 2 familles sont sur le point de s’unir. Tout est beau, magnifique, somptueux, le mariage c’est le plus beau jour de la vie, mais ça peut vite devenir le pire ! Dans le cas présent, on renifle dès le début que le vernis va vite craquer. Dès la cérémonie religieuse, le curé Jean Pierre Marielle met tout le monde dehors. Faut dire qu’il a reconnu dans l’assistance un amour de jeunesse, la tentation en personne, pour lui, l’homme d’Eglise marié à Dieu, s’en est trop ! Allez hop ! foutez le camp et revenez donc à la messe demain matin bande d’ignobles…



Une cérémonie foirée plus loin, tout le monde se retrouve pour le banquet dans un château somptueux. On fait des photos avec la mariée.. .enfin, on évite de mettre la petite cousine trisomique au premier plan, ça peut faire flou ! Plus tard, à la suite d’un malheureux quiproquo les mariés vont parler divorce, les belles familles vont continuer à se regarder en coin. Quand à la sœur du marié, le vilain petit canard de la famille, elle en profitera pour faire son coming-out en roulant une grosse galoche à son alter égo de la famille d’en face… Bref, voilà un mariage dans la bourgeoisie bordelaise qui s’annonce explosif ! Mais rassurez-vous, la morale sera sauve à la fin !



PIECE MONTEE, une comédie classique, beaucoup trop pour susciter l’enthousiasme, un film à voir peut-être pour Jean Pierre Marielle et Danielle Darieux,



à voir aussi pour le beau mais improbable chapeau de Julie Depardieu, la fofolle de l’histoire, ou pour Christophe Alévèque qui maîtrise à la perfection son personnage d’être abjecte avec sa femme et ses gosses! Dans le genre peau de vache, Dominique Lavanant n’est pas mal non plus.









TETE DE TURC:

Explosif comme

un cocktail molotov!




On connaissait Pascal Elbé acteur, scénariste, dialoguiste. On le découvre réalisateur. Et pour un premier essai, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est transformé. TETE DE TURC montre en effet avec une rare justesse qu’il suffit d’un geste stupide pour voir sa vie basculer. A partir d’un vulgaire cocktail Molotov balancé sur la voiture d’un médecin urgentiste opérant dans une citée, Pascal Elbé parvient à dire à quel point notre société va mal. Mais attention, TETE DE TURC n’est pas un film de banlieue. Il n’a pas grand-chose à voir avec ces aînés MA 6-T VA CRACK-ER ou LA HAINE. Non, TETE DE TURC dépasse largement cette frontière. Déjà, il est construit sur le mode du thriller.
 


A la suite d’une agression commise sur son frère médecin, un flic va tenter de trouver le vrai coupable, celui qui a failli le tuer. En parallèle, un homme désespéré par le décès de sa femme va chercher à venger la mort de celle-ci en tuant le médecin qui n’est jamais venu à son chevet. Certes, le décorum de ces histoires est celui d’un quartier, une zone de non droit abandonnée par les pouvoirs publics, le genre de lieu ou la police ne pénètre plus, ou tout ce qui représente l’autorité, pompiers comme médecins, est forcément malmené par une poignée d’excités irrécupérables Mais Pascal Elbé montre qu’il est encore possible de repêcher les autres, une majorité, des jeunes délaissés par un système, qui, livrés à eux-mêmes, s’en remettent aux codes de leur gang. Le pacte social a explosé depuis longtemps dans ces endroits, mais Pascal Elbé n’est pas là pour juger cet état fait, tout juste pour le dénoncer, dénoncer surtout les dommages collatéraux. Ce n’est pas parce qu’un gamin fait une connerie que sa mère est aussi coupable que lui.  



Et lui, au fond, de quoi est-il coupable? D’avoir failli tuer un médecin? C’est certain. D’être indirectement le meurtrier d’une femme? C’est certain aussi.  Il est surtout coupable de garder le silence sur la nature de son geste. Mais il n’a pas le choix. S’il passe aux aveux, il sera considéré comme un délateur. Au mieux lui et ses proches seront bastonnés par le gang. Au pire, il devra carrément quitter la cité car la situation deviendra intenable. Mais pourquoi a-t-il commis ce geste? Pour être considéré par son clan comme un héros, un dur, un mec qui n’a pas froid aux yeux. Malheureusement, sous la carapace se cache un môme sensible, obligé de vivre avec son acte sur la conscience. Et le pire, c’est que ce môme n’a rien d’un mauvais garçon. Il s’occupe très bien de son petit frère, surveille ses devoirs en attendant que sa mère rentre du travail. Il pourrait être un jeune bien si on lui en donnait les moyens. 


TETE DE TURC est un film tout en nuance, subtil ou le spectateur comprendra sans peine qu’il est trop facile de mettre tous ces jeunes en rupture dans le même sac. Le réalité est plus complexe qu’il n’y paraît. Pascal Elbé a d’ailleurs pris le temps d‘écrire son histoire, de la laisser mûrir, après ce fait divers marseillais survenu en 2006 ou une femme fut brûlée vive dans un autobus. Ce qui l’a frappé à l‘époque, c’est qu’à aucun moment, les coupables n’ont demandé pardon. Ils ont préféré resté muet pour ne pas être bannis de leur gang, le genre d’attitude qui suscite forcément l’interrogation. Pascal Elbé a voulu comprendre et pour cela, il a rencontré des travailleurs sociaux et des grands frères. Il est allé sur le terrain. Il a lu des blogs de pompiers, de médecins et de flics opérants dans ces quartiers difficiles. Puis il a dessiné les contours de son scénario mettant en scène un ado, un toubib victime de cette violence urbaine, son frère flic avide de vengeance, une patiente qui meurt dans les bras de son mari, et ce même mari bien décidé à faire la peaux du médecin. Pascal Elbé a même demandé à un commissaire de police de superviser son script pour être certain qu’il ne racontait pas n’importe quoi. Tout ce qu’il avance dans son film est donc proche de la vérité. Il aurait pu réaliser un documentaire, mais Pascal Elbé croit en la puissance de la fiction. Grand bien lui en a pris. Son film est un grand film qui s’appuie sur des personnages attachants. C’est le propre du cinéma, la qualité première d’une fiction. Faire en sorte que le spectateur ne juge pas les personnages, mais comprenne leurs motivations. Et ça marche puisque l’on éprouve de l’empathie pour l’adolescent, malgré que ce soit lui, le coupable. Au passage, Samir Makhlouf fait des débuts remarquables au cinéma.

 


Par contre, Pascal Elbé a confié à un acteur expérimenté, son ami Roschdy Zem un rôle pas facile, celui du policier vengeur, mais finalement rattrapé par son cœur. Ce n’est pas un renvois d’ascenseur, juste que les deux hommes se connaissent bien, s’apprécient. Pascal Elbé avait d’ailleurs joué dans MAUVAISE FOIS, le premier film de Roschdy Zem. Ici Pascal Elbé s’est également écrit un rôle sur mesure, celui du médecin urgentiste. Si vous voulez vous plonger dans un film exceptionnel,un drame social aux relents de polar, foncez vite découvrir TETE DE TURC au cinéma.








 

LES INVITES DE MON PERE:

A ne pas éviter ! 



En cette période de crise ou mêmes les comédies sont tristes, que ça fait du bien de se marrer pour de bon au cinéma! Sérieux, on commençait à sévèrement désespérer, même à méchamment douter que le cinéma français puisse enfanter cette année une comédie digne de ce nom, enlevée, rythmée, intelligente, et surtout: drôle, ce qui, vous en conviendrez, est la qualité première d’une comédie. Faire rire le spectateur! Lui dérider les zygomatiques! Ca n’a l’air de rien dit comme ça, mais après LE COURSIER qui ne fera pas un pli, après PROTEGER ET SERVIR que l’on pourrait rebaptiser aisément DEPRIMER ET S’ENFUIR, on avait des doutes quand à la capacité du cinéma français de faire fi des financeurs, donc des chaînes de télé, pour mettre en chantier des comédies hilarantes, politiquement incorrecte. Je vous rappelle que ce sont les TF1, France Télévision, Canal+ et M6 qui font la pluie et le beau temps dans le cinéma français, enfin plutôt la pluie, voir le déluge même, vu le piètre niveau général depuis quelques années maintenant! Forcément, le spectateur en pâtie, le téléspectateur peut-être un peu moins! Le salue du cinéphile passe donc par des amoureux du cinéma comme Bruno Lévy! Habitué à miser sur une valeur sure comme Klapisch, puisqu’ils ont fait ensemble PARIS, LES POUPEES RUSSES, L’AUBERGE ESPAGNOLE et MA PART DU GATEAU (le prochain film de Cédric), Bruno Lévy peut aussi foncer tête baissée, quitte à risquer de se planter, lorsqu’il s’agit de miser sur un CASABLANCA DRIVER de Maurice Barthélémy. CASABLANCA DRIVER un faux documentaire délirant sur un boxeur de fausse légende, film qui aurait pu mettre le producteur KO étant donné le mauvais résultat au box office. CASBLANCA DRIVER s’est couché à la fin du 1er  round. Au 2ème, il a quitté le ring et les salles. Le film n’est jamais arrivé en Suisse, si ce n’est par la petite porte, celle du DVD! Enfin bref, si Bruno Lévy n’a pas forcément le nez pour sentir le potentiel financier d’un film, il possède par contre un vrai tarin pour renifler le potentiel comique d’un film! Il sait aussi à quel point un cinéaste qui a fait sensation avec un drame a besoin de se refaire une santé avec une bonne pantalonnade. Voilà qui explique sans doute pourquoi Bruno Lévy a soutenu sans sourciller Anne Le Ny dans sa démarche. Anne Le Ny, au passage, a raflé 3 Césars en 2008 dont ceux du meilleur premier film et du meilleur scénario pour CEUX QUI RESTENT, un drame inédit en Suisse!  



Avec LES INVITES DE MON PERE, exit le drame et vive la poilade. Ici, préparez-vous à rire de ces bourgeois de gauche aussi bien capables de s’acheter une bonne conscience en refourguant leurs fringues moches aux démunis que de dégainer leur chéquier pour se débarrasser d‘un encombrant problème. Vous avez dit politiquement incorrect? Et bien oui, LES INVITES DE MON PERE est politiquement incorrect. et là je dis: TANT MIEUX! Quelle bonne idée en effet que d’opter pour le rire lorsque l’on veut alerter son public sur un sujet aussi grave que la clandestinité en France. Et parce que Anne Le Ny n’est pas Philippe Lioret, je dis tout de même Welcome à son film malin a plus d’un titre. Pour commencer, avec son compère Luc Béraud, Anne Le Ny prend le parti de ne pas affronter le sujet de front. Ils biaisent. Enfin c’est plutôt un vieux monsieur Michel Aumont, qui biaise son monde et surtout la jeune moldave sans papier qu’il accueille désormais chez lui.

 


Sous prétexte d’accélérer la procédure de naturalisation, le vieil homme s‘est marié avec la jeune femme, en douce, dans le plus grand secret. Mais ce qui devait être un mariage blanc va devenir un mariage bel et bien consommé. Evidemment que ses enfants Fabrice Luchini et Karine Viard, vont se retrouver fort emprunter lorsqu’ils seront mis devant le fait accompli. Imaginant tout d’abord que l’engagement du vieil homme se limitait à un geste civique, de pure bonté, ils changeront de couleur lorsqu’ils découvriront celle du Viagra consommé par papa!  



Difficile pour eux d’imaginer qu’à 80 ans, leur père puisse faire sa crise de la cinquantaine et pourtant, le vieil homme est bel et bien tomber amoureux de cette jeune mère de famille. Mais comme chacun sait, l’amour rend fou, stupide, aveugle, insouciant. Et tant pis si cette dernière histoire peut lui coûter une crise cardiaque, ou le désaveux de ses enfants, le vieil homme est bien décidé à la vivre à fond et pour de bon. Bon gré mal gré, les enfants supportent donc cet ultime caprice et découvre que derrière la figure paternelle au caractère fort et bien trempé, se cache en réalité un homme comme les autres, avec ses fissures. N’empêche que ce mariage aura l’effet d’une tempête dans la vie de chacun des enfants, obligés malgré eux de se confronter à leur propres contradictions.



Particulièrement bien dialogué, LES INVITES DE MON PERE est porté par une distribution épatante. Ajouter à cela que Anne Le Ny est une formidable directrice d’acteur et vous obtenez un film réjouissant qui va vous refiler une banane d’enfer. Michel Aumont en vieux monsieur indigne est d’une fraîcheur incroyable. Fabrice Luchini n’en fait pas des caisses. Il joue sobrement ce fils mal aimé par son père, ce fils devenu père à son tour, qui a bien des difficultés à se faire aimer par sa fille. Karin Viard est également parfaite dans le rôle de la fifille à son papa qui découvre finalement que son père n’a rien d’un prince charmant. Il peut lui aussi être un beau salaud! Elle aussi peut être une belle garce. Pour un orgasme vite fait sur une table d‘examen entre deux consultations, elle est prête à mettre son couple en péril. Et puis, dernier atout et pas des moindres, la fin du film évite soigneusement le happy end de série. C’était une hantise. Dans ce genre de comédie, on n’échappe jamais à une fin convenue ou tout rentre dans l’ordre et ou tout le monde peut éventuellement se racheter une conduite. Ici, même si on a commis un acte dégueulas, on reste seul, avec sa conscience, à contempler silencieusement les conséquences de son geste et à se dire que c’était finalement ce qu’il y avait de mieux à faire! Pour toutes ces raison, LES INVITES DE MON PERE est donc un petit bijoux, à voir d’urgence au cinéma!










 

COMPLICES:

ou quand F.Mermoud

réussi son créneau

du premier coup!


 


Frédéric Mermoud a du talent. Cela se confirme. Après LE CRÉNEAU, un court métrage sublime en noir blanc, un huit clos dans une voiture, avec Hyppolite Girardot et Emmanuelle Devos en train de se chamailler et de tourner en rond pour trouver une place de parking, belle métaphore pour signifier la crise traversée par ce couple,  Frédéric Mermoud fait mine de changer de direction en se tournant vers le polar. Son stratagème est ceci dit vite débusquer. On se rend compte, plus on avance dans l’enquête policière proposée dans COMPLICES, que le vrai sujet sera ailleurs.  



COMPLICES raconte en fait une histoire d’amour et une histoire de non amour! Tout ça est bien pensé, particulièrement subtil! En effet, bien au-delà de l’enquête policière, Frédéric Mermoud nous donne à voir la vie d’un jeune lyonnais dont le cadavre vient d’être retrouvé flottant dans le Rhone. Qui est-il? D’où vient-il? Ou vivait-il? Avec qui? Et surtout, pourquoi a-t-il fini sa vie prématurément? Qui l’a tué? Rapidement, les enquêteurs, Gilbert Melki et Emmanuelle Devos, se mettent sur la piste d’un réseau de prostitution. Le jeune garçon vendait son corps à des hommes. Tombé amoureux d’une fille de son âge, sans histoire, il l’a entraîné dans sa chute, dans un milieu qu’elle n’aurait jamais dû fréquenter. Le montage du film permet d’avancer au rythme des enquêteurs. En effet, le présent est entrecoupé de nombreux flash back qui permettent de mieux situer la victime et de comprendre quel type de relation il entretenait avec sa copine. 



Voilà donc comment Frédéric Mermourd raconte l’amour quand on a 18 ans. Jeunesse devient synonyme d’insouciance, de jouissance à tout prix de l’instant présent. Le rapport au corps et au sexe est complètement décomplexé. L‘amour se vit de manière fusionnelle. Quand on approche de la quarantaine, qu’on est flic, c’est une autre histoire. On est solitaire, inquiet, en déficit d'amour. Pour une femme seule, le besoin de rencontrer un homme et de devenir mère, se fait de plus en plus présent, urgent, presque obsédant! Un homme resté seul, quant à lui, cache forcément une faille. Il a certainement commis une erreur qu’il paye aujourd’hui encore. En tout cas, ces 2 histoires s’encastrent parfaitement l’une dans l’autre. Elles se répondent, fonctionnement en miroir, comme si l’un des mondes était l’écho inversé de l’autre.



COMPLICES est aussi pour Frédéric Mermoud l’occasion de mettre en scène l’amour physiques. Pas facile à maîtriser. Tous les cinéastes vous le diront: il n’y a rien de plus casse gueule!  Pour le coup, Frédéric Mermoud s’en tire parfaitement bien. Avec sa caméra, il caresse les corps de Nina Meurisse et Cyril Descours avec délicatesse. Il sait aussi malmener ces mêmes corps quand il le faut sans pour autant sombrer dans le sordide. Mais attention, COMPLICES est loin d’être parfait. On peut tout d’abord regretter que ces flashs back racontent la véritable histoire du jeune couple. En effet, lorsque les flics avancent, ils ne sont jamais certains d’emprunter le bon chemin, celui de la vérité. Le scénario aurait donc gagné à être un peu plus vicelard. En maintenant le principe du montage parallèle, les flashs back auraient pu correspondent au fantasme du policier, à ce qu’il imagine de la vie de la victime et pas forcément à ce qu’elle était réellement. Une telle fausse piste aurait permis une fin un peu moins stupide que celle proposée. C’est le gros défaut de COMPLICES: Frédéric Mermoud aurait du  terminer son film 5 minutes plus tôt. Cette fin n‘est pas du tout satisfaisante, comme si le spectateur n‘avait pas compris que le flic incarné par Gilbert Melki était un type à part, plus humain que policier.  Pas besoin de souligner le trait de la sorte. Et très sincèrement, on ne peut pas croire un seul instant que cet homme, ce policier, même s‘il peut avoir de l‘empathie pour l‘un des personnages du film, se permettent d’agir comme il le fait… comme si il avait fallu à tout prix terminer sur une note d’espoir! Dommage!






 




CHICAS:

Mère au bord

de la crise de nerf! 



Adulée en Espagne, connue essentiellement en France pour avoir signé un bouquin sur la course à la présidence menée par Nicolas Sarkozy entre 2005 et 2007, Yasmina Reza, auteur de romans, de pièces de théâtres, scénariste et metteur en scène est enfin passée à la réalisation. Pour son premier film, elle a pioché la matière première dans un de ses textes intitulé UNE PIECE ESPAGNOLE et mis en scène par John Turturro à New York. Construite sur le système des poupées russes, racontant l'histoire d'acteurs français qui répètent une pièce espagnole, Yasmina Reza s'était alors amusée à écrire des bouts de cette pièce dans la pièce ou une mère de famille doit affronter le jugement de ses filles alors qu’elle leur présente son nouveau compagnon. Il était question à un moment donné que John Turturro se charge de l‘adaptation cinéma. Mais plus le temps passait, plus l’idée s‘éloignait. Alors Yasmina Reza est  finalement passée à l’action. La romancière a repris l’écriture de cette pièce dans la pièce, étoffant au passage chacun des personnages en picorant dans sa propre expérience.  


Pour tout dire, CHICAS débute en Espagne. Pilar, une femme bien dans sa soixantaine, accompagnée d‘une de ses filles, coupe le cordon ombilicale qui le liait à son pays natal en vendant son appartement. De retour en France, cette veuve, qui a refait sa vie avec Fernand, le gérant de son immeuble, un homme de son age, décide de le présenter à ses filles. Pilar organise un dîner. Mais elle est un peu tendue. Elle redoute leur jugement, et pour cause, ses 3 filles, extrêmement complices, tendances langues de vipère, sont du genre féroce. Accepteront-elles de voir leur mère filer le parfait amour avec cet inconnu? Rien n’est moins sur.  


CHICAS, un film de femme sur les femmes. La force de ce long métrage  vient de la richesse des personnages. Carmen Maura est une femme  au bord de la crise de nerf! L’égérie de Almodovar dans les années 80 incarne ici la jeune veuve, encore prête à aimer et surtout pas décidé à finir ses jours dans la solitude. Et comme son nouveau compagnon Fernand est charmant, charmeur, dynamique et plein de surprise, elle n’a aucune raison de s’en priver. 



Parmi ses filles, Nuria est une actrice internationale. Adorée par la planète entière, elle n’en demeure pas moins seule. C'est le paradoxe des stars! Emmanuelle Seigner incarne cette vedette de cinéma, l’occasion pour la comédienne chanteuse de grossir le trait et de se moquer de ses actrices un peu stupide qui ne pensent qu’à leur apparence et dont le plus gros soucis demeure le choix de la robe à porter lors d’une remise de prix. Nuria est néanmoins la plus proche de sa mère et donc la plus indulgente. 



Rien à voir avec Aurélia, la quarantaine, mariée et mère de famille. Elle a décidé de se fiche de tout. Il faut dire qu’elle est enceinte de son amant! Ça a de quoi vous perturber! Mais visiblement, elle a coupé les ponts avec sa famille car elle ne sera pas présente au dîner.



Reste la méchante et qui l’assume parfaitement. Christal est comme ça, extrêmement directe, trop peut-être! Quand elle doit dire quelque chose, elle ne se gêne pas et tant pis si ça doit blesser, même sa mère. Comme elle ne supporte pas l’idée de la voire jouer les ado amoureuses, elle le lui avouera mais à quel prix? 



Les hommes du film sont également bien croqués. André Dussolier, le nouveau venu dans la famille, joue ce type sur la réserve. Sous le regard inquisiteur de ces belles-filles, il marche sur des œufs. Mais derrière cette fragilité de façade, se cache un homme fort qui n’hésitera pas à recadrer ces dames pour le peu qu’elles manquent trop de respect à son gout à l’égard de leur mère. Il trouvera en Maurice, un allier un peu timide. Maurice alias Bouli Lanners est le mari d’Aurélia, un type simple, un prof qui fait répéter sa femme, comédienne de théâtre qui ne connaît pas le succès de sa sœur et pour cause puisqu’elle joue dans des pièces qui n‘intéressent personne!



CHICAS, un film personnel qui n‘a rien d‘exceptionnel. La mise en scène reste classique. Yasmina Reza évite toutefois les travers du théâtre filmé. Elle aurait pu en effet tomber dans ce piège car le coeur du film est avant tout un huit clos dans un appartement. Yasnina Reza a donc eut la bonne idée de ponctuer son film, et donc de le rythmé un peu, grâce à de nombreux flash back ou les 3 sœurs complices s’amusaient, insouciantes, dans l‘Espagne de leur enfance. Des respirations très appréciables qui font de ce CHICAS, un film agréable à regarder. 


 

 

 

 

 

FLEUR DU DESERT:

avec Liya Kébédé,

une bien belle plante!

 

 

Sans mauvais esprit, ce film mériterait d’être un peu raccourci. Un petit coup de ciseaux pour le ramener à 1h30 aurait été le bien venu, mais pour un drame sur l’excision, on va se retenir de couper quoi que ce soit! Car c’est de cela dont il s’agit dans cette FLEUR DU DESERT. Waris est une petite fille de nomades somaliens. Malgré la rudesse de sa condition, Waris se sent bien au milieu de sa famille, des chèvres et des chameaux.

 

 

Un soir, elle reçoit une double portion de riz sans réellement savoir pourquoi. Le lendemain, lorsque sa mère la conduit, seule, sur le rocher, à la rencontre de la vieille dame à la lame de rasoir rouillée, Waris comprend vite son malaise. Dans des conditions atroces, la gamine subit une excision. Puis la petite fille reste là toute la journée, seule avec sa douleur, sa rivière de sang et ses organes génitaux charcutés. La plaie s’est infectée et en plus, elle a été recousue grossièrement. Bref, c’est une vraie boucherie. Waris en gardera les marques indélébiles toute sa vie. L’histoire aurait pu s’arrêta là, mais Waris était faite pour embrasser une autre destinée. Bien des années plus tard, Waris prononcera un discours poignant à l‘ONU. Elle deviendra ambassadrice de l’Organisation des Nations Unies et mènera campagne à travers le monde entier contre cette pratique ancestrale, barbare que même le Coran n’autorise pas. Malheureusement, aujourd’hui encore, on dénombre pas moins de 6000 excisions chaque jour à travers le monde!

 

 

FLEUR DU DESERT, un biopic qui a l’avantage énorme de ne pas suivre la chronologie des événements. Le montage, éclaté permet de cerner petit à petit le parcours de cette fille si belle, mais si discrète, si naïve et surtout, si blessée dans son fort intérieur. Le film débute dans un magasin de fringue de Londres. Waris qui ne maîtrise pas l’anglais, contemple son passeport dans les toilettes. Une employée sur excitée arrive et lui intime l’ordre de déguerpir. Ces deux là vont vite devenir amies. Procédant à grand renforts de flash-back, on comprend progressivement que ce film ne traite pas des sans papiers, mais de bien autre chose, de la force de caractère d’une fillette de 13 ans qui va traverser le désert pour rejoindre Mogadiscio, avant d’arriver à Londres ou elle deviendra esclave pour le compte de l’ambassadeur de Somalie. Elle devra son salue à la guerre civile somalienne lorsque l’ambassadeur sera rappelé au pays. Livrée à elle-même, clandestine parmi les londoniens, à la recherche de nourriture, le hasard va placer sur la route de Waris un célèbre photographe de mode qui changera sa destinée.

 

 

Interprétée par Liya kébédé, un vraie bombe de défilée, on suit donc la vie de Waris Durie, ses difficultés à nouer un contact avec les hommes, sa complicité avec Marilyn interprétée par Sally Hawkins, la folle dingue de BE HAPPY de Mike Leigh, toujours aussi dingo. Elle joue la vendeuse amie, celle qui se rêve danseuse de balais mais n’est pas taillée pour! Elle apporte un peu de fraîcheur et une bonne dose d’humour nécessaire pour dédramatiser une situation, et une vie pourtant bien dramatique.

 
FLEUR DU DESERT, un film avec des acteurs amateurs d’un jour. La cinéaste Sherry Hormann raconte que les nomades du film n‘avaient jamais vu de caméra de leur vie. Pour certaines scènes, elle était obligée de changer subitement d'acteur, parce que certains disparaissaient sans prévenir, comme celui qui devait jouer le père de Waris. Elle l’a retrouvé, plus tard, en train de prier. Il se fichait de savoir que 80 personnes l'attendaient sur le plateau ! 

 

 

Pour les scènes censées se dérouler à Mogadiscio, elles ont en réalité été tournées sur le marché de Djibouti. Des centaines de policiers avaient bloqué les accès pour le tournage, mais tout à coup, ils ont tous disparu! Un chaos pas possible s'est installé, les membres du tournage se sont fait attaquer par des jets de pierre, bref, c'était la panique car les policiers avaient entendu dire que la production avait réservé un restaurant avec un buffet à volonté et ils voulaient être les premiers servis! On imagine donc la difficulté à réaliser ce film, mais ceci dit, malgré ces beaux efforts, cette FLEUR DU DESERT a bien de la peine à s’épanouir. Elle fini même par faner à cause de cette musique qui plombe littéralement l’ensemble et apporte un peu trop de pathos! Dommage!








TOUT CE QUI BRILLE:

pas brillant du tout.... 



Trop chelou ce film!  Et ce n’est rien de le dire. Chelou, terme verlan qui signifie louche et aurait du servir de titre à ce film tant les 2 héroïnes n’arrêtent pas de l’employer à chacune de leur phrase! En fait, dans ce pouf-movie, ce film de fifille, 2 demoiselles contemplent depuis le balcon de leur HLM de banlieue  miteuse les quartiers huppés de la capitale. Bien sur, elles rêvent de fric, de fêtes et de paillette! Ca tombe bien, Manu Payet est dans le coup! Gérant d’une sandwicherie, il sort avec Lila et emploie sa copine, Ely. Elles sont comme deux sœurs. Ces deux meilleures amies du mondes aiment bien se marrer, délirer, faire des imitations et surtout, s’amuser. 



Un soir, elles s’arrangent pour taper l’incruste dans une boite sélecte parisienne. Cette incursion en « loose d » dans cette soirée huppée sera l’occasion de nouer contact avec Agath et Joan, en fait une photographe à la colle avec son modèle. Elles sont incarnées respectivement par Viginie Ledoyen et Linh Dan Pham. 



De fil en aiguille, à force de petits mensonges et de grosses embrouilles, Lila va matérialiser son désir d’ascension sociale. Seulement gaffe à ce que l’ascenseur ne tombe pas en rade! Pendant ce temps là, Ely qui garde les pieds sur terre, comprend finalement qu’il vaut mieux rester scotché au rez de chaussée car ce monde de fric et d’apparence n’est pas pour elles. Et l’on devine sans peine que l’amitié indéfectible entre les 2 copines va exploser en plein vol car tout ce qui brille fini forcément par vous brûler!



Rien à voir, rien à dire, rien à raconter, rien à fiche de ce film insignifiant, le premier et pourquoi pas le dernier de Géraldine Nakache, aussi piètre actrice que réalisatrice. La seule qui s’en sort, c’est la prof de gym, la troisième copine de l’histoire, un personnage brut de décoffrage, un peu rustre incarnée par Audrey Lamy. 



Elle aurait mérité un peu plus d’attention de la part du scénariste. En lui confiant plus d’importance, le film aurait gagné en comédie, donc en intérêt. En guise de cela, pour éviter de pioncer, le spectateur ne peut se rabattre que sur la beauté et le charme évident de Léila Bekhti! C’est bien maigre!






L'IMMORTEL:

Un film qui tue! 



Et pour une fois on ne peut même pas dire que L’IMMORTEL est un film à 2 balles, plutôt à 22 balles, vu le sujet! Dois-je en effet vous rappeler que L’IMMORTEL reprend ce fait divers qui secoua la milieu marseillais à la fin des années 70. A cette époque, la guerre des gangs fait rage sur la cannebière. Tany Zampa règle ses comptes avec son ennemi juré. L‘addition est lourde pour Jacques Imbert, dit Jacky Le Mat, un vrai couillu. Un matin de 77, on le retrouve gisant dans une marre de sang sur un parking de Cassis, le corps criblé de balles. Le dernier parrain du milieu marseillais transformé en passoire s’en tire malgré tout saint et sauf. La véritable histoire s’arrête donc là ou commence celle de Richard Berry. 



Dans L’IMMORTEL, Jacky Le Mat s’appelle Charly Matteï. L’homme s’est rangé mais le passé fini toujours par rattraper un retraité du grand banditisme. Pas repenti pour autant, il s’est juste retiré des affaires pour claquer son fric, passer du temps avec une ex prostituée devenue sa femme, et jouer avec son fils. Survivant à une partie de ball-trap ou il est la cible vivante, Charly Mattéï, une fois remis sur pied, va remonter jusqu’au commanditaire de son assassinat, celui à qui bien évidemment, il n’aurait jamais pensé.



L’IMMORTEL, une parodie de PARRAIN en version française. Dans cette vaste pantalonnade, Jean Réno joue le vengeur bourru, une partition qu’il maîtrise à la perfection. Cet homme à la détente facile est bien décidé à faire le ménage sur le vieux port et à buter tous ceux qui ont cherché à le descendre. Et parce qu’on ne touche pas à la famille, c’est une règle dans la mafia, rien n’y personne, pas même la police, ne pourra l’arrêter! Si Jean Réno s’en tire très bien, il faut refreiner instantanément son enthousiasme devant le reste du casting… Que des erreurs, à l‘exception de Jean Pierre Darroussin, l‘avocat de Mattéï. En effet, Marina Foïs joue très mal la commissaire veuve alcoolique et tourmentée. Pour une fois, ce n’est pas un flic qui picole mais une fliquette qui a la descente facile. Ce cliché sur patte cherche à coffrer l’assassin de son mari et sait pertinemment que Charly Matteï pourra l’aider. Alors elle prendra tous les risques pour atteindre le but de sa vie.

Mais Marina Foïs n’est pas la pire!

 


En effet, si sur le papier le contre emploi de Kad Merad peut paraître intéressant, sur l‘écran, c‘est un désastre. On ne croit pas une seconde à sa composition de mafieux,  un Don Corleone de pacotille. Difficile dès lors d’imaginer que Richard Berry est ce directeur d’acteur intraitable qu’il prétend être: « Je dirige énormément mes comédiens, » raconte-t-il. « J’aime les pousser dans leur retranchement pour obtenir le meilleur d’eux. » On voit donc toutes les limites de Kad Merad dans L’IMMORTEL! A chacune de ses apparitions, de ces colères, la comédie involontaire n'est pas loin! Quitte à se confier un petit rôle dans son propre film, Richard Berry aurait mieux fait de s'adjuger celui là. Il aurait été franchement plus crédible que le comique dans le costume du chef de clan beg sujet aux migraines.



Mais peut-être que la réalisation de Richard Berry vous refilera un mal de tronche encore plus carabiné! Le parti pris est extrêmement simple. L’IMMORTEL se limite en effet à une rafale de champ conte champ dans les scènes d’expositions et pour varier les plaisirs, quand il y a de l’action, de la pétarade ou des courses poursuite, il opte pour le montage "clipesques" avec changement de plan toutes les 2 secondes. Pas d’erreur, quand Richard Berry prend les commande du taxi marseillais, il nous conduit sur l’autoroute du film calibré Europacorp. Luc Besson est effectivement derrière cette production, un film ou l’on est pratiquement toujours en mouvement, même quand ça ne se justifie pas. Entre deux gros plans sur les tronches de ses comédiens, Richard Berry a la bougeotte: Et vas-y que je te colle un court travelling latéral par là, un push in par ici, ou encore un mouvement de grue pour faire joli! Au final L’IMMORTEL ressemble donc plus à un produit qui fait boom boom et vroom vroom qu'à un film de cinéma digne de ce nom! Ce long métrage pour bouffeurs de pop est donc une réelle déception de la part de l’acteur comédien qui nous avait portant bien emballé avec ces précédentes réalisations comme la comédie enfantine MOI CESAR, ou l’énigmatique thriller LA BOITE NOIRE.


 





ALICE AUX PAYS 

DES MERVEILLES:

en 3D... C'est 3Dommage!

 


Quand Tim Burton rencontre Alice dans son pays des merveilles, on doit, on peut, on veut s’attendre à un enchantement, à une farandole enivrante, à un pur moment de magie et de folie. On refuse d’admettre que le cinéaste sans doute parmi les plus inventifs du moment puisse se contenter de pondre un machin vaguement merveilleux, un truc qui brille un peu ramolli. Et bien que ce soit dit, cet ALICE AUX PAYS DES MERVEILLES fleure bon le divertissement qui saura envoûter les plus jeunes et ravir tous les autres, y compris les chipoteurs qui trouveront forcément à redire que cet ALICE AUX PAYS DES MERVEILLES est trop chargé, trop coloré, trop en 3D! La dessus, les allergique à la 3D n‘ont pas tout à fait tord! Le film n’a pas été conçu dans cette optique, mais au vu du succès de AVATAR, Disney a cru bon s’offrir un traitement 3D de dernière minutes, et ce, malgré l’opposition de Tim Burton. Résultat, cette décision mercantile plus qu’artistique, nuit au film. On a du rajouter des images avec des mains au premier plan qui s’emparent d’objet, sans quoi il n’y aurait pas eut grand chose en relief à se mettre sous la rétine. Certes le recours à la 3D permet d’amplifier les profondeurs, mais le résultat aurait été à peu près le même en 2D car depuis que Tim Burton fait des films, il sait choisir ses focales pour amener ou non de la profondeur dans un champ! Au diable donc cette 3D qui ne sert finalement qu’à justifier l’augmentation de votre billet d’entrée! Honte à toi Mickey! 



Toujours pour abonder dans le sens des chipoteurs, on peut reprocher à Tim Burton que son pays des merveilles devient assez vite celui du trop plein. On sent l‘envie du cinéaste, le besoin même d’en mettre plein les yeux. Malheureusement, si ça partait d’un bon sentiment, l’effet boomerang est immédiat. Trop de fleurs qui parlent, trop de végétation alambiquée, trop d’animaux étranges, trop de choses futiles sur lesquelles se concentrer habitent l‘écran! Le lapin blanc, la paire de jumeaux un peu con et le chat volant apparaissant et disparaissant à sa guise auraient été bien suffisant. Du coup, cette abondance détourne le spectateur de l’essentielle: l’intrigue et les thématiques de cette fable.
 


En compilant les comptes de Lewis Carroll, Alice aux pays des merveilles et de l’autre coté du miroir, Tim Burton a trouvé matière à réaliser un film à priori anodin sur une rivalité acharnée entre deux sœurs. Mais le vrai fond est ailleurs. Tim Burton dénonce l’exercice du pouvoir quand celui-ci est laissé entre les mains d’un être ignoble, cruel, abject et capricieux, en l’occurrence une reine rouge terrifiante qui se sert de la peur pour diriger son peuple. On tremble devant cette femme démoniaque, diabolique capable de vous faire couper la tête simplement parce qu’elle en exprime l’envie. Dans son royaume, seule les apparences ont de l’importance. 



Hélène Bohnam Carter incarne de manière éblouissante cette reine un peu bling bling! Même si l’actrice est recouverte de maquillage et d’un masque en latex, elle possède des expressions de visage prodigieuses. En un regard, elle vous foudroie. 


Cette Reine Rouge tire incontestablement le film vers le haut. Mais attention, le monde de Tim Burton n’est pas manichéen. Il est plus complexe que cela. Derrière sa dureté apparente, cette méchante reine peut dissimuler une réelle faiblesse, un cœur d’enfant guidée seulement par la jalousie. Derrière la haine se cache parfois l’amour. 



L’amour est à priori ici incarné par sa sœur, la Reine Blanche.Tendance nunuche, naïve au grand cœur, elle est incapable de faire le mal, quoique…Elle est tellement maniérée qu’elle en devient volontairement agaçante! Anne Hathaway qui campe cette Reine Blanche est également parfaite. Elle aussi mérite son coup de chapeau.  

 


Ça tombe bien, le chapelier Johnny Depp est dans cette histoire. Il déroule un numéro qu’on a déjà vu, ou qu’on croit avoir déjà vu. En effet, ce chapelier ressemble beaucoup trop à un condensé des meilleurs personnages inventés par Tim Burton. Il possède le teint blanchâtre Sweeney Todd, le galurin du chocolatier Charly, le doigté et les mains d’argent d’Edward. Ce Beetle Juice en moins farceur va tout faire pour décider Alice de mener le combat et renverser la Reine rouge. 



Au passage, Alice alias Mia Wasikowska possède une certaine fraîcheur indispensable à ce personnage. Jugée comme une usurpatrice dans le pays des merveilles, elle apparaît comme rebelle dans le vrai monde. Sa mère veut la marier à un abrutis de la haute mais il n’est pas dit qu’elle accepte.



Elle préfère se réfugier dans son rêve, ou ce qu’elle croit être un rêve, un monde ou les proportions ne sont pas toujours respectées. Un peu comme dans un PANIQUE AU VILLAGE, la grande Alice peut se retrouver dans une maison de poupée et dans la seconde qui suit, la lilliputienne Alice peut se sentir bien minuscule devant un guéridon dans cette même maison de poupée! En règle général, Tim Burton joue tout le long du film sur ces proportions. Les tailles de certains objets ne sont pas toujours en adéquation avec leur environnement. 



Il sait aussi concevoir des décors justes sublimes comme le château de la Reine Rouge qui tranche par exemple avec le monde désolé du Chapelier. En redonnant une nouvelle jeunesse à cette ALICE AU PAYS DES MERVEILLES, Tim Burton s’est bien amusé et nul doute qu’il amusera son public.
 






LA HORDE:

le plus mauvais film de zombi de tous les temps! 

 

 

Pourtant, ça partait d’une bonne idée. Yannick Dahan et Benjamin Rocher voulaient "mixer le polar urbain seventies et le film de zombies." Au final, ils ont juste réussi à pondre un truc mainte fois ressassée dans le cinéma de genre! Un groupe de gens, de préférences des flics venus arrêtés des bad boys sont obligés de signer une trêve. C’est qu’ils se retrouvent coincés dans au dernier étage d’un immeubles infesté d’étranges créatures, particulièrement agressives et rapides, des bestioles assoiffées de sang. Il faut croire qu’un virus, beaucoup plus dangereux que celui de la grippe porcine A H1N1, disons celui de la rage, a refait surface. Du coup, la ville, l’immeuble et ceux qui y habitent, sont devenus la proie des enragés. 

 

 

Deux solutions s’offrent à nos amis. Rester pénard sur le toit en attendant la mort. Prendre la poudre d’escampette et affronter la mort qui rôde dans chaque cage d’escalier, sur chaque pallier…. Impossible en effet de prendre l’ascenseur, il est en panne!

 

 

La HORDE, un véritable raté. Dommage, car tous les ingrédients étaient réunis pour concevoir un film de zombi claustrophobique hyper angoissant, une espèce d’Alien en HLM, avec en prime un duel flics-bandits des plus intéressants. Au final, on se retrouve devant un machin ou les acteurs se prennent au sérieux. Ces espèces de pantins jouent au premier degré, donc forcément, on regarde cette chose au premier degré et on a tôt fait de s’ennuyer! On est même submergé par la tristesse en constatant que Dominique Perron s’est fourvoyée dans cette chose ou les dialogues lamentables sont récités de manière insipide, ou la mise en scène est inexistante.

 

 

La seule chose à retenir de LA HORDE, c’est éventuellement la note d’intention de Jean Labadie le producteur: "La Horde espère participer à ce mouvement qui dénonce les cités dortoirs, les pannes d'ascenseurs, le racisme quotidien, la drogue, la violence à travers une fable, une bande dessinée filmée écrite par et pour ceux qui ne lisent pas toujours Le Monde et Télérama, qui passent du temps sur leur ordinateur devant des jeux vidéos." Mission non accompli. Autant passer 2 heures sur CITY OF THE DEAD à dégommer du zombi soit-même avec son joystick plutôt que de perdre votre temps devant LA HORDE!

 

 

 

 

 

 

 

L'ARNACOEUR:

Une jolie coeurmédie...


 

 

Vanessa Paradis se fait rare au cinéma. «C’est normal» dit-elle, «j’ai un autre métier qui me prend pas mal de temps. Concevoir un album, l’enregistrer, le promouvoir et le jouer sur scène peut durer près de 4 ans! Alors ne vous étonnez pas de me voir si peu souvent au cinéma!» D’autre part, pour qu’elle accepte un rôle, il lui faut réunir 3 conditions: que le metteur en scène, le scénario et ses partenaires lui plaisent. Sans quoi, elle s’abstient.

 

 

 Dans le cas de L’ARNACOEUR, sa confrontation avec Romain Duris était dans l’air depuis plusieurs années. Il fallait juste attendre le bon moment pour les réunir. Lorsqu’elle à lu le scripte, son côté fleur bleue a parlé. Vanessa Paradis ne s’en cache pas, elle adore les comédies romantiques. La seule inconnue restait Pascal Chomeil. Il faut dire qu’il n’a rien fait de réellement significatif à part assister Régis Wargnier sur JE SUIS LE SEIGNEUR DU CHÂTEAU et écrire quelques séries télé. Sa dernière en date, FAIS PAS SI, FAIS PAS CA pour France2 reste un bijoux de comédie, une pièce rare extrêmement bien dialoguée qui montre le quotidien de 2 familles ayant bien de la peine à éduquer correctement leurs progénitures, une série ou finalement les grands commettent bien plus de bêtises que les enfants. C’est après l’avoir rencontré que Vanessa Paradis a dit banco.

 

 

De son côté, Romain Duris avoue avoir été plus long à se décider. «J’avais peur que L’ARNACOEUR soit une comédie de plus et pas drôle avec ça. J’ai demandé à ce que l’on retouche le scénario, que l’on accentue davantage sur la romance, au détriment de la comédie. J’ai même téléphoné assez vite à Vanessa pour lui faire part de mes doutes, de mes craintes. Elle était d’accord avec moi. Ca m’a rassuré. J’ai su dès lors que je pourrais faire du bon boulot sur ce film.» Et le résultat final donne effectivement raison au beau gosse du cinéma français.

 

 

Le préféré de ces dames s’en donne à cœur joie dans ce film ou il doit jouer les briseurs de couple. A la tête d’une petite société familiale spécialisée en ce domaine, on le mandate pour conduire des ménages à la rupture. Mensonges, trahison, tousles stratagèmes sont bons pour atteindre sa cible. Si ce métier n’est à priori pas très joli-joli, reste que l’homme possède une éthique. Il ne s’attaque jamais aux femmes heureuses. C’est Sa règle! De toute façon, selon sa théorie, il existe 3 types de femmes: les malheureuses, les malheureuses qui le savent mais se masquent la réalité et les malheureuses qui l’ignorent. Alors quand on lui demande de briser l’idylle entre Vanessa Paradis et son prince charmant, il n’hésite pas une seconde. Il relève instantanément le défi. Ceci dit, lui et ses compères, sa sœur Julie Ferrier et son beau frère François Damiens vont devoir redoubler d’effort pour trouver la faille et mener à bien cette nouvelle mission. A moins que Cupidon ne vienne jouer les troubles fêtes et enraye une machine pourtant bien huilée…

 

 

L’ARNACOEUR, une comédie romantique dans la plus pure tradition, qui suit un chemin balisé à l’extrême. Pas facile dans ce cas de sortir du lot. La solution passe par des dialogues brillants, une mise en scène enlevée, un rythm soutenu, un peu de burlesque, un peu de danse de salon et une direction d’acteur irréprochable. Autre atout du film, et non des moindres, les seconds rôles interprétés par les 2 comiques;

 

 

le belge Damiens se révèle une fois de plus excellent dans le rôle du bobet qui se prend pour un séducteur et rêve en secret de suivre les traces de son beau frère. La scène ou il se grime en plombier polonais à moumoute restera inévitablement gravé dans la cervelle des spectateurs. Julie Ferrier n’est pas en reste. Elle incarne une femme d’affaire qui sent bien que son frère est en train de vaciller!

 

 

De leur coté, Duris et Paradis livrent un numéro honnête. On les sent extrêmement complices. Du coup, la mayonnaise prend sans peine. Pendant que le james bond de la séduction déroule gentiment sa partition, lorgnant par instant sur Bébel pour le coté intrépide ou à d’autre sur Malkovitch pour la classe, elle, la fan de Dirty Dancing et de Wham, se contente d’incarnée une jeune fille sure d’elle, indépendante, mais qui progressivement va commencer à douter. A signaler quelques apparitions de Lafesse et d’Héléna Noguerra dans le rôle de la copine nymphomane!

 


 





LES CHEVRES

DU PENTAGONE:

Humour vache garanti!



Difficile de lui échapper, Ewan McGregor est en ce moment sur tous les fronts. Après s’être fait berner par Jim Carrey dans I LOVE YOU PHILLIP MORRIS, après avoir trouvé une vérité qu’il n’aurait jamais du chercher sur Pierce Brosnan dans GHOST WRITER, le voici qu’il s’engage pour une virée en Irak avec pour guide un hurluberlu de première classe, Georges Clooney. 



LES CHEVRES DU PENTAGONE est visiblement inspiré d’une histoire qui aurait pu être plus vraie que nature. C’est vous dire si juste avec cette précision avant le générique, le spectateur sait qu’il va se délecter avec une véritable comédie, petit bijoux d’orfèvrerie comme on aimerait en croiser plus souvent dans une salle sombre. Rien que l’ouverture du film est irrésistible. Assis derrière son bureau, le général HopGood est impassible, parfaitement immobile. Son visage carré taillé au burin inonde tout l’écran. Avec ce plan fixe qui paraît interminable, Gérard Heslov, le réalisateur place d’emblée la barre bien haute. Le type reste silencieux, parfaitement immobile. Il ne bouge pas un sourcil. Tout juste se contente-t-il de fixer le mur en face de lui. D’un seul coup, il lance à son assistant, assis derrière un autre bureau: « je vais dans la pièce d’à côté ». Il se lève d‘un bond, prend son élan et s’explose lamentablement contre le mur qu’il contemplait jusqu’alors, sous le regard médusé de son entourage. La scène, aussi hilarante soit-elle, n’en demeure pas moins mystérieuse pour le spectateur qui s’interroge subitement. Pourquoi ce geste? Ce type est-il fou ou complètement con? Pourquoi s’est-il pris pour un passe muraille? Un militaire haut gradé, ce n’est pas sérieux! Et pourtant si, c’est tout à fait sérieux. Oserais-je vous rappeler que LES CHEVRES DU PENTAGONE est une histoire qui aurait pu être plus vraie que nature!  C’est donc le plus sérieusement du monde qu’après cette entame, le spectateur fait connaissance avec Bob Wilton, un journaliste insignifiant interprété par Ewan McGregor.



Ce type s’ennuie. Un jour que sa concubine le plaque pour aller roucouler avec son rédacteur en chef, il décide de faire ce que tout mec fait dans ce cas là: partir en Irak! Seulement, il n’est pas militaire. Le seul endroit ou on l’autorise à se rendre, c’est le Koweit. Là, au milieu des correspondants de guerre qui ne lui adresse même pas la parole, il rencontre Lyn Cassady, alias George Clooney, un soldat aux pouvoirs paranormaux qui combat le terrorisme grâce à son arme secrète: un regard qui tue les chèvres! 



Accessoirement, il se prend également pour un chevalier Jedi, ce qui est bien évidemment particulièrement drôle quand il s’adresse à Ewan McGregor! Ceci dit, les deux hommes se rendent donc ensemble en Irak ou ils rencontrent Bill Djambo, le fondateur d‘une section spéciale de l‘armée américaine, la First Earth Battalion.

 


Bill Djambo joué par l’impeccable Jeff Bridges, est une sorte de gourou baba charismatique qui entraîne ses hommes à développer leur cerveau grâce au LSD, à la danse et aux putes… il a ainsi mis en place une unité d’élite de soldats pacifistes susceptibles de résoudre n’importe quelle crise grâce à leurs pouvoirs…



LES CHEVRES DU PENTAGONE, une comédie burlesque par excellence. On sent un peu l’influence des frères Coen sur le réalisateur Grant Haslov. Cet acteur de série télé aperçu dans Arabesque, X Files ou les Expert, ce second couteau pour le cinéma vu dans des films comme ENNEMI D‘ETAT ou LE PIC DE DANTE est devenu, au fil des ans, producteur avant de s’essayer à la réalisation avec talent. Nul doute que c’est au contact des Coen sur la production de INTOLERABLE CRUAUTE qu’il a assimilé les règles de base d’une comédie efficace et par la même, croisé Clooney. Grant Haslov a aussi produit d’autres films avec l’ambassadeur de Nescafé comme  GOOD NIGHT AND GOOD LUCK et JEUX DE DUPE, des films sérieux. Au passage, on se demande si l’on ne doit pas prendre au sérieux ces CHEVRES DU PENTAGONE. Cette comédie serait en effet inspirée du livre The Men who stare at goats du journaliste Jon Ronson, bouquin dans lequel il révélerait l'existence d'expérimentations de l'armée américaine visant à développer des unités spécialisées dans le paranormal. Ca peut paraître curieux, dingue ou loufoque, mais pourtant, la production insiste:  « tout dans ce film est vrai. Des militaires ont réellement tenté de passer à travers des murs ou essayé de tuer des hamster et des chèvres du regard. De telles expériences, la CIA et l’armée américaine en ont mené dans les 60, 70 et 80. »



Selon les dires du scénariste Peter Straughan, « certaines des scènes les plus incroyables du film sont tirées mot pour mot des entretiens réalisés par Ron Jonson. »  Et l’auteur du livre d’ajouter qu’un certain Jim Channon s'est intéressé aux techniques de combat alternatives après s'être battu au Vietnam. Visiblement, l’abus de Lsd à cette période a du beaucoup l’inspirer. Le journaliste de poursuivre: « Dans un manuel de 125 pages agrémentées de dessins et graphiques, il a étudié et décrit de nombreuses techniques New Age, dont la lutte primitive, les sessions nues dans un jacuzzi, la visualisation, le total fitness, le "Combat Éthique" ou encore les "Prières de la Terre. » Difficile é croire, mais pas impossible à voir! Bien au contraire, pour s‘en payer une bonne tranche, je vous conseille de filer découvrir LES CHEVRES DU PENTAGONE au cinéma. Et pour une fois, je vous invite aussi à visionner la bande annonce du film, une parodie de celle de PARANORMAL ACTIVITY avec une assemblée de chèvres dans une salle de cinoche qui flippent en regardant LES CHEVRES DU PENTAGONE!  Ca vous donnera le ton de cette sublime comédie aux situations et dialogues surréalistes, portées par une tripotées d’acteurs qui sont loin d’êtres des chèvres!


 



 

 

 





 

 

 

LA RAFLE:

La vie est (pas) belle! 

 

 

LA RAFLE est un film de Roselyne Bosch! Ça a l’air d’un gag, et pourtant, ce long métrage historique n’a rien d’une plaisanterie. En effet, la cinéaste a choisi de reconstituer l’un des faits les plus sordides soutenus par le gouvernement de Vichy dans la France occupée de la seconde guerre mondiale. On est en juin 1942. Hitler, Himmler et les autres afreux du 3ème Reich ont depuis longtemps entamé leur campagne d’extermination des juifs de la surface du globe. Bien sur qu’ils mettent la pression sur les pays amis pour alimenter leurs chambres à gaz. Les cendres, il n’y a rien de mieux pour ne laissez aucune trace, pour qu’après, on ne puisse plus différencier les hommes, les femmes et les enfants, et encore moins les chiffrer. Le gaz et les fours, c’est donc la solution préconisé par le moustachu. Seulement, il faut accélérer les cadences. Le temps presse car la communauté internationale va forcément commencer à se rendre compte de ce qui se trame dans les soit disants camps de travail de l’Est. Assez curieusement, si Mussolini est réticent à améliorer son rendement, la France du Maréchal fait du zèle! Laval embobine Pétain. Au passage, Roselyne Bosch ose nous faire croire que le Maréchal ne cautionnait pas forcément les agissements de son ministre. Elle nous présente un Pétain un peu gâteux alors que tout le monde sait que cet enfoiré était tout à fait conscient de ce qui se tramait dans son pays! Enfin bref, d’après l’histoire revue et révisée par Roselyne Bosch, c’est donc Laval qui prend la décision d’envoyer au four 25 000 juifs parisiens pour faire plaisir à Hitler.

 

 

C’est ainsi qu’on met sur pied la rafle du Vel d’Hiv. Une chance que tous les parisiens n’étaient pas des collabo. 11 000 juifs ont pu être sauvé, mais ceux là, le film n’en parle pas. Roselyne Bosch préfère montrer les 14 000 autres, ceux qui vont connaître une indicible souffrance, entassés dans le vélodrome d‘hivers. Parqué dans ce stade couvert, sans eaux ni nourriture ni soins, ils seront conduits dans un camp temporaire, à Drancy ou Beaune (dans le Loiret), avant d’être expédiés à l’abattoir. Seul 24 personnes en reviendront.

 

LA RAFLE est un film essentiel, tout du moins sur le papier car sur l‘écran, c‘est une autre histoire! LA RAFLE participe du devoir de mémoire et en ce sens, il est important de ne pas mésestimer son impact. Le jeune public, qui n'a jamais connu la guerre et a tendance à mesestimer ce qu'à été cette dramatique période de l'Histoire, ne doit jamais oublier ce génocide. Rien que pour cette raison, il doit aller voire LA RAFLE et tant pis si le long métrage est truffé de maladresses. LA RAFLE n'a rien d'un NUITS ET BROUILLARD, c'est certain et c'est dommage surtout! Déjà, ne serait-ce qu'au niveau du casting, on pourrait trouver à redire! 

 

Gad Elmaleh ne sera décidément jamais un acteur! Insupportable quand il joue au comique dans des comédies pas drôles, il est juste à coté de la plaque dans un drame tel que LA RAFLE. Il n'est à aucun moment crédible en père de famille trop confiant qui fini par se rendre compte beaucoup trop tard qu’en n’écoutant pas sa fille, il a conduit sa femme et ses enfants à l’abattoir.

 

Jean Réno s’en tire à peine mieux. Il incarne un toubib juif, un héros en quelque sorte qui soigne les enfants et aimerait aussi, soigner la jolie infirmière Mélanie Laurent, l’Inglorious Bastard en personne qui après avoir tué Hitler pour le compte de Quentin Tarantino, se retrouve ici dépassée par les événements.

 

 

Cette grande gueule qui s’insurge contre les méthodes de la police française, contre les conditions de détentions inhumaines des juifs dans ce camp du Loiret aurait sans doute pris un coup de fusil en 1942 pour beaucoup moins que ça! Pas dans le film de Roselyne Bosch!

 

 

Dans LA RAFLE, il est même possible de faire passer dans un camp de concentration, depuis l’extérieur, un carton rempli de vivres avec du caramel de Bretagne pour que les enfants se régalent! On est ou là? Au parc Astérix ou au camp de Beaune? En 42, les gamins n’auraient jamais pu approcher la clôture et quand bien même ils y seraient parvenus, le verdict serait tombé sans sommation à grand coup de plombs dans le bide! Plus loin, une infirmière écoute la radio et monte le son. Les prisonniers et les prisonnières se mettent à danser alors que le garde chiurne laisse faire car il aime bien cette chanson! Décidément, on prend le spectateur pour qui au juste? En 42, il n’y avait certainement pas de poste de radio dans ces anti chambres de la mort, et quand bien même il y en aurait eut un, on n’aurait certainement pas laisser des juifs danser! Ils n’en auraient de toute façon pas eut la force et encore moins l‘envie, surtout après avoir subit un régime au pain sec et à l’eau pendant un mois! Pourquoi nous imposer du romanesque là ou il n'y en a jamais eut? C'est complètement stupide! Plus crétin encore, ces scènes de groupe qui n’ont jamais résonnées aussi faux dans un film! Imaginez que dans le camp de Beaune, les hommes viennent d’être séparés de leur famille. Sous leurs yeux, les allemands et les collabo divisent en deux, le groupe des femmes et des enfants. Tout le monde s’écrit : NON PAS LES ENFANTS.. .NE LES SEPAREZ PAS DE LEUR MAMAN. Pour mettre un terme à ce tohu-bohu, on tire une rafale de mitrailleuse en l’air et d’un coup une espèce de chorale reprend en cœur: NE TIREZ PAS…SVP NE TIREZ PAS. Mais si, non de bleu! Tirez dans le tas. Dégommez tous ces acteurs qui sur jouent et ne méritent pas d‘être sur un écran de cinéma! Les cris de ces hommes ne viennent pas du cœur. Il n’y a aucune émotion dans leur regard, dans leur voix! Il n’y a rien à par un sentiment grandissant dans la tête du spectateur que cette reconstitution tourne au désastre.  

 

 

LA RAFLE, un de ces machins imbuvables, odieux et infectes avec des enfants à bonne bouille convoqués exprès pour arracher une bonne grosse coulée de larme aux grand-mères de famille qui iront voir ce téléfilm au cinéma. Oui, un téléfilm avec pour finir de vous achever, une incohérence de taille. Avant que n’apparaisse à la fin sur fond noir la mention: aucun enfant n’a survécu à la rafle du vel d’hiv, on peut voir dans la scène qui précède que 2 des mômes du film ont survécu! Alors prendre des libertés et des distances avec l’histoire, pourquoi pas, mais s’il est avéré qu’aucun enfant n’a survécu, à quoi bon nous imposer cette scène finale ou Mélanie Laurent s’écroule en larme après avoir revu l’un de ses protégés! Beurk… LA RAFLE est décidément à gerber du début à la fin… quoique non… la meilleure partie du film est effectivement l‘entame avec les images d‘archives ou l‘on découvre Hitler en train de faire du tourisme entre la Tour Eiffel, la Madeleine, la rue de la Paix, les Invalides et les Champs Elysées. Pour le coup, ces images rares d‘un Paris désert font froid dans le dos! LA RAFLE, un innomable gâchi. c'est ballot car il y avait autre chose à proposer avec un tel sujet. Ca restera sans aucun doute le plus mauvais film jamais réalisé sur la deuxième guerre mondiale! A coté de ça, la Grande Vadrouille est un chef d’œuvre!



 

 

 

 


TWO BROTHERS:

Tout Bof!



TWO BROTHERS de Igaal Niddam n’a rien à voire avec le BROTHERS de Jim Sheridan, qui mettait en opposition Tobey Maguire et Jake Gyllenhaal, deux frangins séparés par la guerre en Afghanistan. Pendant que le marié Marin’s de l’histoire allait passer pour mort, son frère pacifiste allait se rapprocher de sa belle sœur Nathalie Portman. Rien à voir donc à ceci prêt que TWO BROTHERS raconte aussi une histoire de frères. Cette fois, on n’est plus chez l’Oncle Sam, mais en Terre Sainte, en Israel, là ou le fanatisme religieux pousse certains ultra orthodoxes à faire et dire n’importe quoi. Par l’intermédiaire de ces 2 frères que tout sépare, le cinéaste Igaal Niddam pour son 3ème long métrage, en profite pour évoquer une question essentiel dans son pays concernant la dualité qui existe entre religion et Etat, autrement dit, le partage des 2 dans une démocratie digne de ce nom. 



TWO BROTHERS raconte les retrouvailles de deux frères qui ne se sont pas vus pendant trente ans. Pour une fois le dicton est bel et bien vérifié: loin des yeux, loin du cœur! La distance et le temps ont en effet eu raison de leur affection. Pire encore, leurs divergences de points de vue sur la vie vont finir de séparer pour de bon ces 2 êtres. Il est vrai que leurs modes de vie respectifs n’ont plus rien en commun. D’un coté, Dan a choisi le monde du travail et de la terre. Il vit dans un kibboutz au sud d’Israël. Aharon, son frère, docteur en droit et en philosophie, grand érudit de la Torah, arrive des Etats-Unis à Jérusalem pour défendre le rabbin d’une Yeshiva accusé d’empêcher ses étudiants d’honorer leur convocation militaire par Tsahal. Ce procès devient l’objet d’un vaste débat national qui attise les tensions entre les populations ultra orthodoxes et les laïques modérés. 



TWO BROTHERS, va donc bien au-delà d’une simple brouille familiale. Dans ce film, on cerne bien que deux vision d’Israël s‘opposent. Si certains voient en ce pays la Terre Sainte, les autres y voit une Patrie. Petite parenthèse, l’un des 2 frères va même jusqu’à dire que si le gouvernement actuel entretien volontairement le conflit contre la Palestine, c’est simplement pour éviter une guerre civile. Ce film ouvre ainsi un débat nuancé et essentiel sur la question de la séparation de l’Etat et de la religion en Israël. En tant qu’Etat nation, Israël doit-il faire du judaïsme la religion d’état ? Par le biais de ce procès, le cinéaste glisse volontiers son point de vue. Pour lui, dans une démocratie, l’État et la Religion doivent être séparés. Mais ce qu’il faut retenir de ce film à l’esthétique particulièrement laide (il faut résister pour ne pas décrocher assez vite. Heureusement que l’interprétation des comédiens rattrape l’affaire!) , c’est que l’on soit pratiquant, croyant, laïc ou athée, la question reste indéniablement délicate en Israël.  






 

TETRO:

T'es trop fort
Monsieur Coppola

 

 

Celui-ci,je me souviens l'avoir vu au festival de Cannes en mai 2009. Il y avait foule ce matin là dès 8h30 pour faire la queue devant le théâtre Croisette. Et dire que la projection débutait à 1oh !!! Mais pour décrocher une place, il avait fallu accepter l’idée de faire le piquet dans une file, heureusement pas en pleine « cania », ni sous une pluie diluvienne ! Tout ça pour quoi? Pour apercevoir le maître à l'issue de la projection de ce pur chef-d’œuvre.

 

Dans Tetro, Francis Ford Coppola ressace ces mêmes obsessions. il nous rejoue une histoire de famille... Oh rien de comparable au parain, mais tout de même! Ici, il nous confronte directement à Bernie, 17 ans,un jeune garçon naïf et frais. Il débarque à Buenos Aires pour rechercher son frère aîné qui a disparu depuis plus de 10 ans. Ce dernier s'est juré de ne plus jamais revoir les siens. Il a divorcé de cette famille dont le père dominateur Carlo Tetrocini est un chef d’orchestre à succès. Au fil de l'histoire, on découvre un père infecte, autoritaire, imbu de sa personne, ne supportant pas la rivalité, un père qui surtout, en veut terriblement à son fils d'avoir tué sa mère. Même si ce dernier n'est en rien coupable du décès de sa maman, ce mauvais père n'hésitera pas à se venger, et de la manière la plus dégueulas qui soit!



Bien sur que les retrouvailles entre Tétro et Bernie ne vont donc pas se dérouler simplement. Disons que Bernie retrouve son frère Tetro au moment ou celui-ci est devenu un écrivain brillant et mélancolique, un génie incompris! Bernie n’est pas accueilli à bras ouverts! Il faut dire qu’il se pose là, comme un cheveux sur la soupe. Mais, progresseivement, grâce à cette intrusion aussi soudaine qu'inopinée, à cause des questions qu'il pose, Tétro va progressivement s'ouvrir et le spectateur de percer les secrets de cette famille, de quoi comprendre ce qui a poussé Tétro à couper les ponts.


 

 


Vincent Gallo, Alden ErenReich, Maribel Verdu et Carmen Maura sont les principaux interprètes de ce film visuellement sublime, aux images superbement léchées, hyper stylisées. L'une des excellentes idées de Coppola a été d'inverser le code couleur. Le Noir Blanc représente la présent et la couleur, le passé!



Ce TETRO est d’une beauté incomparable, une beauté qui tranche avec la laideur du secret de famille! Et puis, dans ce film il y a parfois des tableaux somptueux de danse contemporaine. On joue par exemple la Coppolita, un opéra baroque avec une danseuse désarticulée. La synchronisation entre la danseuse et les bruitages mécaniques qui soulignent ces gestes est juste bleuffante! 

 


Tetro, un enchantement, un film envoutant dévoilé à La "Quinzaine des Réalisateurs" du festival de Cannes, de quoi assuré un bon buzz. On a dit que Thierry Frémeau l’aurait recalé de la compétition car le film était de loin supérieur à tous les autres et aurait forcément obtenu la palme. Ce n'est pas faux! On a dit aussi que  Coppola aurait refusé d’être présent dans la compétition officielle, préférant la Quinzaine pour créer la sensation. Ce n'est pas faux non plus! N'empêche que presque un an après, TETRO se retrouve mal distribué. Loin des projecteurs de la croisette. en Suisse par exemple, le film ne bénéficie que d'une copie! Il est visible uniquement à Genève! Clin d'oeil peut-être au maestro qui a collé sur la porte d'une chambre d'hôtel de son film, l'écussion de la cité de Calvin! Il se trouve que dans cette chambre, le héros Bernie va perdre sa virginité! Alors, une seule copie à Genève: une manière de baiser Coppola? J'en doute! N'empêche qu'il aurait peut-être mieux valu que TETRO soit en compétition à Cannes et raffle pourquoi pas une palme d'or ou un prix d'interprétation maculine du meilleur acteur pour Vincent Gallo. A la sortie en salle, il y aurait eut de quoi capitaliser sur une telle récompense et avec ce genre de mention sur l'affiche, garantir une meilleure distribution. Tant pis pour TETRO qui de toute façon a obtenu Le Glacier de Chrystale de la meilleure pièce de théâtre traitant du parricide! C’est dans le film Tetro bien sur que ça se passe.


 

 

 

 

 

 

 

 

SHUTTER ISLAND:

la dernière folie de Marty 

 

 

Pour une fois, je vous conseille plus que vivement d’aller voir ce film en étant complètement vierge! Si vous aimez vous faire retourner comme une crêpe, mieux vaut en effet ne pas avoir lu le bouquin de Denis Lehane (ou la bd) dont est tiré SHUTTER ISLAND. Mieux vaut débouler au cinoche sans savoir! Ceci dit, si vous êtes déjà au parfum, alors vous trouverez votre plaisir ailleurs. Vous vous attarderez sur la réalisation du maître Scorcese. Vous remarquerez à quel point ce vieux grigou prend un malin plaisir à manipuler le spectateur grâce à une mise en scène impressionnante.

 

 

En multipliant les angles de caméras sur une même scène ou les personnages ne sont plus à la même place d‘un plan à l‘autre, en faisant disparaître ou apparaître des objets dans une même plan, Scorcese perturbe tout le monde! Non, ce ne sont pas des erreurs de script, mais bel et bien les traits de génie d’un cinéaste qui prend ce doux plaisir à brouiller les pistes, à intriguer et malmener un spectateur qui ne demande que ça. En plus, pour parfaire ce petit jeu bien sadique, Marty offre à Léonardo DiCaprio un rôle de premier choix, celui du Marshal Teddy Daniels.

 

 

Avec son coéquipier Chuck Aule, les deux hommes sont envoyés à Shutter Island. Cette île abrite un hôpital psychiatrique où sont internés de dangereux criminels surveillés comme dans une prison de haute sécurité. Ici les barbelés sont électrifiés. Le pavillon des hommes et celui des femmes sont clairement séparés. Et comme en 1954, la psychanalyse s’intéresse de prêt au fonctionnement du cerveau sans rien y comprendre, on a construit un pavillon C, dans un phare ou l’on n’hésite pas à pratiquer la trépanation ou l’ablation des nerfs oculaires pour adoucir les patients les plus perturbés et les plus violents. Face à ces méthodes barbares, un homme de science tente de résoudre l’énigme de ces dérangés patients en faisant plutôt appel à la chimie, à la médication.

 

 

Le docteur Cawley, incarné par un Ben Kingsley incroyable, mène donc ses propres expériences. Toutefois, le quotidien de cet île mystérieuse, coupée du reste du monde, est soudainement chahuté par la disparition inexpliquée et inexplicable de Rachel Solando. Mais comment cette meurtrière a-t-elle pu sortir d'une cellule fermée de l'extérieur et dont la seule fenêtre possède des barreaux ? Et quand bien même elle y serait parvenue, pourquoi demeure-t-elle introuvable? Est-Elle seulement en vie? Et si oui, ou se cache-t-elle? Le seul indice retrouvé dans la pièce par le marshall Teddy Daniels est une feuille de papier sur laquelle on peut y lire une suite de chiffres et de lettres sans signification apparente. Oeuvre cohérente d'une malade, ou cryptogramme ? Et si sur cet îles, il se passait des choses pas très jolies jolies. Et si le patient 67, celui qui n’existe pas, était la clé de l’énigme?

 

 

SHUTTER ISLAND, un film particulièrement prenant et palpitant ou l’on passe sans cesse du polar au thriller, du film noir au drame psychologique, de la tragédie intimiste au film claustrophobique. On assiste à un va et vient permanent entre ces différents genres, de quoi naviguer à vue entre des atmosphères également différentes, ce qui est particulièrement jouissif! A un moment donné, alors que les 2 marshal se sont réfugiés dans un caveau pour échapper à une tempête, on est même sur le point de se dire que Scorcese va s‘immiscer dans le film de zombi! C’est dire!

 

 

Malheureusement, malgré un scénario et une mise en scène formidables, SHUTTER ISLAND reste beaucoup trop sage. Quand on traite de la folie au cinéma, le montage doit également s’en ressentir et devenir à son tour irrationnelle. Quand on veut réaliser un film ou fantasme et réalité se confondent jusqu’à ce que la différence entre les 2 soit impossible à faire, alors on confie ce projet à David Lynch et à personne d‘autre! Seul lui est capable de magnifier un tel sujet! Dommage donc que ce soit Martin Scorcese qui ait été retenu car au lieu d’être un chef d’œuvre, SHUTTER ISLAND n’est qu’un grand film, mais c’est déjà pas si mal.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

GHOST WRITER:

c'est pas un film fantôme!

 

 

 

Quand on s’appelle Roman Polanski, les ours, on ne se contente pas de les observer dans leur fosse à Berne, on les attrape au festival de Berlin! Le cinéaste a en effet été récompensé par un trophée en argent de meilleur réalisateur à l’issue de la 60ème berlinale! Mais s‘agit-il d‘un prix politique ou d'une reconnaissance artistique? N’allez pas trop vite en besogne! La remise de cette statuette est tout à fait justifiée et pour au moins deux raisons: primo, la soixantième édition du festival allemand était tellement pauvre qu’à part GHOST WRITER, il n’y avait pas vraiment matière à récompenser un autre cinéaste! Secondo, GHOST WRITER est un thriller à l’ancienne d’excellente facture, un film qui lorgne du coté de Sydney Lumet, période M15 DEMANDE PROTECTION, du coté aussi de CHINATOWN, sans doute le meilleur film de Polanski avec un Jack Nicholson en détective complètement largué dans une affaire qui le dépasse.

 

Mais quitte à donner des références, autant citer ce polar de Giuseppe Tornatore mettant en scène Depardieu et Polanski lui-même dans une formidable confrontation. Ce film s‘appelle UNE PURE FORMALITE et relate l’histoire d’un écrivain en panne sèche retrouvé amnésique et sans papier sur une scène de crime, un soir de tempête.

 

 

Le dénominateur commun de ces longs métrages est que tous reposent sur une intrigue suffisamment épaisse pour éviter de brouiller les pistes et remplir l’espace avec des scènes inutiles de pétarade ou des courses poursuites inefficaces! Oubliez ces éternels artifices qui détournent le spectateur de l‘essentiel. Dans GHOST WRITER, le seul effet spécial qu‘utilise Roman Polanski est donc le suspens! A croire qu’il s’est pris pour Alfred Hitchcock. Et si après tout, son film était presque parfait! En tout cas, son ours d’argent obtenu à Berlin n’est pas usurpé! 

 

 

S’appuyant sur un scénario ingénieux, procédant par petites touches, tout en lenteur, Roman Polanski parvient à faire monter la sauce. Il capte sans encombre l’attention du spectateur en misant sur un face à face exaltant entre Obi Wan Kénobi et James Bond! Quand le « pisse copie » débarque dans la sphère privée de l’ex Premier ministre britannique, le fouineur fini par trouver ce qu’il n’aurait jamais dû chercher: la vérité! Inutile de dire que le Jedi reconverti en nègre est toujours du bon coté de la force. Quand à 007, il est carrément accusé de crime de guerre par le tribunal de la Haye.

 

 

Assigné à résidence aux Etats-Unis, il lui est impossible de rentrer en Angleterre sous peine d’être coffré! Ironique? Oui, ça l’est, surtout que personne n‘ignore que Polanski est contraint de rester dans son somptueux chalet à Gstaad s‘il ne veut pas finir derrière les barreaux d‘une cellule américaine. Ceci dit, le film a été écrit et tourné avant l’arrestation de Polanski à Zurich! Alors ne voyez pas en GHOST WRITER, un film personnel ou un homme serait rattrapé par ses vieux fantômes. Si malgré tout la fiction fait du gringue à la réalité, il faut avant tout voir dans GHOST WRITER une violente attaque contre l’Angleterre de Tony Blaire, la marionnette de Bush, celui qui a toujours accepter de se plier aux ordres de l‘Oncle Sam! Sous couvert d’un divertissement passionnant, d’une enquête à haut risque sur une île ou tout le monde surveille tout le monde, ou tout le monde dupe tout le monde, Polanski avance dans son récit, un argument de taille: le sommet de l’état britannique est gangrené par la CIA. Reste à l’auteur insignifiant à tout faire pour le prouver, ou au contraire, à ne rien faire s’il veut rester en vie!

 

 

GHOST WRITER, un film à la mise en scène d’un efficacité redoutable. La direction d’acteur est également irréprochable. Pierce Brosnan n’a jamais été aussi brillant, aussi bon dans un film. Il campe un ex Premier ministre convaincu d’avoir fait le bien lorsqu‘il était en exercice, et tant pis si la lutte contre le terrorisme, si la sécurité des gens passent par quelques erreurs du nom de Guantanamo! Et tiens, encore un pique lancé par Polanski.

 

 

Pour que Brosnan atteigne ce niveau, il lui fallait un Ewan McGregor également en grande forme. Il campe avec brio cet auteur un poil cynique, un brin timide, un gars normal qui n’a pas envie d’écrire les mémoires d’un type qu’il déteste. Mais l'auteur restera à sa place et ne se prendra jamais pour ce qu’il n’est pas: un héros! Autre mention spéciale réservée aux deux femmes du film: Kim Katrall et Olivia Williams se livrent un lutte infernale, tout en douceur pour s’attirer la bienveillance de l’ex Premier ministre. Mais gaffe, l’une des deux cache bien son jeu!

 

 

Quand à ce bon vieux truand d’Eli Wallach, sachez qu’il coule désormais une retraite paisible sur cet île, loin du bon et de la brute!

 

 

La seule fausse note de ce GHOST WRITER revient à Alexandre Desplat. Il signe une partition dénuée de toute originalité qui lorgne beaucoup trop sur les bandes sons des films à suspens composées par Bernard Herrmann!

 



 


VERSO

C'est renversant!



GENEVE, Capitale mondiale des institutions: 500 000 habitants, 180 nationalités, 1000 milliards d’euros dans ses banques, 1kg d’héroïne, 3 kg de cocaïne, 5 kg de shit consommés chaque jour, 1 prostituée pour 30 habitants, 1 arme pour 2 genvois et 7 détournements d’avion en 20 ans… C’est avec cette rafale de chiffres que débute VERSO, une manière d’insister sur la face obscure de la cité de Calvin. 



Bien sur que cette réalité cachée, peu de monde ne la soupçonne. A tel point qu’après les premières projections du film, la plupart des gens (spectateurs lambda comme journalistes de la presse spécialisée) ont traité Xavier Ruiz, le scénariste réalisateur, de mythomane. Et pourtant, il sait de quoi il parle, pour avoir consacré 5 ans de sa vie à ce film. Xavier Ruiz a tout d’abord confié l’écriture du scénario à Nicholas Cuthbert. Ce dernier a fini par lâcher l’affaire au bout de 2 ans. Xavier Ruiz reprend dès lors le travail de zéro. Il décide, pour nourrir son inspiration, de s’immerger dans l’univers si particulier du groupe d’intervention des forces spéciales de police genevoise. Bien sur que l’on ne s’attire pas la sympathie et la confiance de ces hommes de l’ombre et de leur hiérarchie en claquant des doigts. Il a fallu que le cinéaste explique ce qu’il voulait faire et comment il désirait exactement le faire. Après plusieurs mois à prendre des notes, à écouter des histoires personnelles, pas toujours très joyeuses, Xavier Ruiz retourne à son clavier pour écrire la version définitive de son scénario. Ce sera l’histoire d’une confrontation entre le bien et le mal, mais la frontière entre les deux sera si ténue que le bien pourra peut-être faire plus de mal que le mal lui-même. En clair, bien malin le spectateur qui pourra savoir à l’avance de quel côté se situent les bons et les méchants de son film. 



Ce qui sera parfaitement identifiable, c’est que Laurent Lucas et Carlos Léal joueront deux amis d’enfance ayant pris des routes différentes. Le second a sauvé, lors de l’adolescence, le premier de la noyade, mais n’a malheureusement rien pu faire pour le frère de son ami. Ça, c’est pour le parcours personnel, pour la faille du flic, un policier aujourd’hui bouffé par la culpabilité. Il est toujours en vie alors que son frère est mort sans qu’il n’ait rien pu faire. Il s’en veut terriblement. Il s’en veut d’autant plus que son sauveur, son ami d’enfance est, au fil des années, passé du mauvais coté de la barrière, la encore sans qu'il ne puisse y faire grand-chose.

 


Son pote est devenu une petite frappe, un porte flingue et tabasseur de pute, une merde juste bonne à moisir en taule. Seulement, et le film débute par là, cet ami est sur le point de sortir de prison, et ça ne plait pas du tout au flic, bien décidé à le planquer, à guetter de très près le moindre faux pas pour le renvoyer d’où il vient!


 

VERSO, un film assez âpre, dans les bas fonds de Genève! Oubliez la carte postale, le jet d’eau et regardez donc de plus près une autre réalité. C’est-ce que semble nous dire Xavier Ruiz, ce genevois d’origine qui connaît particulièrement bien sa ville et la filme comme rarement elle a été filmée jusqu’à présent. Certes, d’aucun lui reprocheront certainement son esthétique de série télé façon « Les Experts Vernier ». Reproche un peu facile. Ce n’est pas parce qu’un film montre des images aérienne de Genève la nuit que tout de suite, l’on doit s’offusquer. Quand Micheal Mann le fait, on crie au génie et quand Xavier Ruiz s’y risque, on pouffe dans sa barbe: un réflexe tellement suisse! Les partis pris du réalisateurs en terme de filmage (image à gros grains parfois, caméra souvent portée à l’épaule dans les scènes d’intervention, plans aériens) collent justement parfaitement au drame qu’il raconte. J’ai bien dit drame et pas thriller, encore moins polar. Ça, c’est le prétexte, la toile de fond. Il faut en effet voire dans VERSO une histoire d’homme rattrapé par ses vieux démons.



Ils se trouve qu’il est flic, donc forcément, on le voit dans son quotidien de policier, d’homme de terrain à qui l’on confie des missions périlleuses. Si l’on s’arrête à l’aspect polar, on passe à coté du vrai sujet du film, autrement dit, comment un type qui donne tout à son métier, qui sacrifie sa vie amoureuse, donc sa femme, sa fille unique, comment ce mec va péter un plomb à force de s’enfermer dans ce qu’il croit être la vérité: son pote est un salaud dont la place est en prison et nulle part ailleurs. Aveuglé par sa propre culpabilité, obnubilé au point de ne plus voire la réalité, on assiste alors à la descente en enfer d’un gars pourtant brillant. Laurent Lucas est particulièrement bien dirigé dans ce rôle d’homme torturé. Son face à face avec l’ex rappeur de Sens Unik, Carlos Léal, le salaud du film possède une réelle intensité.



Carlos Léal progresse depuis qu’il s’est lancé dans le cinéma. Il faut dire que pour la première fois, il a matière à défendre, à incarner un personnage assez épais. Quant à Stress, le rappeur fait ses débuts sur grand écran dans un rôle de dealer tout à fait crédible. Mais il n’est pas question pour lui de tourner le dos au hip hop. Au contraire, le rappeur a d’ailleurs signer le générique de fin de VERSO. D’un mot justement pour conclure sur la musique du film. Vous y entendrez du Polar, du Aloan, du Samael, que de la musique suisse de première facture. VERSO, un film qui fait tache dans le paysage helvétique, tourné sans le soutien de l’office fédéral de la culture car Xavier Ruiz ne fait pas parti du sérail. C’est pour cela que l’on vous en dira un peu partout le plus grand mal. Dommage!






LA DISPARITION

DE GIULIA

La crise (de rire)

de la cinquantaine 

 


Avec un titre pareil, on peut s’attendre à un thriller ou une enquête policière avec au cœur de l’intrigue, la disparition d’une femme. Abandonnez tout de suite cette piste puisque le nouveau film de Christoph Schaub n’est autre qu’une comédie légère sur l’âge, sur la jeunesse qui s’envole, sur le poids des années qui commencent à peser.  C’est précisément à l’occasion de son cinquantième anniversaire que Giulia fait une curieuse et dérangeante expérience. Alors qu‘elle est assise dans un autobus, Jessica et Fatima, 2 passagères adolescentes ne la remarquent pas. Lili, une vieille dame, demande à Giulia, visiblement dans la lune, si elle peut déplacer son sac du siège pour qu’elle s’asseye. « Désolé’ » dit Giulia, « je ne vous avais pas vu! » Et Lili d’enchaîner: « Ne vous excusez pas, J’ai l’habitude! Plus on devient vieux, plus on est invisible! ». Giulia sourit avant de prendre peur devant cette réponse. C’est qu’effectivement, en regardant par la fenêtre du bus, son image ne se reflète plus dans la vitre! Elle est invisible elle aussi! Son âge serait-il la cause de sa nouvelle invisibilité? Paniquée, Giulia descend précipitamment du bus et décide d’aller faire les boutiques. Là encore, elle constate amèrement que les vendeuses ne la calcule pas!  Finalement, un étranger, bien dans sa soixantaine, l’aborde.



Ce séducteur et beau parleur l’invite à aller boire un verre. Elle accepte, malgré un rendez-vous très important avec des amis. En effet, 2 couples homo et hétéro, ainsi qu’un célibataire, tous tirés à quatre épingles, pomponnés jusqu'au bout des ongles, les signes de l’âge soigneusement effacés, l’attendent au restaurant. Mais Giulia brille par son absence. Elle ne viendra pas, pensent-ils. Quelle femme aurait envie de fêter son cinquantième anniversaire? A cette age là, on commence à se dire que les plus belles années sont derrière soit. On surveille ses rides, son cholestérol, son poids, son manque de calcium. On est terrassé par l’angoisse plus qu’excité à l’idée de souffler 50 bougies sur un gâteau!



LA DISPARITION DE GIULIA, un film ou l’on suit quatre histoires en parallèle. Celle de Giulia bien sur, l’héroïne qui trouve du réconfort auprès d’un homme charmant, qui sait trouver les mots pour lui redonner l’envie d’affronter le temps qui passe. Il y a aussi Lili et son amie Léonie, une mamie râleuse qui fête son quatre vingtième anniversaire et s’emploie à saboter la fête qu’on lui a organisé, avec une rare délectation. Irascible avec son entourage, elle en profite pour également gâcher la vie de sa fille, elle aussi aux porte de la cinquantaine. Léonie moisi dans un institut pour vieux, elle qui ne s’est jamais sentie aussi jeune! Elle décide donc que le moment est venu de se rebeller contre les conventions qui lui interdisent par exemple de manquer de respect aux gens si elle en éprouve l’envie et le besoin. Il y a encore Jessica et Fatima qui s’imaginent qu’elles ne dépasseront pas la trentaine et enfin la tablée des amis de Giulia qui font tous plus ou moins semblant de s’accommoder de leur âge.  Ah… la crise de la cinquantaine! Elle a l‘air terrible. C‘est là que l‘on ouvre les yeux, que l‘on s‘aperçoit que son pouvoir de séduction, son dynamisme et sa vitalité sexuelle s‘évanouissent tranquillement. Les aspects positifs de la vieillesse que sont l’expérience, peut-être la sagesse, le calme ou le charisme sont étonnamment moins pris en considération!



LA DISPARITION DE GIULIA, une comédie pétillante dopée par un scénario, construit de manière insolite qui laisse place à de très longues scènes pouvant durer jusqu‘à 10 minutes, avec beaucoup de personnages. Les dialogues sont particulièrement soignés. Pour capter l’énergie et la dynamique de la manière la plus optimale possible et en même temps créer des moments de cinéma intensifs, Christoph Schaub a eut la bonne idée de laisser tomber le 35mm au profit du format HD. Il a ainsi pu laisser plus de liberté et d’espace à ses comédiens qui pouvaient dès lors jouer les longues scènes jusqu’au bout et si possible sans interruption. Cette grande liberté laissée aux acteurs se ressent sur l’écran. En plus, il a tourné à 2 caméra, la première étant chargé de couvrir la narration et la seconde, de débusquer des images supplémentaires, insolites, des bonus en quelque sorte, très utiles au moment du montage. LA DISPARITION DE GIULIA, une très bonne surprise avec quelques stars allemandes au génériques comme Bruno Ganz et Corinna Harfouch entre autre.


 


NINE:

Nein, nein, nein et NEIN! 



Que Rob Marshall retourne d’où il vient, Broadway, et qu’il y reste! Qu’il arrête de nous enquiquiner avec ses comédie musicales grotesques et insipides. Dans NINE, il confie à Daniel Day Lewis le rôle du maestro Fellini, qui soit dit en passant ne s’appelle pas Fellini dans le film et c’est tant mieux. Cela reste tout de même un peu de son histoire qu’il nous raconte, celle d’un cinéaste à succès, courtisé, plébiscité du public et des critiques, en un mot, une star qui 10 jours avant le tournage de son nouveau film, n’a toujours pas écrit une traître ligne du scénario!



Alors qu’il berne tout le monde, roule dans la farine ses producteurs, il ne fait que rêver à ce film, son chef-d’œuvre ultime qui s’appellera Italie et pour lequel il convoquera les plus belles actrices chargées d’incarner une période clé de l’histoire italienne. Comme Rob Marshall n’est pas Fellini, ne vous attendez surtout pas à une Dolce Vitta endiablée. NINE, c’est zéro. Rien à voir avec le 8 1/2 du véritable maestro qui vient de ressortir en Dvd, un film que Daniel Day Lewis aurait du revoir au moins pour s’inspirer de la prestation de l’excellent Marcello Mastroianni. De même, Anourk Aimée, Claudia Cardinale et Barbara Steele avait autrement plus de glam que les Marion Cotillard, Nicole Kidman et autre Kate Hudson.



Même Sophia Loren qui a pris un sacré coup de vieux n'est pas du tout à son aventage dans cette comédie musicale. Seule Penelope Cruz, dans son rôle de chaudasse qui a le feu au derrière ne s’en tire encore pas trop mal. 

 


Ceci dit, il ne suffit pas de prendre de belles actrices, de les habiller comme des prostituées, de les filmer en train de dodeliner des fesses ou de se lover dans des positions suggestives pour faire un film. 



Au passage, toutes les séquences chantées sont en play-back et ça se voit. Quant au montage des chansons très vidéo clip MTV avec changement de plan toutes les 2 secondes, c’est à vous rendre complètement épileptique.



NINE, un sous CHICAGO qui était déjà un sous MOULIN ROUGE autant dire une comédie musicale à éviter à condition d’aimer ronfler au cinéma….et encore avec sa bande son poussée à coin, ce n’est pas certain que vous pourrez roupiller en paix !


 

 

 

 

 

 


FROM PARIS WITH LOVE

From Besson without love!




Sur un scénario de Luc Besson, voici un film qui fait « pan pan boum boum splash » avec John Travolta et son nouveau brushing Bruce Willis. Il campe le rôle du porte flingue ricain venu faire le ménage à Paris.



Tout commence avec un jeune fonctionnaire de l’ambassade américaine qui aspire à d’autres tâches plus exaltantes que de gérer l’emploi du temps de l’ambassadeur. Il désire plus que tout devenir un agent de terrain. Il va pouvoir concrétiser son envie lorsqu’on lui demandera d’aller récupérer dans le bureau des douanes de l’aéroport d’Orly son nouveau partenaire. A peine ont-ils le temps de faire connaissance que les 2 hommes se rendent dans un resto chinois et dessoudent tout le monde avant même l’arrivée des petites serviettes chaudes que l’on vous donne gentiment avant de passer à la caisse. En fait, l’établissement n’est qu’une façade, une base arrière pour écouler de la blanche.

 


Et voilà comment les 2 compères vont en quelques heures remonter la piste de dangereux terroristes qui trafiquent de la coke pour se payer des bombes. Leur objectif est de tout faire péter lors d’un congrès des Pays d’Afrique organisé à Paris. Bien sûr que la kamikaze n’est autre que la copine traîtresse de l’apprenti défourailleur.

 


Je me permets de cracher le morceau car on débusque dès l’apparition à l’écran de la donzelle qu’il y a anguille sous roche : qu’est-ce que cette jolie française pourrait bien glander avec ce p’tit fonctionnaire insignifiant de l’ambassade américaine ? Dans la vraie vie, je vous dirai bien qu’il n’y aurait rien de suspect mais dans un scénario de Luc Besson, ce stratagème ne peut pas faire illusion bien longtemps. Ceci dit, la fin de ce pop-corn vous réservera, il faut bien l'admettre, une surprise indigne de Luc Besson!



FROM PARIS WITH LOVE, un film de pétarade, rien de plus de la part de Pierre Morel, et le plus drôle c’est qu’il pourrait bien y en avoir un deuxième après. Quoi que non, le plus drôle c’est de savoir qu’au moment du tournage dans une banlieue parisienne, les cailles du coin ont chouré une partie du matériel technique et sont même allés chercher des crosses à John Travolta. Pour le coup, ça c’est drôle!

 








A SINGLE MAN:

tout simplement sublime!



On connaissait Tom Ford créateur de mode œuvrant pour la marque Gucci. Il faut désormais compter avec un Tom Ford cinéaste. Attendu au tournant, le moins que l’on puisse dire c’est qu’il négocie ce virage en virtuose. Son film est aussi intelligent qu’il est un ravissement pour les yeux. Il confie à Colin Firth un rôle pas facile, celui d’un homme amoureux fou depuis 16 ans d’un autre homme plus jeune que lui. Cette relation est sans condition, sans concession. Ils s’aiment et rien ne peut empêcher leur bonheur, à part peut-être la mort.



En effet, après un affreux coup du destin, Colin Firth se retrouve seul. Son âme sœur n’est plus; difficile à accepter. Dès lors, ce professeur d’Université, respecté mais néanmoins discret quant à sa vie amoureuse, (on est dans les années 60 et à cette période Harvey Milk n’a pas encore eu le temps de prendre le mouvement gay par les cornes!!!!!) ne pense qu’à une chose : Rejoindre sa moitié au Royaume des Cieux. 



Loin de tout pathos, Tom Ford a eu la sagesse de glisser de l’humour dans son histoire. Grande et belle idée pour dédramatiser une situation qui virera malgré tout au tragique. En résumé, à chaque fois que cet homme désespéré tente de mettre fin à ses jours, quelque un, quelque chose, une personne, un détail de mise en scène, l’en empêche. Sa première conquête interprétée par Julianne Moore a également son importance dans l’histoire.  



Elle sait son ami devenu homosexuel, mais comme elle aussi est une âme solitaire qui n’a trouvé pour seul remède à sa tristesse que l’abus d’alcool, elle tente tout de même sa chance de rallumer une flamme pourtant bien éteinte au fond du cœur de Collin Firth.



Autre ingéniosité de Tom Ford, placer sur la route du déprimé Collin Firth un jeune et bel éphèbe. Cet étudiant qui ne sait pas encore s’il est homosexuel ou pas, est attiré par l’énigmatique professeur, un homme qui y va en cours de sa tirade sur la peur, la peur qui gouverne tout, la peur comme arme absolue pour s’emparer du pouvoir. Mais l’étudiant est-il seulement intrigué par le discours ou par celui qui le prononce, un homme brisé? Succombera, succombera pas à ses charmes ? Je ne piperai mot là-dessus.



Plutôt souligner la maestria dont fait preuve Tom Ford dans la mise en image de cette tragédie. Il est de ces plans répétitifs où l’on devine Collin Firth se noyant nu au ralenti dans une eau trouble. Il y a aussi ce cauchemar prémonitoire : L’amant de Collin est étendu à proximité d’une voiture accidentée. Ce corps gît sur la neige alors que Collin Firth s’approche à pas de velours, se courbe au-dessus du mort pour lui donner un ultime baiser. C’est l’ouverture sublime du film. D’une manière générale, Tom Ford fait dans la dentelle, ce qui n‘est pourtant pas dans son habitude. Il soigne ses cadrages, sa mise en scène, opte pour les très gros plans et les ralentis  à répétition. A SINGLE MAN, un premier film tout à fait réussi, un enchantement parfaitement envoûtant. A savourer exclusivement au cinéma.







 

 

 

HORS DE CONTROLE:

un classique revenge movie



Du cinéma de papa, que dis-je, à ce niveau, ce n’est même plus du cinéma de papa, mais du cinéma de pépé! En ressortant de la séance, on a comme l’impression d’être revenu dans les années 80. Il y a bien longtemps que l’on ne filme plus les thriller comme ça! Enfin, c’est même pas un thriller, plutôt un Revenge Movie, un film de revanche pas trop sanglant, pas trop bourrin. On n’est pas dans ECHEC ET MORT avec Steven Seagal ! On n’est pas non plus dans L’EMPRUNTE DE LA MORT avec JC Vandam qui joue un ancien membre de la mafia en guerre contre une triade chinoise après le meurtre odieux et brutal de son épouse. Non, on n’est pas dans ces univers là.


 

Déjà parce qu’avec HORS DE CONTROLE, on est du coté des policiers, des justiciers. Ça rappelle plutôt VENGEANCE de Johnnie To avec l’autre Johnny, Hallyday, l’histoire d’un papa restaurateur français qui débarque en Asie pour venger la mort de sa fille assassinée par les triades…