Bonjour et Welcome
sur ce blog dédié au 7ème art.
LA TAUPE:
C'est René!

Thomas Alfredson, le réalisateur suédois du sensationnel Morse, l’anti Twilight, change radicalement de registre, et de budget aussi. Lui qui avait eut du mal à rassembler les 4 millions de dollars pour son prodigieux film de vampire ado a reçu un chèque de 25 millions, s’offrant du coup un casting de luxe pour une histoire tout aussi luxueuse. Pensez donc, pour cette adaptation d’un récit de John Le Carré, ex-espion reconverti dans la littérature d’espionnage à succès, Thomas Alfredson a débauché Gary Oldmam, Colin Firth, Mark Strong, John Hurt et Toby Jones. Rien de moins. Tous sont excellent dans la défroque de ces espions agissant dans le plus grand secret en pleine guerre froide.

On est 1973. le MI6 a un problème. Une taupe s’est nichée au sein de l’agence de renseignement britannique. Qui est cette taupe? Que voilà une énigme aussi difficile à résoudre qu’un rébus de pif gadget ! Evidemment, tout le monde la connaît: c’est René, René la taupe! Fin de l’histoire. Il n’y avait vraiment pas de quoi en faire un film! Passé ce calembour facile, laissez-moi vous dire que démasquer la véritable taupe dans cette intrigue pensée par Le Carré ne sera pas si aisé. Qui dit Le Carré sous entend intrigue complexe à moult ramifications et faces à faces bavards ou l’on piège son interlocuteur pour tenter de démêler qui dit vrai de qui dit faux. Dans cette partie d’échec à haut risque ou chaque coup se pense, se réfléchit, les joueurs avancent leurs pions à pas feutré. Il est indispensable d’avoir quelques coups d’avance pour mettre mat son adversaire. Encore faut-il identifier l’adversaire, le cheval de Troie à la solde du KGB qui a infiltré les services de renseignement de sa majesté la Reine d’Angleterre.

Pour tout dire, la partie débute dans un bureau, celui de Control. A la tête du MI6 anglais, il a convoqué dans le plus grand secret un de ses espion à qui il demande de se rendre à l’Est, en Hongrie, sans couverture. La bas, un informateur, en réalité un gradé de l’armée hongroise désireux d’acheter son passage à l’Ouest lui donnera le nom de la taupe. La rencontre se passe dans une petite rue piétonne, à la terrasse d’un café. En quelques plans, Thomas Alfredson parvient à transmettre au spectateur la parano, la peur, l’angoisse, le trouble qui habite les protagonistes de cette rencontre. Chaque geste est épié du coin de l’œil. Il suffit d’une goutte de sueur qui perle sur le front du serveur, d’une envolée de moineaux, d’une femme qui berce son bébé un peu trop rapidement, pour que le temps s’arrête. Dans cette ruelle, tout paraît suspect. Même l’anodin bruit d’une tasse de café tremblotante sur le plateau d’un barman décuple l’angoisse. Les bruitages ainsi amplifiés placent le spectateur dans l’état psychologique fébrile des espions sur leur garde. C’est alors que ce que l’on présentait arrive. Le serveur, dans un élan de panique, sort en furie du café, dégaine un pistolet et tire une première balle. Il bute la femme au bébé avant d’atteindre mortellement l’agent anglais dans le dos. L’informateur, lui, profite de l’agitation pour disparaître. La mélodie d’Alberto Iglésia sur la bande son, typique avec saxo lent et piano léger, renforce encore d’avantage la savoureuse sensation que l’on va se délecter avec un vrai polar, à l’ancienne.

Après ce fiasco Hongrois, Control trouve à son tour la mort. En haut lieu, le ministre des affaires intérieures s’agite. Il convoque Smiley, un proche de Control mis sur la touche. Comme il n’appartient pas à la ‘famille’, le ministre attend de lui qu’il reprenne secrètement l’enquête entamée par Control. Il est impératif de débusquer le traître qui officie au sein du Cirque et transmet des renseignements capitaux à l’Est. Problèmes, cinq membres de l’équipe dirigeantes dont Smiley lui-même étaient sur la liste des suspect de Control. Commence alors pour Smiley une partie ou il devra jouer serrer avec à ses coté la jeune recrue Peter Guillam. Rapidement mis sur la piste de Polyakov, un énigmatique agent russe basé à Londres, Smiley remonte jusqu’à la sexy Irina grâce à Ricky Tarr, un agent anglais, électron libre en cavale, lâché par le Cirque. Ricky apprend à Smiley que Irina voulait elle-aussi passer à l’Ouest et se disait prête à donner le nom d’un agent double. Plus l’enquête avance, plus l’on s’enfonce dans une histoire nébuleuse ou tout le monde pourrait être le coupable. Smiley est surtout rattrapé par son passé. Cet ombre a un nom : Karla, un autre agent russe aux méthodes expéditives. Sans doute que Karla est derrière cette histoire de taupe. Mais si ça se trouve, les russes ont rusé en manipulant les anglais pour mieux avoir accès aux renseignements américains. Mais si ça se trouve, cette histoire est vraie et il n’y a pas une mais plusieurs taupes! Allez savoir…

Loin des standards des films d’espionnages actuelles, La Taupe est un vrai film d’espion d’antan, un film d’inaction par excellence sans pétarade inutile, sans explosions en série, sans gadget ni haute technologie. Ici, les cabines téléphoniques, les bancs publics dans les parcs, les planques dans les hôtels miteux, les acteurs, le scénario et les décors dans lesquels ils évoluent sont les seuls et vrais effets spéciaux. Au passage, la reconstitution du début des années 70 mais surtout la parano qui s’emparait des espions en pleine guerre froide est fidèlement représentée. Compliqué, nébuleux, il faut s’accrocher pour bien comprendre tous les tenants et les aboutissants, pour bien appréhender tous les rouages d’un scénario complexe. On se retrouve finalement comme un espion, à barboter en eaux troubles avant que tout ne s’éclaire une fois le ou les salaud(s) débusqué(s). La Taupe, un film magistra, malgré une fin décevante.
BACHIR LAZHAR
Emouvant et poignant

Québec, la cours de récréation d’une école primaire de Montréal. Un enfant propose à sa camarade d’aller chercher un berlingot de boisson dans la classe. Malheureusement pour ce petit bonhomme, il va voire quelque chose qu’il n’aurait jamais dû voir. Dans la salle, le corps de sa maîtresse, Martine Lachance se balance au bout d’une corde. L’enseignante s’est pendue. Immédiatement, une cellule psychologique est mise en place pour soutenir les enfants. Dans l’établissement, élèves, professeurs, directrice, tout le monde est abasourdi par la brutalité de la situation. Pourquoi Martine a-t-elle commis cet acte sur son lieu de travail ? Cela doit bien signifier quelque choses. Le choix de se donner la mort dans sa classe n’est pas anodins. Mais plutôt que de se poser la question, le corps enseignants, ainsi que les parents d’élèves font tout pour que la vie à l’école reprenne le plus normalement possible. Désarmés, ils ne comprennent pas le geste de leur collègue et amie. Ils ne comprennent pas ou ils refusent de comprendre? Il y a une nuance de taille et bientôt Bachir Lazhar va la découvrir.

Bachir Lazhar est l’homme providentiel, celui qui se présente spontanément à la directrice après avoir lu la nouvelle dans le journal. Il propose de jouer les remplaçants en attendant que l’administration n’envoie quelqu’un officiellement. Bachir Lazhar dit avoir des références. Il a déjà fait la classe, autrefois, en Algérie. Devant l’urgence de la situation et parce que ça la dépanne, la directrice accepte de confier le poste à ce migrant qui présente bien. Bachir se met rapidement au travail. Sa première mission est de tenter de faire oublier Mlle Lachance aux enfants. Il modifie la disposition des tables mais ça ne suffit pas; de même, un coup de peinture sur les murs ne permet pas aux enfants d’ignorer la place ou elle s’est pendue. Il faudrait déplacer tout le monde mais c’est impossible. Qu’importe, Bachir Lazhar s’active à donner ses cours, à faire la dictée. Même si avec Bachir Bazar (nouveau surnom de l’enseignant), y a pas de devoir, ses méthodes archaïques en matière d’enseignement n’emballent pas plus que ça les enfants. On en vient même à douter que Bachir ait été un jour maître d’école. C’est que ce professeur ne fait pas la différence entre enseigner et éduquer. Il se prend plus pour un père qui transmet des valeurs à ses enfants que pour un professeur qui transmet un savoir à des élèves. De plus, ce modèle d’enseignement ou on ne doit pas avoir de contact avec un enfant, lui échappe complètement: pas de claque même quand c’est mérité, pas d’accolade même quand le besoin de réconfort se fait sentir. La rigidité et la déshumanisation de ce système éducatif dépasse cet algérien. D’autant qu’en Afrique du Nord, beaucoup de choses passe par le geste. Là bas, on est tactile. Pas au Québec. Il ne faut pas, jamais, toucher un enfant. Faisant contre bonne fortune bon coeur, Bachir, cet amoureux du verbe, met un point d’honneur à ce que les enfants s’expriment correctement. Il faut savoir parler, lire et écrire. C’est important pour exprimer par exemple ce que l’on ressent face au décès de Mlle Lachance. Mais là encore Bachir a oublier qu’au Québec, la mort est tabou. On n’en parle pas, jamais, avec les enfants, sauf avec la psychologue. Décidément, ces écarts vont mettre le doute à la directrice . Bachir est-il l’enseignant qu’il prétend être? Qui est ce Monsieur Lazhar, ce Bachir Bazar que les enfants ont fini par adopter ?

MONSIEUR LAZHAR, un film émouvant à plus d’un titre, Certes, si la question du deuil est au centre de l’intrigue, la véritable force du long métrage de Philippe Fallardeau est de pointer surtout les failles dans la société canadienne d’aujourd’hui, à commencer par la rigidité de l’école. Le suicide de l’enseignante n’est finalement qu’un prétexte pour montrer la froideur extrême des méthodes d’éducations québécoises. A l’école, il n’y a plus aucune humanité. Les maîtresses sont des machines à enseigner, des robots dont la mission est de bourré le crâne des enfants. Il n’y a plus de place pour les sentiments. Quand un gamin est au plus mal, qu’il a besoin de parole douces ou de la chaleur d’un ou d’une adulte, cet enfant est condamné à rester sans réconfort. Un enseignant n’a pas le droit de consoler un môme en le serrant dans ses bras sans que l’on pense à mal. Il suffit d’une accolade pour que l’on soupçonne l’adulte de pédophilie. Bien sur qu’il faut être vigilant, mais on a visiblement atteint un extrême intolérable. Et dire que ce modèle a été mis en place par des femmes! C’est là sans doute l’autre point que le cinéaste veut dénoncer dans son film. La société canadienne s’est féminisée plus que n’importe où ailleurs sur la planète. Mais au lieu de construire un monde ou femmes et hommes vivraient en harmonie, d’égale à égale, elles sont tombées dans les mêmes travers que les hommes. Non contente d’avoir émasculer la gente masculine, les femmes ont castré les enfants en les privant de l’essentiel, l’expression tactile des sentiments. A force de voir le mal là où il n’est pas, elles ont fini par créer un autre mal. La preuve en est, le suicide de Mlle Lachance au début du film. Bachir Lazhar en débarquant dans cet école dont il ignore les codes, va ainsi devenir malgré lui le trublion remettant en cause ce système d’éducation, amenant certaines femmes à ouvrir les yeux.

Le film évoque encore une autre thématique, importante, la migration. Qu’est-ce qu’un migrant ? Selon Bachir, un être déraciné dans un pays dont il ignore la culture, un clandestin sans papier obligé de se débrouiller pour survivre. Selon les autorités, un profiteur potentiel qui ne devrait peut-être pas se trouver sur le sol canadien à moins d’avoir une bonne raison pour demander l’asile. Pour une des collègues de Bachir, un homme avec qui on doit manger, boire, parler, partager pour apprendre à se connaître car de la connaissance de la différence née la richesse. En connaissant bien son voisin, on apprend à se connaître soit même. Mais Bachir est un être discret, qui ne se confie pas facilement, un type bourré de paradoxes aussi. Il voudrait que les enfants parlent du deuil, alors que lui, dissimule le sien, ne l’exprime pas, jamais. C’est aussi ça un migrant, quelqu’un de discret, digne mais discret, qui estime ne pas avoir le droit de se plaindre. Fellag incarne Bachir Lazhar. Voilà qui n’est pas étonnant, tant le parcours de Fellag, la star algérienne, a des résonance avec celui de Bachir. L’acteur, auteur, metteur en scène, directeur de théâtre, humoriste, oneman showman a connu l’exil, comme Bachir. A deux reprises, il s’est expatrier d’Algérie. A la fin des années 70, parce que la situation est devenue impossible pour les artistes, il a fuit au Québec, avant de s’installer en France. Et puis, pour monter un spectacle dans les 80, il est retourné en Algérie. Il devait y rester quelques semaines. Il y restera plusieurs années avant de fuir une nouvelle fois, alors qu’une fatwa avait été lancée sur sa tête. A cette époque, dans les années 90, dit-il, « il y avait des fatwa sur tout le monde. Le pays, aux portes de la guerre civile, était devenu invivable ». Fellag a donc quitter une nouvelle fois l’Algérie. Bien sur que dans le film, on parle de ça, du chaos qui a secouer ce pays et de la réconciliation nationale qui a suivi. C’est sans doute pour toutes ces raisons, ces thématiques soulevées, la manière dont tout cela est traité et mis en image que le public à plébiscité Monsieur Lazhar, le 4ème film de Philippe Fallardeau au festival de Locarno 2011. Récemment, les professionnels aussi repéraient ce film puisque Monsieur Lazhar a été retenu pour participer à la course aux Oscars. Remportera-t-il une statuette? Verdict le 26 février.
TAKE SHELTER
un chef d'oeuvre

Il y a 4 ans déjà, Jeff Nichols avait surpris son monde avec SHORTGUN STORIES, un film tout en plans fixes sur le thème de la vengeance avec une réelle tension imprimée justement grâce à une certaine immobilité. On disait à l’époque que Jeff Nichols était un américain à suivre. Alors forcément, maintenant que TAKE SHELTER est annoncé, vous allez le suivre et vous ne serez pas déçu! Cette fois, exit la vengeance et vive la peur aigu à cause des tempêtes tropicales. Il faut dire que dans le midwest, quand Dame Nature se déchaine, il y a de quoi se faire de belle frayeurs. Nos ridicules orages de grêles n’ont rien à voire avec les déluges qui s’abattent sur l’île. Dans le cas de Curtis, cette peur va virer au cauchemar, aux crises de panique à répétition

Marié, père d'une adorable petite fille sourde, Curtis travaille sur des chantiers. Dés le début du film on ressent son angoisse lorsqu’il pointe le regard vers un ciel menaçant. Et puis, la nuit aussi. il voit des choses terribles comme des éclaires qui fendent le ciel, des gouttes de pluie brunes, des tornades en formation ou des oiseaux tout droit sortis d'un film d'Hitchcock qui lui foncent dessus. Etranges rêves que ceux de Curtis. Et plus son délire s'accentue, plus ses cauchemars confèrent au fantastique. En plein déluge, des hommes en veulent à sa vie et à celle de sa fille. Régulièrement il se réveille en sursaut, en sueur. Des fois, une flaque de pisse inonde son lit. Plus le récit avance, plus rêve et réalité se confondent, au point parfois que l’on ne fasse plus exactement la différence. Elle est là la force deJeff Nichols. Il nous invite sans prévenir dans la tête d'un mec qui perd pied. Curtis hallucine tout debout en pleine journée Rêve-t-il éveillé ou vit-il ces situations extrêmes? On a un doute et c’est troublant. Son entourage remarque évidemment ce comportement étrange. Ils s’interrogent. Pourquoi a-t-il construit un enclos dans le jardin pour y installer son inoffensif berger allemand? S’ils avaient fait le rêve de Curtis ou il se fait dévorer l’avant bras par le cleps, ils auraient sans doute aussi construit un enclos ! Le rêve semblait tellement réel qu'à son réveil Curtis ressentit la douleur. Sa folie va crescendo et dans un excès tout aussi intense, Curtis va s'endetter pour construire cette fois un abris anti-tempête avec l'eau courante, les toilettes, la lumière, les masques à gaz et les boîtes de conserves en pagaille pour se nourrir. Curtis a-t-il un grain ? C’est possible. Y a des antécédents familiaux. Sa mère l'a abandonné sur le parking d'un supermarché dans la voiture quand il avait 8 ans. On a retrouvé cette femme 8 jours plus tard dans une autre ville en train de manger des ordures dans des poubelles. Depuis elle est internée dans un institut spécialisé. Peut- être que la folie de Curtis est héréditaire! A moins que ces délires n'aient une autre origine...

Take Shelter est un film envoutant. Jeff Nichols le virtuose, de part sa mise en scène et sa mise en image, ses éclairages, de par la précision des cadrages, vous scotche. Il vous prend par le colbaque dès le début et ne vous lâche pas jusqu’à la fin de son métrage. On est happé par cette histoire, par cet homme, par ces actes, par les caprices de la nature qui se déchaine…. L'empathie fonctionne à plein régime avec ce mec car on refuse de croire qu'il est dingue. C’est un film saisissant,d’une rare beauté. On appelle ça de l’art, le 7ème, ou plutôt le deuxième film d’un cinéaste pétri de talent à tel point qu’on lui pardonnera une scène de trop quelques minutes avant le dénouement et qui vient gâcher un peu la fin, une faute de goût vite oubliée tant tout ce qui précède est d'une qualité exceptionnelle. TAKE SHELTER de Jeff Nichols avec Micheal Shanon et Jessica Chastain aperçu dans le film de Terrence Malick, The Tree Of Life ou là aussi, la nature a son importance. .
RECONCILIATION: MANDELA'S MIRACLE
l'Apartheid pour les nuls

1er février 2012 Réconciliation Mandela’s Miracle sort au cinéma, un documentaire de Michael Henry Wilson qui retrace dans les grandes lignes les différentes étapes de l’apartheid. Le documentariste s’arrête surtout sur ce qui s’est passé entre ce

On commence donc par rappeler qu’en 1964, Mandela le chef historique de l’ANC est condamné à la prison à vie pour trahison, participation à des actes terroristes alors qu’il dirige la lutte contre le régime de l’apartheid. Depuis cet incarcération, il devient le symbole du combat pour la liberté des Noirs en Afrique du Sud. Après 27 ans de prison, 9377 jours de privation de liberté, le président Frederik De Klerk lui ouvre les portes de son cagibi et signe l’acte de libération du prisonnier politique le plus célèbre au monde à cette époque. Malgré tout, les massacres continuent. Mandela et De Klerk entament un bras de fer, une négociation rude et âpre. Les afrikaners ne veulent pas entendre parler d’égalité entre noirs et blancs. La situation est explosive et le pays est au bord du gouffre. Pour éviter la guerre civile et le chaos, le président De Klerk est obligé de lâcher du leste. Il abandonne le pouvoir politique à Mandela mais conserve le pouvoir économique. Voilà comment fin avril 1994, Mandela est élu président de

En plus de ces entretiens, on découvre en effet tout un florilège d’images rares. C’est l’une des curiosité de l’apartheid. Partout ou il se passait des choses, des attentats, des accrochages, des manifestations réprimées dans des bancs de sang, la télévision était présente. Michael Henry Wilson a du faire le tri devant les kilomètres de bobines auxquels il a eut accès. Ceci dit, le film vaut surtout pour sa dernière partie, celle ou l’on s’attarde enfin sur la réconciliation. En effet, faire la fête après avoir gagné une coupe du monde de rugby est une chose, mais cela ne résout pas les problèmes. Passé la liesse, il faut se mettre au travail. Des procès ont eut lieu juste après cette victoire. Mandela a mis en place un comité de réconciliation pour aider les familles à faire leur deuil. Bourreaux et victimes se font face dans ces procès dont certaines images émouvantes sont reprises dans le film. Toutefois, seuls les sous fifres ont été jugé, pas les têtes pensantes de l’apartheid. Jamais les dirigeants n’ont eux à s’expliquer devant ces comités. Pire, après plus de 15 ans de tentative de réconciliation, le constat est amer. En Afrique du Sud, les noirs crèvent toujours autant de faim. Quant au partage des richesses, il n’est pas à l’ordre du jour et n’est pas prêt de l’être.
CORPO CELESTE:
Gros prout céleste !

CORPO CÉLESTE sortira demain en salle, Corpo Céleste que l’on peut rebaptiser sans autre: Gros prout céleste, tant la place de ce film est dans la cuvette des toilettes, avec

On est dans un cours de catéchisme. Avec des élèves nulles et une bigotte désespérée qui leur fait la leçon. Elle a des méthodes bien à elle, un peu étranges. Là, on se dit que le film va enfin démarrer. Il peut devenir intéressant, mais non, finalement, pas de gag, pas d’altercation, rien! On assiste, comme Marta, l’une des élèves un peu dubitative, à un cours de bondieuserie hyper chiant… On est anesthésié, comme les élèves en attendant avec impatience le plan suivant… Le voilà, il arrive. Marta rentre à la maison. Elle colle sa mère, lui bouffe toute son énergie ce qui provoque un conflit avec sa sœur. On se dit que le film va enfin démarrer, Il peut devenir intéressant, mais non… Dommage car il y a un petit suspens car Maria du haut de ses 13 ans découvre les soutif. Elle a piqué un soutien gorge à sa sœur et se cache pour l’enfiler. Elle risque bien d’être démasquer par sa grande sœur... on en tremble car la sœur de Maria, Rosetta n’est pas commode. Je vous rassure, cette Rosetta n’a aucun lien de parenté avec

Il y avait pourtant matière avec un personnage pas net, à savoir le curé. On aurait pu raconter les liens obscures entre le curé et la mafia, un curée carriériste qui rêve d’être muté dans une grande ville, un curé qui ne sait rien de la bible, un curé qui est plus préoccupé par l’élection du candidat qu’il supporte aux élections municipales que par Dieu, un curé tellement admiré par la bigotte qu’il pourrait y avoir une histoire de cu… de curé qui résiste à la tentation parce que la bigotte est quand même un peu laide… Mais non… on survole vaguement ces thématiques. Alice Rohrwacher suit une autre voix, celle de cette gamine dans son quotidien, une môme qui bouffe des plats surgelés, n’aime pas le poisson, fait des papouilles à sa maman, va au caté, s’engueule avec sa sœur, contemple le terrain vague depuis la fenêtre de sa chambre et se pose des questions quant aux 3 garçons qui ramassent des objets dans ce terrain… Il y a bien un moment ou elle prend une paire de claque par madame bigote… C’est le tournant du film, un tournant à 1 degré, puisqu’après cette gifle, on repart sur le même tempo avec l’assassinat de 6 chatons… C’est horrible et la recherche d’un crucifix dans un village abandonné...

CORPO CELESTE, un film qui n’aura pas ma bénédiction, un film même pas consternant… C’est ce qu’il y a de pire… ben non, c’est juste un film inutile, qui ne sert à rien, ni à divertir, ni à informer, ni à émouvoir. D’aucun apprécieront peut-être ce coté naturaliste dans la manière de filmer, une approche brut de décoffrage, parfois proche du documentaire pour montrer la réalité de cette gamine, mais comme au bout de 10 minutes, son quotidien à Marta, on s’en fout, ben y a finalement rien à sauver. Enfin bref, si ce résumé vous a ennuyé… rassurez-vous, ce n’est rien en comparaison du film CORPO CELESTE qui sortira demain en salle!
LA VERITE SI JE MENS III:
La vérité si
je m'en tamponne!

Pas d’ambiguité possible, cette entreprise a été frappée du syndrome Bronzés 3! Quand on repense aux propos que Gilbert Melki avait tenu dans des interviews, il y a 3 ou 4 ans, promettant que l’équipe se reformerait uniquement sur la base d’un bon scénario et qu’on voit le résultat aujourd’hui, on est dépité. On ne peut même plus faire confiance à Melki, acteur pourtant intègre, toujours très bon. Notez que c’est peut-être celui qui s’en tire le mieux dans ce coup ou plutôt ce gros cacou…commercial. En toute honnêteté, on ne rit pas une seule fois. Il n’y a pas une situation comique, pas une ligne de dialogue drôle, pas une idée de mise en scène, pas de directions d’acteur… rien, c’est le désert absolu! Seul le générique d’ouverture vaut le détour. Payer 18 balles pour 3 minutes de bonheur, ça fait cher, mais tout de même, avec ces couleurs kitchs, on est dans un film de Bollywood. Ça danse, ça chante. C’est sublime… passer ce générique, bon courage pour supporter des mecs qui récitent des kilomètres de dialogues insipides, sans saveur, sans odeur. Même le bêtisier lorsque le film sortira dans 3 semaines en dvd, ne sera pas drôle… D’ailleurs, dès la première scène, on renifle l’arnaque. On prononce 4 fois en 4 phrase, la vérité, la vérité si je mens… je sais que c’est la vérité que je suis venu voir, c’est bon. Ça va! Je sais que c’est pas Coco avec Gad Elmaleh… Quoique… très vite, on se demande… On est dans une bamboula organisé par le flambeur José Garcia qui veut en mettre plein la vue à l’assemblée. Il a un coté coco sur ce coup là. Enfin bref, il veut en mettre plein les mirettes à la famille et il s’avère qu’il est sur la paille. Son traiteur est sur le point de le lâcher. Un chèque sans provision plus loin, tout s’arrange ! Tout s’arrange, sauf pour les dialogues ou l’on surprend une dame dire à une autre :
- Ou allez vous en voyage ?
- aux échelles, répond l’autre…
Dans cette même fiesta, une femme parle à une autre et demande :
-C'est qui le jardinier de Versailles ?
-C'est LE NOTRE
-Quelle mytho celle la…
Ouais !!!!! Enfin un sourire après 20 minutes de film, mais ça ne va pas durer. Et non, tout de suite derrière, on voit José Garcia qui prend Danny Brillant pour Julio Iglesias, qui se débarrasse d’un gâteau au chocolat en donnant une petite tape dans le dos à un ami discrètement.C’est du vu, revu et même pas corrigé. On se demande ce que le roi de la mise en pli Frank Provost vient foutre là. Autant pour le toubib de France5, Michel Cimez qui joue son rôle, oui, mais Frank Provost…. Je veux pas couper les cheveux en 4, mais c’est étrange.

Donc, toutes les 15 minutes, on regarde la montre en se disant : mais j’ai toujours pas rit… On culpabiliserait presque! Pour patienter, on pense à ce que l'on va manger ce soir, à la machine à laver qu’il faudrait faire tourner demain, auxs factures impayées, au gamin qu’il faudra récupérer chez la nourirce, à ce que ça va couter… On en viendrait même à regretter le temps ou il y avait des entractes au cinéma pour pouvoir se barrer et rentrer plus tôt à la maison. Le constat d’échec est évident. C’est vrai que pendant une comédie, si on n’arrive pas à oublier nos problèmes, c’est que c’est foiré ! Si vous aimez cramer votre fric n’importe comment, allez voir cette daube. Sinon, gardez vos sous pour Take Shelter
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2009
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