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dédié au 7ème art.

 

 

 

Après La Bataille

 

 

Certes il n’y a pas de femmes réalisatrices retenues en compétition mais les femmes sont au cœur de certains films présents dans la compétition. C’est le cas de Après La Bataille de l’égyptien Yousri Nasrallah. Malgré son titre, APRES LA BATSAILLE ne parle pas de l’après révolution égyptienne, mais du sentiment révolutionnaire, de la possibilité d’entrevoir une existence différente. Autant dire que la vraie révolution égyptienne n’a pas encore réellement commencée. Biensur tout le monde a en mémoire ces plans fixes de la place Tahir avec cette foule plantée là, manifestant son désir de changement. Les jeunes n’en peuvent plus. Ils aspirent à un  autre monde. Alors qu’il travaillait sur un autre film, Yousri Nasrallah a pris la mesure de ce qui était en train de se passer dans son pays. Il a tout abandonné et a embringué avec lui une équipe technique et artistique pendant 8 mois. Ils ont accepté cette mobilisation malgré qu’il n’y avait aucun scénario et que pendant toute la durée de ce tournage, pas plus de 18 jours éparpillés sur 8 mois, ils se devaient d’être disponibles à tout moment. L’idée directrice était de raconter la grande histoire en misant avant tout sur la dimension personnelle. Rien d’original là dedans. Le vrai point de départ du film est à chercher ailleurs, du côté des Islamistes et de leur conception archaïque du monde et de la société. La voix de la femme est une obscénité, n’ont ils eut de cesse de clamer. Ça, plus le slogan Pain, liberté, Dignité scandé par les squatteurs de la place Tahir, il n’en a pas fallu plus pour que le projet prenne corps.

 

 

Le film s’appuie sur 3 personnages principaux. Il y a tout d’abord Mahmoud, l’un des cavaliers de la place Tahir, qui, le 2 février 2011, manipulé par les services du régime de Moubarak, charge  les jeunes révolutionnaires. Malheureusement pour lui, il sera stoppé net et roué de coups. Son visage ensanglanté fera un nombre de clics records sur Youtube. Tabassé, humilié, sans emploi, ostracisé dans son quartier qui jouxte les Pyramides, Mahmoud et sa famille perdent pieds. C’est peu après qu’il fait connaissance de Rim, une jeune égyptienne divorcée, moderne, laïque, qui bosse dans la pub. Militante révolutionnaire, elle vit dans les beaux quartiers du Caire. Forcément que leur rencontre aura un impact sur leur vie, sur celle de Fatma aussi, la femme de Mahmoud. Au passage, Nahed El Sebaï qui joue Fatma est l’actrice que l’on remarque, que l’on imprime et que l’on n’est pas près d’oublier. Elle possède un charme, un charisme, une présence extraordinaire. Elle a tout pour plaire à Nanni Moretti, pour recevoir un prix d’interprétation. Vous me direz que c’est un peu tôt pour trancher mais tout de même. Car une chose est sure, le film n’aura pas de palme d’or. Trop scolaire, trop mal embringué dès le début. Le pire, c’est sans doute le logo de France Télévision juste avant le début du métrage avec ce slogan, le petit écran qui aide le grand… oui, ben il fallait pas! C’est clair que l’entame du film est désastreuse. On dirait effectivement du mauvais téléfilm, mal joué, mal dirigé, découpé à l’identique. Il faut attendre une bonne vingtaine de minutes avant que cette impression désastreuse ne s’estompe et que le film prenne enfin son envol. 

 

 

Il est vrai qu’entre deux scènes de mauvaise fiction, APRES LA BATAILLE emprunte la voix du documentaire. On en est très proche. A partir du moment où la nanti foule la terre des ploucs, on se questionne. Sont-ce des scènes jouées ou saisies sur le vif que l’on observe alors qu’elle dirige des débats houleux au cœur d’un quartier pauvre?  La réponse est dans le dossier de presse. Pendant le tournage, de vrais meetings ont été organisé. Des situations sont ainsi nées, situations  que l’on retrouve telles quelles dans le métrage. Des paroles, des idées ont ainsi émergées et il émane d’un coup une certaine vérité que l’on avait de la peine à cerner jusqu’alors. On apprend  que la révolution a eu raison du tourisme, des chameaux, des chevaux, des cavaliers. Dans ce quartier de Nazlet, un mur a été construit. Pourquoi ce mur ? Là encore, la réponse n’est pas sur la toile mais le dossier de presse ! Si un mur a été érigé entre le quartier de Nazlet et les pyramide, c’est dans le but unique d’empêche l’accès des populations locales aux pyramides, donc à l’argent du tourisme. Depuis que l’Unesco s’est penché sur cette question, le prix du mètre carré s’est envolé, atteignant 5000 dollars, alors que le gouvernement égyptien en propose 80! Autant dire que les habitants propriétaires de ces terres ne sont pas près de décamper. C’est le reproche que l’on peut faire à ce film. Le réalisateur s’est attardé sur le superflus, oubliant l’essentiel : expliquer au monde les enjeux de cette révolution égyptienne, expliquer que dans un tel contexte tout n’est pas noir ou blanc. Voilà ce qu’il en coute, quand on commence par filmer et qu’on écrit son scénario après. On a des kilomètres de rush et il faut réussir à trouver un lien logique entre les meilleurs scènes. Les acteurs eux même ont douté du projets parce qu’ils ne savaient pas ou ils allaient, l’équipe technique aussi. Un mur de post-it rassemblant les scènes tournées a été nécessaire pour ensuite organiser un montage le plus cohérent possible. Bien sur le film est truffé de faux raccords en rafale avec des personnages principaux qui ne portent pas les mêmes habits d’une scène à l’autre, scène se déroulant dans la même journée. Qu’importe ce genre de détails, la logique du récit, plus impérative a été respectée.

 

 

Et puis on ne peut pas enlever à ce film, à ce réalisateur, cette paire de coucougnes énormes qu’il a fallu pour aller tourner de la fiction au cœur des manifestations de la place Tahir. Cela fait partie des scènes fortes du film. On voit bien que les gens autour de l’équipe sont réfractaires à l’idée que l’on tourne un film de cinéma sur cette place. On sent la tension, à condition de regarder ce qui se trame au second plan. Pour l’anecdote, l’équipe a du fuir sous peine de finir lynchée par d’obscurs et sinistres personnages qui criaient Grosse Pute, insulte à l’adresse de l’actrice principale. A la limite, le making off du film doit être beaucoup plus passionnant que le film lui-même. Reste tout de même une scène de fin prenante. Je vous en parle car il ne sera pas distribué en suisse, celle où se mélangent images d’archives et reconstitution d’une manif d’octobre 2011 où les véhicules de l’armée ont foncé dans le tas. L’armée. C’est elle qui possède et dirige l’Egypte aujourd’hui, qui gère ce pays mais le gère mal selon les dires du cinéaste. Ça aussi, c’est quelque chose que l’on ne voit pas dans ce film ! APRES LA BATAILLE, un peu trop scolaire pour enthousiasmer un Nanni Moretti, d’autant que tout le film repose sur un parallèle un peu simpliste. Dresser un animal et un esprit revient au même. En l’occurrence, ici dresser une cheval ou un cavalier illettré, c’est la même chose. Il faut d’abord l’ouvrir pour lui faire prendre conscience de sa condition et l’amener à s’interroger sur un changement possible….accueil mou… à l’issue de la projection.

 

 

 

 

The We and The I

Un bus movie qui tient la route

 

 

Un film qui se passe entièrement dans un bus et qui tienne la route, tel était le challenge a relever pour Michel Gondry avec son nouveau long métrage THE WE AND THE I. Le film a fait l’ouverture de la Quinzaine des Réalisateurs ce matin et a été accueilli très chaudement. Au générique se retrouvent uniquement des ados du Bronx. Autant dire des amateurs qui pour la première fois se sont retrouvés stars de cinéma. Quand on voit ce film, on pense immédiatement à ENTRE LES MURS. On se souvient de ce film de Laurent Cantet tourné dans une salle de classe avec les vrais enfants, qui échangeaient pour de vrai. Ici, c’est pareil, sauf que la classe est terminée. Les élèves partent pour deux mois de vacances. On monte avec eux à bord d’un autocar qui sillonne le Bronx. Même s’il s’agit d’une fiction, le film est tourné comme un documentaire, caméra épaule, pas mal de plans fixes. On imagine un dispositif minimum. L’effet maximum est pourtant garanti car en amont, Michel Gondry a bétonné le projet avec les ados du film. Pendant deux ans, ils ont échangé, discuté, noté, gardé, écarté des scènes possibles, des thématiques essentielles. Le tout donne un film d’une fraîcheur absolue et ce, même si l’ambiance à l’intérieur de l’autocar est très chahutée. Pendant 1h45 on voyage sans jamais descendre, sauf à de rares occasions, le temps de minis flash back pour illustrer une conversation par exemple, le temps que Gondry quitte la réalité pour s’offrir une scène fantasmagorique.

 

 

THE WE AND THE I se décompose en fait en 3 parties, les tyrans, le chaos, le I, le JE, le dernier chapitre étant celui où l’on se livre enfin. L’intérêt est justement de montrer à quel point les personnalités changent, évoluent en fonction que le groupe diminue. Moins on est nombreux, plus on devient sincère, plus le masque tombe, la carapace se déchire. C’est normal, car à l’adolescence, lorsque l’on est en groupe, on tient un rôle. Il faut trouver sa place. A l’arrière du bus, sur la banquette sont installé les grandes gueules, ceux qui chambrent en permanence, ceux qui vannent, moquent et pas que leurs copains de classe. La première joute verbale a lieu entre Big T ou gros tétons en français. Il mange une crème glacée salement et branche une sexagénaire pleine d’aplomb assise à ses cotés. L’humeur est joyeuse mais la farce tourne court alors qu’il lui sort des saloperies, qu’il avoue aimer les vieilles. C’est son trip. Au bout d’un moment, la dame âgée, agacée descend de l’autocar, et lorsqu’elle est dehors, elle se retourne face à la porte. Avant qu’elle ne se ferme, BIG T la rattrape et mime une éjaculation faciale en lui jetant sa purée glacée à la face. Cette plaisanterie de carabin d’un goût plus que douteux fait moyennement rire dans le bus, qui poursuit son chemin.

A l’arrêt suivant, celui où descend Big T, la vieille est déjà là, qui l’attend et le fouette avec une branche. Elle le chasse, le course et le dérouille. Loin de sa bande, Big T ne fait plus le malin et c’est toute la meute de mômes qui se fout de sa gueule en même temps que le public se marre devant la vengeance inattendue de la vieille dame. D’une manière générale, tous les sujets qui tracassent les ados sont décortiqués et l’on pénètre ainsi, grâce à eux, dans leur monde, un monde impitoyable où le  moindre signe de faiblesse peut s’avérer fatal. Par exemple Elijah se retrouve sur tous les téléphones portables. On lui a tendu un piège en beurrant le sol d’une cuisine. Il est arrivé en courant et s’est cassé le cul sur le carrelage. La vidéo fait marrer tout le monde, sauf l’intéressé qui n’est pas dans le bus, puisqu’il est en train de se filmer sur un trottoir du Bronx. Il prépare un coup avec des parieurs, malheureusement, une farce à l’issue tragique.

Quand je dis tout le monde a reçu la vidéo où
Eljah se gamelle. C’est pas vrai. Il y a une exclue. On sent alors toute la brutalité de leur rapports. Ne pas avoir la vidéo signifie que l’on ne fait plus partie du groupe. Il faut dire qu’elle a déserté l’école depuis 4 semaines et qu’elle vient de réapparaître avec une perruque blonde. On apprendra qu’au cours d’une fête, elle a saoulé une copine pour lui rouler des pelles. Forcément, la scène a été filmée mais elle n’a jamais été mise sur le web. La menace plane.
 

 

 

D’une manière générale, dans le car, garçons et filles rivalisent. Ils sont sur le même pied d’égalité. Il ne faut surtout pas se la coincer sinon, c’est la mort assurée. C’est pour ça que celle qui organise son anniversaire et compose sa liste d’invités avec sa copine, le fait bruyamment. Il faut montrer qu’on existe, alors on parle fort. Notez que d’autres sont plus calmes, comme le solitaire muet qui croque tout le monde sur son carnet de dessin. On l’appelle Manga man. Il y a le timide qui ne sait pas comment brancher une forte gueule, il y a un couple homo en pleine crise, un musicien à qui on démolira la guitare sèche à grands coups de lattes parce qu’on aime pas les hippys dans ce bus! Evidemment qu’on fume des clopes aussi. Mais là, attention à la conductrice. Quand elle renifle l’odeur du tabac, elle stoppe les machine, remonte le couloir central et fini par trouver une clope dans la bouche d’un bébé. Les fumeurs du dernier rangs n’ont rien trouver de mieux pour éviter de se faire chopper. Et la mère, terrorisée par ses garnements, n’a pas moufté. Dans le Bronx, même quand on est un adulte, on se tait face à une bande de gamins turbulents comme eux. The We and The I, de Michel Gondry, un film plaisant, un bus movie qui a fait sensation ce matin à La Quinzaine des Réalisateurs, un film d’ouverture qui annonce une programmation cette année qui retrouve bien des couleurs.

 

 

 

 

BROKEN

Un film tendrement violent

 

 

Broken, c’est pas du Ken Loach, du Alan Clark ou du Mike Leigh. Broken, c’est du cinéma social anglais. Broken, c’est du Rufus Norris. Aucun lien de parenté avec le Chuck du même nom ! Même si ça castagne dans Broken. Voilà en effet un film tendrement violent avec en tête d’affiche l’homme à qui on ne peut plus mentir depuis 3 saisons, depuis qu’il est le Docteur Lightman de la série Lie To Me, celui qui a été autrefois le Monsieur Orange de Réservoir Dogs, Tim Roth.. 

 

 

Il est épaulé ici par Eloise Laurence, une jeune actrice éblouissante qui possède une énergie et une présence magnifique. Elle incarne Skunk, la fille de Archie, un avocat célibataire, joué par Tim Roth. Il est également père d’une autre ado. Ils  vivent tous les trois dans un quartier résidentiel avec des voisins pour le moins perturbants. A droite, Monsieur Oswald et ses trois filles de 12, 15 et 18 ans, une petite frappe, une menteuse un peu prostipute et une mal embouchée vulgaire cogneuse. Monsieur Oswald, ce papa ultra-protecteur est prêt à croire tout ce que ses 3 gamines lui racontent tellement il idéalise ses enfants. Mais, dès qu'il a le dos tourné, on se rend compte que ce sont de vrais démons. Monsieur Oswald a tellement d'amour pour ses filles qu'il est sourd, aveugle et surtout prêt à démonter la tronche du premier type venu qui aurait défloré l'une de ses progénitures. On aurait beau lui dire que l'acte sexuel est consenti, il prendrait ça pour un viol.

 

 

Le film commence d’ailleurs plus ou moins comme ça. Après une scène où Tim Roth caresse son bébé, on le retrouve au chevet de ce bambin devenue une petite fille d’une douzaine d’annéee. Elle est à l’hôpital dans le coma. Il y a un va et viens entre ces deux actions, ce bébé, cette enfant jusqu’à ce que sans prévenir, Rufus Norris impose un long flash back où l’on accompagne Skunk sur le chemin qui la mène à sa maison. Arrivée chez elle, elle s’arrête un instant et discute un peu avec Rick, le fils un peu attardé de ses autres voisins. Rick lave la voiture de ses parents parce qu’il aime nettoyer les choses sales. Au même moment, Monsieur Oswald, sort en furie de sa maison, se met torse poil et dérouille Rick. Skunk, témoin de cette scène d’une rare violence ne reste pas bouche bée très longtemps. Elle dénonce auprès de la mère de Rick le responsable de ce bastonnage odieux. Par un mini flash back astucieux dans ce long flash back, on comprend ce geste, alors que Skunk elle, ne comprend pas pourquoi la police est venue arrêter Rick et pas le dément monsieur Oswald. Monsieur Oswald a trouvé dans la cuvette de ses chiottes une capote. Ça l’a rendu complètement hystérique. Il leur avait pourtant dit à ses filles de ne pas ouvrir les cuisses. Alors pour obtenir le nom du salop qui a osé souiller l’une de ses princesses, il a menacé de péter la télé. Fini la Wii, fini la Xbox… Alors forcément que le nom de ce pauvre Rick qui n’a rien à voir avec tout ça a fini par sortir.

 

 

BROKEN, un film émouvant, qui prend aux trippes dès le début. Racontée du point de vue de Skunk, le scénario dévoile le quotidien d’une enfant en passe de franchir un cap important dans sa vie. Le collège, c’est pour bientôt autant dire qu’elle va devoir affronter la réalité, brute, dure. Exit la naïveté, l’insouciance de l’enfance. Skunk va expérimenter le racket à l’école. A la maison, elle aura de la peine à supporter l’injustice qui frappe Rick, mais aussi la haine qu’il inspire à monsieur Oswald et ses filles. Dans ce flot de brutalité, Skunk va connaître quelques moments de grâce, de repos, l’amour imaginaire, fantasmé avec un type plus vieux qu’elle d’une vingtaine d’années, en fait, le copain de sa nourrice. Skunk va aussi goûter à ses premiers smak sur la bouche, sans bave, en cachette dans sa cabane secrète, une caravane à l’abandon pas loin d’une casse automobiles. Skunk va surtout comprendre qu’il est bien difficile de grandir dans ses circonstances.

 

 

Broken, un bel et émouvant récit où le cinéaste tente de capturer l’essence même de l’enfance, lorsque l’on s’ouvre au monde, mais une ouverture freinée, bloquée à cause de l’environnement dans lequel elle vit. La description de ce quartier qui dysfonctionne est parfaite car jamais, Rufus Norris ne tombe dans le manichéisme. Derrière le méchant de l’histoire peut se cacher un homme bon et inversement. Le film parle aussi de la parentalité. Parfois l’amour ne suffit pas à être parent. On peut aussi avoir tout faux avec ses enfants, même quand on les aime, quand on les protège. Désirer ou ne pas désirer, être aimer, vouloir aimer, voilà ce dont il est question dans Broken, un film qui s’appuie sur une réalisation froide, juste ce qu’il faut. Ni trop ni pas assez. Le dosage est parfait. Jamais le pathos ne surgit. C’est le risque avec un sujet pareil, avec des situations toutes plus noires les unes que les autres qui s’enchaînent. Au contraire, il y a même quelques  moments de pure comédie. Tout au long du film, 2 gamines en trottinette balancent des sacs à caca. Elles visent des voitures, des gens qui sont alors dans la merde. La seule à passer entre les crottes, c’est Skunk, au tout début du métrage. A ce stade, on ne sait pas encore ce qui va arriver dans ce quartier. On se rend bien compte que la tragédie guette car je vous rappelle que le film débute sur une fille dans le coma dans une chambre d’hôpital, mais si ça se trouve, Broken ne sera qu’un drame. Ca vous le saurez en allant découvrir BROKEN lorsqu’îl sortira ! Un film bercé par une musique sublime, l’œuvre d’un certain Damon Albarn. Broken avec Tim Roth et Eloïse Laurence, une histoire d’enfants.

 

 

 

MOONRISE KINGDOM

 

 

Tout commence dans une bâtisse à plusieurs niveaux, comme pour signifier d’emblée qu’il y aura plusieurs niveaux de lecture dans ce film. Le spectateur fait face à une sorte de maison de poupées géante dont on aurait ôté la façade pour mieux observer les habitants. Dans ce décorum soigneusement meublé, des enfants se réunissent dans un salon autour d'un tourne-disc. En même temps que l'appareil crache une symphonie militaire, on fait le tour de la maison alors qu'une voix du 45T délivre le secret de la partition. Retour sur les enfants. La plus grande, Suzy, dans sa robe courte saumon avec ses grandes chaussettes blanches attire l'œil. Ce balais ravissant est interrompu soudainement par l'apparition d'un ersatz de Zissou, autrefois océanographe au bonnet rouge dans La Vie Aquatique. Ici, le vieux à bonnet vert de MoonriseKingdom nous fait faire le tour de l'ile en quelques clichés, une ile imaginaire, menacée par une grosse tempête. Sur ce lopin de terre, dans cet archipel, un camp scout est installé. A sa tête Edward Norton, dit le chef de meute Ward. Il inspecte sa compagnie et se rend vite compte que Sam, l’un des gamins sous sa responsabilité, a déserté le camp. Après avoir donné l’alerte, on découvre que le môme est orphelin et que sa famille d'accueil ne veut plus de lui. Sur l'ile, les scouts partent à la recherche de ce déserteur, qui en fait, est allé rejoindre Suzy, la môme de la maison de poupées du début, elle-aussi en fugue. Ensemble, Suzy et Sam, qui se sont rencontrés 1 an plus tôt au cours d'un spectacle de l'Arche de Noé que n'aurait pas renié Méliès, vont donc partir pour une escapade amoureuse avec pelotage de seins et premier roulage de pelle…

 

Moonrise Kingdom, un film que l’on pourrait croire drôle, mais en fait, pas tant que ça. Avec de tels personnages, il y avait matière à scène gaguesque. On aurait pû imaginer un film davantage potache mais ce n’est pas le truc du raffiné Anderson. Ah non, Wes affectionne la subtilité, les gags dérythmés qui fonctionnent à contretemps. Il aime aussi les messages cachés. Témoin cette scène d’avant mariage. Alors que les deux tourtereaux de 12 ans, Sam et Suzy sont sur le point de se dire oui devant le scout aumônier, ils se mettent à l’écart. Le plan devient large. Sur la droite, un trampoline et un gamin qui saute dessus sans forcément se gameller. Pourquoi ce sauteur à coté du couple ? Sans doute une manière de souligner qu’avant le grand saut, avant de se dire oui, il faut réfléchir. Le mariage, c’est pas un truc qu’on doit prendre à la légère, y compris quand on se marie à 12 ans ! Oui, dans ce film, les rôles sont inversés. Les enfants se marient et les adultes se cachent pour vivre leur relation amoureuse. D’une manière générale, les adultes sont dépassés par les évènements. Ils sont surtout moins responsables que les enfants. Voila le message que cherche à faire passer Anderson, peut-être.

En 1965, quand Françoise Hardy s’égosillait à chanter le temps des copains, les gamins étaient précoces. Ils avaient l’esprit bien fait et pensaient mieux. Ils étaient moins bêtes, moins abrutis, plus ouverts à la lecture, à la grande musique, à la culture.. Aujourd’hui, ils ne pensent plus. Ils sont lobotomisés. Ils sont aussi cons que les parents du film.

 

 

Un film à ne pas prendre à la légère dans lequel on retrouve absolument tout Wes Anderson en 1h30. La qualité esthétique est toujours son obsession. Ici, les beaux décors naturels sont magnifiés par une photo au charme surannée. Wes Anderson, un maniaque de la beauté et de la précision aussi. Dans chaque plan, chaque objet doit tenir une place précise, raconter à lui seul une histoire dans l’histoire. Mais la précision a un défaut majeur, le manque d’émotion criant dont souffre ce Moonrise Kingdom… Pour le constater par vous même, vous pourrez aller voir en salle le film d’ouverture de Cannes dès ce soir !

 

 

 

LISTE DES CRITIQUES PUBLIEES

SUR LA PAGE

Année 2012

 

Moonrise Kingdom

 The Best Exotic Marigold Hôtel -

Margin Call - Sans Issue - Barbara -

The Substance Albert hofmann LSD - Tyrannausor - Les Mécréants - L'Enfance Volée - Les Adieux à la Reine - Un Ete Brulant - Mirror Mirror - Twixt - Radiostar - L'Enfant d'en Haut - Sur La Piste du Marsupilami -

Avé - UFO In Her Eyes - Mince Alors - 2 Days In New York - Hunger Games - Oslo 31 August - Oncle Charles - Cloclo - 38 Témoins - Possessions - Un Cuneto Chino -Eléna - Comme un Chef - A L'Aveugle - Les Infidèles - Extremly Loud - Chronicle - Albert Nobbs - Iron Lady - Big Miracle - Dos Au Mur - Zarafa - La Taupe - Monsieur Lazhar - Take Shelter - Mandela's Miracle - Corpo Celeste - La Vérité Si Je Mens 3 - Sherlock Holmes II - Café de Flore - Bottled Life Nestlé - Summer Games - Et si on Vivait tous Ensemble - Hors Satan - Deep End - J. Edgar - Sleeping Bauty - Le Moulin et La Croix

 

 

 

LISTE DES CRITIQUES PUBLIEES

SUR LA PAGE FESTIVALS

 

 

CANNES 2012

Quelques Indiscrétions avant le 19.04 

 

BLACK MOVIE 2012:

Arirang - The Day He Arrives - The Journals of Musam - Night Fishing - Helldriver - Headshot - Park Mark - The Green Wave - Raw Material - Knifer - People Mountain People Sea - Agua Fria -

 

NIFFF 2011:

Insidious - Mirages - Les nuits rouges du bourreau de jade - The Unjust - The Violent Kind - Hobo With a Shortgun - Super - Good Neighbors - Ninja Kids

 

ANNECY 2011:

Colorful, Chico et rita, Prodigies, Geen Days, Le chat du Rabin

 

CANNES 2011:

The Les Géants - Drive - Exercice de l'Etat - La Piel que Habito - Melancholia - La Conquête - Hors Satan - Le Havre - Snowtown - Et Maintenant on va ou? - Tree Of Life - Take Shelter - Micheal - 17 filles - The Artist - La Guerre est Déclarée - Le Gamin au Vélo - Miss Bala - Habemus Papam - Polisse - Kevin - The Slut - Sleeping Beauty - Midnight in Paris

 

 

NIFFF 2010:

The Crazies, Valhalla Rising, Tannöd, enter The Voïd, 5150 rue des Ormes, Dream Home, Strigoi, Black Death, Transfert

 

 

 

LISTE DES CRITIQUES PUBLIEES

SUR LA PAGE

Année 2011

 

 

La Delicatesse - A Dangerous Methode -Mission Impossible 4 - Hollywoo - Hysteria - Hugo - Le Tableau - Carnage - Black Gold - Happy Feet 2 - Les Lyonnais - Kings of Devil Island - In Time - Michael - L'Ordre et la Morale - The Guard - La Source Des Femmes - Khodokovsky - Toutes Nos Envies - Mon Pire Cauchemar - Contagion - Intouchable - Forces Spéciales - L'Exercice de l'Etat - Tintin le secret de la licorne - Poulet aux Prunes - Johnny English - Polisse - De Bon Matin - Le Skylab - Bienvenue à Bord - Des Hommes Libres - We Need To Talk About Kevin - La Planque - Identité Secrète - Un Heureux Evènement - La Fée - Vol Spécial - L'Apollonide - L'Affaire Rachel Singer - Pater - Guantanamo Trap - Pourquoi tu Pleures? - Limitless - Low Cost - Dans la Maison du Père - Monsieur Papa -Le Baiser Papillon -The Eagle - Water For Elephant - La Solitude des Nombres Premiers - Aurevoir Taipei - Thor - Source Code - Et Soudain tout le Monde me Manque - Le Chaperon rouge - Tomboy - La Proie - Rio 3D - Scream IV - Octubre - Titeuf - Silent Souls -Tous les Soleils - Los Colorès de la montana - Je n'ai rien Oublié - Une Pure Affaire - Carlos - L'Agence - La Ligne Droite - We Want Sex - Paul - Le Rite - Lumière - Le Marquis - Rango - Les Femmes du 6ème etage - The Hunte - Winter's Bone - Avant l'Aube -127 heures - True Grit - Les Prophètes du Temps - Même La Pluie -  Largo Winch II - Ivory Tower - Le Discours d'un Roi - Devil - Black Swan - Tron l'Héritage - Les Chemins de la Liberté - Poupoupidou - Comment Savoir - La Petite Chambre - Au Dela - Les Emotifs Anonymes - Skyline - Année Bissextuile - L'Enfance d'Icare - Le Fils à Jo - Green Hornet - Honeymoons - The Next three Days - Somewhere - Le Voyage du directeur des RH - Encore un Baiser 

 

  

 


LISTE DES CRITIQUES PUBLIEES

SUR LA PAGE 2010



Vénus Noire - Machete - A Bout Portant - Mon Pote - Fair Game - Raiponce - Harry Potter - Illegal -

Le Nom des Gens - No et Moi - RED -

Welcome to The Rileys - Mother and Child -  Unstoppable - Potiche - Rubber - Draquilla -

Date Limite -Buried -

L'Homme Qui Voulait Vivre sa Vie - Guru -

La Princesse de Montpensier - The American -

Le Royaume de Ga'hoole - Sauvage -

Il Reste du Jambon - Un Homme qui Crie -

Les Petits Mouchoirs - Biutiful - Social Network - Kaboom - The Kids Are All Right - Moi Moche Méchant - Summer Wars - Prud'homme -

Vous allez Rencontrer un Bel et Sombre Inconnu - Sans Queue ni Tête - Donnant Donnant -

Wall Street l'argent ne dort jamais -

L'Amour fou selon YSL - Les Amours Imaginaires -

Lo Mas Im portante de la Vida - Miel -

Simon Werner a Disparu - Hors La Loi -

Mange Prie Aime - Notre Jour Viendra - The Town - Miral - Cosa Voglio Di Più - Oncle boonmee -

Des Hommes et Des Dieux - The Killer Inside Me - Tournée - Copacabana - Les Mains En l'Air - Shrek4 il était une fin - Splice - Breath Made Visible -

Kiss And Kill - Ordinary People - L'Ilusionniste - Mammuth - moon - Crazy Night -

Que Justice Soit Faite - L'Amour c'est mieux à 2 -

J'ai Oublié de te Dire - Cellule 211- cold Souls - Imogène - Iron Man II - La Révélation - Nénette -

En Eaux Troubles - Blanc Comme Neige - Kick Ass - Chaque Jour est une Fête - Camping2 - Green Zone - Les Aventures Extraordinaires d'Adèle Blanc Sec - L'Arbre et la Forêt - Chasseur de Primes - Coursier - Le Choc des Titans - White Material - Ajami - Dragons - Pièce Montée - Têtes de Turcs -

Les Invités de mon Père - Complices - Chicas -

Fleur du Désert - Tout ce qui Brille - L'Immortel -

Alice aux Pays des Merveilles - La Horde - L'Arnacoeur - Les Chèvres du Pentagone - La Rafle - Two Brothers - Tétro - Shutter Island - Ghost Writer - Vero - La Disparition de Giulia - Nine -

From Paris With Love - Single Man - Hors de Controle - Le Mac - Lovely Bones -Les Chats Persans - Marsdreamers - L'Autre Dumas -

I Love you Phillip Morris - Le Refuge -

Protéger et Servir - sherlock Holmes - Brothers -

La Princesse et la Grenouille - Plus Là Pour Personne - Gainsbourg Vie Héroïque - In The Air - A Serious Man - Le Livre d'Eli - Mister Nobody -

Un Petite Zone de Turbulence - Invictus - Bliss -

Bright Star 




 

  

LISTE DES CRITIQUES PUBLIEES

SUR LA PAGE
2009

 

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