LISTE DES CHRONIQUES PUBLIEES SUR CETTE PAGE

 

 

Iron Lady - Big Miracle - Dos Au Mur - Zarafa - La Taupe - Monsieur Lazhar - Take shelter - Mandela's Miracle - Corpo Celeste - La Vérité si je mens3 - Sherlock Holmes II - Café de Flore - Bottled Life Nestlé - Summer Games - Et si on Vivait tous Ensemble - Hors Satan - Deep end - J.Edgar - Sleeping Beauty - Le Moulin et la Croix -  

 

 

 

 

IRON LADY 

Un biopic

sur le femme de Iron Man...

 

 

...Pas vraiment! Je déconne,  même si Iron Lady est tout de même une super héroïne avec un seul super pouvoir, celui de faire chier les gauchistes! Iron Lady, c’est la dame de fer, celle qui a tenu à redresser l’Angleterre coûte que coûte et qui n’en avait rien à secouer des syndicats, des gens dans la rue, des manifestations, celle qui par fierté s’en est allé guerroyer aux Malouines. Bref, la dame de Fer dit Margaret Thatcher a les honneurs du cinéma et c’est Meryl Streep qui incarne cette femme. Pour l’anecdote, Meryl Streep vient d’être récompensé d’un Bafta, équivalent des quartz, des césars et autres oscars, mais en Angleterre, Bafta de la meilleure actrice, coiffant ainsi Bérénice Béjo qui était aussi nominée dans la catégorie meilleure actrice pour The Artist. Notez que The Artist a obtenu 7 statuettes sur les 11 distribuées! Dujardin a même niqué Cloney ce qui est peut-être un signe pour une reconnaissance future par les cousins américains! Fin de la parenthèse. 

 

 

Retour à cette dame de fer, un film qui débute sur une séquence dans un commerce tenu par un pakistanais. Une vieille femme fait ses commissions. Elle achète un berlingot de lait et est surprise par le prix, si cher. Un peu perdue, elle s’en retourne chez elle ou on l’accueille sèchement. Il ne fallait pas sortir sans prévenir, lui dit-on, sous entendant qu’il pourrait lui arriver quelque chose. Et c’est vrai qu’on remarque bien que cette mamie est lucide mais jusqu’à un certain point. Elle est surtout frappée d’hallucination. Le fantôme de son défunt mari l’accompagne partout ou elle va. Du coup, elle discute avec lui, ce qui trouble son entourage et conforte l’idée que cette femme déraille. Cette femme, on le comprend bien vite est Margaret Thatcher. On va donc suivre son parcours, dans les grandes lignes grâce à de nombreux flash-back à répétition. Ils sont souvent  succinct. Quand son regard s’arrête sur un objet, qu’elle croise une image dans le journal ou sur son poste de télévision, quand on lui parle de quelqu'un ou qu'un événement survient comme l'attentat perpétré il y a peu par Al Quaïda à Londres, elle s’arrête et pense. Elle se replonge dans son passé et le spectateur de suivre ainsi par bribes les grands moment de sa vie.

 

 

Son caractère bien trempée lui vient de son père. Il avait coutume de lui répéter de ne jamais suivre le troupeau, de tracer sa voix et de ne jamais renier ses convictions. Et voilà comment cette étudiante modèle qui travaille dans l'épicerie familiale va se hisser progressivement dans les arcanes du pouvoir après avoir été bien mariée. C’est obligatoire à cette époque. Elle est élue député  en 1959. C’est là qu’elle pénètre de plein pied dans un monde d’homme. De plein pied, l’expression est bien choisi puisque son entrée au parlement est filmée à hauteur de talon aiguille. Ça tranche avec les mocassins de ces messieurs. La vue de haut n’est pas mal non plus, une robe bleue isolée au milieu des costumes gris, ça se remarque. Malgré que les hommes la snobent et la prenne de haut, Margaret ne se démonte jamais. Au contraire, grâce à sa pugnacité et à des prises de positions qu’elle défend avec fermeté, elle montre au fil des années, qu’elle a plus de couille que tous les hommes réunis de son parti, une qualité essentielle pour entrer au gouvernement comme ministre de l’éducation. On est alors en 1974. L’Angleterre est en crise, mais Margaret s’en fout. Elle poursuit son ascension jusqu’à atteindre le sommet, le poste de premier ministre le 4 mai 1979, devenant ainsi la première femme de l’histoire à se hisser si haut, autant dire, la récompense ultime pour cette femme qui a sacrifié sa vie de famille pour ses idées, pour son pays et pour le désir de le changer. 

 

 

Margaret Thatcher, un tyran  incarné par une remarquable Meryl Streep. Elle se glisse dans la robe de la dame de fer avec maestria. On ne voit plus l’actrice mais la lady qu’elle incarne, une femme déterminée, tyrannique, on l’a dit.  On le voit bien dans la mise en scène de certains conseils des ministres ou elle prend plaisir à humilier les hommes qui l’entourent. Elle les rabaissent plus bas que terre. Mais ses crises d'autorités, sa rigidité, son entêtement, son caractère de cochon auront raison d'elle. Progressivement, ses soutiens la lâchent car elle va trop loin. Mais elle s’en fiche. Elle le dit d’ailleurs : « Trancher dans le vif n'est pas facile mais les générations futures me remercieront », « … Ou t'oublieront », lui souffle son mari. Son mari avait tord. Personne n’a oublié la dame de fer et surtout pas une frange de la gente féminine britannique. Dans le film, on assiste à une scène ou une jeune fille rencontre Margaret Thatcher vieillissante et lui déclare qu’elle est un exemple pour toutes les femmes. Au lieu d’acquiescer, la dame de fer répond gentiment :  « Avant on avait l'ambition de faire quelque chose. Aujourd'hui on a celle d'être quelqu'un ». Et c’est tellement vrai, une phrase qui résume à elle seule notre époque.

 

 

Iron Lady, un film réussi sur une femme qui fait le ménage dans son appartement et dans sa tête pour se débarrasser de ses fantômes, une fantaisie de gauche selon les enfants Thatcher qui n’ont que très moyennement apprécié ce film de Phyllida Lloyd (réalisatrice de Mamma Mia !) ou les nombreuses archives se mêlent délicieusement aux images de fiction. 

 

 

 

 

 

 

 

 

BIG MIRACLE

Small movie! 

 

 

C’est avec un enthousiasme mitigé que l’on annonce la sortie au cinéma de Big Miracle de Ken Kwapis. Et pour cause, quand on parcourt en diagonal le pedigree  de l’animal Kwapis, il y a de quoi rester sur la réserve. Réalisateur de séries télé plus ou moins réussies, on retiendra dans le haut du panier: …. Et dans le dessous de ce même panier, on piochera pêle-mêle un remake tristounet de la série anglaise hilarante The Office sans Ricky Gervais, la saison 6 de Urgences, les 5 premières de Malcolm. Coté grand écran, Ken Kwapis s’est illustré en signant quelques pierres angulaires du cinéma US: 4 Filles et Un Jean’s, Ce Que Pensent Les Hommes ou encore Permis De Mariage, sans doute le pire film avec Robin Williams (qui endossait la soutane pour donner sa bénédiction à un jeune couple fiancée). On notera encore L’éducatrice et le Tyran qui malgré son titre évocateur n’a rien d’un film de boule puisqu’il s’agit d’une vulgaire comédie romantique mettant en scène un James Bond au chômage Timothy Dalton et une nounou d’enfer Fran Drescher reconvertie en esthéticienne. En fait, le vrai fait d’arme de Ken Kwapis, LE film que l’on retiendra de cette prodigieuse prolifique carrière entamée au milieu des années 80 est sans aucun doute cette comédie animalière pour enfant plutôt réussie, Dunston, panique au palace. Un gars, un singe et un bon titre qui résume parfaitement l’intrigue de cette comédie enfantine...

 

 

Tout ça pour dire que lorsque Ken Kwapis se pointe en 2012 avec un long métrage titré Big Miracle, il ne faut pas vous attendre à un miracle! Au contraire puisqu’il s’est contenter de mettre en image un fait divers très cartésien qui secoua l’Amérique en 1988. Cette année là, dans un petit bled perdu en Alaska, un couple de baleines et leur baleineau blessé ne trouvent rien de mieux que de se laisser piéger par les glaces. Les inuit du coins, une militante écolo, un industriel, l’armée vont se mobiliser sous le regard complice des caméras des journalistes pour sauver Willy… pardon, pour sauvez The Whales!, des baleines promises à une mort certaine. Tous les jours, des millions d’américains resteront rivés devant leur petit écran pour suivre ce feuilleton émouvant. Finalement, alors que la glace n’est pas réellement brisée entre les blocs de l’Est et de l’Ouest, Reagan demandera malgré tout de l’aide de Gorbatchev pour venir à bout du calvaire des cétacés. En pleine guerre froide, un brise-glace russe sera autorisé à croiser dans les eaux américaines et même à faire une brèche sur la côte. En fait, le vrai Big Miracle est là, plus que dans l’histoire du sauvetage des ces géants des mers, dans le réchauffement des rapports diplomatiques américano-russe grâce à l’intervention maligne de la nature.

 

 

Pourquoi ? Pourquoi Big Miracle sort au cinéma et pas directement dans le circuit Dvd ou Vod? Qu’une telle nunucherie inonde les salles américaines, passe encore. Vu l’engouement de l’autre coté de l’atlantique en 1988 pour ce fait divers, on peut envisager qu’il y aura un public potentiel pour acheter une place de cinéma et regarder ce film classiquement insipide! Mais en Europe, là ou on s’en tamponne complètement des baleines, là ou cette histoire a tout juste eut droit à un entrefilet dans la presse écrite, on se demande ! Si encore le film possédait un réel cachet! Même pas. Le scénario suit la chronologie des évènements. Les personnages sont des clichés sur pattes. La militante écolo de Greenpeace est forcément intrépide et fonceuse, en opposition totale avec la journaliste urbaine précieuse et arrogante de la télé nationale. Et pourquoi ce ne serait pas le contraire pour une fois ? Bien sur qu’entre les 2 femmes, le cœur du journaliste local, qui a lancé l’histoire, balance. Bien sur qu’il choisira la mauvaise fille avant de se raviser à la fin. Entre temps, les inuit, qui crèvent la dalle sur leur terre glacée, se laisseront attendrir : « Il ne faut pas chasser les baleines car nous allons passer pour des barbares aux yeux du monde », disent-ils. « Et si l’Amérique nous tourne le dos, ce sont les devises us qui disparaîtront pour de bon alors, asseyons-nous sur la tradition et découpons la banquise à la tronçonneuse plutôt que les baleines !» C’est sûr, le dilemme est de taille pour cette communauté. S’ils deviennent des barbare, fini les walkman et les k7 magnétiques de Guns and Roses pour les enfants! Et pourtant, avec 3 baleines de cette taille, on n’en nourri des enfants inuit qui crèvent de faim. Rassurez-vous, ce divertissement ne fait qu’effleurer le sujet. On n’est pas là pour plomber l’ambiance en signant une œuvre réaliste sur les difficultés économiques des inuit et sur la co-habitation délicate, voir le compromis impossible entre acceptation de la modernité et respect de la tradition. Non, dans Big Miracle, on est plutôt du style à faire des parallèles bidons entre le malheur de la maman baleine qui éduque son enfant blessé et le pépé inuit à la surface qui tente d’inculquer des valeurs saines à son petit fils. Il essaie de lui apprendre l’importance de rester à l’écoute de la nature et de la respecter, une leçon dont le môme se tamponne puisqu’il préfère écouter son walkman… A la fin, quand il n’aura plus de piles, peut-être qu’il écoutera les baleines! Je vous passe le couplet sur le riche industriel exploitant de pétrole qui prend fait et cause pour les poissons alors qu’on sait pertinemment que la seule pêche qui l’intéresse, c’est celle au billet vert.

 

 

Big Miracle, un drame aquatique déguisé en comédie romantique avec Drew Barrymore qui s’enfonce dans les méandres des productions foireuses au fur et à mesure que sa carrière avance. Depuis 2003 et sa prestation dans Confession d’Un Homme Dangereux de Georges Clooney, l’actrice n’a plus rien fait d’essentiel. Notez qu’avant 2003 aussi! A regarder de plus prêt sa filmographie, si l’on excepte Donnie Darko (qu’elle a en plus produit), Tout Le Monde Dit I Love You de Woody Allen et E.T. ou elle jouait la sœurette de Elliot, on ne peut pas franchement dire que Drew Barrymore ait fait des miracles...

 

 

 

 

 

DOS AU MUR

Allez, saute!

 

 

Man on a ledge de Asger Leth, un type obscur, étrange qui a collaboré avec Lars Von Trier sur le film 5 OBSTRUCTIONS et qui a eu de la peine à s’en remettre. C’était en 2004. entre temps, il a co signé un doc sur Haiti Ghosts Of Cité Soleil en 2006 et puis plus rien jusqu’à aujourd’hui et cette fiction Dos au Mur, Man On a Ledge en VO avec Sam Worthington, Jamie Bell, Ed Harris, Elizabeth Banks dont le vrai fait d’arme jusqu’à présent a été de jouer la colocataire partenaire baise de Seth Rogen dans Zack et Miri font un porno! Evidemment, ne vous attendez pas à reluquer des scènes salaces dans Dos au Mur. En fait, tout démarre à la réception de l’hôtel Roosevelt, plutôt luxueux. Un homme prend une chambre. Trop tôt pour le champagne; quoique, Il savoure malgré tout une choupettes de bienvenu en même temps qu’il déguste un dernier repas. Ce type prend son temps. Il prend surtout un maximum de précaution pour effacer ses empruntes digitales avant d’ouvrir la fenêtre de la chambre qu’il a loué. Il respire un grand coup puis monte sur la corniche de l’immeuble. Il attend… pas très longtemps ! On est à New York. Souvent, le quidam sur son bout de trottoir qui en a marre de regarder le bout de ses pompes, lève le nez au ciel pour contempler la hauteur des buildings. Très vite, l’un d’eux remarque le gars et allerte tout le monde en criant: « Regardez, un homme sur la corniche, la haut ! » A peine a-t-on le temps de se demander pourquoi ce mec en est arrivé là que le monteur nous impose un flashback. Merci à lui !

 

 

On est désormais quelques semaines plus tôt dans la prison de Sing Sing. Ce type est un flic qui purge une peine pour le vol d’un diamant. Il se dit innocent. Après une évasion spectaculaire, on comprend mieux sa nouvelle position inconfortable. Il est désormais prêt à mourir pour laver son honneur. C’est ainsi qu’il requiert la présence sur sa corniche du détective Mercer, une bien belle blondinette, négociatrice hors pair, malgré un récent échec retentissant qui lui vaut depuis les railleries de ses collègues. Qu’importe ! Puisque ce type la veut, elle viendra à son chevet, ou plutôt à sa fenêtre et tentera de le dissuader de sauter. Elle gagnera du temps pour connaître ses motivations et pourquoi pas, finir par l’aider à prouver ce qu’il avance.

 

 

Bien sur vous vous demandez certainement comment est-ce qu’avec un argument aussi mince on peut tenir un spectateur en haleine pendant plus de 90 minutes ? C’est vrai quoi: 1 homme, 1 femme, 1 corniche, des badauds qui s’agglutinent en bas de l’immeuble, un périmètre de sécurité, des pompiers, un matelas gonflables, un flashback, des flics qui pataugent, ne comprennent pas qui est ce type, ce qu’il cherche, ce qu’il veut… Et pourtant, ça tient la route, et même plutôt bien! Tout ça grâce à l’inventivité des scénaristes qui ont su maquiller, derrière ce qui s’apparente à un thriller pour prouver l’innocence d’un honnête citoyen, un autre film… En dire plus serait criminel! Pour ne pas gâcher votre plaisir, c’est tout juste si on s’autorise à parsemer quelques détails de ci de là. Il Faut bien mesurer ce que l’on raconte par exemple sur le frère du suicidaire! Oui, il a un frangin et une belle sœur aussi. Ces deux bras cassés de la cambriole, culottés, pas très habiles, se chamaillent régulièrement. Ils ont pour mission de… de…. Dd rien du tout…. Ils sont là dans le décors pour amener quelques respirations, dirons-nous, histoire d’échapper à cette corniche. Bien sur, ce n’es pas vrai ! S’ils sont présents dans ce scénario, c’est qu’il y a une très bonne raison. Mais on doit se taire pour ne pas…. Vous savez, le plaisir, tout ça… bref, vous les briser!

 

 

Alors que dire ? Parler peut-être de ce milliardaire mégalo escroc, celui qui a manipulé, ou pas, le suicidaire. Sa fortune pourrait bien partir en fumée, et sa notoriété avec, si le suicidaire, son frère et sa belle sœur arrivent à leurs fins. La fin justement, ça, on peut l’affirmer, c’est la faute de goût par excellence. Sacrifier une si bonne idée sur l’autel du happy end! Quelle chiotte! On ne déflore rien en soulignant qu’il y aura une belle fin. De toute façon, avec les productions américaines, c’est souvent comme ça. A Hollywood, tant que le public test voudra des belles fins, on aura des belles fins nazes! Qu’est-ce que vous voulez, ça rassure le spectateur lambda de voir que le chic type s’en sort, et que le méchant finit derrière les verrous. Contrairement à la vraie vie, le spectateur veut que le gentil obtienne gain de cause. Alors on lui donne ce qu’il réclame. Dommage, car pour atteindre cet objectif, on doit de manière artificielle créer une faille dans un scénario brillant et jusque là, implacable, inattaquable. Un des protagonistes cache un objet dans la poche de son veston alors qu’il était très bien dans son coffre fort…  Houps… Gaffe à ne pas tomber dans les travers du film et à couper ce texte au bon endroit, soit 15 mots avant la fin pour ne rien vous dévoiler cette bad Happy-end !

 

 

 

 

 

ZARAFA 

Un road movie historique!

 

 

Sorti cette semaine en salle, un animé 2D classique de Rémi Besançon et Jean Christophe Lie intitulé Zarafa. Remi Besançon est connu pour MA VIE EN L’AIR avec Vincent Elbaz qui flippe des avions, LE PREMIER JOUR DU RESTE DE TA VIE avec Gamblin et Zabou ou la vie tumultueuse d’une famille en 5 dates clés. Plus récemment Louise Bourgoin tombait en cloque dans UN HEUREUX EVENEMENT…  Rémi Bezançon dit s’être imaginé pouvoir faire tout ce qu’il ne pouvait matérialisé en prise de vue réelle. Voilà pourquoi on le retrouve aux commandes de Zarafa avec Jean Christophe Lie. Lui, il est connu pour un court métrage remarquable, fabuleux, l’homme à la Gordini qui se passe dans les années 70 dans une dictature orange. Tout le monde est obligé de vivre sans slip, sans pantalon avec juste des hauts oranges. Seulement un couple se rebelle et décide de vivre en bleu. Ils seront aidés dans leur combat par l’homme masqué à la R8 Gordini bleue. L’HOMME A LA GORDINI, c’est pas le triomphe des Schtroumpf, tout juste un court métrage qu’on peut se voir sur le web… avec la musique sublime très seventies de DJ MOULE.

 

 

 

 

Mais revenons à Zarafa avec les voix de Simon Abkarian, Fellag ou encore François Xavier Deamison. Zarafa s’appuie sur une histoire vraie, Tout commence dans cet animé au pied d’un baobab, dans un village africain. Un vieux griot raconte aux enfants l’aventure de Zarafa, un girafon qui fut offert au roi de France, Charles X par le Pacha d’Egypte, un présent pour quémander le soutien de l’armée française afin de bouter les turcs hors d’Egypte, dit-on dans le film. Il faut le savoir, Zarafa serait né en 1825 d'après les calculs de l'époque. La bébé girafe débarqua à Marseille le 14 novembre 1826 et fut conduit à Paris à pied par Geoffrroy Saint-Hillaire, directeur du Jardin des plantes. Trois vaches dont elle buvait le lait, une escorte de gendarmes à cheval, et un chariot à bagages accompagnèrent Zarafa. Arrivée le 30 juin, elle fut pendant 3 ans une des principales attractions de la capitale. 

 

 

Evidemment, Rémi Besançon a pris des libertés avec cette histoire. Il a fallu insuffler du romanesque, de l’action, des rebondissements, penser à un scénario avec un ballon, un gamin, une gamine, un gros monsieur sympa, des animaux, des beaux décors, des bons et des méchants, une belle pirate Bouboulina et un beau bédouin fort et rusé, un vilain esclavagiste et un gentil marchant margoulin … bref il a fallu tirer sur des ficèles faciles pour donner à voir aux enfants, un leçon d’histoire avec tout de même quelques anachronisme. A un moment, on parle, il est vrai, de donner du lait en poudre au girafon, plutôt que de transporter une vache. Or, le lait en poudre a été inventé par un américain Gail Borden, en mai 1848 ou en janvier 1851… Il y a divergences sur la dates selon les sources. Peu importe, une chose est sure : en 1827, on ne connaissait pas le lait en poudre. Vous me direz que je pinaille, mais il est important d’être précis quand on s’adresse aux enfants, non ? Et j’ajouterais même que cette approximation m’a conduit à poursuivre mon investigation. Le point de départ de ce voyage extra-ordinaire jusqu’à Paris est la bataille d’Alexandrie. Les égyptiens sont assiégés par les turcs et sont sur le point de capituler et d’abandonner leur ville. Voilà ce qui est dit et montré dans le film. Excusez du peu mais ça n’a rien à voir avec l’histoire! La vrai, la voici : en 1798, les troupes françaises dirigées par Napoléon envahissent l’Egypte alors propreté des Ottomans. Soutenus par les Britanniques, les Ottomans envoient une armée pour reconquérir le pays. Les Français se prennent une raclée connu sous le nom de la branlée d’Aboukir, ou la bataille d’Aboukir, c’est égale. Ce qui compte, c’est que Napoléon perd l'Égypte. Les anglais, qui ne veulent pas coloniser ce pays pour garder de bonnes relations avec l’Empire Ottoman, se retirent. C’est alors que Mohamed Ali, pas le boxeur, mais le numéro deux de l'armée ottomane, met à terre ses concurrents et au terme d’une guerre civile est reconnu par le sultan ottoman Sélim III comme gouverneur d’Egypte en 1805. Il y a donc une approximation de 20 ans, 20 ans d’écart avec celle résumée grossièrement dans Zarafa. Ça n’a l’air de rien, mais sans ces clés de compréhension, on se demande bien pourquoi les égyptiens réclament l’aide de la France, et plus encore  pourquoi ces amis français refusent de l’accorder! Parce que le girafon Zarafa est envoyé en cadeau à Charles X pour le convaincre d’envoyer des troupes. Et il refuse, ce qui semble incompréhensible.

 

 

Evidemment, il n’est pas question de faire un procès d’intention à Rémi Besançon, mais quand on se targue de réaliser un animé pour enfant qui s’appuie sur l’histoire, le minimum est de la respecter, au moins de la résumer correctement. Quand on installe une girafe, une vache, des bons hommes à bord d’un ballon pour gagner du temps sur le voyage, ça passe, même si St Hillaire n’a jamais piloté de ballon dirigeable de sa vie comme on le voit dans ce film! Quand un marchant escroc vend des tickets pour la prochaine caravane en chameau 1ère classe, chameau classe éco ou chameau classe affaire, là aussi, on adhère: l’anachronisme est drôle, mais pour le lait en poudre et le raccourci historique concernant la bataille d’Alexandrie, là c’en est trop !

 

 

Ceci dit, parents comme les enfants ne vont pas s’arrêter là en regardant  Zarafa. Il est vrai que les chérubins vont apprendre ce qu’était l’esclavagisme. Ils vont appréhender un peu mieux la notion de liberté. Ils vont constater qu’au Royaume de France, on ne se lavait pas les dents, ils vont se marrer avec cet hippopotame qui pète et envoie des jets de caca à la tête des gens. Ils connaîtront sans doute de grandes émotions lorsque la maman de Zarafa mourra, sauvant du coup le héros de l’histoire, le jeune Maki un intrépide aventurier, prêt à tout pour respecter sa parole. Il a promis à la maman de Zarafa de veiller sur ce girafon et c’est pour cela qu’il s’entête à l’accompagner jusqu’à Paris, pour protéger sa Zarafa au péril de sa vie.

 

 

Bref, Zarafa reste un animé recommandable malgré tout avec une petite allusion aux tontons flingueurs plutôt discrète et savoureuse. Ça passe par la bande son. Il y a une partition très courte de banjo qui rappelle les tontons. Vous verrez ou plutôt vous entendre ça dans la scène du port de Marseille.

 

 

 

 

LA TAUPE:

C'est René! 

 

 

Thomas Alfredson, le réalisateur suédois du sensationnel Morse, l’anti Twilight, change radicalement de registre, et de budget aussi. Lui qui avait eut du mal à rassembler les 4 millions de dollars pour son prodigieux film de vampire ado a reçu un chèque de 25 millions, s’offrant du coup un casting de luxe pour une histoire tout aussi luxueuse. Pensez donc, pour cette adaptation d’un récit de John Le Carré, ex-espion reconverti dans la littérature d’espionnage à succès, Thomas Alfredson a débauché Gary Oldmam, Colin Firth, Mark Strong, John Hurt et Toby Jones. Rien de moins. Tous sont excellent dans la défroque de ces espions agissant dans le plus grand secret en pleine guerre froide.

 

 

On est 1973. le MI6 a un problème. Une taupe s’est nichée au sein de l’agence de renseignement britannique. Qui est cette taupe? Que voilà une énigme aussi difficile à résoudre qu’un rébus de pif gadget !  Evidemment, tout le monde la connaît: c’est René, René la taupe! Fin de l’histoire. Il n’y avait vraiment pas de quoi en faire un film! Passé ce calembour facile, laissez-moi vous dire que démasquer la véritable taupe dans cette intrigue pensée par Le Carré ne sera pas si aisé. Qui dit Le Carré sous entend  intrigue complexe à moult ramifications et faces à faces bavards ou l’on piège son interlocuteur pour tenter de démêler qui dit vrai de qui dit faux. Dans cette partie d’échec à haut risque ou chaque coup se pense, se réfléchit, les  joueurs avancent leurs pions à pas feutré. Il est indispensable d’avoir quelques coups d’avance pour mettre mat son adversaire. Encore faut-il identifier l’adversaire, le cheval de Troie à la solde du KGB qui a infiltré les services de renseignement de sa majesté la Reine d’Angleterre.

 

 

Pour tout dire, la partie débute dans un bureau, celui de Control. A la tête du MI6  anglais, il a convoqué dans le plus grand secret un de ses espion à qui il demande de se rendre à l’Est, en Hongrie, sans couverture. La bas, un informateur, en réalité un gradé de l’armée hongroise désireux d’acheter son passage à l’Ouest lui donnera le nom de la taupe. La rencontre se passe dans une petite rue piétonne, à la terrasse d’un café. En quelques plans, Thomas Alfredson  parvient à transmettre au spectateur la parano, la peur, l’angoisse, le trouble qui habite les protagonistes de cette rencontre. Chaque geste est épié du coin de l’œil. Il suffit d’une goutte de sueur qui perle sur le front du serveur, d’une envolée de moineaux, d’une femme qui berce son bébé un peu trop rapidement, pour que le temps s’arrête. Dans cette ruelle, tout paraît suspect. Même l’anodin bruit d’une tasse de café tremblotante sur le plateau d’un barman décuple l’angoisse. Les bruitages ainsi amplifiés placent le spectateur dans l’état psychologique fébrile des espions sur leur garde. C’est alors que ce que l’on présentait  arrive. Le serveur, dans un élan de panique, sort en furie du café, dégaine un pistolet et tire une première balle. Il bute la femme au bébé avant d’atteindre mortellement l’agent anglais dans le dos. L’informateur, lui, profite de l’agitation pour disparaître. La mélodie d’Alberto Iglésia sur la bande son, typique avec saxo lent et piano léger, renforce encore d’avantage la savoureuse sensation que l’on va se délecter avec un vrai polar, à l’ancienne.

 

 

Après ce fiasco Hongrois, Control trouve à son tour la mort. En haut lieu, le ministre des affaires intérieures s’agite. Il convoque Smiley, un proche de Control mis sur la touche. Comme il n’appartient pas à la ‘famille’, le ministre attend de lui qu’il reprenne secrètement l’enquête entamée par Control. Il est impératif de débusquer le traître qui officie au sein du Cirque et transmet des renseignements capitaux à l’Est. Problèmes, cinq membres de l’équipe dirigeantes dont Smiley lui-même étaient sur la liste des suspect de Control. Commence alors pour Smiley une partie ou il devra jouer serrer avec à ses coté la jeune recrue Peter Guillam. Rapidement mis sur la piste de Polyakov, un énigmatique agent russe basé à Londres, Smiley remonte jusqu’à la sexy Irina grâce à Ricky Tarr, un agent anglais, électron libre en cavale, lâché par le Cirque. Ricky apprend à Smiley que Irina voulait elle-aussi passer à l’Ouest et se disait prête à donner le nom d’un agent double. Plus l’enquête avance, plus l’on s’enfonce dans une histoire nébuleuse ou tout le monde pourrait être le coupable. Smiley est surtout rattrapé par son passé. Cet ombre a un nom : Karla, un autre agent russe aux méthodes expéditives. Sans doute que Karla est derrière cette histoire de taupe. Mais si ça se trouve, les russes ont rusé en manipulant les anglais pour mieux avoir accès aux renseignements américains. Mais si ça se trouve, cette histoire est vraie et il n’y a pas une mais plusieurs taupes! Allez savoir… 

 

 

Loin des standards des films d’espionnages actuelles, La Taupe est un vrai film d’espion d’antan, un film d’inaction par excellence sans pétarade inutile, sans explosions en série, sans gadget ni haute technologie. Ici, les cabines téléphoniques, les bancs publics dans les parcs, les planques dans les hôtels miteux, les acteurs, le scénario et les décors dans lesquels ils évoluent sont les seuls et vrais  effets spéciaux. Au passage, la reconstitution du début des années 70 mais surtout la parano qui s’emparait des espions en pleine guerre froide est fidèlement représentée. Compliqué, nébuleux, il faut s’accrocher pour bien comprendre tous les tenants et les aboutissants, pour bien appréhender tous les rouages d’un scénario complexe. On se retrouve finalement comme un espion, à barboter en eaux troubles avant que tout ne s’éclaire une fois le ou les salaud(s) débusqué(s). La Taupe, un film magistra, malgré une fin décevante.

 

 

 

 

 

BACHIR LAZHAR

Emouvant et poignant

 

 

Québec, la cours de récréation d’une école primaire de Montréal. Un enfant propose à sa camarade d’aller chercher un berlingot de boisson dans la classe. Malheureusement pour ce petit bonhomme, il va voire quelque chose qu’il n’aurait jamais dû voir. Dans la salle, le corps de sa maîtresse, Martine Lachance se balance au bout d’une corde. L’enseignante s’est pendue. Immédiatement, une cellule psychologique est mise en place pour soutenir les enfants. Dans l’établissement, élèves, professeurs, directrice, tout le monde est abasourdi par la brutalité de la situation. Pourquoi Martine a-t-elle commis cet acte sur son lieu de travail ? Cela doit bien signifier quelque choses. Le choix de se donner la mort dans sa classe n’est pas anodins. Mais plutôt que de se poser la question, le corps enseignants, ainsi que les parents d’élèves font tout pour que la vie à l’école reprenne le plus normalement possible. Désarmés, ils ne comprennent pas le geste de leur collègue et amie. Ils ne comprennent pas ou ils refusent de comprendre? Il y a une nuance de taille et bientôt Bachir Lazhar va la découvrir. 

 

 

Bachir Lazhar est l’homme providentiel, celui qui se présente spontanément à la directrice après avoir lu la nouvelle dans le journal. Il propose de jouer les remplaçants en attendant que l’administration n’envoie quelqu’un officiellement. Bachir Lazhar dit avoir des références. Il a déjà fait la classe, autrefois, en Algérie. Devant l’urgence de la situation et parce que ça la dépanne, la directrice accepte de confier le poste à ce migrant qui présente bien. Bachir se met rapidement au travail. Sa première mission est de tenter de faire oublier Mlle Lachance aux enfants. Il modifie la disposition des tables mais ça ne suffit pas; de même, un coup de peinture sur les murs ne permet pas aux enfants d’ignorer la place ou elle s’est pendue. Il faudrait déplacer tout le monde mais c’est impossible. Qu’importe, Bachir Lazhar s’active à donner ses cours, à faire la dictée. Même si avec Bachir Bazar (nouveau surnom de l’enseignant), y a pas de devoir, ses méthodes archaïques en matière d’enseignement n’emballent pas plus que ça les enfants. On en vient même à douter que Bachir ait été un jour maître d’école. C’est que ce professeur ne fait pas la différence entre enseigner et éduquer. Il se prend plus pour un père qui transmet des valeurs à ses enfants que pour un professeur qui transmet un savoir à des élèves. De plus, ce modèle d’enseignement ou on ne doit pas avoir de contact avec un enfant, lui échappe complètement: pas de claque même quand c’est mérité, pas d’accolade même quand le besoin de réconfort se fait sentir. La rigidité et la déshumanisation de ce système éducatif dépasse cet algérien. D’autant qu’en Afrique du Nord, beaucoup de choses passe par le geste. Là bas, on est tactile. Pas au Québec. Il ne faut pas, jamais, toucher un enfant. Faisant contre bonne fortune bon coeur, Bachir, cet amoureux du verbe, met un point d’honneur à ce que les enfants s’expriment correctement. Il faut savoir parler, lire et écrire. C’est important pour exprimer par exemple ce que l’on ressent face au décès de Mlle Lachance. Mais là encore Bachir a oublier qu’au Québec, la mort est tabou. On n’en parle pas, jamais, avec les enfants, sauf avec la psychologue. Décidément, ces écarts vont mettre le doute à la directrice . Bachir est-il l’enseignant qu’il prétend être? Qui est ce Monsieur Lazhar, ce Bachir Bazar que les enfants ont fini par adopter ?

 

 

MONSIEUR LAZHAR, un film émouvant à plus d’un titre, Certes, si la question du deuil est au centre de l’intrigue, la véritable force du long métrage de Philippe Fallardeau est de pointer surtout les failles dans la société canadienne d’aujourd’hui, à commencer par la rigidité de l’école. Le suicide de l’enseignante n’est finalement qu’un prétexte pour montrer la froideur extrême des méthodes d’éducations québécoises. A l’école, il n’y a plus aucune humanité. Les maîtresses sont des machines à enseigner, des robots dont la mission est de bourré le crâne des enfants. Il n’y a plus de place pour les sentiments. Quand un gamin est au plus mal, qu’il a besoin de parole douces ou de la chaleur d’un ou d’une adulte, cet enfant est condamné à rester sans réconfort. Un enseignant n’a pas le droit de consoler un môme en le serrant dans ses bras sans que l’on pense à mal. Il suffit d’une accolade pour que l’on soupçonne l’adulte de pédophilie. Bien sur qu’il faut être vigilant, mais on a  visiblement atteint un extrême intolérable. Et dire que ce modèle a été mis en place par des femmes! C’est là sans doute l’autre point que le cinéaste veut dénoncer dans son film. La société canadienne s’est féminisée plus que n’importe où ailleurs sur la planète. Mais au lieu de construire un monde ou femmes et hommes vivraient en harmonie, d’égale à égale, elles sont tombées dans les mêmes travers que les hommes. Non contente d’avoir émasculer la gente masculine, les femmes ont castré les enfants en les privant de l’essentiel, l’expression tactile des sentiments. A force de voir le mal là où il n’est pas, elles ont fini par créer un autre mal. La preuve en est, le suicide de Mlle Lachance au début du film. Bachir Lazhar en débarquant dans cet école dont il ignore les codes, va ainsi devenir malgré lui le trublion remettant en cause ce système d’éducation, amenant certaines femmes à ouvrir les yeux.

 

 

Le film évoque encore une autre thématique, importante, la migration. Qu’est-ce qu’un migrant ? Selon Bachir, un être déraciné dans un pays dont il ignore la culture, un clandestin sans papier obligé de se débrouiller pour survivre. Selon les autorités, un profiteur potentiel qui ne devrait peut-être pas se trouver sur le sol canadien à moins d’avoir une bonne raison pour demander l’asile. Pour une des collègues de Bachir, un homme avec qui on doit manger, boire, parler, partager pour apprendre à se connaître car de la connaissance de la différence née la richesse. En connaissant bien son voisin, on apprend à se connaître soit même. Mais Bachir est un être discret, qui ne se confie pas facilement, un type bourré de paradoxes aussi. Il voudrait que les enfants parlent du deuil, alors que lui, dissimule le sien, ne l’exprime pas, jamais. C’est aussi ça un migrant, quelqu’un de discret, digne mais discret, qui estime ne pas avoir le droit de se plaindre. Fellag incarne Bachir Lazhar. Voilà qui n’est pas étonnant, tant le parcours de Fellag, la star algérienne, a des résonance avec celui de Bachir. L’acteur, auteur, metteur en scène, directeur de théâtre, humoriste, oneman showman a connu l’exil, comme Bachir. A deux reprises, il s’est expatrier d’Algérie. A la fin des années 70, parce que la situation est devenue impossible pour les artistes, il a fuit au Québec, avant de s’installer en France. Et puis, pour monter un spectacle dans les 80, il est retourné en Algérie. Il devait y rester quelques semaines. Il y restera plusieurs années avant de fuir une nouvelle fois, alors qu’une fatwa avait été lancée sur sa tête. A cette époque, dans les années 90, dit-il, « il y avait des fatwa sur tout le monde. Le pays, aux portes de la guerre civile, était devenu invivable ». Fellag a donc quitter une nouvelle fois l’Algérie. Bien sur que dans le film, on parle de ça, du chaos qui a secouer ce pays et de la réconciliation nationale qui a suivi. C’est sans doute pour toutes ces raisons, ces thématiques soulevées, la manière dont tout cela est traité et mis en image que le public à plébiscité Monsieur Lazhar, le 4ème film de Philippe Fallardeau au festival de Locarno 2011. Récemment, les professionnels aussi repéraient ce film puisque Monsieur Lazhar a été retenu pour participer à la course aux Oscars. Remportera-t-il une statuette? Verdict le 26 février.

 

 

  

TAKE SHELTER

un chef d'oeuvre 

 

 

Il y a 4 ans déjà, Jeff Nichols avait surpris son monde avec SHORTGUN STORIES, un film tout en plans fixes sur le thème de la vengeance avec une réelle tension imprimée justement grâce à une certaine immobilité. On disait à l’époque que Jeff Nichols était un américain à suivre. Alors forcément, maintenant que TAKE SHELTER est annoncé, vous allez le suivre et vous ne serez pas déçu! Cette fois, exit la vengeance et vive la peur aigu à cause des tempêtes tropicales. Il faut dire que dans le midwest, quand Dame Nature se déchaine, il y a de quoi se faire de belle frayeurs. Nos ridicules orages de grêles n’ont rien à voire avec les déluges qui s’abattent sur l’île. Dans le cas de Curtis, cette peur va virer au cauchemar, aux crises de panique à répétition 

 

 

Marié, père d'une adorable petite fille sourde, Curtis travaille sur des chantiers. Dés le début du film on ressent son angoisse lorsqu’il pointe le regard vers un ciel menaçant. Et puis, la nuit aussi. il voit des choses terribles comme des éclaires qui fendent le ciel, des gouttes de pluie brunes, des tornades en formation ou des oiseaux tout droit sortis d'un film d'Hitchcock qui lui foncent dessus. Etranges rêves que ceux de Curtis. Et plus son délire s'accentue, plus ses cauchemars confèrent au fantastique. En plein déluge, des hommes en veulent à sa vie et à celle de sa fille. Régulièrement il se réveille en sursaut, en sueur. Des fois, une flaque de pisse inonde son lit. Plus le récit avance, plus rêve et réalité se confondent, au point parfois que l’on ne fasse plus exactement la différence. Elle est là la force deJeff Nichols. Il nous invite sans prévenir dans la tête d'un mec qui perd pied. Curtis hallucine tout debout en pleine journée Rêve-t-il éveillé ou vit-il ces situations extrêmes? On a un doute et c’est troublant. Son entourage remarque évidemment ce comportement étrange. Ils s’interrogent. Pourquoi a-t-il construit un enclos dans le jardin pour y installer son inoffensif berger allemand? S’ils avaient fait le rêve de Curtis ou il se fait dévorer l’avant bras par le cleps, ils auraient sans doute aussi construit un enclos ! Le rêve semblait tellement réel qu'à son réveil Curtis ressentit la douleur. Sa folie va crescendo et dans un excès tout aussi intense, Curtis va s'endetter pour construire cette fois un abris anti-tempête avec l'eau courante, les toilettes, la lumière, les masques à gaz et les boîtes de conserves en pagaille pour se nourrir. Curtis a-t-il un grain ? C’est possible. Y a des antécédents familiaux. Sa mère l'a abandonné sur le parking d'un supermarché dans la voiture quand il avait 8 ans. On a retrouvé cette femme 8 jours plus tard dans une autre ville en train de manger des ordures dans des poubelles. Depuis elle est internée dans un institut spécialisé. Peut- être que la folie de Curtis est héréditaire! A moins que ces délires n'aient une autre origine... 

 

 

Take Shelter est un film envoutant. Jeff Nichols le virtuose, de part sa mise en scène et sa mise en image, ses éclairages, de par la précision des cadrages, vous scotche. Il vous prend par le colbaque dès le début et ne vous lâche pas jusqu’à la fin de son métrage. On est happé par cette histoire, par cet homme, par ces actes, par les caprices de la nature qui se déchaine….  L'empathie fonctionne à plein régime avec ce mec car on refuse de croire qu'il est dingue. C’est un film saisissant,d’une rare beauté. On appelle ça de l’art, le 7ème, ou plutôt le deuxième film d’un cinéaste pétri de talent à tel point qu’on lui  pardonnera une scène de trop quelques minutes avant le dénouement et qui vient gâcher un peu la fin, une faute de goût vite oubliée tant tout ce qui précède est d'une qualité exceptionnelle. TAKE SHELTER de Jeff Nichols avec Micheal Shanon et Jessica Chastain aperçu dans le film de Terrence Malick, The Tree Of Life ou là aussi, la nature a son importance. .

 

 

 

 

 

 

RECONCILIATION: MANDELA'S MIRACLE

l'Apartheid pour les nuls

 

 

11 février 1990, 16h15 heure de Johannesburg, Nelson Mandela sort de prison après 27 ans d’incarcération.

 

1er février 2012 Réconciliation Mandela’s Miracle sort au cinéma, un documentaire de Michael Henry Wilson qui retrace dans les grandes lignes les différentes étapes de l’apartheid. Le documentariste s’arrête surtout sur ce qui s’est passé entre ce 11 février 1990 et les années de réconciliation nationales qui ont suivi. Le film se présente comme une formidable leçon d’histoire découpé en chapitres. On débute par L'apartheid pour les nuls et l'arrestation des leader. S’en suit une partie intitulé D'oppresseur à partenaire avant la plus passionnante, celle titrée Reconstruire une nation .

 

 

On commence donc par rappeler qu’en 1964, Mandela le chef historique de l’ANC est  condamné à la prison à vie pour trahison, participation à des actes terroristes alors qu’il dirige la lutte contre le régime de l’apartheid. Depuis cet incarcération, il devient le symbole du combat pour la liberté des Noirs en Afrique du Sud. Après 27 ans de prison, 9377 jours de privation de liberté, le président Frederik De Klerk lui ouvre les portes de son cagibi et signe l’acte de libération du prisonnier politique le plus célèbre au monde à cette époque. Malgré tout, les massacres continuent. Mandela et De Klerk entament un bras de fer, une négociation rude et âpre. Les afrikaners ne veulent pas entendre parler d’égalité entre noirs et blancs. La situation est explosive et le pays est au bord du gouffre. Pour éviter la guerre civile et le chaos, le président De Klerk est obligé de lâcher du leste. Il abandonne le pouvoir politique à Mandela mais conserve le pouvoir économique. Voilà comment fin avril 1994, Mandela est élu président de la République sud-africaine, juste après avoir obtenu le prix Nobel de la paix avec De Klerk. Immédiatement, il veut s’attaquer à un symbole de l’apartheid pour réunifier son peuple. En choisissant le rugby, un sport de blanc, Mandela prend un pari gonflé. Et ça marche. Pour la première fois, des noirs et des blancs sont au diapason et vibrent en cœur. Un vent d’euphorie souffle sur tout le pays et porte les Springbox jusqu’en final de  coupe du monde qu’ils remportent. Juste avant ce match, Mandela envoi un signe clair au sud africain en apparaissant en public, dans le stade, arborant le maillot vert des Springbox et la casquette du supporter, deux symboles du racisme des blanc envers les noirs. Ce geste a fait plus de bien et a eu plus d’impact sur la population que tous les discours prononcés jusqu’alors sur l’unification. Bien sur, ces images, on les a vu dans INVICTUS de Clint Eastwood. L’inspecteur Harry a signé en 2009 ce film avec Morgane Freeman en Mandela et Matt Damon en capitaine des Sprinbox. Clint apparaît logiquement dans le documentaire de Michael Henry Wilson. Normal puisque les deux films ont été tourné en parallèle. En plus, ils sont amis de longue date. Clint a ainsi permis à Wilson de reprendre des images du making of de INVICTUS, une aubaine pour le documentariste. Il lui aurait été Impossible, pour des raison de cout exorbitant, de reprendre des images de la coupe du monde de Rugby sud africaine. Ainsi, Clint Eastwood avoue son admiration pour Mandela. Mais il n’est pas le seul a parler de ce grand homme. Le truculent Desmond Tutu y va aussi de ses réflexions. Le discret De Klerk a également accepté de jouer le jeu, s’attardant sur les qualité indéniables de négociateur pugnace qu’était Mandela. Il ne lâchait rien. A noter que Michael Henry Wilson évite le piège de nous montrer un Mandela vieillissant. Absent du film, il est tout de même présent par le biais d’archives. De toute façon, atteint d’alzheimer, sur le déclin du haut de ses 94 ans, il aurait été bien incapable de raconter quoique ce soit. Autant reprendre des archives nettement plus parlantes. A propos des archives, elles sont nombreuses.

 

 

En plus de ces entretiens, on découvre en effet tout un florilège d’images rares. C’est l’une des curiosité de l’apartheid. Partout ou il se passait des choses, des attentats, des accrochages, des manifestations réprimées dans des bancs de sang, la télévision était présente. Michael Henry Wilson a du faire le tri devant les kilomètres de bobines auxquels il a eut accès. Ceci dit, le film vaut surtout pour sa dernière partie, celle ou l’on s’attarde enfin sur la réconciliation. En effet, faire la fête après avoir gagné une coupe du monde de rugby est une chose, mais cela ne résout pas les problèmes. Passé la liesse, il faut se mettre au travail. Des procès ont eut lieu juste après cette victoire. Mandela a mis en place un comité de réconciliation pour aider les familles à faire leur deuil. Bourreaux et victimes se font face dans ces procès dont certaines images émouvantes sont reprises dans le film. Toutefois, seuls les sous fifres ont été jugé, pas les têtes pensantes de l’apartheid. Jamais les dirigeants n’ont eux à s’expliquer devant ces comités. Pire, après plus de 15 ans de tentative de réconciliation, le constat est amer. En Afrique du Sud, les noirs crèvent toujours autant de faim. Quant au  partage des richesses, il n’est pas à l’ordre du jour et n’est pas prêt de l’être.

 

 

 

 

CORPO CELESTE:

Gros prout céleste !

 

 

CORPO CÉLESTE sortira demain en salle, Corpo Céleste que l’on peut rebaptiser sans autre: Gros prout céleste, tant la place de ce film est dans la cuvette des toilettes, avec la Vérité si Je mens… Ben oui, y a des semaines comme ça ou on se dit que la cinéphilie a du plomb dans l’aile… Dans Corpo Céleste, tout commence la nuit. Camera épaule, le cadreur suit un groupe de gens. ils reprennent en cœur un chant de messe. On est visiblement en plein milieu d’une procession nocturne… Le lendemain, au même endroit, on installe une estrade. Une poignée de personnes se tient devant un curée qui demande à son assistance de faire le silence en attendant qu’un éminent personnage n’arrive. On se dit que le film va réellement démarrer ici. Et puis non, une voiture arrive, un type descend, bénit la foule et hop, plan suivant 

 

 

 

On est dans un cours de catéchisme. Avec des élèves nulles et une bigotte désespérée qui leur fait la leçon. Elle a des méthodes bien à elle, un peu étranges. Là, on se dit que le film va enfin démarrer. Il peut devenir intéressant, mais non, finalement, pas de gag, pas d’altercation, rien! On assiste, comme Marta, l’une des élèves un peu dubitative, à un cours de bondieuserie hyper chiant… On est anesthésié, comme les élèves en attendant avec impatience le plan suivant… Le voilà, il arrive. Marta rentre à la maison. Elle colle sa mère, lui bouffe toute son énergie ce qui provoque un conflit avec sa sœur. On se dit que le film va enfin démarrer, Il peut devenir intéressant, mais non… Dommage car il y a un petit suspens car Maria du haut de ses 13 ans découvre les soutif. Elle a piqué un soutien gorge à sa sœur et se cache pour l’enfiler. Elle risque bien d’être démasquer par sa grande sœur... on en tremble car la sœur de Maria, Rosetta n’est pas commode. Je vous rassure, cette Rosetta n’a aucun lien de parenté avec la Rosetta des frères Dardennes… Il ne faut pas exagérer. Alice Rohrwacher n’a rien à voire avec les deux belges et leur cinéma social. Et c’est sans doute là ou le bas blesse. Le cinéaste passe complètement à coté de son film, du vrai sujet… Voila pourquoi son film ne démarre jamais !

 

 

Il y avait pourtant matière avec un personnage pas net, à savoir le curé. On aurait pu raconter les liens obscures entre le curé et la mafia, un curée carriériste qui rêve d’être muté dans une grande ville, un curé qui ne sait rien de la bible, un curé qui est plus préoccupé par l’élection du candidat qu’il supporte aux élections municipales que par Dieu, un curé tellement admiré par la bigotte qu’il pourrait y avoir une histoire de cu… de curé qui résiste à la tentation parce que la bigotte est quand même un peu laide… Mais non… on survole vaguement ces thématiques. Alice Rohrwacher suit une autre voix, celle de cette gamine dans son quotidien, une môme qui bouffe des plats surgelés, n’aime pas le poisson, fait des papouilles à sa maman, va au caté, s’engueule avec sa sœur, contemple le terrain vague depuis la fenêtre de sa chambre et se pose des questions quant aux 3 garçons qui ramassent des objets dans ce terrain… Il y a bien un moment ou elle prend une paire de claque par madame bigote… C’est le tournant du film, un tournant à 1 degré, puisqu’après cette gifle, on repart sur le même tempo avec l’assassinat de 6 chatons… C’est horrible et la recherche d’un  crucifix dans un village abandonné...

 

 

CORPO CELESTE, un film qui n’aura pas ma bénédiction, un film même pas consternant… C’est ce qu’il y  a de pire… ben non, c’est juste un film inutile, qui ne sert à rien, ni à divertir, ni à informer, ni à émouvoir. D’aucun apprécieront peut-être ce coté naturaliste dans la manière de filmer, une approche brut de décoffrage, parfois proche du documentaire pour montrer la réalité de cette gamine, mais comme au bout de 10 minutes, son quotidien à Marta, on s’en fout, ben y a finalement rien à sauver. Enfin bref, si  ce résumé vous a ennuyé… rassurez-vous, ce n’est rien en comparaison du film CORPO CELESTE qui sortira demain en salle!

 

 

 

 

LA VERITE SI JE MENS III:

La vérité si

je m'en tamponne! 

 

 

Pas d’ambiguité possible, cette entreprise a été frappée du syndrome Bronzés 3! Quand on repense aux propos que Gilbert Melki avait tenu dans des interviews, il y a 3 ou 4 ans, promettant que l’équipe se reformerait uniquement sur la base d’un bon scénario et qu’on voit le résultat aujourd’hui, on est dépité. On ne peut même plus faire confiance à Melki, acteur pourtant intègre, toujours très bon. Notez que c’est peut-être celui qui s’en tire le mieux dans ce coup ou plutôt ce gros cacou…commercial. En toute honnêteté, on ne rit pas une seule fois. Il n’y a pas une situation comique, pas une ligne de dialogue drôle, pas une idée de mise en scène, pas de directions d’acteur… rien, c’est le désert absolu! Seul le générique d’ouverture vaut le détour. Payer 18 balles pour  3 minutes de bonheur, ça fait cher, mais tout de même, avec ces couleurs kitchs, on est dans un film de Bollywood. Ça danse, ça chante. C’est sublime… passer ce générique, bon courage pour supporter des mecs qui récitent des kilomètres de dialogues insipides, sans saveur, sans odeur. Même le bêtisier lorsque le film sortira dans 3 semaines en dvd, ne sera pas drôle… D’ailleurs, dès la première scène, on renifle l’arnaque. On prononce 4 fois en 4 phrase, la vérité, la vérité si je mens… je sais que c’est la vérité que je suis venu voir, c’est bon. Ça va! Je sais que c’est pas Coco avec Gad Elmaleh… Quoique… très vite, on se demande… On est dans une bamboula organisé par le flambeur José Garcia qui veut en mettre plein la vue à l’assemblée. Il a un coté coco sur ce coup là. Enfin bref, il veut en mettre plein les mirettes à la famille et il s’avère qu’il est sur la paille. Son traiteur est sur le point de le lâcher. Un chèque sans provision plus loin, tout s’arrange ! Tout s’arrange, sauf pour les dialogues ou l’on surprend une dame dire à une autre :

- Ou allez vous en voyage ?

- aux échelles, répond l’autre…

Dans cette même fiesta, une femme parle à une autre et demande :

-C'est qui le jardinier de Versailles ?
-C'est LE NOTRE
-Quelle mytho celle la…

Ouais !!!!! Enfin un sourire après 20 minutes de film, mais ça ne va pas durer. Et non, tout de suite derrière, on voit José Garcia qui prend Danny Brillant pour Julio Iglesias, qui se débarrasse d’un gâteau au chocolat en donnant une petite tape dans le dos à un ami discrètement.C’est du vu, revu et même pas corrigé. On se demande ce que le roi de la mise en pli Frank Provost vient foutre là. Autant pour le toubib de France5, Michel Cimez qui joue son rôle, oui, mais Frank Provost…. Je veux pas couper les cheveux en 4, mais c’est étrange.

 

 

Donc, toutes les 15 minutes, on regarde la montre en se disant : mais j’ai toujours pas rit… On culpabiliserait presque! Pour patienter, on pense à ce que l'on va manger ce soir, à la machine à laver qu’il faudrait faire tourner demain, auxs factures impayées, au gamin qu’il faudra récupérer chez la nourirce, à ce que ça va couter… On en viendrait même à regretter le temps ou il y avait des entractes au cinéma pour pouvoir se barrer et rentrer plus tôt à la maison. Le constat d’échec est évident. C’est vrai que pendant une comédie, si on n’arrive pas à oublier nos problèmes, c’est que c’est foiré ! Si vous aimez cramer votre fric n’importe comment, allez voir cette daube. Sinon, gardez vos sous pour Take Shelter 

 

 

 

 

SHERLOCK HOLMES

Elémentaire

mon cher Ritchie! 

 

 

Guy Ritchie n’est jamais aussi bon, aussi bien inspiré que quand il réalise une aventure de Holmes. Ce constat s’était déjà imposé en 2010 lorsque le grand public accueillît avec enthousiasme le 1er volet d’une franchise s’annonçant lucrative. Holmes avait rapporté 516 millions de dollars à travers le monde. L’enthousiasme se lisait donc sur les visages des producteurs et des spectateurs surtout, ravis par le duo Robert Donney junior – Jude Law dans la défroque des célèbres Shelock Holmes et docteur Watson. Guy Ritchie avait su, tout en conservant l’esprit original des romans de Conan Doyle, apporter cette pointe de modernité dans la réalisation, dans l’enrobage. Et bien  figurez-vous que l’enthousiasme n’a pas faibli. C’est toujours avec bienveillance que l’on accueille ce deuxième numéro, et pour cause, pusique que la formule n’a pas changé ! On prend les mêmes ingrédients, les mêmes vedette et on recommence, sauf que cette fois, l’aventure est  sous titré en toute logique: jeux d’ombre, tant il est vrai que l’ombre de James Bond plane au dessus de Sherlock Holmes! Et pour cause, le détective privé loufoque, à l’œil aiguisé à qui rien n’échappe, rappelle par certains égards l’agent secret au service de Sa Majesté. Équipé de son seul et unique gadget Watson, Holmes va devoir éviter l'effondrement de l'occident, rien de moins, une mission à la James! La menace est bien réelle et Holmes devra  se débattre dans cette partie d’échec musclée, avancer à pas feutré pour démasquer l’impitoyable professeur Moriarty, excellent Jarred Harris, et l’affronter en un duel final aussi physique que cérébral.

 

 

Pour tout dire, dans cette nouvelle aventure, exit la magie noir et le tueur en série Lord Blackwood et vive le véritable géni du mal, le professeur Moriarty. On est en 1891, des attentats à la bombe à Strasbourg et à Vienne, attribués à des anarchistes ou à des nationalistes, font monter la tension entre la France et l'Allemagne. En Inde, un magnat du coton est ruiné par un scandale. En Chine, un trafiquant d'opium décède d'une overdose. Aux Etats-Unis, un baron de l'acier vient de mourir lui aussi. Tous ces événements n'ont aucun lien entre eux sauf pour Sherlock Holmes, qui a accumulé un faisceaux d’indices. Ses recherches l’ont conduit à suivre la  troublante et désarmante Miss Adler, qui finira empoisonnée. Le mystère s’épaissit pour Watson, pas tant pour Holmes qui sait déjà qu’il doit se rancarder auprès d’une voyante, Madame Simza, pour y voir plus clair. C’est au cours de l’enterrement de vie de garçon de Watson que la rencontre aura lieu. Et oui, Watson, au grand regret de Holmes se marie. Terminé leur complicité pense-t-il, mais ça n’empêchera pas les deux amis de se beurrer la tronche la veille du grand jour avant de prendre le premier train en partance pour Paris. C’est ici que mène la piste Simza, dans un camp de gitan, à Montreuil...

 

 

Avec son scénario limite incompréhensible, pour cause de rebondissements trop nombreux, ces nombreux pays visités,  cet humour so british et ses scènes d’action démesurés, ses combats au corps à corps au ralenti et en accéléré, ces explosions en cascade, ces balles perdues, ces grosses bertha, ces petites femmes bien belles, son méchant mégalomane et son héros peu ordinaire, ce JEUX D’OMBRE a plus d’un atout dans sa manche pour affoler le box office. Le film est bien parti pour exploser les recette du premier volume! Les spectateurs apprécient Robert Donney Junior. Il faut dire qu’il s’en donne à cœur joie en incarnant Holmes, ce héros peu ordinaire qui arbore une barbe de trois jours, avoue un net penchant pour l'alcool et un goût prononcé pour la bagarre. Il est étrange ce Holmes, Pour vivre dans un appartement débordant de plantes tropicales au milieu desquelles cohabitent une chèvre et un serpent, il faut être torud. Ce célibataire endurci à la misogynie parfaitement assumée mais aux penchants homosexuel non assumé (on peut se poser bien des questions quant à sa relation et son indéfectible amitié envers Watson) a également un petit faible pour les déguisements. Il adore se grimer en femme! Etrange, non? N’empêche que Holmes est un chasseur hors norme  partie à la pêche à la truite. Schubert n’a qu’à bien se tenir. Don Giovanni aussi. Oui, de l’opéra, Garnier ou non, de la grande musique, il y en a dans cette nouvelle partition réjouissante écrite et réalisée par Guy Ritchie, SHERLOCK HOLMES, JEUX D’OMBRE, un pure divertissement ou l’on n’a pas le temps de souffler, et encore moins celui de s’ennuyer, 2 heures de pure aventure.

 

 

 

 

 

 

CAFE DE FLORE

Attention, addition salée

 

 

C’est curieux comme la réalité a des résonances parfois avec la fiction. Regardez Vanessa Paradis qui risque de perdre son Jhonny Deep de compagnon pour cause de jalousie excessive. Je suis pas le roi du potin, mais je me suis laissé dire qu’elle avait fait une scène parce que Johnny voulait à tout prix jouer dans le prochain Tim Burton avec Eva Green. Et Vanessa a pété un plomb… enfin bref, Tout ça pour dire que la jalousie, et précisément le personnage campé par Vanessa Paradis bouffé par la jalousie est au cœur du film CAFE DE FLORE de jean Marc Vallée. Evidemment, on connaît la brasserie au moins de nom. Qui a déjà foulé le bitume du boulevard St Germain à Paris, au cœur du quartier de St Germain des Pré a forcément assis son cul sur une chaise en paille du célèbre café de Flore, le Rdv des artistes, devenus avec le temps, celui des bobos parisiens m’as-tu vu et des touristes asiatiques trop content d’immortaliser sur leur appareil photo la devanture et de repartir avec une tasse vendu hors de prix dans la boutique qui juxtapose l’établissement. Même si cet endroit possède une âme, Café de Flore, le film n’est dont pas un biopic sur ce lieu. On ne suivra pas la vie infernale d’un dessous de tasse . 

 

Que je vous dise que Café de Flore renvois plutôt à une chanson de Matthew Herbert. Il a composé un thème musical unique lien apparent entre deux histoires, deux destins, ceux racontés dans ce film de Jean Marc Vallée. C’est vrai qu’il faut attendre la toute dernière partie du métrage pour comprendre enfin le véritable lien entre ces deux films. Avant que tout ne s’éclaire, on est paumé, ballotté, perdu, trimballé entre deux époques, deux vies, deux pays, deux familles, deux films… oui, on va et vient dans le temps en permanence et on ne comprend rien. Notez que ce flou, ce manque de rationalité dans le montage devient très vite bien agréable. On cherche. On est actif. On envisage toutes sorte de possibilité. Il doit bien y avoir un personnage, un décors, un lieu, un lien entre Paris en 1969 et Montréal en 2011. Jean Marc Vallée qui s’ingénie à ne donner aucune clé de compréhension, nous sait désemparé. Ça lui plait certainement beaucoup de nous voir patauger. Et c’est vrai que c’est plaisant de se laisser porter par ces deux histoires jusqu’à ce qu’enfin...

 

 

Donc dans CAFE DE FLORE, on passe donc les ¾ du temps à aller et venir entre deux époques. On est tout d’abord en 2011. Un homme, charmant, dans la force de l’âge a tout pour être heureux, nous dit une voix off : une belle femme, deux beaux enfants, une belle bicoque, une belle piscine, un beau jardin, du fric, de la célébrité. C’est une sorte de David Guetta en goguette. Notre ami est sur le point de s’envoler pour une destination inconnue. Dans cette aéroport, il fait ses adieux à sa blonde, alors qu’une brunette se morfond dans son lit, seule. Les deux filles semblent tirer un peu la gueule à leur papa. La scène devient flou. Alors qu’il s’éloigne au ralenti, Jean Marc Vallée nous invite à un voyage qui sera tout sauf limpide, une aventure confuse, chahutée, tourmentée. Derrière ce fondu au flou, on se télé-porte en 1969 à Paris. Une jeune femme met au monde un bébé autiste. Elle se sépare de son mari et se dit prête à tous les sacrifices pour élever son enfant dans la dignité, l’éduquer, l’aimer et lui donner toutes les armes nécessaires pour qu’il puisse mener une vie la plus normale possible, comme tous les autres enfants de son âge. C’est son rêve. Elle s’y accroche. Elle sait aussi qu’en l’obligeant à lire, à écrire, en lui racontant des histoires, elle pourra prolonger son espérance de vie, une espérance qui ne dépasse généralement pas les 25 ans pour les autistes. Elle apporte son amour inconditionnel a cet enfant qui fait une fixette sur le 33T intitulé Music To Remember Her – Roman Candle Café de Flore. Il adore cette musique. Sans arrêt il demande à sa maman de faire tourner cette galette sur son pick up. Si ces deux là sont extrêmement complices, tout va basculer lorsque du haut de ses 7 ans, l’enfant tombe amoureux de Véronique une petite fille un peu retardé comme lui. Sa mère vit très mal la situation. D’une jalousie maladive, elle se sent dépossédée de son enfant et commence à péter les plombs au fur et à mesure que son fils lui échappe, ou plutôt que l’amour de son fils ne lui est plus uniquement destinée.

 

 

Pendant ce temps là en 2011, notre DJ à succès se débrouille comme il peut pour changer de vie. Il vient de plaquer sa femme, la mère de ses enfants. Et pourtant, ils se sont rencontrés à l’adolescence et se sont promis un amour éternel. Finalement, ils n’étaient pas les âmes sœurs qu’ils pensaient être. Abandonnée par son mari, cette femme ne parvient pas à se remettre de cette séparation. Mélancolique, en proie à des crises de somnambulisme, elle fait souvent un rêve étrange et pénétrant, celui d’un enfant, un monstre qui vient la hanter, un rêve dont elle ne saisi pas exactement les contours. Pourquoi ce cauchemar récurent ? Plongée dans un profond spleen, elle essaye de faire comme si, de vivre sans son mari qui lui a préféré cette jeunette, blonde et sublime. La plus grande de ses filles lui en veut terriblement. Elle refuse d'admettre sa crise avec c’te guidoune, comprenez cette salope de blondasse, cette pute qui a brisé la cellule familiale et l’entente joyeuse qui régnait. Le père a également de la peine à accepter que son fils foute son ménage en l’air. Lui-aussi lui reproche ses actes.

 

 

CAFE DE FLORE, un film emprunt d’une certaine poésie. Un peu trop long, il en déroutera plus d’un, notamment ceux et celles qui ne croient pas en l’irrationnel. Reste qu’en dehors de ça, il aborde un thème rarement vu au cinéma, l'autisme et la gestion de ces enfants dit attardé dans les années 60. Sans cette mère courage qui donne tout son amour à son fils, le gamin n’aurait aucune chance. Mais le film parle aussi d’amour, ce sentiment si fort, si puissant, si violent qu’il peut conduire à commettre un acte extrême lorsque l’on se sent déposséder de cet amour. Il y est question enfin de pardon, de compréhension et d’acceptation. La femme bafouée, trahie doit savoir s’effacer devant les forces de l’amour, lorsque la véritable âme sœur vous kidnappe celui que l’on croyait être le seul, l’unique amour de sa vie. Dire encore que Vanessa Paradis, vieillie et légèrement enlaidie pour le rôle s’est beaucoup investi et ça se voit. Sa prestation de mère courage est brillante. Dire enfin que la bande son du film finira d’emballer celles et ceux qui ont envie de découvrir un film qui sort un peu des sentiers battus.

 

 

 

 

 

BOTTLED LIFE

Pour étancher

votre soif de savoir 

 

 

BOTTLED LIFE commence comme une démo sur la chaîne de télé HD SUISSE. Vous savez, avec ce genre d’images somptueuses devant lesquelles on reste scotché, chez les revendeur d’écrans de télévision ! C’est beau la montagne, ces sommets, cette neige, cette verdure, ces cascades, cette eau pure qui coule sur les roches, cette brume, ces vues aérienne qui réconcilient immédiatement avec Dame nature, des fois que l’on soit un peu en froid avec elle. Et puis. directement derrière cette beauté et ces images apaisantes, Urs Schnell nous plante un première épée dans le dos ! Oubliez la douceur et vive la rudesse des propos de Peter Brabeck, grand manitou de Nestlé, entreprise multinationale qui dégage des bénéfices hallucinant grâce au commerce de l’eau. Et c’est là que les esprits chagrins commencent à s’interloquer, à se demander comment peut-on juxtaposer ces deux mots dans une même phrase : commerce et eau. L’eau n’est-elle pas une ressource fondamentale à laquelle chaque homme doit avoir accès librement et gratuitement? L’eau peut-elle être un gage de profit pour une société privée? A-t-on le droit de pomper une nappe phréatique et de vendre ensuite l’eau pompée? A qui appartient cette ressource? A qui appartiennent les nappes phréatiques? Voilà les questions centrales et fondamentales que se posent Urs Schnell dans son documentaire.

 

 

Le film tout passionnant soit-il n’en demeure pas moins une attaque à charge contre Nestlé, même si l’auteur s’en défend. Il faut dire que le service de communication de la multinationale n’a jamais répondu aux demandes de précisions et d’entretien que Urs Schnell a déposé. Pire que cela, on lui a signifié qu’il faisait le mauvais film au mauvais moment et que toutes les portes de Nestlé, de ces entreprises à travers le monde entier lui seraient fermées. L’entêté Urs Schnell n’a eut que faire de cet avertissement et il s’est lancé malgré tout avec un journaliste Res Gehriger dans son enquête. De toute façon, BOTTLED LIFE, Nestlé s’en fout. Mieux vaut rester silencieux que de répondre aux attaques. Aux moins, on n’alimente pas le débat et donc toute tentative de polémique est ainsi broyée dan l’œuf. Et la stratégie marche plutôt bien parce qu’en regardant le film, même si il évite le militantisme de base, même si on sent une démarche citoyenne honnête de la part du réalisateur et du journaliste, en tant que spectateur, la frustration grandi au fil du film et on reste sur sa soif.

 

 

Oui, Urs Schnell décrypte les manières de faire, parfois limite crapuleuses du géant silencieux, ce rapace comme le présente Maude Barlow dans le film, Maude Barlow une ex ponte de l’ONU chargée des questions de l’eau. La technique est bien rôdée, dit-elle. Nestlé traque les sources d’eau, installe ses puits et quand il n’y a plus rien à extraire, s’en va. Pour exploiter ces filons d’eau pure au nez et é la barbe des habitants, on rince les collectivités locales. On aide un école par ci, une association de pompier par là. On construit des routes. On exploite la moindre faille juridique qui permet à quiconque aux USA d’exploiter le sous sol. C’est le cas dans le Maine, un état rural ou les sources de profit pour Nestlé sont nombreuses. Ceux ci dit, les américains lambda commencent à se regrouper. Ils protestent et certaines voix se font entendre. Dans le film, on voit que ce combat de longue haleine commence à porter ces fruits. Les citoyens obtiennent gain de cause. Ils reprochent à Nestlé de commercer une eau potable, normalement accessible à tous en ouvrant son robinet. Ceci dit, Urs Schnell dans BOTTLED LIFE va encore plus loin. Une fois son enquête achevée sur les terres de l’Oncle Sam, il se rend au Pakistan ou au Nigéria pour raconter la success story incroyable de Pure Life, l’eau en bouteille la plus vendue au monde. En fait, Nestlé s’installe toujours dans des zones ultra polluées ou le réseau d’eau courante est en décrépitude. Ils arrivent, installent leurs pompe, pillent la nappe phréatique, rajoutent quelques sels minéraux et autres substances dans la flotte, la conditionnent en bouteille plastique, font un peu de marketing et hop, imposent leur solution pour lutter contre l’eau polluée, en vendant de l’eau potable en bouteille dont parfois le prix du litre est plus élevé que celui de l’essence! Au Pakistan, posséder une bouteille de Pure Life est devenu un signe extérieur de richesse. On se balade dans la rue avec sa bouteille comme on exhiberait une Rolex! Au Nigéria, on s’en fout de la Pure Life car on ne peut tout simplement pas de quoi se payer cette eau luxueuse.

 

 

Urs Schnell dénonce aussi la communication mensongère de Nestlé sur son site internet et prend pour exemple ce camp de réfugier en Ethiopie. Sur le site de la firme, Peter Brabeck clame que Nestlé se soucie de sa responsabilité sociale. En installant des puits et favorisant l’accès à l’eau potable à des populations défavorisé. Une fois sur place, dans le camps de réfugier, Urs Schnell se rend compte que le puit est à l’abandon depuis 2004 et que seul l’ordre de St Lazar, avec ses maigres moyens, maintient le dispositif en état de fonctionnement. Le commerce de l’eau, un sujet d’indignation comme un autre, un commerce juteux en tout cas pour Nestlé. C’est ce que montre BOTTLED LIFE, ce documentaire de Urs Schnell qui dénonce les agissements de Nestlé en ce domaine en attendant qu’un jour peut-être, une firme ne décide de commercialiser l’air que l’on respire ! Vous verrez, ça viendra.

 

 

 

 

 

SUMMER GAMES

Jeux de mains,

jeux de vilains!

 

 

Soyons honnête et franc, un film dans lequel on entend un intermède musical qui reprend les partitions de la bo du film de Gilliam BRAZIL ne peut pas être foncièrement mauvais, même si cette musique est jouée par un orchestre de bal à papa dans un camping de Toscane! Bravo à Rolando Colla, le réalisateur de SUMMER GAMES d’avoir eut la délicate attention de glisser ces quelques secondes de bonheur dans un film ou il nous rejoue plutôt une mélodie du malheur. Pour SUMMER GAMES, son 4ème long métrage,  le zurichois d’origine italienne Rolando Colla a donc planter sa caméra et son équipe dans un camping. Attention, ce n’est pas le 4 étoile de Franc Dubosc, plutôt un 0 étoile pointée avec vue sur les latrines et chiotte dans la mer. D’entrée de jeu, on sent que ces vacances estivales ne seront pas de celle qui se déroulent tranquillement. Il y aura de la tension et peu de répit dans cette famille au bords du gouffre. La faute à un père violent avec sa femme et ses enfants, une violence qui déteint sur son fils, le plus grand, Nic. Du haut de ses 13-14 ans, Nic s’embrouille avec d’autres gamins, dès le premier jour sur la plage. Parmi ce groupe, une jeune fille de l’âge de Nic qui recherche son père disparu. Elle ne l’a jamais connu et songe sérieusement à le rencontrer. D’autant qu’elle a retrouvé sa trace.

 

SUMMER GAMES raconte donc, depuis le point de vu de Nic, ces quelques jours passées à jouer dans un champ de maïs au jeu du tueur, sorte de chasse à l’homme entre mômes qui se conclue toujours par une arrestation et l’exécution d’un châtiment. Entre deux parties, les parents de Nic tentent de se rabibocher. Mais le mari, blessé dans sa fierté car sa femme a eut une augmentation sans lui dire et gagne plus de fric que lui, va continuer à la frapper malgré lui… Cette violence envers cette femme s’exprimera aussi envers son fils Nic. Une soirée karaoké ne suffira pas à ce papa submergé par la culpabilité, bouffé de l’intérieur, conscient qu’il est un fumier, à se faire pardonner…

 

SUMMER GAMES, un drame en partie autobiographique pour Rolando Colla, un film avec tout de même bien des défauts, sans doute pour cela qu’il n’a pas été retenu dans la course aux Oscar. SUMMER GAMES était le représentant suisse et le film a été écarté, à cause de quelques défaut, sans doute notamment, le manque de réalisme dans les scènes ou s’exprime la violence. L’acteur qui incarne le père est sans cesse sur la réserve. On voit bien que ce sont des claques de cinéma. Et puis surtout, avec un père pareil, il y avait matière à parricide. En guise de cela, on doit se contenter d’une fin ou on rase le champ de mais dans lequel les gamins jouaient ! les vacances sont finies, le film aussi…

 

 

 

 

ET SI ON VIVAIT TOUS ENSEMBLE:

Un éléphant à la retraite, ça ne trompe plus énormément

 

 

Aujourd’hui, finaliser un projet de film original qui vous tient à cœur est devenu une mission impossible. Soit vous êtes un tâcheron au service d’une industrie de consommation qui vous dicte votre travail et vous vous engagez à réaliser des œuvres insipides dont vous n’avez que faire, soit vous êtes condamné au silence par une industrie qui ne veut prendre aucun risque, et surtout pas celui de financer des films polémique ou pire, des films au succès incertain. Les temps sont dures pour les auteurs. Si Laurent Bouhnik avec son Q en sait quelque chose, Yves Boisset, le cinéaste français le plus censuré aussi. A ce propos, je vous recommande la lecture de son bouquin LA VIE EST UN CHOIX paru chez Plon et qui regorge d’anecdotes savoureuse. En plus de 30 ans de carrière, l'auteur de films remarquables comme Le Juge Fayard, Le Prix du Danger, Radio Corbeau ou encore Dupont Lajoie n’a jamais connu la paix: censure, menaces, attentats, pressions diverses ... il a tout connu. Ca a commencé en 1970 avec Un condé. Le film a été interdit totalement pendant plus de six mois, jusqu’à ce qu’il coupe 12 minutes et retourne entièrement une scène d’interrogatoire de police particulièrement musclé. Sur le Juge Fayard, dit le Shérif, retraçant l'assassinat du juge Renaud, on l’a obligé à coller des bip à chaque fois que le terme SAC était employé, le SAC, une organisation paramilitaire secrète à la solde de De Gaulle et chargé de nettoyer la France de la vermine coco. Le plus rigolo, c’est que dans les salles de cinéma, à chaque bip, les gens gueulaient SAC ! Mais ça n'a pas empêché les emmerdements. Un soir, raconte-t-il, « des mecs me sont tombés dessus en bas de chez moi et m'ont cassé le nez. Ma bagnole a été défoncée à coups de masse, toutes les vitres explosées, sauf celle du conducteur, sur laquelle ils avaient marqué "bip-bip". Plus tard, il y a eu la commission d'enquête parlementaire, on m'a demandé de venir témoigner sur ce que je savais du SAC. On vient me chercher avec deux bagnoles  blindées bourrées de flics, on m'amène toutes sirènes hurlantes à l'Assemblée Nationale, on me fait entrer pas les souterrains, encadrés par des types avec fusil à pompe. Pendant une heure et demie, on me pousse au crime, on veut me faire dire des choses que j'ignore. Et, à la fin, on me dit : Merci, monsieur, vous avez été très courageux. Et on me lâche dans la rue et je suis rentré en métro chez moi ». Yves Boisset un cinéaste politique qui a donc expérimenté la loi des emmerdements maximum depuis les années 70 et qui aujourd’hui ne trouve plsu de pognon pour faire ses films. Oui, parce que aujourd’hui, la censure est devenue moins frontale, plus insidieuse, plus mesquine mais tout aussi efficace. Elle est d’ordre économique. Boisset a plein de films en tête qui resteront de l’ordre du fantasme. Qui financera en France son film sur la France Afrique ? Aucun des 4 grands groupes ne prendra ce risque car tous les politiques de gauche comme de droite sont mouillés

 

 

Dans une moindre mesure, Stéphane Robelin a lui aussi dû composer avec la censure économique. Stéphane Robelin sort cette semaine son second long métrage intitulé Et Si On Vivait Tous Ensemble, un film qu’il ne voulait pas forcément faire. Mais il a besoin de travailler, de bouffer, alors il l’a fait. En 2004, Stéphane Robelin  sort de l’ombre avec Real Movie, un long métrage complètement barré tourné en Dv, hors du système. Ce premier essai convainquant raconte comment un étudiant en cinéma réapparaît subitement dans la vie de son copain d’enfance, caméra au poing, s’incruste chez lui et le manipule pour en faire le héros de son film. Ce succès d’estime plus que public n’a pas suffit a convaincre les financiers pour son second long métrage. Il a donc du revoir sa copie, choisir un sujet de société qui ne lui tenait pas plus que ça à cœur, mais dont il imaginait qu’on le financerait facilement.

 

 

Détrompez-vous, la vieillesse, la maladie, les histoire de viagra et de zizi panpan chez les séniors, c’est pas ce qui fait triper les producteurs et els banquiers ! Et même si vous insistez pour traiter le sujet sur le mode de la comédie douce amer. Tabou oblige, le financement de ce long métrage n’est pas allé de soi. Le tournage a même connu un premier faux départ en 2007. Après une interruption d’un an, Stéphane Robelin a pu reprendre son projet grâce à des capitaux allemands, mais il a fallu germaniser le casting. Du coup, l’acteur Daniel Brhul a rejoint le film, ce qui a modifié deux ou trois petites choses. Donc oui, la censure est aujourd’hui économique . elle modifie considérablement la production, l’offre cinématographique et quand les films se font, leur contenu. A cause d’elle, les spectateurs que nous sommes sont obligés de nous farcir des œuvres réalisées en toute retenue, dont on sent bien qu’elles pourraient aller tellement plus loin, mais elles n’y vont pas. C’est le cas ici avec ce film de Stéphane Robelin, ET SI ON VIVAIT TOUS ENSEMBLE, un long métrage qui met en scène Jane Fonda, Géraldine Chaplin, Claude Rich, Guy Bedos, Pierre Richard et le jeune Daniel Brhul… Casting de luxe pour film mineur, mais film tout de même. Annie, Jean, Claude, Albert et Jeanne sont liés par une solide amitié depuis plus de 40 ans. Alors quand la mémoire flanche, quand le coeur s’emballe et quand le spectre de la maison de retraite pointe son nez, ils se rebellent et décident de vivre tous ensemble pour éviter la maison de retraite. Le projet paraît complètement dingue, mais même si la promiscuité dérange et réveille de vieux souvenirs, une formidable aventure commence : celle de la communauté... à 75 ans ! 

 

 

Et si on vivait tous ensemble ? un film en mode mineur sur une angoisse majeure, bien naturelle, très humaine, qui s’amplifie avec le temps:  la peur de la solitude lorsque la dernière heure approche. Chacun l’a gère à sa manière. Il y a Pierre Richard qui ne gère rien du tout à cause de la perte de mémoire; il y a Claude Rich qui, désireux de repousser les limites de l'âge, ne veut pas perdre une miette des quelques années qui leur reste en essayant de maintenir une vie sexuelle active. Il y a encore Jane Fonda celle qui face à la maladie, préfère faire semblant, se taire et  préparer son enterrement sans en parler à son mari, choisissant de vivre ses derniers moments comme elle l'entend… Bref, malgré des personnages bien croqués et quelques scènes assez poilantes, malgré le plaisir de revoir cette tripotée de légende du cinéma, il manque ce petit grain de folie, un supplément d’âme dans ET SI ON VIVAIT TOUS ENSEMBLE pour en faire un film marquant un peu comme si finalement, Un éléphant à la retraite, ça ne pouvait plus tromper énormément…

 

 

 

 

 

HORS SATAN

Bon Dieu de film!

 

 

Pour aujourd’hui, j’ai du costaud, le nouveau film de Bruno Dumont, un auteur qui a su s’imposer, imposer sa griffe, sa patte, sa manière de concevoir le cinéma en 15  ans et 6 films, pas plus….Bruno Dumont est un descendant direct de Maurice Pialat,  le genre qui pratique un cinéma sans gras. Dumont Pialat même combat avec cette recherche permanente de ce cinéma sec, le plus épuré possible pour raconter avec le plus de justesse possible, la nature humaine. Dumont ne travaille en principe jamais avec des acteurs professionnels. Ca ne l’intéresse pas puisque les pro sont dans la fabrication et que lui, il recherche la pureté, la vérité. Il a en plus des méthodes de tournages bien à lui: Il ne fout rien du tout sur le plateau, il attend. Il guette l’accident. Pour lui, le cinéma, c’est tout sauf d’essayer de traduire ce qu’il a écrit. De toute façon, c’est vite vu, il n’écrit rien, ou alors trois fois rien! Simplement, il place ses acteurs dans des situation précises et il attend que quelque chose arrive. Du coup, devant un film de Dumont, le spectateur peut avoir l’impression qu’il ne passe rien, et pourtant, il s’en raconte des chose dans ces successions de plan ou on croit qu’il ne passe rien. Pas d’erreur, les films de Bruno Dumont appartiennent immanquablement à un registre de longs métrages dit radicaux, le genre de film qui font fuir 95% des spectateurs. De toute façon, là encore Bruno Dumont s’en fout. Pour preuve cet extrait d’interview accordée à un journaliste de Kinok.com au moment de la sortie en salle de 29 palms. C’était en 2003 je crois… je cite Dumont : « Le problème avec le cinéma, c'est le spectateur. Jusqu'où peut-il aller ? Qu'est-ce qu'il peut entendre ? Qu'est-ce qu'il peut comprendre ? Dans les salles de cinéma, il y a plein de connards, il y a plein de nazes ! Le public. j'en n'ai rien à foutre ! Pour moi, le public est un individu. L'individu m'intéresse. Mais le gros tas de gens assis dans un cinéma, je m'en fous. La quantité de spectateurs qui rentrent dans la salle, j'en n'ai rien à foutre. Par contre, la qualité du rapport avec le spectateur-individu et le film, ça, ça me passionne vraiment. Je respecte l'individu, mais le public j'en n'ai rien à foutre. Le public, c'est la tyrannie d'aujourd'hui, une vraie calamité. La seule résistance possible, c'est de faire des films radicaux pour des individus. Quand je vois certains jeunes de 16-17 ans, qui parlent, je ne comprends même pas ce qu'ils disent. C'est ça le problème. C'est dramatique. C'est pour ça qu'on voit des films aussi cons. On voit des films cons parce qu'il y a des cons. C'est très simple à comprendre. Et c'est pas élitiste de dire ça de ma part. Je pense que le problème du cinéma aujourd'hui est un problème politique, de civilisation. Si on continue à passer des conneries à la télé, on aura des cons, c'est clair. C'est pour ça que dans les années 70, vous aviez des cinéphiles. Le spectateur de cinéma d'aujourd'hui n'est pas un spectateur, c'est un consommateur. Il consomme les films avec les cartes machin, il rentre dans une salle et si le film ne lui plaît pas, il sort tout de suite. Donc, ça va être de plus en plus difficile de faire du cinéma si on ne fait pas la révolution ».  Fin de citation de Bruno Dumont. Voilà le genre de propos qui permet de réellement situer ce personnage sur l’échiquier du cinéma français, Dumont, c’est un cheval fou, en tout cas, ce n’est pas un pion… Reste que son nouveau film HORS SATAN sera donc programmé dans une salle de cinéma avec des spectateurs, enfin du moins, on l’espère… Reste à savoir ce que vous réserve cette nouvelle expérience cinématographique intiutlée HORS SATAN ? Telle est la question qui vous tarabuste après cette introduction...

 

 

Et bien déjà ne vous laissez pas abuser par le titre car Bruno Dumont n’en a rien à cirer des délires mystiques. Dieu, le Diable, sa queue et toutes ces conneries ne trouvent aucune grâce a ses yeux ! Alors pourquoi ce titre? Parce qu'il fallait bien en trouver un qui soit accrocheur et accessoirement parce qu'il sera question du bien et du mal dans ce nouveau long métrage ou Bruno Dumont se penche au chevet d'un type énigmatique, dans une région de bord de mer, avec ces dunes et ces grandes étendues de verdure. La nature, et les corps qui évoluent au milieu de cette nature, voila ce qui passionne le cinéaste. Pour le coup le film part sur les chapeaux de roue, à 2 à l’heure . Un type en godillots, jean’s, blouson et pull-over marche à travers champ ou au bord d'une route. Cette entame dure bien dans les 10 minutes, 10 minutes sans un dialogue, 10 minutes à contempler ce mec de dos, de face ou de profil. On le suit ainsi jusqu'à ce qu'il retrouve une jeune fille en pleure devant une ferme. « J'en peux plus », dit-elle en essuyant ses larmes. « Et bien tu sais ce qu'il reste à faire », répond-il. Oui, il faut  se taper 10 minutes de film sur le même mode où les deux partent à la recherche d'un fusil planqué dans un phare. Avant d’atteindre leur destination, alors que les 2 êtres perdus dans un plan ultra ultra large semblent immobiles au milieu des dunes, on ne peut que rester baba devant la profondeur de champ de cette image qui s’éternise. Et c’est pile au moment où l’œil s’arrête sur un tout petit détail, un phare qu’on distingue à peine au loin, que Bruno Dumont donne un coup de sécateur et impose juste derrière ce plan, un nouveau plan fixe où les deux personnages marchent devant le phare! Une fois leur fusil en main, le couple rebrousse chemin, retourne à la ferme et bute le père de la demoiselle. Il y avait certainement de l'inceste, voire du viol dans l'air, une constante dans le cinéma de Bruno Dumont. Y a toujours au moins un viol dans ses films. La mère attristée par ce crime ne condamne pas sa fille. Au contraire, elle s'excuse pour tout le mal que ce salopard lui a fait. Il a mérité son châtiment. Le film pourrait se terminer là. Pas question. Il y a encore de la pellicule à imprimer, des kilomètres et des kilomètres pour voir ces personnages marcher, prier et un peu chahuter. La fille aimerait tellement s'offrir à son chevalier servant mais il refuse catégoriquement ses avances. On comprendra plus tard qu'il vaut mieux pour elle ne pas s'accoupler avec cette bête curieuse au sperme mortel. 

 

 

HORS SATAN, un film avec encore une scène d’exorcisme, le meurtre de Bambi et le tabassage d’un garde forestier, tout ça filmé uniquement en plans fixes, des plans qui s'étirent jusqu'à l'indigestion. Quand on ne voit pas les personnages mettre des plombes à rentrer et sortir du champ de la caméra, on a droit à des gros plans sur des visages qui n’en finissent plus, le temps que les comédiens miment toutes sortes d'émotions comme la peur, la panique, la joie, la surprise... HORS SATAN, du Bruno Dumont dans toute sa splendeur, de la branlette intellectuelle diront certain… oui, c’est vrai, mais ça peut avoir du bon de se tirer sur la nouille… .enfin bref, la Bonne nouvelle c'est que HORS SATAN dure 1h50 alors qu'à l'origine, le film devait compter une heure de plus! 

 

 

 

 

 

 

DEEP END:

un film qui ressort 40 ans après sa première exploitation en salle 

 

 

Le mal être des ado, voilà un sujet mainte fois rabâché au cinéma. Le plus brillant ambassadeur de cette thématique, Gus Van Sant, a su  croquer cette problématique comme personne. Mais avant lui, il y a eut un polonais qui s’y est essayé, un certain Jerzy Skolimovski. En 72, il réalise dans l’urgence DEEP END. Le film, considéré par les critiques et les cinéphiles avertis comme un chef d’œuvre est resté très longtemps introuvable. Hormis quelques copies pirates en dvd de très mauvaises qualité, il n’y avait aucun moyen de découvrir DEEP END jusqu’à ce qu’une entreprise de colorisation soit lancée. Et voici que DEEP END bénéficie 40 ans après sa première sortie en salle d’une ressortie. Evidemment, la première question qui vient à l’esprit est de savoir si ce film a bien vieilli. Et bien oui. Il possède une telle fraicheur qu’on a l’impression qu’il a été tourné l’an dernier. Y a un vent de liberté qui souffle la dedans, c’est incroyable.

 

 

Que je vous dise que DEEP END se situe à Londres, même si il a été tourné en grande parti à Munich. Mike sort du collège. Du haut de ses 15 ans, ce candide naïf, timide, introverti trouve un petit boulot dans un bain public. Là, il fait la connaissance de Susan, sa nouvelle collègue, une fille plus âgée que lui. Ils doivent nettoyer les cabines privées et s’occuper aussi des clients et des clientes. Susan aime bien chahuter un peu avec Mike. Elle l’allume, le titille, lui demande de s’occuper de certaines cliente qui confondent bain public et bar à gigolo. Susan arrondit aussi ses fins de mois en proposant ses services sexuelles à quelques messieurs qui ne demandent pas mieux que de croquer avec délice dans la chaire fraiche de la donzelle. Il faut dire que la rouquine est diablement sexy, à tel point que tous les hommes qui croisent son chemin en pince pour elle. Susan est aussi charmeuse que charmante. Rapidement, le jeune Mike succombe lui-aussi. Amoureux à son tour, Mike devient de plus en plus encombrant pour Susan.

 

 

DEEP END, un film qui explore le désir amoureux chez l’adolescent, plus que le besoin de concrétiser ce désir par l’acte sexuel à proprement parler. Il décrit parfaitement cette période tumultueuse qui bouleverse l’adolescent puceau avant son premier rapport sexuel. Le film décortique de manière magistrale à quel point un fantasme trop violent peut devenir obsessionnel et dangereux pour l’humain. Dans son final, DEEP END fait ressortir une idée forte, celle que le désir est plus intense avant sa concrétisation, l’idée que l’amour physique est sans issue. Au delà du fond, le ton du film participe à sa réussite. On alterne entre le cocasse et la tragédie. Comme dans la vraie vie, il y a un coté imprévisible. On ne peut jamais savoir ou le scénario va embarquer le jeune Mike. Parviendra-t-il a repousser les avances de la grosse dame fan de football de la cabine 3. Echappera-t-il à cette dingue du drible et du tir en pleine lucarne. La scène est prodigieuse. L’ado se retrouve malgré lui obligé de renifler sous les jupons de cette femme mure déculottée qui utilise la tête chevelu du gamin comme un godemiché . Elle le téléguide sans qu’il ne puisse s’extraire !

 

 

Tout aussi troublant, la scène du cinéma porno. Mike suit Susan en cachette. Elle se rend avec son copain à une séance. Du coup, on regarde le film que les spectateurs du film regardent avec délectation, en l’occurrence, un film de boule éducatif ou des femmes expliquent que la frigidité n'existe pas, que tout est affaire de caresse et de doigté pour susciter le désir, un discours bercé par la musique de la Chevauchée des Walkyries en même temps que certaines passent à l’action ! Mike qui découvrent ces images se sent pousser des ailes et alors qu’il est installé dans le rang de fauteuil derrière Susan, commence à la peloter. Il prend une paire de baffe avant de se faire virer du cinéma.

 

 

Plus loin, la déambulation de Mike dans le quartier hot de Soho n’est pas mal non plus. Evidemment, les bars échangistes lui sont interdits d’accès parce qu’il est mineur. Il est donc bouffé de l’intérieur à la simple idée de savoir que Susan a pénétré dans un de ces lieu de perdition… Alors il attend sur le trottoir, impatient, en bouffant des hot dogs. Il subtilise la pvc en carton représentant une femme en bikini devant un bar coquin, convaincu que cet objet représente susan, alors que non. Le rabatteur propriétaire de cette pvc le poursuit et dans sa fuite, Mike entre par mégarde dans la chambre d’une prostituée dont la jambe gauche est plâtré sur toute la longueur. Il est obligé de négocier sa sortie. Tout ça est extrêmement drôle et en même temps, pour le personnage, profondément pathétique. Il devient prisonnier de son désir et surtout prisonnier d’une jalousie grandissante. A ce stade, on suppute que cette histoire se terminera peut-être très mal pour Mike et Susan.

 

 

DEEP END, un film qui est resté avec le temps envoutant. Sur la forme, la caméra est d’une liberté absolue. On tourne autour des personnages. On plonge dans l’eau de la piscine avec eux et on est envouté par les couleurs criardes, très pop, envouté aussi par sex à pile formidable de Jane Asher, alias Susan. Elle est l’atout de DEEP END… sa beauté, son charisme ne peuvent pas laisser insensible… idem pour la maladresse de Mike alias Jhon Moulder Brown. Le plus incroyable, c’est que le film repose sur ces 2 comédiens qui n’ont pas répété avant le tournage par manque de temps. De toute façon, le scénario n’était pas fini. C’est de là peut-être que provient la fraicheur. Et puis, si il n’y avait pas eut cette alchimie naturelle, DEEP END tombait à l’eau. Jerzy Skolimovski raconte que tout ou presque a été improvisé, y compris les dialogues. Il ne fallait pas se poser de question, tourner, foncer, se laisser guider par l’instinct, compter sur la chance comme pour l’une des scènes centrales du film. A un moment donné, Susan perd un diamant au pied d’un arbre dans la neige. Le problème, c’est que le jour ou on doit tourner cette scène, y a pas de neige. Les oiseaux gazouille. Il fait beau. C’est le printemps, et d’un seul coup, juste avant que l’on ne délimite un périmètre et qu’on recouvre le sol de neige carbonique, le ciel s’assombrit et les premiers flocons tombent. Et c’est parti. On tourne toute la journée sans interruption, parce que c’est une neige de printemps qui fond assez vite, mais tout de même, c’est de la vraie neige. Pour le film, on se croirait en hivers comme c’est écrit dans le scénario. On appelle ça la magie, la grâce, j’en sais rien. On appelle ça DEEP END, une des pierre angulaire du cinéma sur cette théma de l’adolescence torturée par l’amour, un film de Jerzy Skolimovski qui n’a pas vieilli avec Jane Asher, John Moulder Brown. Ça ressort demain en salle, 40 ans après une première exploitation commerciale.

 

 

 

 

J.EDGAR

Un film de tafiole! 

 

 

Ce 32ème film, Clint Eastwood, l’a consacré à un homosexuel refoulé ! Vous ne rêvez pas. C’est une première pour ce vieux Clint. Lui qui a toujours esquivé le sujet l’empoigne enfin. Evidemment, son nouveau film n’a rien à voir avec Harvey Milk! Il ne faut pas exagérer non plus. Pas de pelle en gros plan entre deux hommes. Tout juste un timide baiser en fin de métrage, et encore. J. EDGAR retrace donc la vie d’une tafiole selon sa mère, en réalité un type autoritaire, en manque de reconnaissance, obscure manipulateur, parano de première, chasseur de coco, traqueur de gangster, animal politique hors norme, craint de tous et de toutes. Son nom J Edgar Hoover. Il fut le patron du FBI qu’il créa en 1924 et dirigea d’une main de fer jusqu’en 1972. Ce mystérieux personnage, indéchiffrable bonhomme a titillé l’inspecteur Harry au point qu’il tente de décrypter l’énigme Hoover le temps d’un biopic, mais pas un biopic comme les autres ou l’on se contenterait d’aligner les faits d’armes de Hoover… Non un biopic ou finalement la psychologie de ce tordu prend le dessus. Le film bavard, classique dans sa mise ne scène, pour ne pas dire mollasson par instant n’en demeure pas moins passionnant car il montre à quel point ce type, imbu de sa personne, convaincu du pouvoir qu’il avait entre les mains, a pu ainsi rester en place pendant 48 ans au service de l’Etat. 

 

 

Organisé mais complètement bordélique, le montage de J EDGAR le film est à l’image du personnage Hoover. En jouant la carte des flash back, multipliant les aller retours entre 1972 date de sa mort, et dans l’ordre., 1919, 1925, 1934, 1963, Eastwood et son scénaristes seront certainement les seuls à s’y retrouver, laissant le spectateur peu au fait de l’histoire des states, sur le bord de la route 66. On pourrait presque finir par confondre l’arrestation de Mitraillette Kelly avec celle de l’assassin allemand de l’enfant de Lindberg, se demander si l’assassinat de Kénédy a eut lieu avant ou après l’investiture de Nixon, le seul président américain pouvant enfin se réjouir de la mort de Hoover. Et pour cause, Hoover avait des dossiers sur tout le monde. Il a  surveillé, fait épier tout les parlementaires américains, du plus insignifiant au plus haut sommet de l’Etat. Et Clint Eastwood d’installer le trouble dans la tête du spectateur. 

 

 

Et si Hoover n’était rien d’autre qu’un affabulateur. Alors qu’il dicte ses mémoires, son alter égo Clyde Tolson, son second, son amoureux secret (hoover avait des penchants homo qu’il tentait de dissimuler), Clyde lui balance ses 4 vérités et lui signifie à quel point il a trahi la vérité dans ses écrits. Il n’a jamais arrêté qui que ce soit comme il le prétend. Il a certes diriger des opérations, mais toujours depuis son bureau ou son téléphone, jamais sur le terrain. Il s’est approprié quelques captures comme celle de Dillinger alors que non, ce n’était pas lui. N’empêche que ce que l’on ne peut pas lui retirer, c’est d’avoir inventer les méthodes d’investigations de la police scientifique. Hoover est également à la base de la création de la banque centrale des empruntes digitales. Il a mené cette révolution dans la lutte contre le crime. Il s’est surtout enorgueilli d’un classement des dossiers personnels complètement kafkaïen labyrinthique, incompréhensible. Certains étaient rangés sous la case Obscène, d’autres sous Personnels et Confidentiel ou encore à la rubrique Ne Pas Classer. Aller savoir ce qu’il y avait la dedans, peut-être rien, du flan, Si ça se trouve, son pouvoir pendant 5 décennies s’est appuyé sur du vent. On ne le saura jamais.

 

 

Ces fameux dossiers secrets ont été détruit quelques heures après son décès par sa secrétaire personnelle Helen Gandy. Voilà ce qui est génial avec ce type. Voilà pourquoi Clint Eastwood ne pouvait pas passer à coté de ce personnage. D’un mot pour conclure sur la prestation de Di Caprio, plutôt convaincant. Ceci dit, lorsqu’il arbore son masque en latex, on dirait plus Nicholson que Di Caprio. Quant à Naomi Watts, les rides en plastique lui vont à merveille !

 

 

 

 

SLEEPING BEAUTY

Une tisane et au lit! 

 

 

Sleeping Beauty revisite à sa manière le compte de la belle au bois dormant. Tout es là, le sentier, le manteau à capuche, l’étrange maison de campagne, la chambre du sommeil, la sorcière qui endort les jeunes filles et les princes pas charmants! SLEEPING BEAUTY traduit littéralement, la beauté qui dort est un film ronflant. A dire vrai, la Beauté du film, Emily Browning, est le seul argument convaincant pour nous éviter de sombrer devant ce film soutenu par Jane Campion.

 

 

Jugez plutôt, une jeune étudiante, Lucy, avec son cortège de problèmes financiers, qui ne crache pas sur un rail de coke, qui remplace le lait de ses céréales par de la vodka, qui aime le sexe, cette jeune fille hébergée chez sa sœur et qui, parce qu’elle ne paye pas sa part de loyer risque de se faire virer, cette jeune fille joue les cobayes pour la science. La scène d’ouverture, suffisamment intrigante, énigmatique laisse présager d’un film bourré de surprises. En fait, un type en blouse blanche dans son laboratoire prépare un tuyau de plastic. Il l’enfile par la bouche de Lucy, traverse tout l’œsophage et lui injecte de l’air par ce tuyau. C’est gonflé cette scène, mais on ne saura jamais à quoi sert cette expérience. Les plans suivants plus conventionnel, servent juste à exposer le quotidien pas trépidante de Lucy, partagé entre ses cours, ses deux boulots, ses expériences médicales, son copain junk et son beau frère avec qui elle ne s’entend pas. Un jour, Lucy répond à une annonce dans le journal de l’université. On recherche des serveuses pour des soirées spéciales. Elle devient une soubrettes à la cuisse porte jarretelle. Tous seins à l’air, elle devient un objet décoratifs au service de vieux messieurs libidineux qui aiment se remplir l’estomac en se rinçant l’oeil. Si ce genre de service inoffensif et bien rémunéré plait à Lucy, bientôt, la matrone va lui confier une autre mission : ingurgiter une tisane qui fait dormir pour permettre à ses vieux bande-mou de prendre leur pied comme ils peuvent en faisant la promesse de ne jamais pénétrer la belle au bois dormant. Et voilà qu’on s’attend forcément à ce que le film déraille. En vain ! Julia Leigh  ne poursuit pas ce but et multiplie les scènes redondantes ou l’on voit Lucy dormir pendant que des vieux sagoins s’excitent sur son corps. Et l’on peine à comprendre où Julia Leigh veut en venir.

 

 

Pourquoi ce film? Pour montrer des vieux bouffés par le désir de se sentir en vie mais incapables physiquement parlant de l’assumer? Pour montrer que la vie d’étudiante est bien délicate et pas facile? Pour parler d’une forme de prostitution? Pour dénoncer la femme objet? Impossible à savoir. « Je voulais faire un film où le public puisse se dire : est-ce que j’ai vraiment vu ça ? » dixit Julia Leigh. Et bien je confirme que c’est exactement ce que vous penserez après avoir assisté à la prochaine séance de SLEEPING BEAUTY, le premier long métrage de Julia Leigh qui avait toute les cartes en mains pour aller beaucoup plus loin.

 

 

 

 

LE MOULIN ET LA CROIX:

C'est du vent!

 

Ce qui est important dans une toile ne doit pas apparaitre au premier regard. C’est un principe cher à tout peintre qui se respect et Brueghel n’échappe évidemment pas à cette règle. Pieter Brueghel, dit l’Ancien, né en 1525 et mort une quarantaine d’année plus tard à Bruxelles est considéré comme l’une des quatre grandes figures de la peinture flamande. Et c’est là que vous me dites : heu… ce Monsieur Brueghel, je ne le connais pas. Jamais entendu parler! Ben justement, d’ou l’intérêt de cette chronique! Elle va vous cultiver un peu et surtout, oserai-je vous rappeler que le cinéma, finalement n’est rien d’autres qu’une successions de tableaux qui bougent. C’est d’autant plus vrai dans ce film intitulé LE MOULIN ET LA CROIX puisque ici, le cinéaste polonais Lech Majewski anime le célèbre tableau LE PORTEMENT DE LA CROIX pour mieux pénétrer cette œuvre regorgeant de mystère et ainsi décrypter ce que Brueghel donne à voir dans sa toile.

 

 

 

Evidemment, comme je le soulignais en préambule, énormément d’éléments n’apparaissent pas au premier regard. C’est vrai qu’au premier regard, on se dit que ce film est chiant! Beau mais chiant. Et puis on fini par se dire que cette impression première était peut-être fausse. Ce film n’est pas chiant, il est mortellement chiant et on a qu’une seule envie au bout du compte, entrer à notre tour dans le tableau pour incarner le personnage du type qui se pend après avoir jeté ses pièce de monnaie de colère. Il est en rage. Il n’en peux plus! Le chanceux obtiendra sa délivrance vers la moitié du métrage, contrairement au spectateur qui devra attendre la 92ème minute pour pousser un Ouf de soulagement. Tout ça est très dommage car l’idée en elle même est aussi séduisante que sensationnelle. On est d’ailleurs assez vite happé par l’expérience proposée. Sur une parcelle de pré, on habille les personnages d'un tableau, et notamment des saints.  Le peintre se balade parmi des villageois et opère sa mise en scène, retouche l’étoffe d’une femme par ci, positionne un  homme par là. Cette mise en scène est interrompu par une successions de plans fixe avec tout d’abord, dans la forêt un bucheron. Des cavaliers rouges menaçant fendent un épais brouillard avant que l’on ne se retrouve dans le lit d’un couple de jeunes gens qui se réveillent paisiblement dans leur fermette. Dans un autre endroit, deux vieux en font de même.

 

 

Sans dialogue, cette entame radicale donne le ton. Ici, seules les images et les bruitages parlent. En fait, le couple de vieux est installé sous terre, au cœur d’un moulin creuser dans la roche. Un mécanisme gigantesque à la Hugo Cabret provoque un assourdissant vacarme lorsqu’il se met en branle. Mais les personnages de rester muet. Idem pour ceux et celles qui s’agitent dehors. Seules les images parlent alors que tous prennent place dans un décors, s'animent au fur et a mesure que le peintre les crayonne, les invente, un peintre qui dessine sa toile au milieu d’eux et parle de son oeuvre et des histoires que ce tableau va raconter. Il nous apprend alors que le vieux meunier aperçu au début est Dieu. Perché tout la haut dans le tableau, réfugié dans son moulin, il broie les destins. A gauche, la ville est enfermée dans un cercle qui représente le cycle de la vie. D’ailleurs, au premier plan se devine l'arbre de vie. En parfaite symétrie, on remarque un cercle noir formé des vautours spectateurs venus assister a l'exécution du sauveur. Ils forment le cercle de mort et l'arbre de mort est devant ce cercle. Le sauveur, entre parenthèse, est caché, dissimulé  au centre de la toile. Et pour qu'on ne le remarque pas, tous les autres personnages détournent le regard. Pourquoi le cacher ainsi? Car ce qui est important dans une toile ne doit pas apparaitre au premier regard.

 

 

On retiendra donc surtout qu’avec ce tableau, Brueghel a réalisé un plaidoyer contre l'avilissement d'un peuple par un autre. En l'occurrence, à cette époque, vers 1564, le roi d'Espagne décide de faire tuer les hérétiques de Flandre et d'Anvers au lieu de considérer que tous les hommes, peu importe leur confession religieuse, peuvent vivre en paix. Voilà ce que dit la toile, enfin surtout la voix off qui est celle du peintre. Et en apprenant ça, LE PORTEMENT DE LA CROIX, de Bruegel s’éclaire différemment. Je vous rappelle qu’on parle là d’un chef d’œuvre. Il faut dire que ce tableau a la particularité de ne mesurer que 1m70 sur 1m24, une surface assez petite pour y faire tenir 500 personnages dont certains mesurent pas plus de 1 millimètre! Je vous rassure, Charlotte Rampling qui joue la vierge Marie, a conservé sa taille normale dans ce film tourné entièrement sur fond vert, ce qui a permis ensuite de faire évoluer les vrais acteurs dans les décors peints du tableau et de mélanger tout ça avec virtuosité  Techniquement, c’est du très bel ouvrage. Par contre, le manque de rythme, de panache et d’enjeu dramatique en ennuiera plus d’un.  En tout cas, pour les plus curieux, BRUEGHEL, LE MOULIN ET LA CROIX, reste incontestablement une drôle d’expérience cinématographique signée  Lech Majewski.

 

 

 

 

 

 
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